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Près d’un mois après les traversées illégales massives vers l’enclave espagnole, une violente bataille informationnelle oppose les médias des deux pays, replongeant Rabat et Madrid dans une crise qui ne dit pas son nom.

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Des manifestants opposés à la présence de migrants, devant un campement sur la plage de Trampolin, à Ceuta (Espagne), le 28 août 2026. Des manifestants opposés à la présence de migrants, devant un campement sur la plage de Trampolin, à Ceuta (Espagne), le 28 août 2026.

Les fantômes reviennent hanter les relations entre l’Espagne et le Maroc. Au palais royal de Rabat, lundi 24 août, ont été invoqués les esprits de Cadi Ayyad et Al Azafi, deux théologiens morts il y a plus de sept cents ans. Ce jour-là, le ministre des affaires religieuses marocain, Ahmed Toufiq, les a cités, devant le roi Mohammed VI et son fils, le prince héritier Moulay Al-Hassan, lors de la traditionnelle veillée marquant l’anniversaire de la naissance du prophète Mahomet. Les savants étant nés à Ceuta avant que la cité ne devienne espagnole en 1580, il fut question dans son discours de « lutte sacrée » et de « villes occupées ».

L’allusion, qui visait aussi l’enclave de Melilla, a fait bondir de l’autre côté de la Méditerranée. Le lendemain, la presse s’est emparée du sujet, de la télévision publique RTVE au site Vozpopuli, qui voit dans ces propos « une dimension politique indéniable » sur fond d’urgence sécuritaire et humanitaire : plus de 70 000 personnes venues du Maroc sont entrées illégalement à Ceuta, les 30 et 31 juillet, et plusieurs milliers s’y trouvent toujours. Même si aucune preuve tangible ne crédibilise pour le moment cette thèse et qu’à Madrid le gouvernement de Pedro Sanchez la réfute, la suspicion en Espagne demeure : ces traversées massives auraient été « facilitées » par les autorités marocaines, qui tenteraient ainsi de faire pression sur leur voisin.

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