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Après l’Elysée, Notre-Dame de Paris et le Stade de France vendredi, le pape Léon XIV doit notamment donner une messe géante samedi à la Concorde. Avant cela, il a effectué un déplacement consacré à l’immigration et visité l’institut catholique de Paris, parfois surnommé « la Catho ».
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Léon XIV acclamé par une marée humaine sur les Champs-Elysées avant la messe géante
Le pape a commencé samedi à descendre les Champs-Elysées sous les acclamations d’une immense foule de fidèles, pour rejoindre la place de la Concorde, où va se dérouler une messe géante.
Le pape, Léon XIV, salue la foule sur l’avenue des Champs-Elysées, à Paris, le 26 septembre 2026. A bord de la papamobile, le souverain pontife, souriant, bénit plusieurs bébés et salue la marée humaine de fidèles, dont beaucoup sont arrivés des heures en avance pour l’apercevoir se diriger vers la place de la Concorde, où a été dressée une vaste structure éphémère, avec un autel blanc surmonté d’une croix de plusieurs mètres de haut.
L’avenue des Champs-Elysées, à Paris, le 26 septembre 2026.
Du sommet de l’Arc de triomphe, à Paris, le 26 septembre 2026. Le service religieux, temps fort de la deuxième journée de la visite du souverain pontife en France, doit débuter à 15 heures, avec quelque 600 000 personnes attendues par les autorités, réparties jusqu’au-delà de l’Arc de triomphe. Elles pourront suivre l’office d’une heure et demie sur des écrans géants.
« On milite pour que les femmes aient accès à toutes les fonctions dans l’Eglise »
« On milite pour que l’Eglise soit un lieu d’accueil radical. Aujourd’hui en France, de plus en plus de femmes veulent que ça change. » Ce sont les mots de Carmen Chaumet, 33 ans, membre de Magdala, association catholique et féministe (Ex-Comité de la jupe) qui milite pour « montrer la pluralité » des milieux catholiques.
A quelques heures de la messe, avenue de la Grande-Armée, à Paris, les militantes déploient une grande banderole violette : « Heureuses celles qui ont soif de justice ». Un verset biblique (Matthieu 5 : 6) féminisé. Carmen Chaumet poursuit : « On ne veut plus être discriminées. On milite pour que les femmes aient accès à toutes les fonctions dans l’Eglise. On rêverait un jour qu’il y ait un conclave avec des femmes. »
Avenue de la Grande-Armée, à Paris, le 26 septembre 2026.
Avenue de la Grande-Armée, à Paris, le 26 septembre 2026. Interrogée sur le droit à l’IVG et à la contraception, Marilyne Boyère, 32 ans, est formelle : « L’Eglise ne devrait pas s’immiscer dans la sexualité. On milite pour le libre choix des femmes et contre le célibat imposé pour les prêtres. »
Hier, l’association Magdala et le Planning familial ont signé une lettre ouverte à l’attention du pape, à l’occasion de la Journée mondiale de la contraception (25 septembre) et de la Journée mondiale du droit à l’avortement (28 septembre).
Maryline Boyère dénonce une Eglise qui « avance à reculons » et s’inquiète de la montée du masculinisme, qui s’accompagne de tentatives de féminicides « justifiées par des versets de la Bible, qui évoquent des femmes tentatrices, pécheresses… ».
Ces femmes luttent notamment contre le phénomène d’exclusion des petites filles, enfants de chœur, de l’autel. « On est reléguées à l’arrière dès notre plus jeune âge, tout simplement parce qu’on est femmes », ajoute Carmen Chaumet.
Shiryne Martinez
Des « centaines de millions d’euros » de retombées économiques attendues, selon le gouvernement
La visite du pape en France devrait générer plusieurs « centaines de millions d’euros » de retombées économiques, ont estimé vendredi le ministre du commerce, Serge Papin, et celui de l’économie, Roland Lescure.
