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Samedi à l’aube, plusieurs sources russes et ukrainiennes ont fait état de frappes contre un terminal pétrolier de Saint-Pétersbourg et d’autres cibles de l’oblast de Leningrad. Kiev n’a pour l’heure pas publiquement revendiqué de telles attaques.
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Soupçon d’espionnage d’une usine de drones : au cœur de l’affaire, un Biélorusse au profil amateur, qui nie les faits
Par Jacques Follorou
La justice est peu à l’aise face aux ingérences étrangères. Ces actes sont souvent peu matérialisés, les commanditaires rarement identifiés et les suspects ressemblent davantage à des pieds nickelés recrutés sur les réseaux sociaux qu’à des espions chevronnés. C’est, de nouveau, l’impression laissée après l’audition, devant le juge, de M. A., un Biélorusse, mis en examen, le 5 juin, et placé en détention provisoire pour « livraison d’information à une puissance étrangère » et « association de malfaiteurs ». Il aurait tenté d’espionner, pour le compte de Moscou, l’usine Delair, située près de Toulouse, spécialisée dans la fabrication de drones, notamment à destination des armées française et ukrainienne.
Le gouverneur de la ville de Saint-Pétersbourg confirme qu’un terminal pétrolier a été frappé
Le gouverneur de la ville de Saint-Pétersbourg, Alexandre Beglov, a affirmé, samedi peu avant 9 heures, que les forces de défense aérienne russes avaient « repoussé une attaque de drones ennemis contre Saint-Pétersbourg ». Selon cette même source, quelque 72 drones ukrainiens ont été abattus, sans faire « ni victimes ni dégâts ». Il a toutefois concédé, comme l’ont montré des vidéos en ligne diffusées plus tôt dans la matinée, qu’une frappe avait bel et bien « touché le site d’un terminal pétrolier situé dans le district de Kirov (🚩) ». « Les conséquences techniques ont été maîtrisées », a-t-il dit, sans évoquer l’important panache de fumée émanant du site.
Le gouverneur de la ville de Saint-Pétersbourg, visée par des drones ukrainiens, demande à ses administrés de « rester chez eux »
Alexandre Beglov, gouverneur de Saint-Pétersbourg, a confirmé, samedi matin, que la ville russe « subi[ssai]t une attaque massive de drones militaires » ukrainiens. « Conformément aux recommandations du quartier général opérationnel, je demande aux habitants de Saint-Pétersbourg de rester chez eux et de ne pas sortir jusqu’à ce que la menace des drones soit levée », a-t-il écrit sur son canal Telegram officiel. Il a également annoncé que des coupures du réseau Internet mobile pourraient se produire.
Samedi à l’aube, plusieurs sources russes et ukrainiennes ont fait état de frappes ukrainiennes contre un terminal pétrolier de Saint-Pétersbourg et d’autres cibles de l’oblast de Leningrad.
Deux missiles et 86 drones lancés en direction de l’Ukraine dans la nuit, 389 drones interceptés côté russe
Dans la nuit de vendredi à samedi, la Russie a lancé deux missiles et 86 drones en direction de l’Ukraine, selon un compte rendu matinal du ministère de la défense ukrainien. « Selon les données préliminaires, à 8 h 30 [7 h 30 à Paris], la défense anti-aérienne a abattu ou neutralisé 69 drones ennemis (…) dans le nord, le sud et l’est du pays », d’après ce communiqué publié sur Telegram. Des débris de drones abattus ont, par ailleurs, été signalés sur cinq sites.
De son côté, la Russie a dit avoir intercepté sur la même période quelque 389 drones ukrainiens au-dessus de ses territoires et de ceux de l’Ukraine qu’elle occupe.
