Désormais dans un avion pour Rome, le pape a tenu une conférence de presse avant son arrivée. Notre journaliste rapportera ici ses principaux « propos ».

Live animé par Charlotte Herzog et Ramzy Bensaadi (Service photo)

A l’aéroport de Metz-Nancy-Lorraine, à Goin (Moselle), le 28 septembre 2026. - KAMIL ZIHNIOGLU POUR « LE MONDE » A l’aéroport de Metz-Nancy-Lorraine, à Goin (Moselle), le 28 septembre 2026. KAMIL ZIHNIOGLU POUR « LE MONDE »

Posez votre question à la rédaction :

Réagissez

Ecrivez votre message ici

Fin de vie : le pape n’a pas voulu « s’immiscer » dans la politique française

« Lorsque l’Eglise parle de défense de la vie, lorsqu’elle parle de questions de doctrine sociale, elle n’entre pas dans la politique, elle applique l’Evangile à la vie des personnes », a expliqué le pape américain lundi soir aux journalistes à bord de l’avion le ramenant en Italie. « Je dirais que, selon la compréhension que l’Eglise a de la séparation entre l’Eglise et la politique, ou entre l’Eglise et l’Etat, je [n’ai] pas franchi » cette frontière, a-t-il ajouté.

« La défense de la vie est quelque chose que, comme vous le savez tous, l’Eglise enseigne et dans laquelle elle croit profondément », a rappelé Léon XIV, citant l’adoption récente d’une loi sur la fin de vie en France et l’existence de nombreux débats sur ce thème dans d’autres pays d’Europe et du monde.

« Mais dans un lieu comme Lourdes, où les gens sont en quête de quelque chose de bien plus profond et comprennent que leur vie, même au milieu de la maladie, du handicap ou de souffrances de toutes sortes, a un sens, l’Eglise, au nom de Jésus lui-même, veut être proche de ces personnes et affirmer les valeurs que la vie elle-même recèle, je crois, pour nous tous. »

« Je dirais donc que si cela est de la politique, je l’ai fait, mais ce n’était pas pour m’immiscer dans la politique française », a conclu le pape de 71 ans.

Le pape estime que les inquiétudes concernant l’IA « doivent être prises au sérieux »

Au cours de son voyage apostolique en France, le pape américain a mis à plusieurs reprises en garde contre la nécessité de protéger l’humanité face à l’IA. « Pour ne pas perdre notre humanité au milieu du “paradis de machines” qui envahissent et conditionnent notre quotidien, il est urgent de former les esprits à un discernement éthique », a-t-il déclaré lors d’un discours vendredi à Paris.

Le débat sur les risques liés à cette technologie s’est intensifié ces derniers mois, alimenté par plusieurs incidents et des avertissements apocalyptiques de professionnels du secteur.

Dans l’avion, le pape a déclaré que ces avertissements n’étaient pas des « fausses informations, comme certains l’ont dit, destinées à provoquer, que ce soit pour des raisons financières ou pour un autre type d’avantage ». « C’est un problème dont nous devons, selon moi, discuter ensemble », a-t-il complété, en ajoutant : « Se contenter de dire “oh, ça n’arrivera pas” et fermer les yeux sur la question n’est probablement pas, à mon avis, la manière la plus responsable de procéder. »

« Si quelqu’un me demandait si je suis en mode panique, non, je ne le suis pas. Je dors la nuit », a-t-il encore déclaré aux journalistes dans l’avion qui le ramenait de sa visite de quatre jours en France. « Je pense toutefois que les préoccupations exprimées par de nombreux experts et spécialistes de l’IA doivent être prises au sérieux », a-t-il ajouté.

Violences sexuelles : Léon XIV prend ses distances avec l’expression « caractère systémique »

Le souverain pontife n’a pas repris à son compte l’expression de « caractère systémique » appliqué aux violences sexuelles dans l’Eglise, contrairement à ce qu’avaient pu avancer des victimes qui avaient rencontré Léon XIV dimanche soir à Lourdes. « Personnellement, je préfère l’exprimer différemment », a-t-il déclaré lundi soir au cours d’une conférence de presse à bord de l’avion qui le ramène à Rome. Léon XIV a toutefois reconnu que certaines organisations au sein de l’Eglise avaient pu, « en tant que système », être abusives.

Le pape Léon XIV tient une conférence de presse, lors de son vol de retour de France, le 28 septembre 2026. Le pape Léon XIV tient une conférence de presse, lors de son vol de retour de France, le 28 septembre 2026.

