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Six victoires anglaises. Trois argentines. Cinq partages. Cette demi-finale de Coupe du monde constituera le 15e duel entre deux nations plongées dans une féroce rivalité née bien au-delà des terrains, en grande partie à cause de la guerre des Malouines de 1982.
Les plaies sont encore ouvertes plus de 40 ans plus tard. Les preuves ? Que les arbitres issus de l'Angleterre n'ont toujours pas le droit d'arbitrer l'Argentine au Mondial et vice-versa, mais aussi la dernière "polémique" qui a enflammé le pays de Shakespeare à la suite des paroles de Lineker : sur son célèbre podcast The Rest is Football, le meilleur buteur de l'édition 1986 a évoqué les "Malouines", soit le terme employé par les Argentins pour désigner l'archipel, et non les "Falklands", utilisé par les Anglais…
Retour sur trois grands épisodes d'une des plus célèbres animosités en Coupe du monde.
Coupe du monde 2026: voici qui arbitrera la demi-finale Angleterre-ArgentineL'invention des cartons rouges et jaunes
Avant le conflit militaire déjà, les esprits ont chauffé lors de la Coupe du monde 1966. Que l'Argentine surnomme encore ce quart de finale, remporté par le futur champion, le "vol du siècle" en dit long. L'Albiceleste conteste d'abord l'unique but, en raison d'un potentiel hors-jeu sur l'action qui a profité à Hurst, auteur aussi d'un triplé en finale. Mais c'est surtout l'expulsion du capitaine Rattín, à la suite d'un second avertissement, qui demeure plus révoltante aux yeux des Sud-Américains. D'après eux, l'arbitre allemand, Kreitlein, aurait renvoyé le médian au vestiaire parce qu'il "n'a pas aimé la manière dont le joueur l'a regardé". Si les Anglais ont parlé de "violence verbale" envers l'arbitre, Rattín invoquait plutôt un traducteur puisque M. Kreitlein ne parlait pas espagnol.
Kreitlin a été escorté par la police. ©PhotonewsVu son refus de quitter la pelouse, des officiels de la Fifa ont poussé le joueur vers la sortie au bout d'un long délai durant lequel il a insulté les supporters et s'est même assis près du poteau de corner après avoir écrasé le drapeau du Royaume-Uni qui y pendait. Kreitlein a, lui, été escorté par la police. En réaction au chaos, Ken Aston, responsable des arbitres à l'époque, a inventé le système des cartons rouges et jaunes introduit en 1970. Dans la foulée, le sélectionneur des Three Lions Ramsey a interdit à ses hommes d'échanger leur maillot avec leurs adversaires qu'il a par ailleurs traité "d'animaux".
Un câble polémique, une simulation qui coûte cher et un sélectionneur licencié à cause des Diables: retour sur la nuit américaine au MondialMain de Dieu et maillot à 8,7 millions €
C'est probablement une des trois scènes les plus iconiques de l'histoire du tournoi ; voire la plus iconique. D'autant que la guerre des Malouines avait, cette fois, eu lieu quatre années plus tôt. Beaucoup d'Argentins voyaient en ce quart l'occasion idéale de prendre une revanche.
Ce 22 juin 1986, Maradona est à la fois parvenu à inscrire le goal le plus controversé de l'histoire de la Coupe du monde, la fameuse "Main de Dieu" que Shilton ne lui a visiblement toujours pas pardonnée, et le "but du siècle", après avoir successivement dribblé Beardsley, Reid, Butcher (à deux reprises), Fenwick et enfin Shilton. "Parfois, je pense que je préfère le but de la main, c'était comme voler le portefeuille des Anglais", a-t-il écrit dans sa biographie en ajoutant : "C'était comme si nous avions battu un pays et pas juste une équipe de foot. Même si nous avions dit avant le coup d'envoi que le foot n'avait rien à voir avec la guerre, nous savions qu'ils avaient tué beaucoup de garçons argentins là-bas, tué comme des petits oiseaux."
Shilton n'a pas pardonné Maradona pour la "Main de Dieu". ©ANPMalgré la réduction du score de Lineker, l'Albiceleste a poursuivi sa route jusqu'au sacre. L'Anglais Hodge a échangé son maillot avec Maradona. Une tunique qui lui a rapporté 8,78 millions € grâce à une vente aux enchères, en 2022.
Beckham, "le garçon stupide"
Saint-Étienne reste à jamais gravé dans la mémoire de "Goldenballs". Ce huitième du Mondial 1998 n'est pas seulement entré dans l'histoire grâce à la réalisation sensationnelle d'Owen, mais aussi à cause de l'expulsion de Beckham. Après un duel entre lui et Simeone, l'actuel entraîneur de l'Atlético s'est relevé en frottant son poing contre le dos du plus célèbre des n°7, encore au sol. À son tour, le spécialiste des coups francs a réagi en lui infligeant un (léger) coup de pied. Il n'en a pas fallu plus au Cholo pour en faire tout un plat ou à l'arbitre pour sortir la rouge.
Beckham a été exclu pour un (léger) coup de pied sur Simeone.Les Anglais ont tenu bon pour finalement s'incliner aux tirs au but à la suite des ratés d'Ince et Batty. L'incident a fait de Beckham l'ennemi public n°1 outre-Manche. "Dix Lions héroïques, un garçon stupide", a écrit le Daily Mirror par exemple. Hoddle, sélectionneur à l'époque, n'a pas non plus hésité à remettre la faute sur celui dont il était l'idole d'enfance. Longtemps vilipendé, Beckham a eu sa revanche quatre ans plus tard en transformant un penalty victorieux contre les Argentins.
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