Un terminal pétrolier de Saint-Pétersbourg en proie aux flammes, selon des canaux Telegram russes et ukrainiens
Des vidéos montrant d’importants panaches de fumée aux abords de Saint-Pétersbourg ont été publiées, samedi matin, par des canaux Telegram russes et ukrainiens. « Pokrovsk News » rapporte ainsi qu’un incendie ferait rage dans un terminal pétrolier de la deuxième ville la plus peuplée de Russie et évoque des « débris de drones ». Les canaux « Astra » et « Exilenova » en viennent aux mêmes conclusions, ce dernier affirmant, par ailleurs, que le port de Vysotsk, situé lui aussi dans l’oblast de Léningrad, aurait également été touché par des frappes ukrainiennes.
Alexandre Drojdenko, gouverneur de l’oblast de Léningrad, n’a pas confirmé directement ces attaques mais a annoncé samedi matin que « plusieurs dizaines de drones ennemis ont été abattus au-dessus du territoire de la région de Leningrad » et que « la chute de débris a été signalée dans la région du port de Vysotsk ». De son côté, l’armée ukrainienne n’a pour l’heure pas publiquement revendiqué de telles frappes.
Sur Le Monde aujourd’hui
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Deux morts dans des frappes russes contre l’oblast ukrainien de Dnipropetrovsk
Oleksandr Hanja, chef de l’administration militaire de la région ukrainienne de Dnipropetrovsk, a annoncé, samedi matin, la mort de deux personnes dans des frappes russes. Ces dernières, qui ont touché « des entreprises, des maisons et des voitures » ont notamment eu lieu, dit-il, dans le raïon de Synelnykove. Un homme âgé de 75 ans est mort dans l’attaque de vendredi contre la ville de Vassylkivka (🚩), a-t-il ajouté. Oleksandr Hanja fait également état de 17 blessés.
Le chef d’état-major russe déclare que les forces russes se trouvent désormais à 9 kilomètres de Zaporijia
Apparaissant à la télévision en uniforme devant son état-major, le président russe, Vladimir Poutine, a remercié vendredi les soldats russes, affirmant que la prise de Kostyantynivka revêt une « importance stratégique majeure ».
Un commandant russe, Anton Grounis, a de son côté rapporté que l’armée russe mène actuellement « des opérations de recherche et d’élimination des soldats isolés des forces armées ukrainiennes qui tentent de se cacher dans des bâtiments, caves et ruines » à Kostyantynivka.
Le chef d’état-major russe, Valeri Guerassimov, a, lui, déclaré que les forces russes se trouvent désormais à 9 kilomètres de Zaporijia, grande ville du sud de l’Ukraine, qui comptait plus de 700 000 habitants avant la guerre. Un autre commandant a rapporté que ses troupes étaient à 10 kilomètres de la capitale régionale de Soumy dans le nord, qui comptait environ 250 000 habitants avant la guerre.
« Les forces armées russes continuent de conserver fermement l’initiative stratégique » sur le front, a réagi M. Poutine.
La Russie revendique la prise de la forteresse de Kostyantynivka, dans l’est de l’Ukraine
Le Kremlin a revendiqué vendredi la prise par l’armée russe de la ville de Kostyantynivka [🚩], dans l’oblast de Donetsk, dans l’est de l’Ukraine.
« Kostyantynivka a été entièrement prise. La ville est désormais entièrement sous notre contrôle », a déclaré aux journalistes, dont ceux de l’AFP, le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov, annonçant que Vladimir Poutine s’était entretenu avec les militaires à ce sujet.
La bataille pour cette cité qui comptait environ 78 000 habitants avant la guerre se déroule depuis la fin de 2025, lorsque les soldats russes ont commencé à s’infiltrer dans la ville, et constitue actuellement l’effort principal russe sur un front long de plus de 1 000 kilomètres. Kostyantynivka est l’un des derniers verrous sur le chemin vers les grandes villes de Kramatorsk et Sloviansk, sous contrôle ukrainien, dont la prise est l’objectif ultime du Kremlin dans le Donbass.
Selon M. Peskov, Vladimir Poutine s’est rendu à un point de commandement de l’armée russe, où il a écouté le rapport de son état-major et remercié les soldats russes. Toujours selon le Kremlin, les forces russes contrôlent aussi désormais la totalité de la région de Louhansk, dans l’est de l’Ukraine, l’une des deux régions qui constituent le Donbass, objectif affiché par Moscou.
