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Selon l’amendement constitutionnel voté par les députés, Tamas Sulyok quittera ses fonctions dès dimanche, à minuit. La présidente du Parlement assurera l’intérim jusqu’à la désignation d’un nouveau chef de l’Etat.
Se disant dépourvu de « moyens constitutionnels » pour s’y opposer, le président hongrois, Tamas Sulyok, un allié de l’ex-premier ministre nationaliste Viktor Orban, a annoncé, samedi 18 juillet, qu’il signerait la réforme constitutionnelle récemment votée par le Parlement, qui acte la fin de son mandat.
Les députés hongrois ont adopté l’amendement constitutionnel lundi, dans le cadre d’une initiative de l’actuel premier ministre conservateur et pro-européen, Péter Magyar, visant à desserrer l’emprise de Viktor Orban – évincé du pouvoir – et ses alliés sur le pays.
Dans une vidéo publiée sur Facebook, M. Sulyok a affirmé ne pas disposer « de moyens constitutionnels pour [s]’opposer à cet amendement qui, bien que violant les principes constitutionnels, a été adopté par l’Assemblée nationale ». « Je remplis mon obligation en vertu de la loi fondamentale en conscience, après avoir évalué mes options juridiques », a-t-il ajouté.
Péter Magyar, qui a remporté une victoire écrasante en avril en promettant un « changement de régime » après seize années de règne de Viktor Orban, accuse l’impopulaire président et d’autres hauts responsables de l’Etat d’être des « marionnettes » de M. Orban.
Le parti Fidesz de Viktor Orban a organisé une manifestation, le 9 juillet, pour dénoncer la réforme constitutionnelle, la qualifiant d’« autocratique » – un reproche souvent adressé à l’ancien dirigeant nationaliste, lorsqu’il était au pouvoir. Des organisations de défense des droits humains ont également critiqué cette mesure, Human Rights Watch qualifiant ces ajustements de pratiques « rappelant l’ère du Fidesz ».
Un tournant politique majeur en Hongrie
Selon la réforme constitutionnelle, dimanche sera le dernier jour de M. Sulyok à la tête du pays, son mandat prenant fin à minuit. Péter Magyar a salué la décision du président, déclarant que « le dernier obstacle à la mise en œuvre de nos décisions communes a été levé » avec le départ de M. Sulyok.
De son côté, Viktor Orban a réagi en des termes dramatiques, affirmant que « la dernière barrière est tombée » et que « la tyrannie n’est plus une menace, mais une réalité ». Agnes Forsthoffer, la présidente du Parlement, assurera l’intérim à la tête de l’Etat jusqu’à l’élection d’un nouveau président par le Parlement dans un délai de trente jours.
En Hongrie, le président n’a pas de droit de veto sur les réformes constitutionnelles et ne peut que les soumettre à la Cour constitutionnelle, pour des raisons de procédure. Par ailleurs, le président dispose de cinq jours pour promulguer un amendement constitutionnel.
M. Sulyok a néanmoins accusé le parti Tisza de Péter Magyar de bafouer les « valeurs fondamentales d’une société libre », par « soif de pouvoir », prévenant que cela signait la fin de « l’Etat de droit démocratique » en Hongrie.
L’amendement rétablit également l’âge de la retraite obligatoire à 70 ans pour les juges de la Cour constitutionnelle, ce qui entraînera le départ de son président, Péter Polt, considéré comme un autre allié de Viktor Orban.
Parmi les autres mesures figurent le rétablissement du pouvoir de la Cour constitutionnelle en ce qui concerne le contrôle des lois budgétaires, l’instauration d’une limitation du nombre de mandats pour les parlementaires et la création d’un nouveau bureau national de recouvrement et de protection des actifs, doté de vastes pouvoirs pour lutter contre la corruption.
Nombre d’organisations anticorruption avaient dénoncé le caractère endémique de la corruption, sous le régime Orban. « Avec ces décisions, nous rétablissons ce que le régime d’Orban a tenté de supprimer pendant des années (…) la certitude que le pouvoir peut être limité, que les biens publics peuvent être récupérés et que l’Etat peut à nouveau servir ses citoyens », a affirmé M. Magyar.
Le Monde avec AFP


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