L’Agence anticorruption NABU a annoncé, lundi, que cet ancien ministre entre 2021 et 2025 a été interpellé dimanche, et en a profité pour formuler officiellement les charges pesant contre lui. En novembre, M. Galushchenko avait nié son implication dans le scandale de corruption.

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German Galushchenko, ex-ministre de l’énergie ukrainien, lors de la réunion du Conseil des gouverneurs de l’AIEA au siège de l’agence à Vienne, le 12 décembre 2024. - JOE KLAMAR/AFP German Galushchenko, ex-ministre de l’énergie ukrainien, lors de la réunion du Conseil des gouverneurs de l’AIEA au siège de l’agence à Vienne, le 12 décembre 2024. JOE KLAMAR/AFP

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Avant les négociations de Genève, Volodymyr Zelensky appelle à de garanties de sécurité « claires » pour l’Ukraine

Alors qu’une délégation ukrainienne a pris la route de Genève pour un nouveau cycle de négociations avec des représentants des Etats-Unis et de la Russie, le président ukrainien adresse une mise en garde dans une série de messages sur les réseaux sociaux. Selon lui, toute discussion sur d’éventuels compromis avec la Russie devait être précédée de garanties de sécurité « claires » pour l’Ukraine. Il rappelle que la population ne fait plus confiance aux promesses internationales après l’expérience du mémorandum de Budapest.

« Quand on demande des compromis à des gens qui sont attaqués et qui ne sont pas les agresseurs, que leur donne-t-on en échange ? », écrit-il, rappelant que l’Ukraine avait renoncé à son arsenal nucléaire et à d’autres équipements militaires en échange de garanties de souveraineté et d’indépendance. « Au final, nous n’avons plus ces armes et nous n’avons pas de garanties de sécurité. Personne n’a sauvé notre indépendance », affirme-t-il, soulignant que de nombreux Ukrainiens, qui ont perdu des proches, leurs maisons et leur mode de vie, sont convaincus que la Russie pourrait « revenir ».

Selon lui, la question centrale pour la population n’est pas de savoir si la Russie reviendra, mais « ce qui se passera quand elle reviendra ». Les Ukrainiens veulent comprendre « quel est le prix » et ce que signifient concrètement les garanties de sécurité proposées par les États-Unis et leurs alliés européens, ajoute-t-il.

Le président ukrainien a indiqué que des partenaires américains évoquaient un échange de territoires avant d’accorder des garanties de sécurité. « Je pense que d’abord viennent les garanties de sécurité », dit-il, assurant que Kiev n’était pas prêt à accepter un compromis qui permettrait à Moscou de « se rétablir rapidement et de revenir nous occuper ». M. Zelensky a estimé qu’un document formalisant des garanties de sécurité pour l’Ukraine, approuvé notamment par le Congrès américain, enverrait « un signal fort » à la population sur le soutien durable des États-Unis et de l’Europe en cas de nouvelle agression russe.

Dans un autre message, le président ukrainien prévient qu’autoriser « l’agresseur » à conserver des gains territoriaux constituerait « une grande erreur », estimant qu’une telle approche risquerait d’encourager de nouvelles offensives russes à l’avenir. Selon lui, de nombreux dirigeants ont commis des erreurs en laissant « un pays agressif comme la Russie » pénétrer sur leur territoire. Le chef de l’État ukrainien a estimé qu’en l’absence de fermeté, Moscou pourrait reconstruire son armée en quelques années. « Dans cinq ans, il aura reconstitué ses forces ». Pour M. Zelensky, toute solution au conflit doit éviter de créer les conditions d’une nouvelle agression russe à moyen terme.

Enfin, le président ukrainien appelle à des sanctions « totales » contre le secteur énergétique russe, saluant les mesures prises par le président américain Donald Trump contre les groupes Lukoil et Rosneft. Mais selon lui, Washington pourrait étendre ces mesures à l’ensemble du secteur énergétique, y compris au nucléaire, ce qui constituerait « un signal sérieux pour les Européens ».

Il ajoute que si l’Union européenne a déjà pris de nombreuses mesures contre Moscou, elle n’avait pas encore sanctionné l’industrie nucléaire russe ni le groupe public Rosatom, ni les responsables et leurs proches bénéficiant, selon lui, de leurs revenus en Europe et aux États-Unis. Il a affirmé que certains de ces proches vivaient, étudiaient ou possédaient des biens immobiliers en Occident grâce aux profits issus du secteur énergétique russe, appelant ces personnes à « rentrer en Russie ».