Une raffinerie stratégique russe suspend ses opérations après une attaque de drones ukrainiens, selon l’agence Reuters
La raffinerie russe Lukoil-Nijnigorodnefteorgsintez [🚩], située dans la région de Nijni Novgorod, a suspendu ses opérations de raffinage après une attaque de drones ukrainiens menée le 2 juillet, rapporte l’agence Reuters.
Deux sources du secteur ont rapporté que Norsi, quatrième plus grande raffinerie de Russie et deuxième productrice d’essence du pays, était le dernier site en date à interrompre le traitement du pétrole après une attaque de drones jeudi. « Les attaques contre les raffineries russes, menées après les frappes de l’armée russe contre les infrastructures énergétiques ukrainiennes, ont contraint le troisième producteur mondial de pétrole à importer de l’essence, y compris d’Inde », écrit Reuters.
Jeudi, les autorités russes ont autorisé les raffineries à produire jusqu’à la fin de l’année de l’essence et du diesel présentant une teneur en soufre plus élevée, selon un décret gouvernemental.
Le président russe, Vladimir Poutine, a récemment reconnu pour la première fois que les particuliers et les entreprises russes rencontraient des difficultés pour acheter de l’essence, rappelle Ukrinform.
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Des files d’attente devant des stations-service russes visibles de l’espace, selon BBC
Des files d’attente devant des stations-service russes sont désormais visibles sur des images satellites, selon le service en russe de la BBC, qui dit avoir identifié une longue queue de véhicules près du village d’Atamanovka, dans le kraï de Transbaïkalie, en Extrême-Orient russe.
Le service de vérification de la BBC a repéré cette file d’attente sur une image satellite Airbus prise dans la matinée du 3 juillet, a expliqué Paul Brown, spécialiste des données satellitaires à BBC Verify. La file se trouvait devant une station-service Rosneft, visible dans le coin inférieur droit de l’image, selon la même source.
Une vidéo de cette même file d’attente, largement relayée sur Internet et publiée le 2 juillet, montrait une queue d’environ 4,5 kilomètres, composée d’au moins 635 voitures attendant de faire le plein.
BBC Verify affirme avoir désormais vérifié des vidéos de files d’attente devant des stations-service dans 13 régions russes, dont Moscou et sa région. Dans certaines régions, alors que la crise du carburant s’aggrave, la police, des cosaques et même des représentants de l’organisation nationaliste Rousskaïa Obchtchina sont mobilisés pour maintenir l’ordre dans les stations-service. Selon l’agence de presse Reuters, des cosaques ont été appelés en renfort pour maintenir l’ordre dans les stations-service de la station balnéaire d’Anapa, au bord de la mer Noire. « Ils régulent la circulation, préviennent les conflits et les tentatives de remplissage illégal des bidons d’essence, et veillent à ce que la file d’attente soit maintenue de manière ordonnée », selon la municipalité.
Des Russes publient en ligne des vidéos de chevaux dans des stations-service, en guise de commentaire ironique sur les pénuries d’essence dans le pays, ajoute la BBC.
Les Européens ont compensé l’essentiel des réductions américaines au sein de l’OTAN, selon le commandant suprême adjoint des forces alliées en Europe
Les alliés européens de l’OTAN ont largement compensé les moyens que les Etats-Unis ont retirés de leurs plans de renfort en cas de guerre en Europe, a affirmé le général britannique John Stringer, commandant suprême adjoint des forces alliées en Europe, dans un entretien à l’agence de presse Bloomberg.
Avant le sommet d’Ankara, M. Stringer assure que les Européens ont « clairement intensifié » leurs efforts pour combler l’ajustement des forces américaines sur le continent. Il y a vu le signe d’une « Europe plus forte dans une OTAN plus forte ».
Selon M. Stringer, lorsque les Européens ne peuvent pas fournir des moyens strictement équivalents à ceux des Américains, ils cherchent à obtenir le même effet militaire avec d’autres capacités. Ce rééquilibrage se fait, selon lui, de manière « raisonnable » et « proportionnée », guidée par une logique militaire.