Les violences sexuelles sont « avant tout un problème humain », a-t-il poursuivi, estimant que lorsqu’elles surviennent dans l’Eglise elles prennent « une tout autre dimension », la foi des victimes pouvant être « profondément blessée et parfois même détruite ». Le pape a reconnu une « responsabilité particulière » de l’Eglise pour accompagner les victimes et les aider dans leur « recherche de guérison », après avoir admis qu’elle avait pu, « à certains égards, être considérée comme responsable ».

Bonsoir,

Oui, tout à fait, avant de clôturer ce direct, nous rapporterons ici même les propos significatifs que le pape pourrait tenir durant son vol.

Le pape a quitté la France et s’est envolé pour Rome

Le pape a fait ses derniers pas en France aux côtés d’Emmanuel Macron sur le tarmac de l’aéroport de Metz-Nancy-Lorraine. Son avion a décollé à destination de Rome. Une conférence de presse, avec les journalistes présents à bord, est prévue comme après chaque fin de voyage du pape.

A l’aéroport de Metz-Nancy-Lorraine, à Goin (Moselle), le 28 septembre 2026. A l’aéroport de Metz-Nancy-Lorraine, à Goin (Moselle), le 28 septembre 2026.

Sur Le Monde aujourd’hui

Découvrez les articles les plus lus par nos abonnés

  1. Article réservé aux abonnés Sénatoriales 2026 : la droite conserve la majorité, l’extrême droite en mesure de constituer un groupe

  2. Article réservé aux abonnés Sénatoriales 2026 : la nouvelle composition du Sénat, en graphiques

  3. Article réservé aux abonnés Sénatoriales 2026 : en réussissant à former un groupe pour la première fois, le RN conforte son récit de « marche vers le pouvoir »

  4. Article réservé aux abonnés Thomas B. Reverdy, écrivain, à propos de l’affaire Thélyson Orélien : « Si j’apprends que c’est une machine qui m’a ému, cette émotion ne m’intéresse plus »

  5. Article réservé aux abonnés Aurélie, 28 ans, professeure des écoles, 2 080 euros net : « Je me suis retrouvée face à une réalité de terrain que je n’avais pas imaginée »

  6. Article réservé aux abonnés Scott Bessent, le secrétaire au Trésor de Donald Trump qui tente, sans succès, de dicter sa loi aux marchés financiers

Le pape est arrivé à l’aéroport de Metz et s’entretient avec Emmanuel Macron

Léon XIV est arrivé il y a quelques minutes à l’aéroport international de Metz-Nancy-Lorraine, où se déroule en la présence d’Emmanuel Macron la cérémonie du « congedo », le rite de séparation formelle entre un chef d’Etat et son hôte pontifical.

Le président français, Emmanuel Macron, et son épouse, Brigitte, accompagnent le pape Léon XIV lors d’une cérémonie d’adieu, à l’aéroport de Metz-Nancy-Lorraine, à Goin (Moselle), le 28 septembre 2026. Le président français, Emmanuel Macron, et son épouse, Brigitte, accompagnent le pape Léon XIV lors d’une cérémonie d’adieu, à l’aéroport de Metz-Nancy-Lorraine, à Goin (Moselle), le 28 septembre 2026.

Le vol Air France décollera ensuite pour Rome et, lors du trajet, aura lieu une conférence de presse durant laquelle des journalistes de plusieurs nationalités pourront interviewer le pape.

Le pape quitte la cathédrale et clôturera sa visite en France par une cérémonie de congé, avant de s’envoler pour Rome

Après la messe qui a débuté vers 16 heures, le pape quitte, sous les cris des fidèles, la cathédrale en direction de l’aéroport international de Metz-Nancy-Lorraine, où va se tenir la cérémonie d’au revoir.

le pape Léon XIV quitte la cathédrale gothique de Metz, le 28 septembre 2026. le pape Léon XIV quitte la cathédrale gothique de Metz, le 28 septembre 2026.

Emmanuel Macron donnera lui-même son « congedo » – le rite de séparation formelle entre un chef d’Etat et son hôte pontifical – à Léon XIV à la fin de ce voyage apostolique.

Léon XIV s’envolera ensuite pour Rome à 19 heures, où il atterrira à l’aéroport international de Rome-Fiumicino.

Le pape Léon XIV s’apprête à sortir de la cathédrale, attendue par la foule

Un dernier « alléluia » a résonné dans et autour de la cathédrale de Metz, où 35 000 personnes ont assisté à la célébration, après les derniers mots du pape : « Chers amis, continuons à marcher ensemble, unis dans la sainte mère Eglise, pour la gloire de Dieu et au service de son Royaume d’amour, de justice et de paix. Merci beaucoup. »

Léon XIV va désormais sortir de la cathédrale, très attendu par les fidèles.

