De quoi est morte Maricarmen? Le choc, l’accablement et la fureur se sont emparés d’une bonne partie des Espagnols en apprenant le décès mercredi soir de celle qui, à 87 ans, incarnait depuis plusieurs semaines déjà l’impuissance et l’exaspération face aux dérives du marché immobilier espagnol, et bien au-delà, à l’incapacité de dessiner un avenir viable pour des millions de personnes sentant croître leur vulnérabilité.
Maria del Carmen Abascal est devenue définitivement Maricarmen le 23 septembre dernier lorsque, après trois tentatives infructueuses, elle a été forcée de quitter l’appartement où elle avait vécu pratiquement toute sa vie, soit… 71 ans. Ce jour-là, la présence policière était massive, tout comme le mouvement de protestation qui s’est réuni progressivement autour d’elle. Débarrassée de son nom de famille, Maricarmen, disent les Espagnols, pourrait être une sœur ou une grand-mère. Cette voisine que, d’ordinaire, on regarde à peine. Sorte de lointain écho de la «pasionaria» communiste de la guerre civile espagnole, elle a rapidement endossé son rôle de porte-voix. «Courage, luttez, défendez ce qui est à vous!» clamait-elle pratiquement dans son dernier souffle, sur le lit d’hôpital qui allait devenir son lit de mort.


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