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  • Crise du logement : des manifestations monstres à Madrid, vers des élections ...

Des dizaines de milliers de personnes manifestent ce samedi en Espagne pour le droit au logement. Le gouvernement de Pedro Sanchez pourrait convoquer des élections anticipées pour sortir de la crise.

La rédaction avec AFP - Aujourd'hui à 15:15 | mis à jour aujourd'hui à 16:00 - Temps de lecture :

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Des manifestations monstres pour le logement ont rassemblé ce samedi des dizaines de milliers de personnes à Madrid et dans de nombreuses villes espagnoles, après le rejet des mesures du gouvernement de Pedro Sanchez.

A Madrid, où un campement rassemble une centaine de militants depuis une semaine sur une place ultra-touristique, plusieurs cortèges, marchant derrière une large banderole "Vers la grève générale", ont convergé vers une autre vaste place du centre-ville. Quelque 70000 personnes, selon les autorités, à 500000, selon le syndicat des locataires, ont défilé dans la capitale espagnole.

Ce samedi, dans les rues de Madrid. Photo Sipa/Zuma/Richard Zubelzu

Ce samedi, dans les rues de Madrid. Photo Sipa/Zuma/Richard Zubelzu

« Ce qui se respire dans les rues, c'est une nouvelle énergie, (...) une énergie qui vient démontrer que huit jours de pouvoir populaire sont capables de faire bien plus que huit ans de gouvernement progressiste », a déclaré, dans une pique à l'adresse du gouvernement Sanchez, Valeria Racu, une des porte-parole du syndicat de locataires à l'origine du mouvement, dans une déclaration transmise à la presse.

« Les politiciens sont aux ordres de l'argent, des fonds "vautours" et éloignés du peuple », fustige dans un des cortèges madrilènes Adhara Freile, 41 ans, jardinière, qui vit avec son compagnon dans un appartement d'une pièce à Villaverde, un quartier très excentré de Madrid. L'année prochaine, lorsque leur bail arrivera à échéance, elle craint qu'ils ne soient contraints de quitter leur logement, comme c'est arrivé à d'autres personnes de son immeuble.

La crise exacerbée par le cas de Maricarmen

Ces défilés, qui étaient prévus avant le rejet vendredi des mesures portées par le gouvernement par les députés, s'inscrivent dans le cadre de la crise ouverte il y a une dizaine de jours par l'expulsion de son logement madrilène de Maricarmen Abascal, une octogénaire devenue le symbole de la crise du logement qui frappe l'Espagne depuis plusieurs années. A 87 ans, elle a été chassée de l'appartement dans lequel elle vivait depuis sept décennies, après que la société immobilière qui l'avait acheté a voulu augmenter son loyer de 275 %.  

Comme dans de nombreuses capitales européennes, le manque de logements abordables est l'un des principaux problèmes sociaux en Espagne, où les plateformes touristiques comme Airbnb et les fonds d'investissement sont accusés de faire flamber les prix en achetant des biens immobiliers et en réduisant l'offre pour les habitants.

Des élections anticipées ?

Vendredi, le rejet des textes portés par le gouvernement, qui prévoyaient notamment de suspendre jusqu'en 2030 les expulsions de personnes vulnérables, des mesures contre les fonds dits « vautour », ou le renouvellement automatique des contrats de location, a relancé les interrogations sur la fin de la législature, prévue en 2027. D'après la presse espagnole, le Premier ministre s'est donné quelques jours pour évaluer la situation et convoquer, ou non, d'éventuelles élections anticipées.

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