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Entre les feux de forêt et les tarifs, la Saskatchewan n’a eu aucun répit en 2025

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Le gouvernement saskatchewanais a dû faire face à une année 2025 chargée, marquée non seulement par les tarifs américains et chinois, mais aussi par les brasiers qui ont ravagé la province. Malgré tous ces défis, une lueur d’espoir a émergé entre Ottawa et la Saskatchewan.


Un brasier politique qui continue de brûler

En plus de devoir faire face à des feux ravageurs qui ont forcé l’évacuation de 22 500 habitants, le gouvernement saskatchewanais a dû affronter un barrage de critiques concernant sa gestion des brasiers.

La fumée d'un feu de forêt en arrière-plan. Des structures en premier plan.

Un feu de forêt à Weyakwin, en Saskatchewan, en juin. (Photo d'archives)

Photo : Fournie par Jarret Nelson

Alors que l'été n'était même pas encore officiellement commencé, les flammes menaçaient déjà des communautés de la province.

Dès la fin mai, le premier ministre Scott Moe annonçait que les ressources pour combattre les feux étaient « étirées au maximum », et ce, quelques jours seulement après le déclenchement de l’état d’urgence. Une situation critique alors qu’autant ceux qui combattaient les feux que des habitants des villages menacés en demandaient plus pour protéger les communautés.

Certaines des ressources réclamées étaient des avions-citernes. Le Nouveau Parti démocratique de la Saskatchewan révélait à la mi-juin que certains d’entre eux étaient cloués au sol. Questionnées à ce sujet, les autorités ont expliqué que certains des pilotes n’avaient pas terminé leur formation et que quelques engins nécessitaient des réparations ou des inspections.

D’autres avions-citernes achetés par la province auraient, quant à eux, été payés 100 millions de dollars trop cher. Une enquête de la vérificatrice provincial à ce sujet est en cours.

De son côté, l’ombudsman de la Saskatchewan a dénoncé un manque de ressources « sans précédent » pour les évacués. Face au nombre de plaintes qu'elle recevait, elle a, elle aussi, choisi d'ouvrir une enquête.

Des soldats et des pompiers civils montent à bord d’un hélicopter.

L'armée canadienne est arrivée en Saskatchewan après une diminution de l'intensité des feux de forêt. (Photo d'archives)

Photo : Forces armées canadiennes / Cass Moon

Pour aider la province, de nombreuses voix ont réclamé le déploiement de l'armée. Le gouvernement a soutenu à maintes reprises que les Forces armées canadiennes n'étaient pas adéquatement formées pour cette situation, avant de finalement demander leur aide en juillet.

À la suite de cette saison ravageuse, l’Agence de la sécurité publique de la Saskatchewan a demandé à une tierce partie de mener un examen de sa gestion des feux de forêt.


La Saskatchewan navigue dans une nouvelle économie

L’arrivée de Donald Trump à la Maison-Blanche laissait présager des maux de tête pour le gouvernement saskatchewanais, alors que le futur président annonçait avant même son investiture des tarifs douaniers contre le Canada.

Une promesse qu'il a tenue, frappant le Canada et de nombreux autres pays de ses droits de douane.

Donald Trump.

Donald Trump a imposé des tarifs sur de nombreux secteurs de l'économie canadienne en 2025. (Photo d'archives)

Photo : Getty Images / Win McNamee

À de multiples occasions, des ministres du gouvernement saskatchewanais de même que Scott Moe se sont déplacés au sud de la frontière dans l’espoir de trouver un accord avec Washington.

Le gouvernement provincial a également répondu à la demande de Donald Trump en renforçant la sécurité à la frontière, mais en vain.

À la suite des coups assénés à l’économie canadienne par le président des États-Unis, la Saskatchewan s'est elle aussi jointe à cette guerre tarifaire en jetant les gants.

Le gouvernement de Scott Moe a notamment priorisé les fournisseurs canadiens et cessé l'importation d’alcool américain, avant toutefois de remettre les bouteilles de bourbon et de vin californien sur les tablettes trois mois plus tard.

