Au siège du Parti républicain du peuple (CHP), 16 étages de béton et de verre au centre d’Ankara, les lumières sont restées allumées dans la nuit de jeudi à vendredi. Quelques heures plus tôt, un tribunal avait destitué toute la direction du parti. Son chef, Özgür Özel, leader de l’opposition turque, est sommé de céder la place à son prédécesseur Kemal Kiliçdaroglu. Cette décision, inédite dans l’histoire centenaire de la République de Turquie et de son parti fondateur, est un séisme politique. Elle s’annonce lourde de conséquences pour l’avenir du pays et de l’opposition au président Erdogan.
La justice a donné raison à d’anciens cadres du CHP qui avaient dénoncé des «fraudes» lors d’un congrès fin 2023 – celui qui avait écarté Kemal Kiliçdaroglu et porté Özgür Özel à la tête du parti. Le tribunal a jugé «nuls et non avenus» non seulement ce congrès, mais aussi toutes les décisions de ses dirigeants depuis lors. «Ni le CHP, ni la Turquie ne céderont face à ce coup d’Etat. Nous résisterons jusqu’au bout», a lancé Özgür Özel depuis le QG de sa formation, qu’il a juré de ne pas quitter. Le CHP a saisi la Cour de cassation dans l’espoir, très mince, d’annuler cette décision.


1 month_ago
81




















.jpg)






French (CA)