« Evidemment, ça a des retombées économiques importantes. C’est plusieurs centaines de millions d’euros », sur « la restauration, le commerce de proximité », a estimé Serge Papin sur la chaîne Franceinfo. A « Lourdes, deuxième ville hôtelière en France », « tous les hôtels sont pleins depuis la fin août », a-t-il ajouté. Les mêmes chiffres ont été repris par le ministre de l’économie sur France 2. « C’est difficile à dire de manière précise », a-t-il néanmoins nuancé.
Selon le cabinet du ministre Serge Papin, la visite du pape devrait rassembler près de 1,3 million de personnes entre Paris, Lourdes et Metz. La visite du pape est « de l’ordre de grandeur de l’impact de [la tournée en France de] Céline Dion », selon Roland Lescure. Ces événements se déroulent pendant l’« arrière-saison touristique, qui était déjà bonne », et montrent que « notre pays est très attractif », s’est réjoui M. Papin.
Nous y revenons plus en détail dans cet article :
Au RN, la laïcité un temps mise en avant par Marine Le Pen cède la place à l’exaltation des « racines chrétiennes de la France »
Marine Le Pen et Jordan Bardella assisteront, samedi, à la messe du pape. Alors que les conservateurs catholiques ont fait un retour en force dans les cabinets des deux têtes du parti, les maires Rassemblement national n’hésitent plus à s’afficher aux célébrations et processions associées à des fêtes traditionnelles.
Au RN, la laïcité un temps mise en avant par Marine Le Pen cède la place à l’exaltation des « racines chrétiennes de la France »
Par Clément Guillou, Corentin Lesueur
Soudain, une main attrape la manche de Laure Lavalette et arrache à ses pensées la pieuse députée (Rassemblement national, RN) du Var : « Je vais à la messe, tu viens avec moi ? J’ai trouvé une église à 300 mètres. » C’est une matinée de travail pour les parlementaires du parti d’extrême droite, réunis pour la rentrée au palais des congrès du Touquet (Pas-de-Calais), mais l’eurodéputé Alexandre Varaut a tranché : entre la célébration de 11 heures et l’intervention de Renaud Labaye, le secrétaire général du groupe RN à l’Assemblée nationale, c’est Dieu qui l’a emporté. Dans la nef de l’église Sainte-Jeanne-d’Arc – un signe ! –, ces deux incarnations du courant conservateur du mouvement lepéniste croisent quelques collègues ayant aussi préféré le sermon du prêtre local à celui de Renaud Labaye, lui-même adepte du pèlerinage traditionaliste de Chartres et désormais aux manettes de la quatrième candidature présidentielle de Marine Le Pen.
Sur Le Monde aujourd’hui
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« Le pape nous invite à respecter nos différences. Noirs ou Blancs »
Marie-Aurélie Chiffonne, Parisienne de 27 ans, et sa mère Marie-Antoinette Savanian, 63 ans, attendent tranquillement la messe du pape à la Concorde, sous les arbres aux feuilles jaunies des Champs-Elysées, sous le ciel gris de Paris. Elles sont impatientes de le voir, de se sentir « proche de lui ».
La première, mère de deux enfants et tentée par le vote pour Jean-Luc Mélenchon, se dit persuadée que le message de « paix et de fraternité » porté par Léon XIV est de nature à « faire réfléchir » les catholiques de France qui, après avoir longtemps résisté, sont de plus en plus tentés par le vote RN, à sept mois de la présidentielle.
« Le pape nous invite à nous aimer nous-mêmes et à aimer les autres, à respecter nos différences. Noirs ou Blancs, nous partageons la même humanité et la même foi », développe-t-elle, interrogée par Le Monde aux côtés de sa mère, arrivée de l’île Maurice il y a trente ans.
