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L'affaire a des allures de thriller nordique. En Suède, des femmes se présentant comme des religieuses orthodoxes ont été autorisées à collecter des fonds dans des paroisses locales, avant que la presse ne révèle leurs liens présumés avec le renseignement militaire russe (GRU) et des organisations pro-guerre. L'origine du scandale: le monastère bélarusse de Sainte-Élisabeth, soupçonné de soutenir matériellement et idéologiquement l'invasion russe de l'Ukraine.
Tout commence dans la paroisse de Täby, dans la banlieue de Stockholm. Avec l'accord du vicaire Michael Öjermo, ces «sœurs» avaient installé leur table de vente dans le couloir de l'église afin d'y proposer icônes et bibelots religieux. Rien de suspect, jusqu'à ce que des photos circulent montrant certaines d'entre elles brandissant un drapeau russe frappé du symbole «Z», devenu l'emblème du soutien à la guerre en Ukraine. D'autres clichés les montraient visitant des villages ukrainiens occupés par l'armée russe. La presse suédoise leur a vite trouvé un surnom: les «Z-nuns», ou «nonnes Z» nous apprend le site d'investigation The Insider.
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Face à la polémique, l'Église de Suède a publié un avertissement officiel, précisant que les dons récoltés pourraient contribuer à soutenir l'agression militaire de la Russie contre l'Ukraine. Le prêtre de Täby, lui, plaide la naïveté. «Je n'avais pas d'informations précises sur la réputation du monastère», a-t-il expliqué. Tout en rejetant le terme de nonnes-espionnes, il reconnaît que ces visites pouvaient être instrumentalisées, donnant l'impression que des citoyens de pays membres de l'OTAN soutiennent la Russie.
(1/8) In Sweden, nuns from the St. Elisabeth Convent, originally based in Belarus, embedded in 20 churches, worked for Russian intelligence and raised funds for the Russian army while posing as a charity. pic.twitter.com/PR2hB99GBy
— Special Kherson Cat 🐈🇺🇦 (@bayraktar_1love) January 18, 2026Méfiance généralisée
L'affaire dépasse le cadre local. Selon les autorités religieuses suédoises, ces intrusions s'inscrivent dans une stratégie plus large d'influence russe par le biais du religieux, notamment à travers l'Église orthodoxe. Le Kremlin chercherait à utiliser ces structures comme vitrines culturelles, mais aussi comme points d'observation sur le territoire européen.
Les services de renseignement suédois surveillent d'ailleurs de près plusieurs lieux de culte orthodoxes situés à proximité de sites sensibles, comme l'aéroport de Västerås, à une centaine de kilomètres de la capitale. Des analystes craignent qu'ils ne servent à la collecte d'informations sur les activités militaires et aériennes du pays. Les responsables russes assurent qu'il ne s'agit que de centres religieux légitimes, mais Stockholm ne cache plus sa méfiance.
Cet épisode suédois rappelle que l'Église orthodoxe russe joue de plus en plus ouvertement un rôle dans la diplomatie d'influence du Kremlin. Depuis le début de la guerre, plusieurs monastères et organisations religieuses liés à Moscou ont été accusés en Europe de diffuser la propagande proguerre, voire de recueillir des fonds pour l'armée russe sous couvert d'actions humanitaires.
Cette opération des «nonnes Z» illustre une nouvelle facette de la guerre hybride menée par Vladimir Poutine contre l'Europe: un mélange d'espionnage, de désinformation et de manipulation, dans lequel la foi sert moins Dieu que la nation russe.





























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