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Bonjour, fin du weekend, et veille d'un 14 juillet aux couleurs ukrainiennes (quelle humiliation) : beaucoup vont faire le pont, les Français sont déjà en vacances dans leur esprit, mais l'actualité se rappelle à nous avec la guerre partout — Ukraine, Russie et Iran. À ce propos, rappelez-vous ce que disait Gérard Chevrier, qui supputait que les États-Unis miseraient sur le nucléaire tactique pour soumettre l'Iran : je ne le souhaite pas, mais c'est une possibilité à ne pas écarter. Car après l'échec du protocole du 17 juin, les tirs iraniens sur le Golfe, les frappes américaines et la fermeture annoncée du détroit d'Ormuz, une chose devient probable : plus Donald Trump est humilié — lui qui claironne « c'est moi le boss » —, plus le risque d'escalade grandit. Un président vexé, un Netanyahou en campagne qui jure que « la guerre n'est pas finie », des Gardiens de la révolution qui tiennent bon : voilà le cocktail d'une radicalisation au Moyen-Orient. Analyse réaliste ci-dessous.
Les affrontements entre l’Iran et les États-Unis ont franchi une nouvelle étape. Israël se dit prêt à passer à l’action.
4 min • Marc Henry
Entre l’Iran et les États-Unis, l’heure est, à nouveau, à l’escalade. Durant le week-end, Téhéran a tiré des missiles et des drones contre plusieurs pays du Golfe alliés de Washington, tels que le Qatar, que Téhéran avait épargné depuis avril et qui jouait depuis un rôle de médiation. Des bases et des installations militaires américaines à Bahreïn, à Oman et au Koweït ont également été visées. Le régime iranien a affirmé que ces attaques constituaient des représailles à des frappes américaines - contre « 140 cibles » en Iran, selon Washington -, qui elles-mêmes faisaient suite à l’attaque en mer par l’Iran, plus tôt dans la semaine, d’un porte-conteneurs battant pavillon chypriote.
Le 17 juin, les deux parties avaient pourtant signé un protocole d’accord visant à trouver une fin à la guerre déclenchée le 28 février dernier par une attaque israélo-américaine contre l’Iran. « Nous avions un accord avec eux. Ils cédaient sur tout et, d’un coup, deux heures après ça, ils ont frappé un navire avec un drone », a déclaré le président américain, Donald Trump. En représailles, « nous les avons frappés très fort », a-t-il expliqué.
Dimanche, l’armée américaine affirmait que le détroit d’Ormuz était « ouvert » à la circulation des navires, alors que Téhéran avait annoncé plus tôt dans la journée la fermeture de l’accès à cette voie maritime stratégique.
Détail important : des missiles iraniens ont été tirés vers des hangars abritant des drones américains en Jordanie. La menace s’est ainsi rapprochée dangereusement d’Israël, qui partage sa plus longue frontière avec le royaume hachémite. Pour le moment, les Iraniens se sont abstenus de s’en prendre directement à l’État hébreu. Ce pays abrite pourtant lui aussi nombre d’installations militaires américaines, y compris une base radar dans le désert du Néguev placée sous le commandement exclusif des États-Unis et dont la fonction est de scruter l’espace aérien à très longue distance afin de détecter immédiatement les tirs de missiles balistiques en provenance d’Iran.
À la suite de cette brusque montée de tension, les États-Unis ont pris la précaution d’augmenter le nombre de leurs avions ravitailleurs, conçus pour transférer en vol du carburant destiné à des avions chasseurs et à des bombardiers, déployés dans les aéroports civils de Ben Gourion, près de Tel-Aviv, et de Ramon, dans le sud du pays. Lors de la précédente flambée de violences, une centaine de ces appareils avaient été déployés dans ces aéroports avant que la plupart d’entre eux soient retirés récemment à la suite d’une fragile trêve entre les États-Unis et l’Iran.
Israël consentira-t-il à rester relégué sur le banc des remplaçants par Donald Trump, alors que le premier ministre, Benyamin Netanyahou, et le chef d’état-major, le général Eyal Zamir, ont proclamé que la « guerre n’est pas finie » ? « De nouveaux plans sont en cours de préparation, de même que d’importantes opérations encore à venir, a prévenu le patron de Tsahal. Plusieurs centaines d’avions sont prêts pour un décollage immédiat, nous sommes en état d’alerte maximale. »
Une certaine nervosité s’est d’ailleurs fait sentir dimanche lorsqu’une fausse alerte annonçant une attaque de missiles iraniens a été envoyée sur des téléphones mobiles à des milliers d’Israéliens à la suite d’un « problème technique ».
Seule certitude : l’aviation israélienne, aux côtés des Américains, a infligé de très lourds dégâts en Iran lors des deux précédents affrontements en juin 2025 et en février-mars de cette année. Grâce à la destruction de la plupart des systèmes de défense aérienne iranienne, Tsahal a bénéficié pratiquement d’une totale liberté d’action dans l’espace aérien iranien. Les responsables israéliens ne cachent pas leur volonté d’en découdre à nouveau, estimant que les gardiens de la révolution, fer de lance du régime, malgré les coups très durs qui leur ont été assénés, continuent à tenir bon.
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Source : Le Figaro.fr


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