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La plus grande vedette du cyclisme mondial ne sera pas de retour cette année aux Grands Prix cyclistes de Québec et de Montréal. La décision de Tadej Pogacar de tenter de gagner le Tour d’Espagne n’a pas surpris l’organisation des classiques québécoises, qui s’attend à le retrouver deux semaines plus tard aux mondiaux pour défendre son maillot arc-en-ciel. Et sans le meilleur cycliste de la planète, les Grands Prix pourraient bien avoir une intrigue renouvelée.
La décision du Slovène, gagnant à Montréal en 2024 et en 2022, et 2e l’an dernier en offrant la victoire à son coéquipier Brandon McNulty, n’a pas surpris le directeur général des Grands Prix, Joseph Limare.
Tout au long de l'année, on a des discussions. On avait une équipe qui était présente au Tour de France, on a pu avoir des échanges. Avec les indices que nous avions d'un départ de la Vuelta à Monaco, qui est le lieu de résidence de Tadej, on se doutait de cette annonce, mais la décision officielle a été prise lundi matin, raconte Joseph Limare.
Pour Pogacar, insiste celui qui est aussi le DG des mondiaux, l’occasion est belle d’aller chercher le grand tour qui manque à son palmarès, surtout à la sortie d'un Tour de France qui n'a peut être pas été si compliqué que ça pour lui sur le plan physique par rapport à l'année dernière.
Mais vous savez, il n'a jamais gagné Québec. Donc, assurément, on le reverra!, ajoute-t-il.
Seize ans après leur première édition, les Grands Prix cyclistes sont devenus un moment incontournable du programme bien chargé du WorldTour, et leur présence dans la dernière semaine du Tour d’Espagne n’a jamais été un frein à leur capacité à attirer l’élite mondiale, d’autant plus que la Vuelta peine souvent à avoir un plateau aussi relevé que le Tour d’Italie et, bien sûr, le Tour de France.
Mais l’absence du cannibale Pogacar, présents lors de trois des quatre dernières éditions, est un mal pour un bien.
Son absence cette année ouvre évidemment des portes, souligne Joseph Limare. On va avoir des courses qui vont être très ouvertes, qui vont être beaucoup plus ouvertes.

Julian Alaphilippe, vainqueur du Grand Prix cycliste de Québec en 2025
Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot
À un peu plus d’un mois des Grands Prix, l’organisation commence à recevoir des listes des engagés par les différentes formations du WorldTour. Les têtes d’affiche seront formellement annoncées dans les prochaines semaines, mais Joseph Limare espère avoir les deux tenants du titre, le Français Julian Alaphilippe qui a remonté le cours du temps à Québec, et Brandon McNulty, qui ne devraient pas accompagner Pogacar au Tour d’Espagne, selon ce qu’a dévoilé UAE.
Le prochain « grand » du cyclisme français