Mort d’Alexeï Navalny : la Russie juge « biaisées et infondées » les accusations européennes d’empoisonnement

Le principal opposant de Vladimir Poutine a été « empoisonné » en prison par le régime russe, selon une enquête menée par cinq pays, dont la France.

Mort d’Alexeï Navalny : la Russie juge « biaisées et infondées » les accusations européennes d’empoisonnement

Le Monde avec AFP et Reuters

Le Kremlin persiste et signe. Le jour du deuxième anniversaire de la mort d’Alexeï Navalny, Dmitri Peskov, le porte-parole de Vladimir Poutine, a rejeté, lors de son briefing quotidien, lundi 16 février, les conclusions de l’enquête européenne sur la mort de l’opposant russe le plus célèbre. « Naturellement, nous n’acceptons pas de telles accusations. Nous ne sommes pas d’accord avec elles. Nous les considérons comme biaisées et ‌infondées. Et, en ‌fait, ⁠nous ​les rejetons fermement », a ainsi réagi M. Peskov.

Le Kremlin fait des territoires le principal sujet à Genève sur les discussions sur l’Ukraine

Les ​concessions territoriales de l’Ukraine vis-à-vis de ‌la Russie, un dossier présenté par Moscou comme le « principal sujet », seront abordées lors des pourparlers de paix, sous l’égide des Etats-Unis, qui doivent se tenir à Genève mardi et ⁠mercredi, a déclaré lundi le Kremlin.

« Cette fois-ci, l’idée est de discuter d’un éventail plus large de questions, y compris, en fait, les principales. Les questions principales concernent à la fois les territoires et tout ce qui touche aux exigences que ​nous avons formulées », a déclaré à la presse le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.

Le Kremlin a confirmé que la délégation ‌russe serait dirigée par Vladimir ​Medinsky, un conseiller du président Vladimir Poutine, qui avait supervisé l’équipe russe lors des négociations ‌en Turquie en 2022 et l’année dernière. Dmitri Peskov a ajouté que le chef des renseignements militaires, Igor Kostioukov, participerait également aux pourparlers et que l’émissaire spécial de Vladimir Poutine, Kirill Dmitriev, prendrait part à un groupe de ‌travail distinct sur les ‌questions économiques.

Le ⁠contrôle ​de la centrale nucléaire de Zaporijia et le rôle des troupes occidentales dans ​l’Ukraine d’après-guerre sont également des sujets de discorde.

📷 A Kiev, la cantine de l’école nᵒ 320 du quartier Troïechtchyna transformée en cuisine humanitaire

L’organisation FoodTruck: Food Without Borders, capable de produire jusqu’à 5 000 portions par jour, a pris ses quartiers à l’école no 320 de Troïechtchyna, à Kiev, d’où des volontaires préparent et distribuent des repas chauds gratuits. Plus grand établissement du district, l’école accueille 1 200 élèves âgés de 6 à 18 ans, mais les cours s’y déroulent désormais en ligne, le froid rendant les salles de classe impraticables depuis les attaques russes menées le mois dernier contre les infrastructures critiques de la capitale.

Des milliers d’habitants vivent toujours sans électricité, sans chauffage central ni eau chaude en plein hiver. Les frappes massives visant le réseau énergétique plongent régulièrement de vastes zones du pays dans l’obscurité, contraignant la population à réorganiser son quotidien, une réalité documentée pour Le Monde par la photojournaliste belge Virginie Nguyen Hoang, installée en Ukraine depuis mars 2025.

