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L’homme de 29 ans, qui devait répondre de 40 chefs d’accusation, a été reconnu coupable de deux viols, ainsi que de violences répétées contre une ancienne compagne, de menaces et d’infractions routières, et condamné à quatre ans de prison ferme.

Le juge Jon Sverdrup Efjestad (au centre), lors du prononcé de la sentence dans l’affaire Marius Borg Hoiby, au tribunal d’Oslo, le 15 juin 2026. Le juge Jon Sverdrup Efjestad (au centre), lors du prononcé de la sentence dans l’affaire Marius Borg Hoiby, au tribunal d’Oslo, le 15 juin 2026.

Le fils de la princesse héritière de Norvège, Marius Borg Hoiby, a été reconnu coupable lundi 15 juin de deux des quatre viols dont il était accusé et condamné à une peine de quatre ans de prison ferme. Outre deux viols, dont l’un commis en 2018 au domicile du couple princier à Skaugum, la peine porte sur des violences répétées contre une ancienne compagne, des menaces et des infractions routières.

Dans cette affaire retentissante qui a écorné l’image de la monarchie, M. Hoiby, né d’une relation antérieure au mariage de sa mère Mette-Marit avec le prince héritier Haakon en 2001, devait répondre de 40 chefs d’accusation. Cet homme de 29 ans, qui n’a ni fonction officielle ni profession fixe, contestait les accusations les plus graves, à savoir les viols de quatre femmes et des violences répétées contre une ex-compagne.

Pour des raisons de santé non précisées, M. Hoiby, en détention provisoire depuis début février, n’était pas physiquement présent à la lecture du verdict qu’il a suivie, par lien vidéo, depuis sa prison.

Le parquet avait requis sept ans et sept mois de prison. De son côté, la défense avait demandé son acquittement pour les accusations de viols et plaidé pour une peine d’un an et demi de prison pour d’autres faits. M. Hoiby avait reconnu certains chefs d’accusation, notamment le transport de 3,5 kilos de marijuana, des atteintes à l’intégrité physique et des menaces.

Un accusé « qui se croit tout permis »

Le procès, qui s’est tenu du 3 février au 19 mars, a exposé au grand jour la vie de l’homme de 29 ans, propulsé dans la sphère publique dès l’âge de 3 ans par la romance entre Mette-Marit et Haakon. « Je suis surtout connu comme le fils de ma mère, pas comme autre chose. J’ai donc eu un besoin de reconnaissance extrêmement élevé toute ma vie », a-t-il déclaré au deuxième jour du procès. « Et ça s’est traduit par beaucoup de sexe, beaucoup de drogues et beaucoup d’alcool », a-t-il ajouté.

Les viols dont il était accusé ont, selon l’accusation, été commis entre 2018 et 2024 après des soirées festives au cours desquelles M. Hoiby avait consommé alcool et stupéfiants. A chaque fois, des relations sexuelles consenties auraient été suivies d’actes illégaux, les femmes semblant alors endormies. Le débat judiciaire a notamment porté sur l’état de conscience des victimes et sur ce que M. Hoiby pouvait percevoir au moment des faits.

Dans son réquisitoire, le procureur Sturla Henriksbo a décrit un accusé « qui se croit tout permis ». Malgré ses explications confuses et ses trous de mémoire, M. Hoiby a affirmé n’avoir pas « pour habitude d’avoir des rapports sexuels avec des femmes qui dorment ». Il a aussi dénoncé la pression médiatique qui, dit-il, a fait de lui « un monstre », « cible de la haine de toute la Norvège ».

« Régime de terreur »

L’affaire éclate le 4 août 2024, quand M. Hoiby est arrêté, soupçonné d’avoir agressé sa compagne la nuit précédente dans les beaux quartiers d’Oslo. La presse publie alors la photo d’un couteau planté dans un mur et d’un lustre brisé au sol.

L’influenceuse Nora Haukland affirme ensuite avoir elle aussi subi des violences physiques et psychologiques de la part de Marius Borg Hoiby – un « régime de terreur », dira l’accusation. Au procès, M. Hoiby reconnaîtra que la jalousie peut lui faire perdre la tête. C’est en analysant ses téléphones et ordinateurs que les enquêteurs ont retrouvé des vidéos documentant ce qu’ils considèrent comme des viols.

Si M. Hoiby ne fait pas formellement partie de la Maison royale, l’affaire a plongé la monarchie norvégienne dans l’embarras et contribué à affaiblir le soutien de l’opinion publique, qui demeure toutefois relativement élevé. Elle s’ajoute à d’autres scandales, notamment aux récentes révélations sur une correspondance soutenue entre Mette-Marit et le criminel sexuel Jeffrey Epstein entre 2011 et 2014, alors que le financier américain avait déjà été condamné pour sollicitation de prostitution auprès d’une mineure.

Le Monde avec AFP