Il est 6h30, ce dimanche matin. Les bureaux n’ouvriront leurs portes que dans une demi-heure, mais une file se forme déjà devant l’Ecole primaire Saints-Cyrille-et-Méthode de Belgrade. On est à Zvezdara, un quartier tranquille et résidentiel de la capitale, traditionnellement acquis à l’opposition. Mila, 66 ans, qui a été de toutes les manifestations contre le régime de Slobodan Milošević, puis contre celui d’Aleksandar Vučić, ne pouvait pas attendre, malgré le froid piquant de l’aube. «Je suis une lève-tôt, et je préfère être ici, devant le bureau de vote, que de tourner en rond chez moi… Et puis, en votant ainsi massivement de bonne heure, on leur montrera notre détermination», lâche cette enseignante à la retraite.
Dans la matinée, le temps d’attente dans ce même bureau de vote était d’au moins deux heures. On signalait des queues longues d’un kilomètre dans les quartiers modernes de Novi Beograd et Bežanijska kosa, où l’issue du scrutin est souvent plus disputée. Les véhicules qui passent font souvent retentir Je veux trois baisers, une chanson traditionnelle devenue l’hymne de la Liste étudiante, qui porte le numéro 3 sur les bulletins de vote.


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