Paul Seixas, au centre, était ému à son arrivée sur les Champs-Élysées à la conclusion de son premier Tour de France, le 26 juillet dernier.
Photo : Getty Images / JEFF PACHOUD
Le jeune prodige français Paul Seixas, qui à 19 ans vient de clore le Tour de France au 4e rang du classement général, a déjà annoncé son intention de se frotter aux parcours de Québec et de Montréal cette année, qui marquerait aussi son retour à la compétition après la conclusion de sa toute première présence à la Grande Boucle. Une chance inouïe pour la promotion de l’événement en l’absence de Pogacar.
C’est l'espoir français que tout le monde attend, rappelle Joseph Limare. C’est peut-être l'occasion pour lui de lever les bras à Québec ou à Montréal deux semaines avant [la course sur route des] Championnats du monde. Ça marquera aussi un signal, je dirais pour Tadej, qui ne sera pas présent, de dire : "Attention, il y a du monde qui va être là le 27 septembre!"
L’intérêt de Seixas de faire une première reconnaissance de très haut niveau du parcours des mondiaux vient aussi avec l’intérêt des médias européens pour l'avenir du cyclisme français.
Oui, ça crée de l’intérêt. Il y a des diffuseurs européens qui nous ont contactés pour récupérer les droits de diffusion lors du Tour de France, relate Joseph Limare. Donc, de pouvoir avoir ces annonces le plus tôt possible, ça nous permet, nous, d'organiser un petit peu et de planifier au mieux cette carte postale qu'on donne des villes de Québec, de Montréal, mais aussi du Québec.
La chaîne française L’Équipe, notamment, diffusera pour la première fois les Grands Prix dans leur intégralité.
On était sur leur plateforme numérique et les deux dernières heures étaient sur leur chaîne linéaire. Parce que vous savez, en Europe, les Grands Prix cyclistes de Québec et Montréal sont à heure de grande écoute. Les arrivées sont entre 20 h et 22 h [heure de France]. En Europe, c’est l’heure du soccer, du rugby, pas du cyclisme. On avait toujours ce conflit-là.
Est-ce que la diffusion intégrale sur la chaîne L’Équipe est liée à la présence de Paul Seixas? Je ne peux pas le nier. Assurément, il y a un lien, révèle-t-il. Mais au-delà de ça, c'est le produit que nous proposons depuis 15 ans au niveau de l'organisation, de la captation et de la diffusion télé que l'on fait dans le monde entier.
Avec le contre-la-montre élite des mondiaux prévu le 20 septembre, une semaine après les Grands Prix cyclistes, puis la course sur route masculine une semaine plus tard, Joseph Limare s’attend à ce que de nombreux cyclistes restent dans la province au lendemain des deux Grands Prix.
On va avoir une quarantaine de cyclistes des Grands Prix cyclistes qui resteront entre les Grands Prix et le début des Championnats du monde.
Or, pour les Championnats du monde, ce sont les équipes nationales plutôt que les équipes professionnelles qui prennent en charge les cyclistes.
On est sollicité sur des dates d'arrivée, des lieux d'hébergement, des sites pour s'entraîner. Tout ça, ce sont des indices qui nous amènent à penser que, si une fédération demande de l'hébergement à partir du 14 septembre, c'est probablement que les athlètes ne vont pas arriver au Québec le 14 septembre, ils auront participé aux Grands Prix cyclistes [les 11 et 13 septembre, NDLR], assure Joseph Limare.
Le rêve féminin toujours vivant

La Sherbrookoise Magdeleine Vallières-Mill dans son maillot de championne du monde
Photo : EF Education-Oatly
Les femmes n’auront pas encore leur version des Grands Prix cyclistes cette année en amont des Championnats du monde, lors desquels la Québécoise Magdeleine Vallières-Mill défendra son titre sur route acquis au Rwanda l’an dernier. Mais c’est un rêve que porte Joseph Limare depuis des années, et il espère que la vitrine des mondiaux, qui compteront également des courses juniors, U23 et un relais mixte, permettra à l’organisation de réaliser le montage financier nécessaire à créer une course féminine professionnelle au Québec.
Nous avons, nous caressons ce doux rêve de pouvoir amener au Québec le WorldTour féminin dans les prochaines années. Encore une fois, les Championnats du monde vont être l'opportunité de montrer le niveau du cyclisme féminin, de montrer les athlètes canadiennes qui performent à haut niveau dans ce peloton-là. Et pourquoi pas rêver d'une autre Canadienne qui porte un maillot?
Les bailleurs de fonds publics, les partenaires privés ont une oreille, je dirais, très attentive et des yeux très attentifs à ce que nous mettons en place, au déroulement des Championnats du monde, aux résultats que nous allons avoir. Pour nous, c’est évidemment d'être prêts si la fenêtre et si l’occasion se présente d'ajouter des courses féminines à nos courses WorldTour masculines, conclut-il.


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