Dans le cadre d’un récent podcast, un neuroscientifique britannique a proposé plusieurs méthodes pour en finir avec une obsession amoureuse. Selon le spécialiste, il ne s’agit pas là d’une pathologie mais d’un trait biologique profondément présent dans le système d’attachement humain.
Quand le système dopaminergique prend le pas sur le cortex préfrontal
Rappelons tout d’abord que l’obsession amoureuse est un état psychologique se caractérisant par des pensées intrusives, incontrôlables et répétitives focalisées sur une personne et éclipsant le reste de du quotidien. Par ailleurs, il faut savoir qu’officiellement, l’obsession amoureuse n’est pas pathologique en soi mais peut être une composante de la limerence, que l’on peut comparer à un trouble obsessionnel-compulsif (TOC).
Lors de l’épisode 471 du podcast Sex & Psychology, le neuroscientifique Tom Bellamy s’est exprimé sur la limerence. Pour l’expert, il est question d’un état d’obsession romantique intense qui n’est autre qu’un trait biologique s’ancrant profondément dans notre système d’attachement. Evidemment, le problème de cet état réside dans son caractère envahissant en l’absence de réciprocité dans l’obsession, qu’il s’agisse d’un intérêt naissant pour une personne ou d’une persistance après une rupture amoureuse.
Selon Tom Bellamy, la limerence active le système dopaminergique, un réseau neuronal crucial du cerveau utilisant la dopamine pour réguler la motivation, le plaisir, la récompense, le mouvement volontaire et la cognition. Parallèlement, le cortex préfrontal responsable du contrôle et de la prise de décision subit un affaiblissement. Ainsi, le système dopaminergique et le désir prennent totalement le dessus sur le cortex préfrontal et la raison. Il s’agit d’ailleurs d’une dynamique qui ressemble à celle que l’on retrouve dans le cas des addictions comportementales.
Crédit : AntonioGuillem / iStock
Pleine conscience et rêverie négative
Après avoir défini la limerence et ses mécanismes, Tom Bellamy a partagé plusieurs manières de sortir de cet état. La première consiste à redonner du pouvoir au cortex préfrontal et donc, à la raison. Le spécialiste conseille de pratiquer la pleine conscience, c’est à dire porter une attention délibérée et sans jugement sur l’instant présent. Ceci a pour effet de réduire le stress, l’anxiété et la dépression. Par exemple, lorsque l’individu a envie de regarder le profil de la personne désirée, le but est d’attendre au moins une dizaine de minutes avant d’agir. Ce qui apparait comme étant un simple détail est en réalité un délai, générant une microfissure dans la boucle automatique régissant l’obsession. Également, consolider la capacité cognitive et la gestion des impulsions affectives passe nécessairement par un sommeil de qualité, la pratique d’une activité sportive et une alimentation plus saine.
Beaucoup plus surprenante, la seconde technique repose sur la notion de « rêverie négative ». Il s’agit ici d’une activité mentale excessive et intense consistant à s’immerger dans des scénarios imaginaires, souvent sombres, angoissants ou ruminants. Autrement dit, il est question de modifier volontairement ses propres scénarios mentaux qui dans le cas de la limerence, se bercent logiquement de fantasmes agréables. Le but est donc d’ajouter une fin froide ou malheureuse à toute pensée agréable concernant la personne objet de l’obsession. Comme l’explique le neuroscientifique, ceci permet à terme de favoriser l’extinction, c’est à dire l’arrêt de l’association – par le cerveau – entre la personne désirée et le sentiment de récompense. En bout de chaine, se conditionner de la sorte donne donc la possibilité de stopper l’obsession.


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