 Food Without Borders, à l’école nᵒ 320 du quartier Troïechtchyna, à Kiev, le 12 février 2026. Le personnel de la cantine scolaire prépare et distribue des repas chauds gratuits avec l’aide de l’organisation FoodTruck: Food Without Borders, à l’école nᵒ 320 du quartier Troïechtchyna, à Kiev, le 12 février 2026.
 Food Without Borders, à l’école nᵒ 320 du quartier Troïechtchyna, à Kiev, le 12 février 2026. Le personnel de la cantine scolaire prépare et distribue des repas chauds gratuits avec l’aide de l’organisation FoodTruck: Food Without Borders, à l’école nᵒ 320 du quartier Troïechtchyna, à Kiev, le 12 février 2026.
 Food Without Borders, à l’école nᵒ 320 du quartier Troïechtchyna, à Kiev, le 12 février 2026. Le personnel de la cantine scolaire prépare et distribue des repas chauds gratuits avec l’aide de l’organisation FoodTruck: Food Without Borders, à l’école nᵒ 320 du quartier Troïechtchyna, à Kiev, le 12 février 2026.
Distribution des repas chauds aux habitants du quartier, à l’école nᵒ 320 du quartier Troïechtchyna, à Kiev, le 12 février 2026. Distribution des repas chauds aux habitants du quartier, à l’école nᵒ 320 du quartier Troïechtchyna, à Kiev, le 12 février 2026.
Distribution des repas chauds aux habitants du quartier, à l’école nᵒ 320 du quartier Troïechtchyna, à Kiev, le 12 février 2026. Distribution des repas chauds aux habitants du quartier, à l’école nᵒ 320 du quartier Troïechtchyna, à Kiev, le 12 février 2026.
Distribution des repas chauds aux habitants du quartier, à l’école nᵒ 320 du quartier Troïechtchyna, à Kiev, le 12 février 2026. Distribution des repas chauds aux habitants du quartier, à l’école nᵒ 320 du quartier Troïechtchyna, à Kiev, le 12 février 2026.

Virginie NGuyen Hoang

L’ex-ministre de l’énergie ukrainien soupçonné de blanchiment d’argent

L’ancien ministre de l’énergie ukrainien German Galushchenko, arrêté dimanche alors qu’il tentait de quitter le pays, est soupçonné de blanchiment d’argent et de participation à une organisation criminelle, a annoncé lundi l’Agence anticorruption ukrainienne NABU.

« Un ancien ministre de l’énergie (2021-2025) est soupçonné de blanchiment d’argent et de participation à une organisation criminelle », écrit l’agence dans un communiqué, formulant officiellement les charges pesant sur M. Galushchenko, dont elle ne cite pas le nom. Le blanchiment d’argent est passible de quinze ans de prison et la participation à une organisation criminelle de douze ans.

Le NABU avait annoncé dimanche l’arrestation de M. Galushchenko alors qu’il tentait de quitter le territoire ukrainien. Il fait partie des ministres qui ont démissionné en 2025 dans le cadre de l’affaire Midas, un vaste scandale de corruption dans le secteur énergétique, qui a ébranlé l’Ukraine.

Selon l’agence, les membres de ce réseau ont mis en place un système de pots-de-vin estimés à 100 millions de dollars pour détourner des fonds, provoquant l’indignation publique alors que le pays était frappé par de nombreuses coupures de courant provoquées par les attaques russes.

Selon les enquêteurs, quelque 7,4 millions de dollars (environ 6,2 millions d’euros) ont été transférés sur des comptes bancaires appartenant à la famille de M. Galushchenko. Plus de 2,7 millions d’euros auraient, en outre, été remis en liquide directement à sa famille en Suisse.

En novembre, M. Galushchenko avait nié son implication dans le scandale de corruption et déclaré qu’il se défendrait devant la justice. L’Ukraine est depuis longtemps gangrenée par la corruption et la lutte contre ce fléau est considérée comme une condition essentielle à remplir pour son adhésion à l’Union européenne. Le NABU collabore avec 15 pays dans le cadre de cette vaste enquête, a-t-elle rappelé.

Sur Le Monde aujourd’hui

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Emmanuel Macron rend hommage à Alexeï Navalny

Dans un message en français, en anglais et en russe, Emmanuel Macron rend hommage, sur X, à Alexeï Navalny : « Il y a deux ans, le monde apprenait la mort d’Alexeï Navalny, dont je salue la mémoire. J’avais alors dit ma conviction que sa mort disait tout de la faiblesse du Kremlin et de la peur de tout opposant. Il est aujourd’hui clair qu’elle a été préméditée. La vérité finit toujours par triompher, en attendant que la justice en fasse de même. »

La mère de Navalny réclame « justice » pour son fils « empoisonné »

Lioudmila Navalnaïa, la mère de l’opposant russe Alexeï Navalny, sur la tombe de ce dernier, au cimetière Borissovskoïe, à Moscou, le 16 février 2026. Lioudmila Navalnaïa, la mère de l’opposant russe Alexeï Navalny, sur la tombe de ce dernier, au cimetière Borissovskoïe, à Moscou, le 16 février 2026.

