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- Restrictions d’eau, nappes phréatiques… ces chiffres qui montrent que la sécheresse se ...
Malgré l’épisode cévenol qui déverse des pluies diluviennes sur le sud de l’Hexagone depuis ce mercredi, la sécheresse historique s’est poursuivie en France en septembre. Et les prévisions indiquent qu’elle ne devrait pas se terminer de sitôt, au grand dam des quelque 80 000 Français actuellement privés d’eau potable.
Juliette Mitoyen - Aujourd'hui à 18:05 | mis à jour aujourd'hui à 18:12 - Temps de lecture :
Cet été, nous vous racontions le quotidien de ces nombreuses communes privées d’eau potable en raison de la sécheresse. Malgré l’arrivée de l’automne, l’horizon ne semble pas s’éclaircir. Dans la Creuse, en Bretagne, dans les Vosges, le Jura, le Haut-Rhin, en Meurthe-et-Moselle ou encore en Isère : selon des chiffres du ministère de la Transition écologique révélés ce mercredi par Radio France, 81 300 Français dépendent aujourd’hui d’un approvisionnement d’eau en camion-citerne ou en bouteille d’eau pour boire, se laver ou cuisiner. Ce sont près de 20 000 personnes de plus que début septembre.
Ces tendances pourraient même s’aggraver. Le ministère ajoute en effet auprès de nos confrères que 1,28 million de Français vivent dans des territoires où les réseaux présentent actuellement des risques de rupture, et 6,22 dans des zones où ce réseau apparaît fragile. Selon Vigieau, 78 départements sont « en crise » ce mercredi - le plus haut niveau d’alerte - et la quasi-totalité des départements de l’Hexagone font face à des restrictions d’eau potable.
Un mois de septembre historiquement sec…
Au regard des données du Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM), ces chiffres n’ont malheureusement rien d’étonnant. Au 15 septembre, 81 % des nappes phréatiques de l’Hexagone présentaient des niveaux en baisse par rapport au 1er septembre, et 61 % étaient en dessous des moyennes mensuelles. 21 % des nappes affichaient des niveaux très bas (notamment dans le Jura et le Massif central) et 17 % des niveaux bas (comme en Bretagne ou dans le Grand Est).
Les précipitations de la deuxième quinzaine d’août n’ont malheureusement pas suffi à humidifier correctement les sols et à remplir les nappes. Et « depuis le 1er septembre, les pluies ont été quasi absentes : une seule journée de pluie a été enregistrée à l’échelle de la France, le 8 septembre », expliquait Météo-France dans un bulletin le 22 septembre, qui note que « la sécheresse historique, débutée au début de l’été, perdure et s’aggrave jour après jour ».
Signe de cette aggravation, l’indicateur national d’humidité des sols se situe à un niveau record pour un mois de septembre, précise l’institut météorologique. Poitou-Charentes, Bourgogne-Franche-Comté, Auvergne-Rhône-Alpes, Grand Est… « Les départements d’un large axe sud-ouest/nord-est présentent des sols qui n’ont jamais été aussi secs à cette saison », pointe Météo-France. En Moselle, seuls cinq petits millimètres de pluie sont tombés en septembre, là où le territoire est d’ordinaire arrosé par 60 à 70 mm ce mois-ci. Dans un contexte de dérèglement climatique et d’extension des sécheresses estivales au mois de septembre, ces pénuries d’eau en début d’automne devraient malheureusement devenir la norme.
…et des perspectives d’amélioration lointaines
Mais le plus inquiétant pour les dizaines de milliers d’habitants des communes privées d’eau potable et des territoires à risque est que les prévisions météorologiques des prochains jours ne laissent pas présager d’une amélioration. Certes, depuis ce mercredi, un violent épisode cévenol frappe le sud de la France, notamment le Gard et l’Hérault, apportant des pluies diluviennes. Et une large partie de l’Hexagone est traversée par des précipitations. Mais cet épisode pluvieux devrait prendre fin jeudi, et des conditions anticycloniques devraient faire leur retour dans les prochaines jours.
Cyrille Duchesne, météorologue à La Chaîne Météo, expliquait mardi que ces « pluies s’annoncent insuffisantes dans un contexte de sécheresse exceptionnelle ». « Il faudrait des pluies pendant plusieurs jours consécutifs avec des cumuls atteignant 40 à 50 mm pour que l’humidité pénètre suffisamment en profondeur dans les sols et espérer mettre fin à la sécheresse de surface », détaille-t-il. Il faudra donc vraisemblablement attendre les perturbations océaniques attendues dans plusieurs semaines pour que nos nappes se rechargent significativement.


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