Les remerciements de Léon XIV avant la bénédiction finale

Juste avant la bénédiction finale, le pape prend la parole et rappelle que cette célébration constitue « la dernière rencontre publique » de sa visite en France, disant l’avoir vécue avec « un vif sentiment de gratitude envers le Seigneur ».

Léon XIV remercie tous ceux qui ont contribué à l’organisation de son déplacement, notamment le président de la République et les autorités civiles, ainsi que la présidence de la Conférence des évêques de France, les évêques, diacres, personnes consacrées, laïcs et bénévoles mobilisés.

1 compte dès 13,99 €/mois

Sans engagement

  • Tous nos articles, vidéos, podcasts et newsletters
  • L’application La Matinale du Monde, dès 7 heures, la sélection d’articles par la rédaction
  • Le quotidien en version numérique dès 13 heures
Ou faire un don

Le rite de conclusion | « Très Saint-Père, vous restez bien présent dans le cœur de chacun »

Lors du rite de conclusion, l’archevêque-évêque de Metz s’adresse directement au pape. « Les habitants de Metz et de la Moselle, avec leurs élus qui les représentent, ont été heureux de vous accueillir pour cette dernière journée de votre visite en France, à la suite de leurs ancêtres », déclare-t-il, en présence notamment du maire de Metz, du président du conseil départemental et du préfet.

L’archevêque-évêque de Metz évoque également l’espoir de voir « les ennemis se parler et devenir amis », estimant qu’il « n’est pas une illusion » et appelant, dans le sillage du cardinal Jean-Marc Aveline, à faire de la Méditerranée « la mer de la fraternité ». « Très Saint-Père, vous restez bien présent dans le cœur de chacun. Notre prière vous accompagne et aussi notre amitié », conclut-il.

Les fidèles appelés à communier

Vient désormais au cœur de la cathédrale de Metz, le temps de la communion. Les fidèles catholiques baptisés qui s’y sont préparés sont invités à recevoir l’hostie consacrée.

Les personnes qui ne sont pas catholiques, ou qui ne souhaitent pas communier, peuvent également s’avancer pour recevoir la bénédiction du prêtre, sans prendre l’hostie.

Le pape célèbre la messe en la cathédrale de Metz

Tandis que le chant de l’alleluia résonne au son de l’orgue dans la cathédrale Saint-Etienne de Metz, le pape a commencé à célébrer la messe, en présence d’Emmanuel Macron.

Le pape Léon XIV, avant le début de la messe, à la cathédrale Saint-Etienne de Metz, le 28 septembre 2026. Le pape Léon XIV, avant le début de la messe, à la cathédrale Saint-Etienne de Metz, le 28 septembre 2026.

Auparavant, le pontife américain a tenu un discours aux accents politiques et diplomatiques – en l’absence remarquée de la plupart des dirigeants des 26 autres membres de l’UE, pourtant invités par l’Elysée. Blâmant des « relations humaines, et entre les Etats, de plus en plus barbares », le pape a critiqué que l’on « se vante plutôt du mensonge et de la tromperie » et exhorté en conséquence l’Europe à « mettre fin à cette spirale grâce au respect de l’autre qu’elle a su cultiver et préserver ».

Le président de la République française, Emmanuel Macron, et son épouse, Brigitte, à la cathédrale Saint-Etienne de Metz, le 28 septembre 2026. Le président de la République française, Emmanuel Macron, et son épouse, Brigitte, à la cathédrale Saint-Etienne de Metz, le 28 septembre 2026.

Léon XIV n’a fait référence à aucun dirigeant ni à aucun pays, mais le premier pape américain entretient des relations notoirement mauvaises avec Donald Trump, qui l’a qualifié en avril de « nul » en politique étrangère.

Avant le début de la messe, Léon XIV s’est recueilli devant la chapelle Notre-Dame-la-Ronde

Avant la messe qui débute actuellement dans la cathédrale Saint-Etienne de Metz, le pape s’est recueilli quelques minutes devant la chapelle Notre-Dame-la-Ronde, fondée au VIIe siècle, reconstruite en 1200, et intégrée à la cathédrale : deux églises sous un même toit.

Ariane Chemin (envoyée spéciale à Metz)

Le pape Léon XIV célébrera la messe à 16 heures dans la cathédrale gothique Saint-Étienne de Metz

Ariane Chemin pour « Le Monde » Ariane Chemin pour « Le Monde »

La cathédrale gothique Saint-Etienne de Metz, où le pape Léon XIV célébrera la messe lundi à 16 heures, est surnommée « la Lanterne du Bon Dieu » ( elle est éclairée par 6 500 m2 de vitraux du XIIIe au XXIe siècle). C’est la plus haute de France (42 mètres).