Le jour du deuxième anniversaire de la mort d’Alexeï Navalny, Lioudmila Navalnaïa, sa mère, réclame justice pour son fils. Evoquant l’enquête menée par cinq pays européens affirmant que l’opposant a été « empoisonné » avec une toxine rare, elle a déclaré.

« Cela confirme ce que nous savions depuis le début. Nous savions que notre fils n’était pas simplement mort en prison, il a été assassiné », a-t-elle déclaré à des journalistes, dont l’AFP, près de sa tombe à Moscou. « Deux ans se sont écoulés et nous savons déjà avec quoi il a été empoisonné. Je pense que cela prendra un certain temps, et nous finirons par découvrir qui l’a fait », a-t-elle ajouté. « Bien sûr, nous souhaitons que cela se produise dans notre pays et que justice triomphe. » « J’ai déjà dit que ceux qui ont donné cet ordre sont connus du monde entier ; je ne fais que le répéter. Et nous voulons que tous ceux qui y ont participé soient identifiés », a-t-elle encore exhorté.

Lundi, des dizaines de personnes se sont recueillies à Moscou sur la tombe du militant anticorruption, farouche opposant au président russe, Vladimir Poutine. Alexeï Navalny est mort en prison le 16 février 2024, à 47 ans.

Des diplomates étrangers réunis devant la tombe d’Alexeï Navalny, au cimetière Borissovskoïe de Moscou, le 16 février 2026. Des diplomates étrangers réunis devant la tombe d’Alexeï Navalny, au cimetière Borissovskoïe de Moscou, le 16 février 2026.
Devant la tombe d’Alexeï Navalny, au cimetière Borissovskoïe de Moscou, le 16 février 2026. Devant la tombe d’Alexeï Navalny, au cimetière Borissovskoïe de Moscou, le 16 février 2026.
La tombe d’Alexeï Navalny, au cimetière Borissovskoïe de Moscou, le 16 février 2026. La tombe d’Alexeï Navalny, au cimetière Borissovskoïe de Moscou, le 16 février 2026.

Souveraineté européenne : Berlin critique le manque d’efforts de la France sur les dépenses de défense

Alors que Paris affiche ses ambitions pour l’Europe, Berlin souligne le décalage entre les discours français et les moyens réellement engagés pour la défense commune. L’Allemagne juge insuffisants les efforts français pour augmenter les dépenses de défense et muscler la souveraineté européenne, a déclaré lundi 16 février le chef de la diplomatie allemande, Johann Wadephul, dans un entretien à la radio allemande Deutschlandfunk. Le président français, Emmanuel Macron, « évoque à juste titre tout le temps notre aspiration à la souveraineté européenne. Quiconque en parle doit agir en conséquence dans son propre pays. Les efforts déployés jusqu’à présent en république française sont insuffisants pour y parvenir », dit-il.

Evoquant l’objectif affiché des pays de l’OTAN d’atteindre, sous la pression de Donald Trump, au moins 5 % de leur produit intérieur brut (PIB) consacrées à leurs dépenses de sécurité d’ici à 2035, le ministre a jugé que, chez ses voisins, il y avait « des progrès à faire ». Il a donc appelé la France à « faire des économies », notamment dans le domaine social, pour « disposer de la marge de manœuvre nécessaire afin d’atteindre l’objectif central de la capacité de défense de l’Europe ».

Il a également rejeté l’appel de président français à une forme de mutualisation européenne des emprunts nécessaire à financer de vastes investissements, faisant écho ainsi au chancelier Friedrich Merz. Selon lui, les 5 % promis par les Etats de l’OTAN sont des « engagements de dépenses nationales » et non européennes.

La Russie a lancé 5 missiles et 62 drones contre l’Ukraine dans la soirée de dimanche à lundi

L’Ukraine affirme avoir abattu la majorité des missiles et drones lancés par la Russie dans la nuit de dimanche à lundi. Selon l’armée de l’air ukrainienne, la Russie a tiré quatre missiles antinavires Tsirkon de la Crimée, un missile balistique Iskander-M de la région russe de Briansk, ainsi qu’un missile aérien guidé Kh-31P de la partie occupée de la région de Zaporijia. Moscou a également lancé 62 drones longue portée de type Shahed, Guerbera et Italmas. Environ 40 d’entre eux étaient des drones d’attaque à long rayon d’action, selon la même source.

