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Khalifa Haftar, 82 ans, a bâti son image d’homme fort de la Cyrénaïque en réprimant toute contestation. La stabilité dans l’Est libyen est aujourd’hui menacée, alors que le maréchal prépare sa succession et que le patron du renseignement militaire vient d’être assassiné.

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Khalifa Haftar, à Benghazi, le 31 mars 2025. Khalifa Haftar, à Benghazi, le 31 mars 2025.

Un attentat est chose rarissime à Benghazi. La « capitale » de la Cyrénaïque (Libye orientale) est tenue d’une main de fer par le maréchal Khalifa Haftar, qui y a installé depuis une dizaine d’années un simili-Etat – régime militaire inspiré du modèle égyptien –, rival des autorités de Tripoli. Aussi, quand les Libyens ont appris, lundi 10 août, que le général Fawzi Al-Mansouri avait été tué dans l’explosion de sa voiture, où il avait pris place en sortant de la mosquée Sayyida Aisha, l’incrédulité a dominé.

Comment le patron des renseignements militaires de l’Armée nationale libyenne (ANL) commandée par Khalifa Haftar a-t-il ainsi pu être éliminé dans le centre hypersécurisé de Benghazi ? Fawzi Al-Mansouri n’était pas n’importe qui. Fidèle entre les fidèles, il a joué un rôle-clé dans la consolidation du système forgé par le maréchal au fil de ses conquêtes, de Derna (Est) à Sebha (Sud) en passant par le Croissant pétrolier, au sud-ouest de Benghazi.

Le lendemain, les autorités de l’Est libyen ont imputé l’attaque à une « cellule terroriste », ajoutant qu’elles suspectaient une motivation « djihadiste », mais sans fournir plus de détails. Depuis que le maréchal Khalifa Haftar a imposé, dans les années 2016-2017, son contrôle sur Benghazi, où opéraient jusqu’alors nombre de groupes armés islamistes ayant éclos dans le sillage de la révolution de 2011, les tenants du djihad avaient été éradiqués de la cité. Leur éventuelle réapparition dans le cœur du réacteur du système Haftar, quadrillé par des services de renseignement omniprésents, suscite la perplexité chez la plupart des observateurs du théâtre libyen.

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