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L'occupation d'une place du centre de Madrid s'étend ce dimanche, après une manifestation au cours de laquelle des milliers de personnes ont dénoncé l'expulsion d'une femme de 87 ans.
La rédaction avec AFP - Aujourd'hui à 09:00 | mis à jour aujourd'hui à 09:29 - Temps de lecture :
Des centaines de personnes ont passé la nuit de samedi à dimanche sur une place ultra touristique de Madrid pour réclamer de meilleures protections pour les locataires, après l'expulsion dans la semaine d'une octogénaire, devenue le symbole de la crise du logement en Espagne. Dimanche matin, une centaine de tentes se concentraient sur une grosse moitié de la surface de la très vaste Puerta del Sol, juste devant le siège de la Comunidad (Région) de Madrid.
La plupart des « campeurs » qui ont passé la nuit sur place, après une manifestation qui a rassemblé des milliers de personnes dans les rues de capitale espagnole samedi, dorment encore dimanche matin, même si certains organisateurs commencent à préparer des café, dans une tente au milieu du groupement. Sur la place, des fêtards rentrent de leur soirée de samedi, des touristes tirent leur valise en direction du métro. La présence policière est minime.
Déjà occupée en 2011
En 2011 déjà, la Puerta del Sol avait été occupée pendant trois semaines, à l'initiative du mouvement des Indignés, de jeunes manifestants frustrés par des perspectives économiques moroses et la corruption, dans les années de récession qui avaient suivi la crise financière de 2008. Mercredi, les images de Maricarmen Abascal, 87 ans, évacuée sur une civière de son appartement madrilène mercredi, après que la police a forcé sa porte, ont fait l'effet d'un électrochoc dans le pays et remis la crise du logement en Espagne sur le devant de la scène, à l'approche des élections législatives prévues en 2027.
Des centaines de personnes ont passé la nuit sur la Puerta del Sol, à Madrid. Photo Sipa/Juan Carlos Lucas
« Nous n'en pouvons plus. Soit le système de location s'effondre, soit le gouvernement tombe », a résumé sur X le syndicat des locataires espagnols., qui avait appelé la population à se joindre au campement « spontanément » installé Puerta del Sol après la manifestation de samedi. « J'ai l'impression que les gens ne vont pas bouger tant que quelque chose n'aura pas changé une bonne fois pour toutes et pour toujours », a témoigné Maria Juarez, psychologue de 47 ans.
« Changer les lois »
Maricarmen Abascal, devenue un symbole de la crise du logement en Espagne, a exhorté les Espagnols à se joindre au combat dans un message vidéo publié en ligne quelques heures avant la manifestation. « Ce qui m'est arrivé ne doit plus arriver à d'autres », a déclaré Maricarmen Abascal depuis l'hôpital où elle est soignée pour épuisement depuis son expulsion. « Cela doit encourager les gens à se battre et à contribuer à changer les lois qui ont permis mon expulsion ».
Maricarmen Abascal a été contrainte de quitter l'appartement où elle vivait depuis 70 ans après qu'une société immobilière a racheté le bien et augmenté le loyer de 275%, le portant à 2 650 euros, selon le syndicat. Pour Enrique Ortega de Miguel, graphiste de 38 ans vivant chez sa mère, le marché du logement en Espagne est « impossible ». « C'est un combat pour trouver un logement abordable, et ensuite on vit dans la peur d'être expulsé », a-t-il dit lors de la manifestation.
« Décret Maricarmen »
Le Premier ministre socialiste Pedro Sánchez, qui s'était engagé à faire du logement une priorité gouvernementale, subit une pression croissante pour agir. Plusieurs manifestations dans différentes villes ont été organisées depuis son expulsion. Lors du prochain conseil des ministres, son gouvernement devrait approuver un train de mesures surnommé le « décret Maricarmen », qui prévoit le renouvellement automatique des contrats de location et un renforcement des restrictions sur les expulsions.
Toutefois, il n'est pas certain que ces mesures soient adoptées par le Parlement, où le gouvernement de Pedro Sánchez ne dispose pas de la majorité. Un projet de loi similaire avait été rejeté plus tôt cette année.


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