Solenn de Royer
La visite du pape Léon XIV attire des candidats à l’élection présidentielle
Plusieurs figures politiques de droite et d’extrême droite assisteront à la messe de la Concorde, à commencer par des candidats à l’élection présidentielle. Marine Le Pen (RN) et son lieutenant Jordan Bardella, Gabriel Attal (Renaissance), Edouard Philippe (Horizons) et Bruno Retailleau (Les Républicains) ont tous confirmé leur présence. Eric Zemmour (Reconquête !), qui doit encore officialiser sa candidature, et Sarah Knafo seront également présents.
Le premier ministre Sébastien Lecornu ainsi que son prédécesseur Michel Barnier seront aussi dans l’assistance. Contrairement à Emmanuel Macron qui a annoncé n’assister à aucune des messes prévues. Il sera représenté place de la Concorde par son épouse Brigitte. En 2023, il avait assisté à la messe du précédent souverain pontife au stade Vélodrome de Marseille, provoquant une polémique sur le respect de la laïcité.
Le chef de l’Etat ne sera pas le seul absent samedi. Le premier secrétaire du PS et candidat à la primaire sociale-démocrate, Olivier Faure, n’y participera pas, tout comme Marine Tondelier, candidate écologiste. Le souverain pontife a animé vendredi soir une veillée de prière au Stade de France à Saint-Denis et a été accueilli à cette occasion, conformément au protocole, par le maire LFI Bally Bagayoko.
📸 Sur l’avenue de la Grande-Armée, la foule se prépare à la grande messe
Sœur Myriam, 83 ans, originaire Courbevoie (Hauts-de-Seine) le 26 septembre 2026. « J’ai vu tous les papes depuis Pie XII !
C’est beau de voir tant de monde, alors que l’on dit qu’il n’y a pas de chrétiens en France. Ce pape me plaît, il est engagé, n’a pas peur de prendre la parole. Je l’ai vu hier à Notre-Dame, et je voulais le voir aujourd’hui avec le peuple. »
A Paris, le 26 septembre 2026.
Noel Farman, 52 ans, prêtre diocésain, d’origine canadienne, le 26 septembre 2026. « Je suis venu voir ce pape pour la première fois.
Je voudrais qu’il donne plus d’indépendance à Rome ; il est encore un peu autoritaire, mais avec le temps il va s’assagir, je pense, et aura le charisme de Jean-Paul II. »
LUCAS BARIOULET POUR « LE MONDE »
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Le pape quitte l’ICP pour aller déjeuner avant la messe géante sur la Concorde
Léon XIV a désormais quitté l’Institut catholique de Paris (ICP) et se rend à la nonciature, l’ambassade du Vatican, dans le XVIe arrondissement, pour déjeuner avant la messe géante, prévue à 15 heures, sur la place de la Concorde. Près de 600 000 personnes sont inscrites pour y assister sur les Champs-Elysées, où de grands écrans ont également été installés.
Le pape se dit « émerveillé par le nombre » de nouveaux baptêmes et fait un parallèle avec « les années qui ont suivi la seconde guerre mondiale »
Dans un discours prononcé à l’Institut catholique de Paris (ICP) devant les néophytes et les catéchumènes, Léon XIV dit ressentir une grande gratitude pour l’« œuvre imprévisible de Dieu » après avoir entendu des témoignages de ces derniers.
« Comme vous et avec vous, je suis émerveillé par le nombre de personnes qui se présentent aujourd’hui sur le seuil de la foi, et par les nombreux adultes qui demandent les sacrements de l’initiation chrétienne », confie le souverain pontife. Il rappelle le caractère « étonnant » de cette remontée des baptêmes, dans une société française sécularisée. Mais il ajoute que « l’étonnement ne doit pas nous enfermer dans une béatitude naïve » et invite l’Eglise catholique de France à « réfléchir » à des « actions pastorales concrètes ».
Dans son discours, le pape a pris soin de replacer l’évolution du nombre de baptêmes dans le temps long : « Les années qui ont suivi la seconde guerre mondiale, les demandes étaient déjà nombreuses, et l’agitation théologique et liturgique de ces années-là contribua largement au renouveau des parcours de catéchuménat qui s’opéra ensuite pendant le concile Vatican II (1962-1965). »
Avant de terminer son discours, il évoque enfin saint Augustin, une figure importante pour ce pape issu de l’ordre qui porte son nom, qu’il qualifie comme « le plus célèbre des catéchumènes ».