Deux missiles Tsirkon et 52 drones avaient été abattus ou neutralisés, d’après des données préliminaires communiquées par l’armée. Les autorités ont signalé l’impact d’un missile et de neuf drones longue portée sur huit sites distincts, ainsi que la chute de débris sur deux autres sites.

Le bilan dressé par l’armée de l’air ukrainienne de l’attaque russe dans la nuit de dimanche 15 à lundi 16 février. Le bilan dressé par l’armée de l’air ukrainienne de l’attaque russe dans la nuit de dimanche 15 à lundi 16 février.

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Le nombre de victimes civiles ukrainiennes a bondi de 26 % en 2025, selon des chercheurs l’ONG Action on Armed Violence

Les pertes civiles en Ukraine dues aux bombardements ont augmenté de 26 % en 2025, reflétant une intensification des frappes russes contre les villes et les infrastructures, selon un rapport publié par l’ONG britannique Action on Armed Violence (AOAV), cité par le Guardian.

D’après cette organisation de suivi des conflits, 2 248 civils ont été tués et 12 493 blessés en Ukraine par ces attaques en 2025, sur la base de sources en langue anglaise. Le nombre moyen de victimes par attaque a également progressé, atteignant 4,8 morts ou blessés par frappe, soit 33 % de plus qu’en 2024.

L’attaque la plus meurtrière s’est produite le 24 juin à Dnipro, où des missiles russes ont touché un train de passagers, des immeubles d’habitation et des écoles, faisant 21 morts et 314 blessés, dont 38 enfants. Le directeur exécutif d’AOAV, Iain Overton, estime que ces chiffres illustrent « un effondrement plus large des règles de retenue » dans les conflits contemporains, affirmant que le respect du principe de proportionnalité en temps de guerre « s’est brisé ».

Les frappes de missiles et de drones ont eu lieu presque chaque nuit en Ukraine en 2025 et se sont poursuivies en 2026, privant des millions de personnes d’accès stable à l’électricité, au chauffage et à l’eau. Dans la nuit du 9 septembre, 805 drones et 13 missiles ont visé l’Ukraine, constituant le plus important raid aérien recensé depuis le début de la guerre, selon l’ONG.

L’année 2025 a été la « plus meurtrière » en Ukraine depuis la première année de l’invasion russe, en 2022, écrivait l’Organisation des Nations unies le 12 janvier. « Le nombre total de victimes civiles en Ukraine en 2025 a atteint au moins 2 514 morts et 12 142 blessés », en hausse de 31 % par rapport à 2024 et de 70 % comparativement à 2023, selon la mission de surveillance des droits humains des Nations unies en Ukraine (HRMMU).

A l’échelle mondiale, AOAV a recensé 45 358 victimes civiles en 2025, contre 61 353 l’année précédente, soit une baisse de 26 % après un pic sur dix ans en 2024. Cette diminution s’explique en grande partie par le cessez-le-feu survenu en octobre à Gaza, auparavant le conflit le plus meurtrier pour les civils. Selon l’ONG, 14 024 victimes civiles ont été recensées à Gaza en 2025, en baisse de 40 % par rapport à l’année précédente.

Des infrastructures énergétiques endommagées dans la région russe de Belgorod

Le gouverneur de la région russe de Belgorod, Viatcheslav Gladkov, a fait état dimanche soir d’une attaque d’ampleur des forces ukrainiennes. « La ville de Belgorod et le district environnant ont subi une attaque de grande envergure des forces armées ukrainiennes », a écrit M. Gladkov sur Telegram, précisant que des installations énergétiques avaient été « considérablement endommagées ». « Les services d’urgence et les équipes opérationnelles évaluent l’ampleur des dégâts. Les informations sur les conséquences sont en cours de confirmation », a-t-il ajouté. Selon lui, l’attaque a fait un blessé.

Selon la chaîne Telegram locale Pepel Belgorod, une centrale thermique de la ville aurait été touchée par une frappe de missile. Une autre attaque aurait visé le poste électrique de Frounzenskaïa, d’après des informations préliminaires.