Un porte-parole du commandement militaire de l’OTAN, le colonel Martin O’Donnell, a affirmé que les Européens avaient notamment renforcé leur contribution dans les domaines aérien et maritime, parfois au-delà des besoins initialement identifiés.
M. Stringer a également rappelé que les 32 pays membres de l’OTAN s’étaient engagés à porter leurs dépenses de défense de base à 3,5 % du PIB d’ici à 2035. « Personne n’a d’exemption », a-t-il déclaré, en rappelant que cet engagement valait aussi pour le Royaume-Uni.
Le point sur la situation vendredi 3 juillet à 21 heures
- L’Ukraine dit que 6 362 drones et missiles russes tirés sur Kiev et sa région au cours des six derniers mois contenaient 35 000 composants étrangers a déclaré à la presse Vladyslav Vlassiouk, conseiller présidentiel chargé de la politique des sanctions. Des composants fabriqués en 2025 continuent d’arriver en Russie en provenance des Etats-Unis, de l’Allemagne, du Japon, de Taïwan, de la Suisse et de la Chine.
- La ligne de front est restée inchangée en juin en Ukraine, selon une analyse de l’AFP. Les données montrent un gain territorial net en juin de 30 kilomètres carrés pour l’armée russe dans l’oblast de Kharkiv. L’Ukraine a pour sa part repris 11 kilomètres carrés dans l’oblast de Zaporijia et 18 kilomètres carrés dans celui de Dnipropetrovsk.
- L’Ukraine propose des « mesures anticrise » à la Pologne pour apaiser les tensions. Radoslaw Sikorski, le chef de la diplomatie polonaise, s’est dit prêt à « trouver des solutions » et à entamer un « dialogue honnête ».
- Les soutiens de Kiev s’engagent sur l’aide militaire pour l’Ukraine en 2026 et en 2027, sans les Etats-Unis, à l’occasion du sommet de l’OTAN qui se tiendra les 7 et 8 juillet à Ankara.
- Des frappes ukrainiennes en Crimée ont visé un pont ferroviaire enjambant le canal de Crimée du Nord, près de Krasnohvardiïsky, sept hangars de la base aérienne de Saky, et deux autres hangars stockant des drones d’attaque de type Shahed sur la base de Hvardiïske.
- HeadHunter, le plus grand site d’offres d’emploi de Russie, recherche des pilotes de drones pour assurer la sécurité aérienne au-dessus de Moscou, sans exiger d’expérience préalable.
- La Lituanie veut faire partie « de la dissuasion nucléaire » contre la Russie, a déclaré son président, Gitanas Nauseda.
Berlin convoque l’ambassadeur de Chine à la suite de révélations sur la formation de soldats russes en Chine
L’ambassadeur de Chine à Berlin « a été invité à un entretien urgent » jeudi, à propos d’articles de presse, selon lesquels des soldats russes seraient formés en Chine, a-t-on déclaré vendredi 3 juillet au ministère des affaires étrangères allemand.
Ces articles font état d’un soutien à la Russie de la part d’acteurs étatiques chinois, notamment de l’Armée populaire de libération chinoise, ajoute le ministère allemand qui juge cela « très préoccupant ». Berlin a « déjà exprimé à de nombreuses reprises que la Russie constitue la plus grande menace pour notre sécurité euro-atlantique », souligne le ministère. « Tout ce qui permet à la Russie de poursuivre sa guerre d’agression contre l’Ukraine représente également une menace pour notre sécurité », ajoute-t-il. « Le soutien déterminant et croissant de la Chine à la guerre d’agression brutale menée par la Russie concerne donc directement l’Allemagne en matière de sécurité », continue-t-il.
En mai, l’agence Reuters et le quotidien allemand Welt avaient rapporté que l’armée chinoise avait formé secrètement sur son territoire plusieurs centaines de soldats russes, dont certains avaient été déployés en Ukraine, s’appuyant sur des documents classés de services de renseignement européens.