Léon XIV écoute des témoignages de baptisés et d’aspirants au baptême
Toujours à l’Institut catholique de Paris (ICP), le pape écoute désormais le témoignage de néophytes (nouveaux baptisés) et de catéchumènes (aspirants au baptême). Voici quelques extraits :
Jawad, catéchumène du diocèse de Nanterre :
« Mon parcours vers la foi fut d’abord solitaire. J’ai lu différents textes, dont le Coran et le Nouveau Testament. Pendant la lecture de celui-ci, j’ai été touché par la figure de Jésus. (…) En poussant la porte de la paroisse, j’ai eu peur d’être jugé, à cause de mon apparence maghrébine. C’était une période difficile, car j’ai été isolé, n’ayant personne à qui me confier. J’avais de mauvaises fréquentations avec qui je passais mes soirées en beuveries. Malheureusement, après quatre mois, j’ai arrêté mon parcours et repris ces mauvaises habitudes. Ça a duré un an et demi (…) Puis j’ai rencontré des personnes superbes grâce à qui j’ai évolué plus sereinement vers le baptême ».
Marielle, néophyte du diocèse de Créteil :
« Enfant, je n’ai pas reçu d’éducation religieuse, mais j’ai toujours cru en Dieu. Je me sentais néanmoins illégitime, ne connaissant pas la liturgie. Je me sentais exclue pendant les messes. Alors je récitais la prière, le Notre-Père chez moi, à l’abri des regards. Et puis, j’ai une fille. Elle est entrée cheftaine chez les scouts. Elle y a reçu un enseignement catholique, et elle s’est fait baptiser à ses 20 ans. Et progressivement, elle m’a transmis les premiers éléments de liturgie et les premières compréhensions de la Bible. (…) Maintenant, comment éviter le vide post-baptême ? Heureusement le dynamisme de ma paroisse a alimenté le feu de la foi. »
Tout au long du voyage du pape, les autorités ecclésiales veulent mettre en avant le dynamisme de l’Eglise catholique de France. Quelque 13 000 adultes ont été baptisés en 2026, soit une hausse de 26 % sur un an, près du triple d’il y a dix ans. Mais cette hausse reste à nuancer, comme nous l’expliquions dans cet article :
Léon XIV visite l’Institut Catholique de Paris
Le pape est arrivé dans la cour de l’Institut Catholique de Paris (ICP) vers 10 h 10, où il a été accueilli par le recteur Emmanuel Petit. Il est ensuite entré dans l’église Saint-Joseph-des-Carmes, au son du motet « tu es Petrus », composition musicale polyphonique, de 1930 par Maurice Duruflé.
Après avoir salué l’assemblée et prononcé un « Notre Père » en français, il a déambulé et serré quelques mains de représentants de la communauté éducative de l’ICP. Il rencontre aussi des Frères des Carmes, qui occupaient les lieux avant l’université. Les Frères ont remis au pape une première édition des écrits du fameux Laurent de la Résurrection.
Après être sorti de l’église, il s’est recueilli devant « l’escalier des martyrs », lieu de mémoire pour les « Bienheureux martyrs de Paris », victimes des massacres de septembre 1792 à Paris, et béatifiés en 1926. Il arrive désormais dans l’auditorium, où un chœur chante l’hymne de l’assemblée ecclésiale provinciale d’Ile-de-France, Hosanna. Rendons grâce à notre Dieu.
