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Par Solène Vary
Publié le 05/09/2026 à 16h05, mis à jour le 05/09/2026 à 17h58
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Pour la droite italienne, cette affaire ultra-médiatisée, l’illustre l’immixtion de l’administration et des juges dans la vie privée des ménages.
C’est un tournant dans cette affaire qui captive l’Italie. Le couple australo-britannique qui vit reclus dans une maison au cœur la forêt des Abruzzes (centre de l’Italie) devrait pouvoir accueillir de nouveau ses enfants, après leur retrait par les services sociaux. Leur fille de 8 ans et leurs jumeaux de 6 ans avaient été placés dans un foyer d’accueil en novembre 2025, sur décision de justice. Le tribunal pour mineurs de l’Aquila a approuvé un chemin de réunification «par étapes», sous la supervision des services sociaux, a indiqué leur avocat ce mardi.
Catherine Birmingham, une Autralienne de 45 ans, coach en développement personnel, et Nathan Trevillon, un Britannique de 51 ans, se sont installés en 2021 en périphérie d’un village italien, Palmoli. Recherchant une vie «sans stress» et en harmonie avec la nature, ils vivaient auprès d’animaux, un âne, un cheval, des chiens, des chats, des canards... utilisaient des toilettes sèches en extérieur et la seule énergie de panneaux solaires. En cohérence avec ce mode de vie alternatif, les enfants n’étaient ni vaccinés, ni scolarisés.
Selon La Republicca, un logement avait été proposé à la famille par les pouvoirs publics. Toutefois, les parents avaient rapidement renoncé à cet appartement au prétexte qu’ils craignaient de boire de l’eau traitée au chlore ou encore qu’un raccordement au réseau électrique les rendait complice de l’agrandissement du trou de la couche d’ozone. Cette famille déjà perçue comme marginale, était pourtant toujours passée sous les radars des autorités.
Intoxication due à la consommation de champignons
C’est en septembre 2024, après une intoxication due à la consommation de champignons vénéneux, que leur équilibre a été rompu. Les cinq membres de la famille ont dû être transportés d’urgence à l’hôpital par hélicoptère. Sur place, les parents ont refusé que l’on pose une sonde nasale à l’un de leurs enfants, alertant encore davantage le personnel médical. Un signalement a été fait aux services sociaux. Selon le site web spécialisé dans la vérification des faits Pagella politica, le couple aurait conditionné la vaccination au paiement de 50.000€ par enfant.
En novembre 2025, les enfants ont été retirés à leurs parents par les services sociaux et placés dans un foyer d’accueil. Leur mère était autorisée à vivre avec eux, jusqu’à ce qu’elle soit exclue en avril dernier, en raison de son attitude hostile à l’égard des éducateurs. Depuis lors, le couple voit ses enfants par appels visio ou lors de rendez-vous sous surveillance à l’intérieur ou à l’extérieur de la structure. «Nous n’avons rien fait de mal en voulant retourner à la nature», a clamé Catherine Birmingham au micro de la Rai, principale chaîne de télévision italienne.
Pour Giorgia Meloni, «les enfants n’appartiennent pas à l’État»
Cette affaire a suscité l’attention de plusieurs personnalités politique, comme Matteo Salvini, le patron de la Lega, qui appelle à la liberté éducative et s’offusque de l’immixtion de l’administration et des juges dans la vie privée des ménages. En mars dernier, après la séparation des enfants de leur mère, Giorgia Meloni, la première ministre a estimé que les magistrats étaient «allés trop loin». «Les enfants n’appartiennent pas à l’État, les magistrats oublient les limites. Séparer une mère de ses enfants est une expérience profondément traumatisante.»
Après la récente décision de la justice allant vers un retour progressif des enfants dans le giron parental, l’avocat du couple, Simone Pillon, a annoncé faire appel, considérant ce processus de «réunification progressive» insatisfaisant. En effet, si les enfants peuvent aller voir leurs parents le temps d’une journée, ils ne pourront les voir tout un week-end qu’à partir d’octobre. «Séparer les enfants de leurs parents est contraire à la Constitution et à toute convention. Et même l’obligation de choisir l’école publique, alors que mes clients souhaitaient une éducation à domicile, n’est pas acceptable. La Cour est restée ancrée dans des évaluations antérieures désormais largement dépassées par les faits», a-t-il indiqué.


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