De nombreux Saskatchewanais se sont aussi joints au mouvement elbows up en cessant, entre autres, de voyager au pays de l’oncle Sam.

Cette relation tendue avec les États-Unis a d’ailleurs poussé les provinces et territoires à lever certaines des barrières commerciales qui existaient entre les différentes régions canadiennes.


Un deuxième combattant monte dans le ring

Alors que le Canada devait déjà gérer ses relations commerciales avec son voisin américain, la Chine, le second marché exportateur de la Saskatchewan, a décidé elle aussi d'imposer ses propres tarifs.

À deux occasions plutôt qu’une, Pékin a imposé des droits de douane sur des produits agricoles canadiens. D'abord, des tarifs de 100 % ont été mis sur l’huile de canola, les pois et les tourteaux d'oléagineux, puis de nouveaux tarifs de 75,8 % ont été instaurés sur les semences de canola.

Deux mesures prises en réponse aux droits de douane de 100 % imposés par le Canada sur les véhicules électriques chinois.

Des fleurs de canola dans un champ en Saskatchewan, le 24 juillet 2024.

Plus de 20 % de l'huile de canola mondial est exportée par la Saskatchewan. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Cory Herperger

Si ces tarifs chinois ne visent pas précisément la Saskatchewan, c'est tout de même les agriculteurs de la province qui se sont retrouvés en ligne de front. En 2024, 55 % du canola canadien était produit en Saskatchewan.

Les exportations saskatchewanaises vers la Chine étaient d’ailleurs en chute de 76 % en août 2025, par rapport à la même période l'année précédente.

Une situation qui a semé l'inquiétude chez de nombreux agriculteurs.

[Ces tarifs vont avoir des répercussions] sur notre revenu net de l’année. Ça aura donc un effet sur les dépenses et les améliorations, et sur ce qu’on pourrait bien faire à la ferme ces prochaines années, prévenait Martin Prince, un producteur de canola.

À plusieurs reprises, Scott Moe a appelé Ottawa à supprimer ses droits de douane sur les véhicules électriques, ce que le gouvernement fédéral a refusé de faire.

Le premier ministre saskatchewanais a également entrepris un voyage en Chine dont il s’est dit satisfait, sans toutefois revenir avec des résultats concrets.

Une réunion en Chine à laquelle participe entre autres Scott Moe.

À la suite de son retour d'Asie, Scott Moe a assuré que « la Chine ne souhaite pas regarder en arrière, mais plutôt vers l'avenir ». (Photo d'archives)

Photo : X - Scott Moe

Tout au long de l’année, les néo-démocrates ont critiqué ce manque de résultats de la part du gouvernement provincial, autant pour les tarifs américains que pour ceux de Pékin.


Reconstruction des ponts entre la Saskatchewan et Ottawa

Pour la première fois depuis de nombreuses années, les relations entre les deux paliers de gouvernement se sont réchauffées.

Le premier ministre de la Saskatchewan, Scott Moe, et le premier ministre du Canada, Mark Carney, lors d'une rencontre avec les premiers ministres canadiens à Saskatoon, le 2 juin 2025.

Scott Moe et Mark Carney lors d'une rencontre avec les premiers ministres canadiens à Saskatoon. (Photo d'archives)

Photo : La Presse canadienne / Liam Richards

Le nouveau premier ministre [Mark Carney] a démontré une volonté de travailler avec notre province et une compréhension des besoins que nous avons pour bâtir une Saskatchewan forte dans un Canada fort et uni, indiquait le gouvernement dans son discours du Trône en octobre dernier.

Un changement qui a été causé par le départ de Justin Trudeau, qui avait eu de multiples accrochages avec la province, notamment sur la taxe carbone.

Dès l'arrivée de Mark Carney au pouvoir, le premier ministre saskatchewanais avait indiqué être prêt à « repartir de zéro ». Scott Moe avait d'ailleurs fait une liste des 10 changements nécessaires pour améliorer les relations. Une liste qui comprenait notamment l’accroissement de la capacité des oléoducs au pays et la fin de la taxe carbone sur le chauffage domestique.

Scott Moe a également soutenu les intentions de Mark Carney de faire du Canada une superpuissance nucléaire.

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