Anne Dujin
La venue de Léon XIV, inespéré cadeau d’anniversaire pour les 150 ans de « la Catho »
Le pape se rend désormais à l’Institut catholique de Paris, surnommé « la Catho », où il est attendu dans quelques minutes pour rencontrer des catéchumènes et des néophytes, et mettre l’accent sur l’importance de l’éducation. Il en profitera pour se rapprocher de son maître spirituel, Laurent de la Résurrection, qui a vécu au XVIIᵉ siècle parmi les carmes déchaux jadis installés sur le site de l’université. Pour en savoir plus sur les enjeux de cette visite, vous pouvez lire l’article que nous lui consacrons ce matin :
Léon XIV veut « reconnaître le rôle fondamental des femmes dans la construction d’une civilisation de l’amour »
Dans un court discours, le pape a également rendu hommage à Joséphine Bakhita, la sainte qui donne son nom à ce lieu d’accueil de migrants du diocèse de Paris. L’occasion pour lui d’évoquer brièvement sa vision sur la place des femmes, sujet sur lequel il est également très attendu, et très discret jusque-là.
Joséphine Bakhita « nous incite à reconnaître le rôle fondamental des femmes dans la construction d’une civilisation de l’amour, comme alternative à la culture qui désagrège les communautés et rend les villes malades de solitude », souligne Léon XIV.
Joséphine Bakhita, née vers 1869 au Soudan, à Olgossa, en province du Darfour, et morte le 8 février 1947 à Schio en Italie, est une ancienne esclave devenue religieuse, canonisée par Jean-Paul II le 1er octobre 2000 et fêtée le 8 février.
« Sainte Bakhita nous invite à voir ceux qui sont invisibles, à libérer ceux que l’économie et la culture réduisent aujourd’hui en esclavage, à honorer la dignité infinie de chaque frère et sœur », a-t-il poursuivi lors de cette rencontre qui s’est déroulée hors public, et seulement en présence d’une poignée de journalistes.
Léon XIV a ensuite prononcé une prière et échangé avec les différentes personnes présentes. Après être resté un peu moins d’une heure sur place, il a quitté les lieux et se dirige désormais vers l’Institut catholique de Paris.
Devant des exilés, le pape plaide pour « vivre ensemble dans la dignité et la paix »
« Je suis heureux de commencer avec vous cette deuxième journée à Paris, dans une maison qui témoigne qu’il est possible de se rencontrer et de vivre ensemble dans la dignité et la paix », a déclaré le pape, s’adressant notamment à des personnes migrantes.
« L’histoire de l’Eglise et de l’humanité (…) n’est pas écrite par ceux qui donnent l’impression de vaincre en s’imposant et en occupant l’espace, mais par ceux qui “font de la place”, instaurent des processus de paix, suscitent la confiance et encouragent la vie », a poursuivi le souverain pontif, après avoir entendu des témoignages d’exilés afghan et nigérian.
Le pape Léon XIV est arrivé à la Maison Bakhita
Le pape Léon XIV rencontre des jeunes à la Maison Bakhita, centre d’accompagnement et d’insertion sociale, à Paris, le 26 septembre 2026, lors de la deuxième journée de sa visite en France. Arrivée vers 9 heures à la Maison Bakhita, lieu de soutien aux exilés du diocèse de Paris, Léon XIV a écouté le témoignage de différents membres ou bénéficiaires, avant de prendre la parole.
La visite de la Maison Bakhita, un « message » avant la présidentielle
La visite du pape à la Maison Bakhita, lieu de soutien aux exilés, qui commencera à 9 heures, est un « message », à quelques mois de la présidentielle en France, « pour dire qu’il faut faire preuve de charité », se sont félicités les responsables de l’association qui gère le lieu, fondée à la suite de l’appel à « accueillir, protéger, promouvoir et intégrer » les étrangers, lancé par le précédent pape François en 2017.
Algérien, Afghan, Biélorusse, Irakien et Ivoiriennes, musulmans ou chrétiens, ils seront six à rencontrer le souverain pontife lors de son déplacement dans les locaux de cette association du diocèse de Paris. Engagée dans l’accompagnement des exilés, qu’ils soient avec ou sans papiers, la Maison qui porte le nom d’une esclave soudanaise devenue religieuse puis canonisée, voit dans cette visite « une reconnaissance de son action » en faveur de l’accueil inconditionnel des migrants.
