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En 2025, l’Italie comptait 7,5 millions de couples avec enfants, soit 28,1 % des ménages. Ils ne devraient plus être que 5,8 millions en 2050, et ne représenteraient alors plus que 21,1 % des foyers.
Alors que Giorgia Meloni voulait remettre les enfants au centre de la vie italienne, leur nombre continue pour l’instant de reculer dans les statistiques. Selon les dernières projections de l’Institut national de la statistique italien, l’Istat, les couples sans enfant deviendront plus nombreux que ceux qui en ont dès 2047. La péninsule, qui a longtemps placé la famille au centre de tout, commence donc à manquer de familles. En 2025, l’Italie comptait 7,5 millions de couples avec enfants, soit 28,1 % des ménages. Ils ne devraient plus être que 5,8 millions en 2050, une chute de 22,3 %, et ne représenteraient alors plus que 21,1 % des foyers.
Dans le même temps, le nombre de couples sans enfant passerait de 5,4 à 5,9 millions, soit une hausse de 8,8 %. Les familles monoparentales progresseraient, elles, de 2,8 à 3,3 millions, tandis que les personnes vivant seules passeraient de 10 à 11,6 millions. Au total, les ménages sans couple représenteraient 44,7 % des foyers en 2050, contre 40 % aujourd’hui. Attention toutefois au vocabulaire : l’Istat range aussi parmi les couples sans enfant les parents dont les enfants ont quitté le domicile, une précision importante dans un pays vieillissant.
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Le mouvement vient de loin : les naissances diminuent sans interruption depuis 2008. Elles sont tombées à environ 355.000 en 2025, leur plus bas niveau depuis l’unification de l’Italie en 1861. L’indice de fécondité avait déjà chuté de 2,7 enfants par femme en 1964 à 1,19 en 1995. Le «nouvel» hiver démographique italien a donc connu plusieurs gouvernements. Depuis son arrivée au pouvoir en 2022, Meloni a fait du redressement de la natalité une « urgence existentielle ». Son gouvernement a accordé des allègements fiscaux aux mères et multiplié les aides aux familles, sans parvenir, pour l’instant, à infléchir la courbe.
Le désir d’enfant au conditionnel
Le problème ne tient pas seulement au désir d’enfant. D’après Gigi de Palo, président de la Fondation italienne pour la natalité, cité par le Times, 70 % des Italiens âgés de 10 à 19 ans souhaitent en avoir, le plus souvent deux ou davantage. Entre le souhait et le berceau s’intercalent néanmoins quelques formalités : « Il faut arriver à 30 ans pour trouver un emploi décent, les salaires sont bas et il faut ses parents comme garants pour obtenir un crédit immobilier », résume-t-il. La première maternité est ainsi repoussée, tandis que la génération en âge de procréer devient moins nombreuse. Les faibles naissances d’hier réduisent mécaniquement le nombre de parents possibles aujourd’hui. Même un brusque regain d’enthousiasme ne suffirait donc pas à remplir immédiatement les maternités.
La garde des enfants constitue l’autre difficulté : les fonds européens ont permis d’ouvrir de nouvelles crèches publiques, mais, à Rome, celles-ci ne peuvent encore accueillir que 42 % des enfants. Pour les autres familles, il reste le privé, les grands-parents ou la réduction de l’activité professionnelle de l’un des parents. Les projections de l’Istat décrivent ainsi une transformation plus large du foyer italien. Le nombre de personnes vivant seules devrait passer de 10 millions en 2025 à 11,6 millions en 2050. Elles représenteraient alors 42 % des ménages, contre 37,5 % aujourd’hui. La progression concernerait surtout les plus âgées : à cette date, 6,6 millions de personnes seulement auraient au moins 65 ans. Dans le même temps, la taille moyenne d’un ménage tomberait de 2,20 à 1,98 personne.
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Moins d’Italiens pour financer l’Italie
L’évolution pèsera aussi sur l’équilibre économique du pays. La population italienne devrait reculer de 58,9 millions d’habitants en 2025 à 55 millions en 2050. À cette échéance, les plus de 65 ans représenteraient 34,5 % de la population, tandis que la part des 15-64 ans passerait de 63,4 % à 55,3 %. Autrement dit, l’Italie compterait proportionnellement moins d’actifs pour financer davantage de retraites, de soins et de dépenses liées à la dépendance. Le recul sera particulièrement prononcé dans le Sud, dont la population devrait passer de 19,7 à 16,7 millions d’habitants d’ici à 2050. Cette partie du pays restera pourtant la seule où les couples avec enfants devraient encore devancer ceux qui n’en ont pas. Le taux y chutera tout de même de 31,2 % à 22,4 % des ménages.
Le déséquilibre devrait encore s’accentuer après 2050. L’Istat prévoit des naissances relativement stables jusqu’en 2030, puis un recul d’environ 335.000 par an en 2050. Les décès suivraient la direction inverse, passant de 652.000 en 2025 à un pic de 869.000 en 2058, lorsque les générations nombreuses de l’après-guerre atteindront le grand âge. Le baby-boom aura alors définitivement changé de colonne dans les statistiques.


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