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Les téléspectateurs de la chaîne M1 sont accueillis par un écran noir, affichant un texte présentant les excuses de la principale chaîne télévisée du groupe MTVA pour ses mensonges passés.

Une équipe de télévision à Budapest, en septembre 2024. Une équipe de télévision à Budapest, en septembre 2024.

Les télévision et radio publiques hongroises, pro-Orban, ont cessé d’émettre pour quelques heures, mardi 7 juillet en milieu d’après-midi, pour remanier leurs bulletins d’information et repartir sur de nouvelles bases. « Aujourd’hui, la propagande a cessé d’être diffusée sur les antennes des médias de service public », s’est félicité Péter Magyar, saluant une journée historique sur Facebook. Le premier ministre hongrois, qui avait mis fin aux seize ans de pouvoir du nationaliste Viktor Orban lors des législatives d’avril, avait promis de rétablir rapidement l’indépendance d’un service public mis au pas.

Les téléspectateurs de la chaîne M1 sont accueillis par un écran noir, affichant un texte présentant les excuses de la principale chaîne télévisée du groupe public pour ses mensonges passés, a constaté l’Agence France-Presse (AFP).

« Les médias de service public ne peuvent pas mentir. Nous vous demandons pardon pour l’avoir pourtant fait pendant de longues années », est-il écrit ; il est précisé que le service public est en train de se transformer « afin de devenir, à l’avenir, indépendant et crédible ».

Les sites Web de la radio et de la télévision publiques affichent également un écran noir, tandis que sur la fréquence de la radio Kossuth est désormais diffusé le programme de la radio musicale Bartok.

Les programmes de M1 reprendront dans la soirée, à 19 h 56 – en référence à 1956 et au soulèvement hongrois contre les Soviétiques, écrasé par les chars – mais sans les bulletins d’information, selon le communiqué du groupe MTVA, qui chapeaute les six chaînes de télévision et les sept chaînes de radio du service audiovisuel public hongrois.

« Fin d’une époque »

« M1 reprendra provisoirement ses émissions sous une nouvelle forme, avec des films mais sans journaux télévisés. Sur la fréquence de la radio Kossuth, les programmes de la radio Bartok continueront d’être diffusés provisoirement, également sans bulletins d’information », a précisé MTVA.

« Encore un exemple de la tyrannie de Tisza ! », le parti de M. Magyar, a réagi Viktor Orban sur les réseaux sociaux, en suggérant que les spectateurs « intéressés par la vérité » devaient regarder la chaîne Hir TV, liée à son parti Fidesz.

La décision d’interrompre les émissions a été prise par le directeur général par intérim nouvellement nommé de MTVA, Andras Horvath, a précisé le groupe. L’écran noir « symbolise la fin d’une époque. Au cours des dernières années, les médias de service public sont passés sous l’influence du pouvoir politique et ont perdu leur fonction essentielle : informer le public de manière crédible et objective », ajoute le communiqué du groupe, qui affirme : « Cela change à partir d’aujourd’hui. »

Les émissions d’information reprendront progressivement, parallèlement à la mise en place de la nouvelle direction de l’information, a ajouté MTVA, qui promet que la transition n’affectera pas les autres programmes des médias de service public.

Les autres chaînes, qui diffusent des programmes culturels ou à destination des enfants, ne sont pas affectées. En particulier, les retransmissions de la chaîne sportive M4 Sport se poursuivent normalement, notamment les matchs de la Coupe du monde de football, a rassuré le groupe.

Le Monde avec AFP