« Ce n’est pas anodin. En cette année qui s’annonce chahutée en France, face aux difficultés financières et aux réponses simplistes et brutales qui touchent les personnes exilées, le pape vient dire aux Français que, quelles que soient nos convictions politiques, nous avons en commun d’être tous des êtres humains et le droit à la dignité », souligne la présidente Valérie Moniod, auprès de l’Agence France Presse (AFP).
A sept mois de la présidentielle, Léon XIV vient « réaffirmer », « qu’accueillir les personnes venues d’ailleurs (…) fait partie de la doctrine sociale de l’Eglise », affirme la directrice de la structure Isabelle Cauchois.
La visite devrait durer environ trente minutes. Le chef de l’Eglise arpentera les couloirs aux murs ornés du verset de l’Evangile de Mathieu : « J’étais un étranger et vous m’avez accueilli. » Le pape nous témoigne « son amour, sa simplicité et sa bienveillance », estime à l’AFP la Congolaise Bernisse Ngoma, accompagnée par l’association à son arrivée en France et depuis bénévole.
Les enjeux de ce deuxième jour de visite de Léon XIV en France
- Quelque 600 000 fidèles sont attendus à 15 heures pour la messe géante, place de la Concorde. Vendredi, le pape américain a déjà pu mesurer la ferveur de 300 000 personnes, selon le Vatican, qui l’ont acclamé à son passage en papamobile dans le centre de la capitale, puis lors d’une veillée avec 80 000 jeunes au Stade de France, à Saint-Denis.
- Devant l’afflux de fidèles attendus, les organisateurs ont décidé d’élargir le périmètre des spectateurs à la place de l’Etoile et jusqu’à l’avenue de la Grande-Armée. Une dizaine de stations de métro seront fermées pour la célébration, à laquelle assisteront de nombreuses figures politiques et candidats à la présidentielle, dont Marine Le Pen, Gabriel Attal ou Edouard Philippe – mais pas le chef de l’Etat Emmanuel Macron.
- Léon XIV est d’abord attendu en début de matinée à la Maison Bakhita, association diocésaine d’accueil des migrants fondée à la suite de l’appel à « accueillir, protéger, promouvoir et intégrer » les étrangers, lancé par le précédent pape François. Algérien, Afghan, Biélorusse, Irakien et Ivoiriennes, musulmans ou chrétiens : ils seront six à le rencontrer.
- Le pape se rendra ensuite à l’Institut catholique de Paris où il rencontrera des nouveaux et futurs baptisés, un phénomène en hausse depuis cinq ans en France, et sur lequel l’Eglise catholique mise pour essayer de contrer la chute de la pratique religieuse et des vocations.
- En fin d’après-midi, Léon XIV s’envolera pour le sanctuaire de Lourdes. Il y présidera dans la soirée à une prière devant la grotte de Massabielle, où se seraient produites les 18 apparitions de la Vierge Marie à Bernadette Soubirous en 1858.
Le programme du pape Léon XIV pour son deuxième jour à Paris
Voici les temps forts de la visite du pape Léon XIV samedi, à Paris et Lourdes, au deuxième jour de sa visite prévue jusqu’à lundi en France.
A Paris :
- 9 heures : visite à la Maison Bakhita, centre d’accueil et d’accompagnement du diocèse de Paris pour les « personnes exilées », notamment des migrants ;
- 10 h 15 : rencontre avec des nouveaux et futurs baptisés et des ecclésiastiques à l’Institut catholique de Paris (un discours est prévu) ;
- 15 heures : messe solennelle en plein air place de la Concorde et aux Champs-Elysées ;
- 17 h 45 : départ prévu de Paris pour Lourdes.
A Lourdes :
- 19 h 05 : arrivée prévue à l’aéroport de Tarbes-Lourdes-Pyrénées ;
- 19 h 40 : prière à la grotte du sanctuaire de Lourdes.


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