Ces révélations, qui n’avaient pas pu être confirmées indépendamment par l’Agence France-Presse (AFP), étaient survenues en plein sommet réunissant les deux alliés Vladimir Poutine et Xi Jinping à Pékin.
L’Ukraine dit que 6 362 drones et missiles russes tirés sur Kiev et sa région au cours des six derniers mois contenaient 35 000 composants étrangers
L’Ukraine a transmis à ses pays partenaires des centaines de numéros de série de composants étrangers retrouvés dans des armes russes utilisées contre son territoire, a déclaré à la presse Vladyslav Vlasiuk, conseiller présidentiel chargé de la politique de sanctions.
Selon lui, Kiev mène un travail systématique d’identification des pièces étrangères présentes dans les missiles et drones employés par la Russie, afin de fournir aux gouvernements concernés des exemples précis de composants fabriqués par des entreprises de leurs pays. « Nous disons : voici les numéros de série, enquêtez et mettez-y fin », a résumé M. Vlasiuk lors d’une rencontre avec des journalistes.
Il a ajouté qu’au cours des six derniers mois, la Russie avait attaqué Kiev et sa région avec 5 700 drones, 280 missiles balistiques, 340 missiles de croisière, 36 missiles hypersoniques Zircon, cinq missiles Kinjal et un missile balistique de moyenne portée Orechnik. Le conseiller et représentant du président a souligné que ces armements contenaient 35 000 composants étrangers.
« Jusqu’à présent, malgré les restrictions, des composants fabriqués en 2025 continuent d’arriver en Russie des Etats-Unis, de l’Allemagne, du Japon, de Taïwan, de la Suisse et de la Chine. Et, peut-être, dans quelques semaines, nous verrons apparaître des composants de 2026 », a déclaré le conseiller et représentant du président. « L’exception est l’Orechnik, qui ne contient que des composants russes et biélorusses », a affirmé M. Vlasiuk.
La centrale de Zaporijia de nouveau privée d’alimentation électrique extérieure, selon l’AIEA
Dans un communiqué sur X, vendredi, l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) annonce que la centrale nucléaire ukrainienne de Zaporijia, occupée par la Russie, a perdu une nouvelle fois – c’est la 21e depuis le début du conflit – son alimentation électrique extérieure.
L’équipe de l’AIEA présente sur le site a constaté et entendu une activité militaire, ajoute l’agence qui a entraîné le déclenchement de protections électriques sur des lignes reliant la centrale à Ferosplavna-1, dont une avait récemment été réparée lors du cessez-le-feu de juin.
Les générateurs diesel de secours du site ont été mis en marche afin d’assurer le refroidissement des réacteurs et d’autres fonctions essentielles de sûreté nucléaire. L’alimentation a depuis été rétablie, mais l’une des lignes reliant la centrale au réseau reste indisponible.
Cette nouvelle perte d’alimentation extérieure « souligne une fois encore l’extrême fragilité de la sûreté nucléaire » à la centrale et la nécessité d’une « retenue militaire maximale » pour éviter un accident nucléaire, a déclaré le directeur général de l’AIEA, Rafael Grossi.
Des frappes ukrainiennes en Crimée ont visé des infrastructures et plusieurs bases aériennes
L’Ukraine a mené une série de frappes de drones dans la nuit de jeudi à vendredi en Crimée, territoire annexé à la Russie depuis 2014, sur des infrastructures logistiques stratégiques et deux bases aériennes.
L’état-major ukrainien a revendiqué l’attaque d’un pont ferroviaire enjambant le canal de Crimée du Nord, près de Krasnohvardiïsky. Ce pont est utilisé par l’armée russe pour transférer des troupes, des armes et des munitions. L’évaluation des dégâts est en cours, ajoute l’état-major. D’autres installations russes, dont une station de guerre électronique et une unité de renseignement à Sébastopol, ainsi que des centres de commandement dans les oblasts de Donetsk et Zaporijia, ont aussi été attaquées.
