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Le ministère des Transports prévoit réaliser des travaux pour protéger 22 tronçons routiers vulnérables à l'érosion et la submersion côtières aux Îles-de-la-Madeleine et 52 en Gaspésie, dans les 10 prochaines années.
Une séance d'information publique du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) s'est tenue jeudi soir à Cap-aux-Meules concernant le programme de protection des infrastructures du ministère des Transports face aux aléas côtiers au Bas-Saint-Laurent, en Gaspésie et aux Îles-de-la-Madeleine, pour la prochaine décennie.
Sur l'ensemble du territoire, 228 sites seront suivis par le Ministère. Du nombre, des travaux d'entretien ou de construction sont planifiés sur 97 sites jugés prioritaires. Ces projections seront toutefois appelées à évoluer au gré des événements climatiques.
Programme d’intervention du ministère des Transports
| Bas-Saint-Laurent | 59 | 23 |
| Gaspésie (côté nord) | 74 | 37 |
| Gaspésie (côté sud) | 41 | 15 |
| Îles de la Madeleine | 54 | 22 |
| Total | 228 | 97 |
Le ministère des Transports indique qu'il est trop tôt pour préciser quelle solution de protection pourrait être mise en place pour chacun des tronçons routiers jugés prioritaires.
Le ministère refuse également de s’avancer sur le coût global du programme décennal qu'il prévoit mettre en branle dès 2027.
À cette étape-ci, c’est très difficile d’estimer des coûts, explique la chargée de projet au ministère des Transports, Sophie Moisset. La planification va être revue chaque année, en fonction des suivis et des événements climatiques.

Le ministère des Transports a ciblé près de 230 tronçons de route qu'il estime vulnérables aux aléas côtiers d'ici 2100 au Bas-Saint-Laurent, en Gaspésie et aux îles de la Madeleine.
Photo : Radio-Canada
Une seule étude environnementale pour 228 sites
Le ministère des Transports a soumis une seule étude d'impact environnemental pour les 228 sites suivis où des travaux de protection pourraient être nécessaires.
Un unique décret gouvernemental sera nécessaire pour agir sur l’ensemble des sites, ce qui permettra d’enclencher des travaux plus rapidement.
Cette approche est qualifiée de novatrice par le Ministère qui avait jusqu’à maintenant l’habitude d’agir au cas par cas, et souvent en réaction à des événements climatiques.

Trois représentants du ministère des Transports étaient présents lors de la séance d'information du BAPE.
Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose
Le coordonnateur du module environnement au ministère des Transports, Jonathan St-Laurent, estime qu'il est désormais nécessaire de bénéficier d'une plus grande flexibilité d'intervention dans un contexte de changements climatiques.
Il y a une accélération des tempêtes et ça ne va pas diminuer, malheureusement. Il doit y avoir une vision globale, à long terme, sur la façon d'intervenir face à ces changements climatiques.
Cette nouvelle façon de faire a néanmoins suscité des questions auprès de la dizaine de Madelinots qui ont pris part à la séance d'information en personne.

Hélène Chevrier aurait souhaité que le ministère des Transports fasse un bilan des interventions des dernières années afin de mieux préparer les actions à poser dans la prochaine décennie.
Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose
Je trouve que c’est difficile d’avoir une idée de ce qui s’en vient, a indiqué la citoyenne de Havre-aux-Maisons, Hélène Chevrier.
Vous nous présentez des choses très théoriques, parce qu’on ne parle pas de projets concrets.
La chargée de projet au ministère des Transports, Sophie Moisset, a tenu à préciser que le programme décennal ne donnait pas une carte blanche à son ministère.
Les travaux menés sur chacun des sites devront être approuvés par le ministère de l’Environnement avant que le ministère des Transports puisse les exécuter.
De plus, tous les ouvrages de protection qui s'étendent sur plus de 1000 mètres linéaires ou qui empiètent sur plus 15 000 mètres carrés feront l’objet d’une consultation avant la mise en chantier.
Le ministère des Transports s’est engagé dans l’étude d’impact, auprès du ministère de l’Environnement, de revenir consulter les citoyens, lorsqu’un projet franchit les seuils habituels pour déclencher une étude d’impact, assure Mme Moisset. C’est écrit noir sur blanc, peu importe les changements de gouvernements ou de politique. On a pris cet engagement.

Avant de mener des travaux sur un site, le ministère devra obtenir le feu vert du ministère de l'Environnement, bien qu'une seule étude d'impact environnemental ait été déposée pour l'ensemble des 228 sites suivis. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Marguerite Morin
Deux employées œuvrant aux actions climatique à la Municipalité des Îles-de-la-Madeleine, Jasmine Solomon et Marie-Ève Giroux, ont également questionné le ministère des Transports sur l’arrimage des travaux avec le ministère de la Sécurité publique, notamment lorsque des résidences se trouvent entre la route et la côte.
Elles ont aussi sensibilisé le ministère à l’existence d’un Cadre d’intervention en érosion et en submersion côtières élaboré par la Communauté maritime des Îles, ainsi qu'à l’importance de la collaboration entre les différents paliers gouvernementaux pour planifier des actions concertées.

Huit personnes sont déplacées à Cap-aux-Meules pour assister à la séance d'information du BAPE.La diffusion en ligne a aussi attiré une centaine de personnes.
Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose
Compensation des pertes d’habitats
Le ministère estime qu'un maximum de 26,6 hectares d'habitat en milieux aquatiques seront détruits pour assurer la protection des tronçons routiers vulnérables dans la prochaine décennie au Bas-Saint-Laurent, en Gaspésie et aux Îles-de-la-Madeleine.

Les travaux d'enrochement ou de recharge de plage détruisent souvent des habitats naturels. (Photo d'archives)
Photo : MTMD
Différentes actions sont prévues pour compenser ces pertes d’habitat.
En Gaspésie, un projet de revégétalisation des fonds marins à Bonaventure est au programme, de même que le nettoyage de sites d’élevage de moules abandonnés dans les baies de Gaspé et de Cascapédia.
Aux Îles-de-la-Madeleine, la perte d’habitats sera compensée par la récupération d’engins de pêche abandonnés.
Des séances en Gaspésie à venir
Deux autres séances d'informations publiques du BAPE sur le programme décennal de protection des infrastructures du ministère des Transports auront lieu en Gaspésie.
Elles se tiendront le 19 mars à Carleton-sur-Mer et le 24 mars à Grande-Vallée.
Les citoyens ou organismes qui souhaitent que le BAPE tienne un examen public sur le projet ont jusqu’au 7 avril 2026 pour en faire la demande au ministre de l’Environnement.


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