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En Espagne, les catastrophes ferroviaires s’accumulent tandis que le ministre des Transports refuse obstinément de quitter ses fonctions.
68 morts à Tolède : une catastrophe qui aurait pu être évitée ?
Mercredi matin, à 8 h 53, un AVE de la compagnie Renfe percute un train Iryo immobilisé sur la ligne Madrid-Séville. Le choc est d’une violence extrême. Plusieurs voitures déraillent et basculent dans un talus. Le bilan provisoire atteint 68 morts, avec des dizaines de blessés, dont plusieurs dans un état grave.
Les premières explications fournies par Óscar Puente décrivent un enchaînement particulièrement inquiétant. Vers 8 h 30, une panne informatique affecte le système de sécurité LZB sur une portion de 63 kilomètres. Plusieurs trains s’arrêtent automatiquement. Jusque-là, les dispositifs de protection remplissent leur rôle.
Six minutes plus tard, le centre de contrôle d’Adif, à Madrid, autorise l’AVE à repartir normalement, alors qu’un autre convoi demeure immobilisé devant lui. Une signalisation rouge aurait pourtant dû empêcher cette reprise dans de telles conditions.
Selon les éléments rapportés par le ministre, le train aurait dû circuler en « marche à vue », à une vitesse maximale de 40 km/h. Il parcourt finalement quelque 25 kilomètres avant la collision. L’agence EFE rapporte que Puente juge la décision du centre de contrôle « inexplicable ».
L’enquête devra déterminer précisément les responsabilités individuelles et les éventuelles défaillances organisationnelles. Une erreur humaine est envisagée, sans constituer à ce stade une conclusion définitive.
🚨🇪🇸 ALERTE INFO | Une COLLISION entre deux trains à Urda, près de Tolède, en Espagne a fait au moins 50 morts. Plus de 540 personnes étaient à bord des deux trains. Le bilan pourrait s’alourdir. https://t.co/5AZHqUzE1t
— Cerfia (@CerfiaFR) October 28, 2026
Óscar Puente refuse de démissionner : « Je pense à éclaircir ce qui s’est passé »
Face aux journalistes, le ministre espagnol s’est dit « absolument dévasté ». Il a décrit l’accident comme l’un des moments les plus difficiles à affronter.
Sur sa propre responsabilité politique, en revanche, sa position est limpide. « En ce moment, je pense à éclaircir ce qui s’est passé, je ne pense pas à moi », a-t-il déclaré, écartant pour l’instant une démission.
Une réponse qui ne calme guère ses détracteurs. Mercredi, des manifestants réunis devant le ministère des Transports à Madrid ont réclamé son départ. La police est intervenue pour disperser le rassemblement, notamment à l’aide de gaz irritant et de balles en caoutchouc.
La responsabilité pénale d’un éventuel opérateur fautif et la responsabilité politique d’un ministre ne se confondent évidemment pas. Mais les Espagnols peuvent légitimement demander pourquoi leur réseau ferroviaire connaît autant de drames sous le même responsable gouvernemental.
R I P
🚨 🇪🇸 Les images glaçantes filmées par un passager juste après la collision des TGV près de Tolède
Un voyageur a filmé l’intérieur du train quelques instants après le choc. Au moins 30 morts selon le bilan officiel, 544 personnes étaient à bord.
#Espagne #Tolède #Accident https://t.co/2JeGf6anuu
— Farid Benamer-B (@faridbbf) October 28, 2026
Adamuz, Gélida, Tolède : une année noire pour le rail espagnol
Le 18 janvier 2026, une collision ferroviaire à Adamuz, dans la province de Cordoue, avait déjà coûté la vie à 46 personnes. Les premières investigations avaient orienté les soupçons vers une rupture de rail. Deux jours plus tard, à Gélida, près de Barcelone, l’effondrement d’un mur sur une voie ferrée provoquait un nouvel accident mortel, faisant un mort et plusieurs dizaines de blessés.
À ces drames s’ajoutent les difficultés rencontrées depuis 2024 : retards répétés, pannes, perturbations du trafic et problèmes techniques touchant notamment les nouvelles rames Talgo S-106.
Ces incidents n’ont pas nécessairement les mêmes causes. Les additionner ne suffit pas à démontrer une faute personnelle du ministre. Ils composent néanmoins un bilan qui exige davantage que des déclarations rassurantes sur la fiabilité du réseau.
Un nouveau problème politique pour le gouvernement espagnol
La catastrophe survient alors que l’exécutif de Pedro Sánchez traverse déjà une période agitée. Début octobre, le chef du gouvernement espagnol a convoqué des élections législatives anticipées pour le 29 novembre, après l’échec de plusieurs textes sur le logement.
Dans ce climat, la gestion du rail devient un dossier supplémentaire pour le pouvoir espagnol. Óscar Puente promet de faire toute la lumière sur les circonstances de l’accident. Les enquêteurs, eux, devront notamment établir comment un train a pu recevoir l’autorisation de circuler normalement alors qu’un autre se trouvait encore à l’arrêt sur sa voie.


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