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Énergie : la facture de notre dépendance

1 day_ago 30

         

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Subir. C'est le mot qui s'impose quand le monde politique belge évoque la flambée des cours du pétrole. "Le choc est mondial et le budget n'offre aucune marge", entend-on. Tout cela est exact, et maintes fois rabâché. Mais cette impuissance est aussi la facture d'une dépendance énergétique que la Belgique connaît depuis longtemps sans l'avoir vraiment traitée, ou seulement à coups de lois "changeantes" ces vingt dernières années. Les rustines d'urgence coûtent aujourd'hui très cher. Les chiffres restent en effet accablants.

D'abord, les produits pétroliers représentent 48 % de la consommation finale d'énergie, davantage qu'avant le Covid (45,9 % en 2019), et le pays importe environ 76 % de son énergie. Diversifier les fournisseurs n'y change rien : le baril se paie au prix mondial.

Côté gaz, ensuite. Le terminal de Zeebrugge a reçu ces six derniers mois du GNL russe à 49 %, américain à 36 %, qatari à 7 %. Ces chiffres ne reflètent ni toute la consommation belge ni tous ses approvisionnements, certes, mais ils montrent néanmoins la vulnérabilité d'un marché où, en cas de fermeture d'Ormuz, la Russie garde un poids prépondérant. À quinze mois de la sortie européenne du gaz russe, voilà qui interpelle.

Comment diminuer la consommation d'énergie des Belges ? "Cette mesure impopulaire a le mérite de faire porter collectivement l'effort"

Quant au prix de l'électricité, il est encore souvent trop élevé. Pire, et c'est peu connu, l'électricité est près de quatre fois plus chère que le gaz, le ratio le plus élevé de l'UE, ce qui complique notamment le passage aux pompes à chaleur et aux voitures électriques.

Restent les importations d'électricité… Au premier semestre, les importations nettes ont atteint 12,5 TWh selon la Creg. Importer de France, des Pays-Bas ou d'Allemagne n'est pas en soi une mauvaise nouvelle puisqu'on remplace du pétrole et du gaz par de l'électricité, mais cela dit une nouvelle fois quelque chose de notre manque d'indépendance énergétique. Les chiffres, par quelque bout qu'on les prenne, montrent trop souvent l'écart entre l'autonomie énergétique promise et l'autonomie réelle.

La Belgique ne fera pas baisser le prix du baril. Elle peut en revanche réduire son exposition : rénover, décarboner la production d'électricité, diversifier, et fixer à l'avance la réponse aux crises plutôt que de la négocier des semaines durant. Il est temps d'accélérer cette quête d'indépendance, elle est vitale pour notre économie, notre pouvoir d'achat, notre compétitivité, et notre environnement.

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