Ariane Chemin (envoyée spéciale à Metz)

Le pape a pris sa papamobile pour se rendre à la cathédrale Saint-Etienne

Pendant notre tchat, le pape, Léon XIV, a effectué un parcours dans la ville de Metz à bord de sa papamobile, en direction de la cathédrale Saint-Etienne, dans laquelle il s’apprête à célébrer une messe.

A Metz, le 28 septembre 2026. A Metz, le 28 septembre 2026.
A Metz, le 28 septembre 2026. A Metz, le 28 septembre 2026.
Le pape Léon XIV salue la foule de la « Papamobile  », alors qu’il parcourt les rues de Metz, le 28 septembre 2026. Le pape Léon XIV salue la foule de la « Papamobile  », alors qu’il parcourt les rues de Metz, le 28 septembre 2026.
A Metz, le 28 septembre 2026. A Metz, le 28 septembre 2026.

C’est la fin de ce tchat

Merci à toutes et tous pour vos questions, ce tchat est maintenant terminé. Vous pouvez retrouver ici tous les articles de Sarah Belouezzane, qui s’occupe des questions religieuses pour Le Monde, et a suivi Léon XIV tout au long de sa visite française.

Un pape américain a-t-il été désigné pour influencer les Etats-Unis ?

Bonjour Dernhelm,

Les cardinaux qui sont entrés en conclave avaient en tête plusieurs choses à la fois : une personnalité apaisante après des années où la curie a été bousculée par François, un chef qui les inclut dans ses décisions, et qui soit capable de comprendre l’Eglise d’aujourd’hui.

Ayant trouvé ce qu’ils cherchaient en lui, il est possible aussi qu’ils se soient dit quand dans un contexte géopolitique aussi compliqué, son appartenance aux Amériques – il a aussi la nationalité péruvienne – ne pouvait être qu’un plus. Eux disent que c’est l’Esprit Saint qui a guidé leur choix. Mais le contexte de l’Eglise et du monde est primordial.

Sarah Belouezzane

Bonjour,

Le pape est avant tout une autorité religieuse, certes, mais il s’agit aussi d’un chef d’Etat et d’une figure politique qui joue un rôle, du moins, symboliquement sur la scène internationale. Une telle visite ne peut, à cet égard, être ignorée ou sous-traitée. Aucun pape n’avait, par ailleurs, foulé le sol de la capitale depuis 2008, quand Benoît XVI était venu, ce qui ajoute au caractère exceptionnel de l’événement.

Les catholiques de France font, par ailleurs, partie de la communauté nationale, et il s’agit là d’un moment privilégié pour eux.

Sarah Belouezzane

Léon XIV « ne renvoie pas les belligérants dos à dos » sur le sujet de la guerre en Ukraine

Bonjour Aporie

Le pape se rend uniquement là où il est officiellement invité. Le protocole ne lui permet pas de s’inviter dans un pays. François aurait aimé aller en Russie, mais encore aurait-il fallu qu’il soit invité. Il ne souhaitait, en outre, pas y aller avant de s’être rendu en Ukraine au préalable. Pour ce qui est de Léon, nous ne savons pas encore. Sa position sur la guerre en Ukraine est plus en faveur de cette dernière et il ne renvoie pas les belligérants dos à dos.

Pour ce qui est des messages de paix, il les fait passer dès qu’il en a l’occasion, en espérant que le monde entier l’écoute.

Sarah Belouezzane

Bonjour Artyparis,

Le pape ne parle pas expressément de l’extrême droite, mais il explique régulièrement qu’il ne faut pas céder à la peur, qu’il faut s’ouvrir aux autres et être capable de les accueillir. Au Stade de France vendredi, il a, par exemple, utilisé l’exemple de Jeanne d’Arc, figure régulièrement récupérée par l’extrême droite, pour enjoindre aux jeunes de « combattre » mais pas « contre les autres ».

« Nous savons, malheureusement, qu’il y a des forces qui s’opposent à notre relation avec Dieu ; des puissances qui cherchent à diviser les personnes et les peuples en les dressant les uns contre les autres », a-t-il dit. Léon défend aussi régulièrement les migrants et appelle à ce que leur dignité soit respectée, en accord avec les valeurs chrétiennes qu’il défend.

En somme, il explique régulièrement que ces valeurs, justement, ne sont pas compatibles avec les idées prônées par l’extrême droite.

Sarah Belouezzane