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Avec la flambée des cours du pétrole avec la guerre au Moyen-Orient, la transition énergétique est « le meilleur moyen de protéger les ménages », estime Valérie Masson-Delmotte.

Bloomberg Creative / Getty Images/Bloomberg Creative
Le Haut conseil pour le climat (HCC) a réclamé, ce jeudi 12 mars, au gouvernement une « feuille de route précise de sortie des énergies fossiles » en France.
En plein « choc pétrolier », « il est urgent de sortir des énergies fossiles ». Faisant allusion à la récente flambée des cours avec la guerre au Moyen-Orient, le président du Haut conseil pour le climat (HCC) Jean-François Soussana a tiré la sonnette d’alarme, ce jeudi 12 mars, sur la dépendance française au pétrole et au gaz et a plaidé pour une planification de la transition énergétique.
Un avis que partage la climatologue et membre du HCC Valérie Masson-Delmotte, citée par Les Échos. L’ex-coprésidente du Giec analyse : « La sortie des énergies fossiles est impérative pour le climat, mais c’est aussi le meilleur moyen de protéger les ménages par rapport aux chocs énergétiques en rendant accessible les moyens de la transition. »
Le HCC réclame ainsi au gouvernement une « feuille de route précise de sortie des énergies fossiles » en France, avec une déclinaison opérationnelle par secteur pour la fin du charbon, du pétrole et du gaz.
La ministre de la Transition écologique « consciente » de l’enjeu
Les experts, chargés d’évaluer l’action climatique du gouvernement, publient leur avis sur la troisième Stratégie nationale bas carbone (SNBC-3), la feuille de route actualisée de la France pour devenir « neutre en carbone » en 2050, parue en décembre dernier et toujours en consultation.
« On a une trajectoire qui est ambitieuse, mais nous nous interrogeons essentiellement sur la mise en œuvre », a résumé Jean-François Soussana, qui note également que « les subventions aux énergies fossiles en France pèsent encore 13 milliards d’euros ».
Cet enjeu de mise en œuvre, « on en est clairement conscients », a répondu le cabinet de la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, citant comme exemple la récente présentation d’un plan d’électrification. « On essaiera de prendre en compte une partie des recommandations que fait le HCC », a aussi assuré la même source.
Parmi vingt recommandations, le Haut conseil pour le climat demande au gouvernement d’« expliciter une feuille de route précise de sortie des énergies fossiles » avec « les modalités pour chaque secteur ».
Contenir la hausse du trafic aérien
La SNBC présentée en décembre prévoit un calendrier de sortie des fossiles en France : 2030 pour le charbon, 2040-2045 pour le pétrole et 2050 pour le gaz fossile.
« Mais ce calendrier, il faut qu’il soit porté politiquement, il faut qu’il soit affirmé », insiste Jean-François Soussana. « On a besoin de visibilité, de portage politique et de clarté sur les dates de sortie dans chacun des secteurs », dit-il, prenant l’exemple de la fin du moteur thermique pour les voitures.
« Dans les grandes lignes oui, on va essayer d’être plus précis », a assuré le cabinet de Monique Barbut, soulignant que d’autres textes d’orientation - notamment la programmation pluriannuelle de l’énergie - étaient concernés.
Parmi ses autres recommandations, il demande encore de « davantage contenir la hausse du trafic aérien aux horizons 2030 et 2050 », s’inquiétant de l’ampleur des besoins en biomasse pour produire des carburants d’aviation durable (SAF) nécessaires à la décarbonation du secteur.
Le HCC est un organisme indépendant, installé en 2018 par le président Emmanuel Macron, composé d’une douzaine d’experts dans plusieurs disciplines, chargés d’évaluer l’action climatique du gouvernement et d’émettre des recommandations.


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