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C'est une statistique marquante, issue d'un graphique qui a beaucoup circulé sur les réseaux sociaux outre-Atlantique, puis remise en contexte par la chercheuse britannique Hannah Ritchie. La rédactrice en chef adjointe et responsable de la vulgarisation scientifique auprès de Our World in Data confirme un constat : si l'Europe réussit à protéger ses citoyens des armes à feu, elle échoue à les défendre face à la chaleur. Pour les États-Unis, c'est l'inverse.
"Je trouve cette comparaison un peu ridicule, mais je comprends le sentiment général : l'Europe ne parvient pas à protéger efficacement la population contre la chaleur. La situation ne devrait pas nécessairement être aussi grave ; c'est un choix", commente Hannah Ritchie.
Lutte contre les canicules : "Il manque encore une réelle prise de conscience"Pour affiner la comparaison, la chercheuse a quelque peu retravaillé les données, initialement basées sur la seule année 2024. Elle a d'abord pris en compte la surmortalité moyenne due à la chaleur aux États-Unis entre 2000 et 2020 pour les adultes âgés entre 25 et 84 ans (les données relatives à 2024 et utilisant la même méthodologie n'étant pas disponibles du côté du pays dirigé par Donald Trump). Pour l'Europe, Hannah Ritchie a pris en compte les chiffres de surmortalité entre 2022 et 2024, permettant la comparaison avec une année moyenne aux États-Unis pour les mêmes paramètres.
"On considère le statu quo comme une évidence : une situation de forte mortalité dans un domaine qu'on n'accepterait jamais dans un autre."
L'ancienne responsable de la recherche chez Our World in Data a ensuite divisé les morts par arme à feu en plusieurs catégories : suicides, homicides et autres (accidents et décès causés par les forces de l'ordre).
Décès liés à la canicule et décès par arme à feu dans l'UE et aux États-Unis ©IPM Graphics / Didier LorgeUne question de priorité
Avec l'année 2024 comme référence, 6 500 personnes sont décédées à cause de la chaleur aux États-Unis, pour 5 500 citoyens à cause des armes à feu au sein de l'Union européenne (UE). Dans le même temps, 56 000 Européens sont morts en raison des vagues de chaleur, contre 44 000 aux États-Unis tués par arme à feu.
Pour aller plus loin encore dans la comparaison, Hannah Ritchie a voulu savoir comment les chiffres évoluent si l'on scrute le nombre annuel de morts pour une même population (100 000 habitants). Sur base de ce paramètre, le nombre de décès par arme à feu aux États-Unis (13 sur 100 000) dépasse légèrement le nombre de décès dû aux vagues de chaleur dans l'UE (12 sur 100 000).
Il existe une solution écologique et économique, encore peu connue, pour se rafraîchir quand il fait très chaud : "Je sens vraiment la différence"Aux yeux de la chercheuse, cela change peu de choses à la leçon qu'on peut en tirer : "Dans les deux cas, on considère le statu quo comme une évidence : une situation de forte mortalité dans un domaine qu'on n'accepterait jamais dans un autre". Autrement dit, les responsables politiques de l'Union européenne semblent accepter plus facilement des décès dans leurs populations à cause des canicules, et ceux des États-Unis que leurs concitoyens décèdent par arme à feu.
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