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Le scénario qui se déroule au Moyen-Orient depuis samedi matin était écrit, et craint, depuis un bon moment déjà. L'attaque massive et coordonnée lancée par les États-Unis et Israël contre la République islamique d'Iran a néanmoins permis de clarifier ce qui n'était que supputation : son objectif ultime.
En parvenant à tuer le guide suprême Ali Khamenei, figure faîtière de cette dictature théocratique chiite, et d'autres responsables de haut rang – dont le chef des Gardiens de la révolution et le chef d'état-major de l'armée – Washington et Tel Aviv prouvent leur volonté de se débarrasser une fois pour toutes d'un régime né en 1979 et dont les liens avec le terrorisme international et la déstabilisation du Moyen-Orient ne sont plus à démontrer. Il était clair, dès lors que Washington avait mobilisé deux porte-avions nucléaires dans la région, que les négociations récemment reprises entre les États-Unis et l'Iran concernant le programme nucléaire de cette dernière étaient non seulement sous pression mais en sursis à brève échéance.
Jusque-là, le but déclaré était d'empêcher par tous les moyens l'Iran d'acquérir l'arme nucléaire, considérée comme l'objectif caché de son programme atomique civil. Ce projet fait l'objet d'un contentieux de plus de vingt ans entre Téhéran et les principales puissances nucléaires de la planète. L'attaque de ce week-end vient refermer de manière prématurée, et au moins pour le temps de sa durée, le chapitre de ces négociations. Au moins une quinzaine de sites, des centres de pouvoir, des bases militaires, des installations sécuritaires, nucléaires ont en effet été touchés à travers ce pays de 90 millions d'habitants, grand comme deux fois et demie la France. La République islamique ainsi décapitée a riposté, avec la hargne de la vengeance, en envoyant ses missiles et ses drones vers les territoires d'Israël et de ses voisins arabes, où sont implantées de nombreuses bases américaines.
Les réactions dans le monde à la mort du guide suprême iranien: "l'une des personnes les plus diaboliques de l'Histoire", "assassinat", "violation"Cette nouvelle offensive contre l'Iran est la troisième impliquant Israël en seize mois, soit une attaque par an depuis 2024. Comme les autres, elle s'inscrit dans une séquence ouverte avec la guerre à Gaza depuis le 7 octobre 2023, où l'État hébreu, avec le soutien de Washington, fait désormais primer la loi du plus fort, en contravention totale avec le droit international. Le secrétaire général des Nations unies n'a d'ailleurs pas manqué, samedi soir lors d'une réunion du conseil de sécurité, de condamner l'agression américano-israélienne, puis dans des termes tout aussi vigoureux, celle de l'Iran contre Israël et les pays arabes. Car cette nouvelle et inquiétante escalade, toujours en cours, est porteuse d'effets délétères pour toute la région, voire au-delà. Son caractère vengeur et incontrôlé s'illustre déjà dans les tirs de missiles iraniens qui ont touché le sultanat d'Oman, reconnu pour son rôle de médiateur dans le dossier nucléaire…
Dubaï touché par l'escalade militaire au Moyen-Orient, une Belge nous raconte : "Chacun fait face comme il peut, mais la peur est bien là"L'éventuelle chute de la République islamique dépend toutefois in fine des Iraniens eux-mêmes. C'est le pari du président américain Donald Trump. La mort du guide suprême, symbole absolu de cette dictature politico-religieuse, ainsi que l'épuisement du modèle économique et des structures militaro-sécuritaires de ce régime sont certes des ingrédients d'un renversement qui serait historique. Mais que cela produise un nouveau soulèvement populaire à même d'abattre le pouvoir des mollahs reste à ce stade une perspective incertaine mais certainement souhaitable.
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