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En Jamaïque, un an après l’ouragan Melissa, la reconstruction s’éternise et les sinistrés s’impatientent

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A pile of damaged chairs, tables, and desks sits along the walkway of the main courtyard at the Black River Primary School in St. Elizabeth ABBIE TOWNSEND POUR «LE MONDE»

Par Jean-Michel Hauteville 

Publié aujourd’hui à 18h00

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ReportageLe phénomène cyclonique exceptionnellement puissant, qui avait fait une centaine de morts dans les Grandes Antilles en octobre 2025, a causé des dégâts évalués à plus de la moitié du produit intérieur brut annuel de la Jamaïque. Sur les 306 écoles à rénover en priorité dans l’île, moins de la moitié sont prêtes à accueillir des élèves.

Un camion-citerne livre de l’eau à une petite maison de Parottee, village de pêcheurs du littoral du sud-ouest de la Jamaïque. Le toit flambant neuf de cette humble bâtisse aux murs ocre, située entre la mer des Caraïbes et la route principale qui longe la côte, contraste avec la désolation qui règne encore alentour, dans la torpeur de la mi-journée, ce jeudi, un an après le passage de l’ouragan Melissa.

Le 28 octobre 2025, ce cyclone exceptionnellement puissant frappait de plein fouet ce bourg côtier d’un millier d’âmes et dévastait la moitié ouest de la Jamaïque, mais aussi le sud d’Haïti et l’est de Cuba, avec ses vents soufflant à plus de 300 kilomètres par heure, accompagnés de pluies diluviennes.

Gwendolyn McRae, enseignante à la retraite, dans le jardin derrière sa maison endommagée, située sur la plage de Parottee, Jamaïque, le 15 octobre 2026. Gwendolyn McRae, enseignante à la retraite, dans le jardin derrière sa maison endommagée, située sur la plage de Parottee, Jamaïque, le 15 octobre 2026.

« C’est la première fois [depuis la catastrophe] que nous recevons un peu d’eau gratuitement de la part des autorités », affirme Gwendolyn McRae, 81 ans, la propriétaire du petit pavillon au toit de tôle imitation tuile. Dans cette localité, posée sur une étroite bande de terre enserrée entre une lagune et la mer, des dizaines de maisons sont toujours en ruine, parfois rafistolées avec des bâches, les jardins, ensevelis sous un épais matelas de sable et encombrés de débris divers. De l’autre côté de la route, dans la mangrove, quelques palétuviers ont reverdi, au milieu de troncs d’arbres morts par centaines et de déchets qui surnagent dans une eau croupie.

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