Le SBU annonce de son côté avoir attaqué sept hangars de la base aérienne de Saky, détruisant ou endommageant au moins sept avions de chasse et bombardiers de type Su-30SM, Su-30 et Su-24. Il s’agit de la deuxième frappe d’importance contre ce site en moins d’une semaine. Deux autres hangars stockant des drones d’attaque de type Shahed et des équipements aéronautiques ont également été touchés sur la base de Hvardiïske. L’Ukraine qualifie ces deux complexes de piliers de la logistique aérienne russe pour le front sud.
L’Ukraine propose des « mesures anticrise » à la Pologne pour apaiser les tensions
Le chef de la diplomatie ukrainienne, Andrii Sybiha, a rencontré vendredi à Varsovie son homologue polonais, Radoslaw Sikorski, et s’est dit prêt à « trouver des solutions » et à entamer un « dialogue honnête ». « J’ai proposé un ensemble de mesures anticrise. Elles comprennent l’ouverture de consultations entre nos ministères des affaires étrangères, l’organisation d’une réunion d’historiens (…) ainsi que le recours aux dirigeants religieux des deux nations », a expliqué M. Sybiha sur X.
Il a assuré constater « des progrès significatifs » au cours des derniers 18 mois pour « surmonter les questions sensibles » entre Varsovie et Kiev, dont notamment des recherches de charniers de la seconde guerre mondiale.
Le ministère des affaires étrangères polonais a de son côté plaidé pour une « désescalade des tensions et la mise en place de mécanismes durables fondés sur une compréhension mutuelle de l’histoire ».
La crise entre l’Ukraine et la Pologne, qui est l’un des principaux soutiens de Kiev depuis le début de l’invasion russe en 2022, a été déclenchée par la décision du président Volodymyr Zelensky de baptiser une unité militaire du nom de l’Armée insurrectionnelle ukrainienne (UPA). Cette organisation nationaliste ukrainienne datant de la seconde guerre mondiale est tenue pour responsable du massacre de plus de 100 000 civils polonais. Des membres de l’UPA ont aussi combattu au sein des SS et pris part à la déportation et au massacre de juifs. Les autorités ukrainiennes entendent aussi créer un panthéon de « héros nationaux » qui comprend des dirigeants nationalistes ayant collaboré avec l’Allemagne nazie, à l’exemple d’Andri Melnyk, rapatrié en Ukraine et inhumé avec les honneurs en mai.
En réaction, le président polonais, le nationaliste Karol Nawrocki, avait annoncé fin juin retirer à M. Zelensky la plus haute distinction de son pays, l’ordre de l’Aigle blanc. Des responsables polonais ont aussi averti que l’Ukraine ne pourrait adhérer à l’UE sans réconciliation des mémoires historiques entre les deux pays.
Les soutiens de Kiev s’engagent sur l’aide militaire pour l’Ukraine en 2026 et 2027, sans les Etats-Unis
Les pays européens de l’OTAN et le Canada vont s’engager, à l’occasion du sommet de l’Alliance qui se tiendra les 7 et 8 juillet à Ankara, à fournir 70 milliards d’euros d’aide militaire à l’Ukraine en 2026 comme en 2027.
Les pays de l’OTAN, sans les Etats-Unis, ont confirmé cet engagement cette semaine, lors des dernières réunions préparatoires à ce sommet de l’Alliance, où cette décision sera formellement annoncée, a-t-on appris vendredi 3 juillet de sources diplomatiques. « Le sommet de l’OTAN sera aussi l’occasion de réaffirmer le soutien en équipements, et le soutien sonnant et trébuchant des alliés à l’Ukraine », s’est ainsi félicitée vendredi une source proche de la présidence française.
Ces 140 milliards sur deux ans comprennent les 60 milliards d’euros d’aide militaire que l’Union européenne s’est engagée à prêter à l’Ukraine en 2026 et 2027, soit 30 milliards chaque année. Le Canada et les pays européens de l’OTAN, dont 23 sont aussi membres de l’UE, vont donc verser de leur côté quelque 40 milliards d’euros, en 2026, et au moins autant en 2027, selon ces sources. Ce chiffre est identique à celui sur lequel l’OTAN, Etats-Unis compris, s’était engagée il y a deux ans avant le sommet de Washington.
