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Énoncé économique : le monde des affaires demande une réduction du déficit

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L’Ontario présente jeudi son énoncé économique pour faire le point sur ses finances pour les prochains mois. Dans un contexte de guerre commerciale, des acteurs du monde des affaires demandent au gouvernement de réduire son déficit tout en réclamant des allègements fiscaux pour les entreprises.

L'économiste en chef et vice-président à la recherche pour la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante, Simon Gaudreault, soutient que plus de 50 % des petites et moyennes entreprises (PME) ont dit à son organisme dans le plus récent sondage qu’ils veulent que le gouvernement ontarien équilibre son budget.

La dette et les déficits du gouvernement nous préoccupent, lance-t-il. Pourquoi? Bien évidemment, c’est parce que les entrepreneurs comprennent très bien que si on a une dette ou un déficit aujourd’hui, [cela mène] souvent à des taxes et des impôts plus élevés.

L'économiste Simon Gaudreault.

Simon Gaudreault est économiste en chef de la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Martin Hazel

Il comprend cependant que le contexte économique de l’Ontario est difficile en ce moment en raison de la guerre tarifaire, ce qui a une incidence sur les investissements et le marché de l’emploi.

En septembre, le gouvernement de l’Ontario a publié ses Comptes publics pour l'exercice 2025-2026, révélant un déficit de 13 milliards de dollars, soit 700 millions de dollars de plus que prévu dans son budget printanier.

Ce que ça prend dans un contexte comme ça de la part du gouvernement, c’est vraiment une certaine rigueur budgétaire pour se redonner une marge de manœuvre pour pouvoir faire face à ces taux d'intérêt-là qui sont peut-être plus élevés et qui vont peut-être le rester dans un avenir prévisible.

M. Gaudreault veut également augmenter le seuil d’exemption de l’impôt-santé des employeurs.

Pour sa part, la Chambre de commerce de l’Ontario a trois attentes principales.

On veut une trajectoire fiscale crédible, un environnement qui encourage l’investissement, puis la poursuite des investissements dans les infrastructures et les grands projets, énumère son vice-président aux politiques, Vincent Caron. Mais il faut garder la discipline fiscale.

Il explique que cette discipline ne veut pas nécessairement dire dépenser moins, mais bien obtenir de meilleurs résultats avec ce que l’on dépense déjà.

Vincent Caron écoute le journaliste.

Vincent Caron salue l'annonce de l'Ontario mercredi de milliards de dollars d'allègements fiscaux aux entreprises. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada

Il croit que cette discipline doit notamment être prise en compte dans le domaine de la santé, car les besoins vont continuer d’augmenter en raison du vieillissement de la population.

M. Caron affirme tout de même que la province va dans la bonne direction, citant notamment l’annonce du ministre des Finances, Peter Bethlenfalvy, mercredi d’allègements fiscaux de plusieurs milliards de dollars (nouvelle fenêtre) aux entreprises afin de stimuler l'investissement dans la province.

Préserver la santé financière de l’Ontario à long terme

Dans son nouveau rapport, l’Institut économique de Montréal (IEDM) soutient que les 25 prochaines années seront déterminantes pour les finances publiques des provinces canadiennes, qui affichent actuellement toutes un déficit.

L’analyste senior en politiques publiques à l’IEDM, Gabriel Giguère, soutient que la trajectoire de l’endettement de l’Ontario sur ce laps de temps est moins pire que celle du Québec ou de la Colombie-Britannique, même s'il y a eu de mauvais choix politiques par le passé, mais reste préoccupante.

Cet endettement serait notamment dû au vieillissement de la population et aux coûts en santé qu’il engendre. Or, la part du lion [...] de la détérioration des finances publiques pour les prochaines décennies est largement attribuable au choix de politiques publiques, comme la création de programmes de subventions aux entreprises et aux particuliers.

L'analyste Gabriel Giguère.

Gabriel Giguère est analyste en politiques publiques à l'Institut économique de Montréal. (Photo d'archives)

Photo : Institut économique de Montréal

Dans le document, l’auteur de la publication, le professeur Trevor Tombe, écrit que les pressions liées aux choix de politiques publiques devraient faire augmenter les ratios de la dette au PIB d’environ 1,5 point de pourcentage par année en moyenne.

M. Giguère explique que ce ratio se définit comme une dette d’un gouvernement provincial qui augmente plus rapidement que la croissance économique.

Évidemment, ça va être un problème à terme parce que qui dit dette plus importante, bien naturellement, il va falloir la payer, lâche-t-il.

Si on ne fait rien, si on lâche le volant puis on se dit “allons-y, nous, on vit bien,” bien aujourd’hui, on est en train d’hypothéquer la génération et les générations futures.

Pour renverser la tendance, il croit que du développement économique sera nécessaire, une baisse des impôts des sociétés, en plus des réductions des dépenses, des abolitions de programmes également.

Il souhaite aussi voir en Ontario la création d’un comité de révision des programmes et l’intégration de clauses crépusculaires aux nouveaux règlements pour forcer le gouvernement à revoir sa pertinence après un certain temps.

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