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  • « Contre-modèle » d’Emmanuel Macron, comment Pedro Sanchez captive la gauche française

Un « modèle » économique et diplomatique : le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez, qu’Emmanuel Macron va rencontrer mardi et mercredi durant sa visite d’État à Madrid, est érigé en exemple par la gauche française à l’approche de la présidentielle.

La rédaction - Aujourd'hui à 12:30 - Temps de lecture :

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Malgré leur positionnement pro-européen commun et la « proximité » vantée comme une « évidence » par l’Élysée, le président français et le chef du gouvernement espagnol Pedro Sanchez n’ont jamais affiché de véritables atomes crochus. Lorsqu’Emmanuel Macron s’est éloigné du camp socialiste d’où il venait, pour finir allié à la droite, le second est resté fidèle à une alliance entre son Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) et la gauche radicale.

En France, Pedro Sanchez est donc devenu le chouchou de la gauche. Le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, candidat à la primaire sociale-démocrate pour la présidentielle du printemps, le définissait même, en mai, comme « un modèle pour tous ceux qui se réclament de la gauche en Europe ».

Pedro Sanchez, le Premier ministre espagnol, rencontrera Emmanuel Macron mardi et mercredi à Madrid.  Photo Sipa/David Canales Pedro Sanchez, le Premier ministre espagnol, rencontrera Emmanuel Macron mardi et mercredi à Madrid.  Photo Sipa/David Canales

« Il a mis en œuvre un certain nombre de politiques sociales », pour « de bons résultats économiques », explique Antoine de Laporte, spécialiste de la politique espagnole à la Fondation Jean-Jaurès.

Comme un « contre-modèle au macronisme », il conforte le sentiment « qu’être une gauche authentique qui ne se compromettrait pas dans une politique libérale serait finalement la solution pour accéder et conserver le pouvoir », estime le chercheur.

Olivier Faure, dans son ouvrage « La loi du plus juste », paru en septembre, vante la politique économique de l’Espagnol, en évoquant notamment le salaire minimum qui a « augmenté de plus de 60 % depuis 2018 » et les pensions réindexées sur l’inflation, sans que cela entrave la croissance, proche du triple de celle de la France cette année. De même, la politique migratoire du gouvernement Sanchez est saluée par la gauche française, avec l’annonce d’un plan de régularisation de centaines de milliers de sans-papiers pour faire tourner l’économie face au vieillissement de la population.

Bilan contrasté

Paradoxalement, cette « Sanchezmania » contraste avec une situation nationale compliquée pour le chef du PSOE, qui gouverne sans majorité parlementaire, n’a pas réussi à faire adopter un budget annuel depuis 2023 et se voit menacé dans les sondages par une hypothétique alliance droite extrême droite à quelques mois des législatives.

Fragilisé par une série d’affaires judiciaires, il est aussi confronté aux appels à la démission quotidiens de la droite et de l’extrême droite.

Pire, la crise du logement – en dix ans, le prix moyen du m2 à la location dans le pays a presque doublé – qui a conduit à des manifestations de grande ampleur dans le pays ces derniers jours, ainsi que l’inflation (4,3 % en août) lui valent des critiques jusqu’au sein de la gauche.

« L’économie de l’Espagne va bien, l’économie des Espagnols va moins bien, ajoute Antoine de Laporte. Le coût du logement a explosé », « le pouvoir d’achat des classes moyennes se détériore », et la croissance repose « sur le modèle touristique, c’est-à-dire sur des emplois à faible valeur ajoutée, à faible salaire et peu stables ».

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