Européens et Canadiens sont désormais seuls à aider financièrement l’Ukraine, les Etats-Unis ayant décidé de fermer le robinet, depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche. L’Allemagne, à présent principal soutien de l’Ukraine, avait plaidé pour que les alliés de Kiev renouvellent leur engagement cette année et l’année prochaine.
Le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, avait un moment évoqué une contribution des Alliés à hauteur de 0,25 % de leur produit intérieur brut (PIB), mais plusieurs pays, dont la France, s’y sont opposés.
La France est régulièrement accusée par certaines capitales européennes, pour la faiblesse de son aide financière à l’Ukraine. Paris se défend en assurant aider Kiev autrement, en prenant par exemple la tête avec la Grande-Bretagne d’une coalition de pays volontaires prêts à donner à l’Ukraine des garanties de sécurité suffisantes une fois la guerre avec la Russie terminée.
Les Etats-Unis de Donald Trump considèrent de leur côté que c’est aux Européens de financer l’Ukraine. Pour autant, ils continuent à aider l’Ukraine dans la guerre contre la Russie, en fournissant par exemple du renseignement militaire. Ils livrent également des armes à Kiev, dont des missiles Patriot dans le cadre d’un programme financé par les Européens.
Un site russe de suivi des pénuries de carburant visé par une attaque DDoS
Le site russe GdeBENZ (littéralement « Où trouver de l’essence ? »), utilisé pour suivre la disponibilité du carburant dans les stations-service, a été rendu inaccessible après une importante attaque DDoS (attaques « par déni de service »), a déclaré son fondateur Evgueni Tchoudov à Gazeta. Ru. Il ajoute que la plateforme n’a pas été bloquée par les autorités russes.
Le centre de données de GdeBENZ a détecté un trafic anormal visant l’adresse IP du service et a temporairement restreint l’accès, conformément aux procédures de sécurité, a expliqué Evgueni Tchoudov. Il estime que plus d’un million de Russes utilisent chaque jour cette carte collaborative des files d’attente et de la disponibilité du carburant.
Dans le même temps, des comptes ukrainiens et pro-ukrainiens sur les réseaux sociaux affirment mener une opération visant à perturber la plateforme. Ils encouragent des internautes à signaler comme vides des stations approvisionnées, et inversement, afin de désorienter les automobilistes russes. Selon ces comptes, cette opération aurait contribué à semer la confusion, notamment à Moscou, en poussant des conducteurs à se déplacer inutilement, à consommer davantage de carburant et à créer des embouteillages autour de certaines stations-service.
Les prochains mois pourraient être « critiques », affirme Donald Tusk après des informations sur une possible provocation russe contre la Pologne
La Pologne se prépare à « différents scénarios », a réagi vendredi le premier ministre polonais, interrogé sur des informations selon lesquelles Moscou préparerait des provocations militaires contre son pays. « Je ne veux effrayer personne, mais les prochains mois pourraient réellement être critiques », a déclaré M. Tusk lors d’une conférence de presse, en reconnaissant l’existence d’une menace russe. « Ces inquiétudes sont particulièrement palpables dans les Etats baltes », a-t-il ajouté. « Nous ne devons pas avoir peur. Nous nous préparons à différentes situations, mais nous ne pouvons pas l’ignorer », a conclu M. Tusk.
Le média polonais Onet puis le quotidien britannique The Telegraph ont rapporté que Moscou pourrait préparer une provocation militaire limitée visant la Pologne, afin d’attiser les tensions et de fragiliser le soutien à l’Ukraine. L’une de ces sources a affirmé que les Etats-Unis avaient averti Varsovie de « nouveaux plans russes pour une attaque conventionnelle sur le flanc oriental de l’OTAN, dont la Pologne n’est absolument pas exclue ».
Des responsables occidentaux et des services de renseignement alertent depuis plusieurs mois sur la possibilité d’une opération russe en Pologne ou dans les pays baltes, destinée à tester l’unité de l’OTAN.


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