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Enterrer les victimes d’Ebola, un rite à haut risque dans l’est de la RDC

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Des volontaires de la Croix rouge congolaise s'occupant des enterrements dignes et sécurisés (EDS), équipés des équipements de protection individuels (EPI) chargent sur un véhicule pick-up le cerceuil désinfecté de Kasande Kisembo, 8 ans, décédée dans la nuit du virus Ebola après cinq jours de traitements au Centre de traitement Ebola (CTE) géré par l'ONG Médecins sans frontières (MSF) à la clinique Elikya de Bunia, Ituri, dans l'Est de la République démocratique du Congo, le 21 juin 2026.
Philémon Barbier / Hors Format pour "Le Monde" PHILÉMON BARBIER/HORS FORMAT POUR « LE MONDE »

Par Morgane Le Cam  et Philémon Barbier 

Publié aujourd’hui à 17h00, modifié à 18h11

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ReportageAfin d’éviter toute contamination, les corps des défunts sont aspergés d’une solution chlorée avant d’être placés dans des sacs mortuaires, eux-mêmes désinfectés. Puis les dépouilles sont déposées dans des cercueils, scellés par la Croix-Rouge en présence des familles.

Le cœur de leur mission est de sauver des vies, mais, depuis la déclaration officielle de l’épidémie à virus Ebola, le 15 mai, leur quotidien est d’accompagner les morts. Au siège de la Croix-Rouge à Bunia, ville de l’est de la République démocratique du Congo (RDC) parmi les plus touchées par la maladie, une dizaine de volontaires chargent les véhicules de pastilles de chlore, de pulvérisateurs et d’équipements de protection individuels. De quoi assurer des enterrements dits « dignes et sécurisés » aux morts d’Ebola.

Des volontaires de la Croix-Rouge préparent leur matériel de désinfection à Bunia (République démocratique du Congo), le 21 juin 2026. Des volontaires de la Croix-Rouge préparent leur matériel de désinfection à Bunia (République démocratique du Congo), le 21 juin 2026.

Cette procédure est préconisée par le gouvernement congolais pour empêcher la contamination par le contact avec les défunts. Les corps sont d’abord aspergés d’une solution chlorée avant d’être placés dans des sacs mortuaires, eux-mêmes désinfectés. Puis les dépouilles sont déposées dans des cercueils, scellés par la Croix-Rouge en présence des familles.

« C’est dur, mais on n’a pas le choix. Si on ne fait pas ce travail, la communauté va trinquer. On donne le maximum pour essayer de limiter la propagation de l’épidémie », explique Luc Vahamwiti, volontaire pour la Croix-Rouge depuis 2005. A combien d’enterrements sécurisés a-t-il participé ? Le Congolais de 30 ans, réalisateur de vidéos pour des artistes locaux, ne « peut pas compter ». « Peut-être trois ou quatre par jour », estime-t-il. Selon les chiffres donnés par le gouvernement et que plusieurs ONG estiment largement sous-estimés, 360 personnes sont mortes d’Ebola, pour 1 274 cas confirmés à la date du 27 juin.

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