Dans la région russe voisine de Briansk, cinq municipalités ainsi que certaines parties de la ville de Briansk ont été privées de chauffage et d’électricité après des attaques contre des infrastructures énergétiques, selon le gouverneur Alexandre Bogomaz.

A Munich, une trêve transatlantique en trompe-l’œil

Si Marco Rubio, le secrétaire d’Etat américain, s’est montré, dans le ton, moins agressif vis-à-vis de l’Europe que le vice-président, J. D. Vance, un an auparavant, le fond du discours n’a guère changé.

Une délégation ukrainienne en route pour des négociations à Genève

Une délégation ukrainienne a pris la route de Genève pour un nouveau cycle de négociations avec des représentants des Etats-Unis et de la Russie, a annoncé Kyrylo Boudanov, chef du bureau du président ukrainien. « En route vers Genève. Le prochain cycle de négociations nous attend. (…) Les intérêts de l’Ukraine doivent être préservés », a écrit M. Boudanov sur le réseau social X, publiant une photo de lui et de ses collègues à proximité d’un train.

Selon Kiev, les discussions doivent se tenir les 17 et 18 février et porter notamment sur les modalités d’un éventuel cessez-le-feu et sur les mécanismes de contrôle de la cessation des hostilités.

Dans une allocution le 12 février, le président Volodymyr Zelensky a affirmé que l’Ukraine était prête à une nouvelle rencontre avec la délégation russe afin de progresser vers la fin de la guerre.

Un communiqué publié après des pourparlers trilatéraux à Abou Dhabi les 4 et 5 février avait fait savoir que les délégations américaine, ukrainienne et russe avaient discuté des moyens de mettre en œuvre un cessez-le-feu. A l’issue de ces discussions, Washington et Moscou étaient convenus de reprendre un dialogue militaire de haut niveau.

La délégation ukrainienne devrait notamment comprendre Rustem Umerov, secrétaire du Conseil de sécurité nationale et de défense, Andri Hnatov, chef d’état-major des forces armées, ainsi que plusieurs hauts responsables politiques et du renseignement.

Les pertes russes accroissent la dépendance de l’armée russe aux combattants étrangers, selon le Royaume-Uni

La Russie dépend de plus en plus de combattants étrangers pour poursuivre son offensive en Ukraine, ses pertes dépassant désormais ses capacités de recrutement, a affirmé le ministre de la défense britannique, John Healey, auprès de l’agence Bloomberg.

En marge de la Conférence de Munich sur la sécurité, il a relevé que Kiev infligeait plus de pertes aux forces russes que Moscou ne parvenait à recruter ces deux derniers mois, citant des informations transmises par le ministre de la défense ukrainien, Mykhaïlo Fedorov.

Selon M. Healey, l’armée russe s’appuie désormais sur « des milliers » de recrues étrangères venues notamment d’Inde, du Pakistan, du Népal, de Cuba, du Nigeria et du Sénégal, souvent « recrutées sous de fausse raison ». Il a également évalué à environ 17 000 le nombre de soldats nord-coréens engagés aux côtés de Moscou.

Après près de quatre ans de guerre, les combats restent concentrés le long d’une ligne de front de 1 200 kilomètres, avec peu d’avancées territoriales significatives depuis la première année du conflit. Les pertes russes, estimées par des responsables occidentaux à plus de 1,2 million de morts et blessés cumulés, mettraient à l’épreuve le discours du Kremlin sur une victoire inéluctable.

Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a évoqué 30 000 soldats russes tués en janvier et estimé que le président russe, Vladimir Poutine, finirait par être contraint de réagir face à l’ampleur des pertes. Kiev ambitionne de porter les pertes russes à 50 000 par mois d’ici à l’été, ce qui compliquerait tout remplacement des troupes sans nouvelle mobilisation, politiquement sensible en Russie.

Selon Londres, le recours accru aux drones par l’armée ukrainienne a contribué à alourdir les pertes russes sur certaines portions du front, où le ratio atteindrait jusqu’à 25 soldats russes tués ou blessés pour un Ukrainien. « Poutine veut donner l’impression d’une progression inévitable, mais il est plus affaibli et plus dépendant de combattants étrangers qu’auparavant », a conclu M. Healey.

Kim Jong-un inaugure une rue pour les familles de soldats morts en Ukraine

Kim Jong-un et sa fille Ju-ae à Pyongyang, le 15 février 2026. Kim Jong-un et sa fille Ju-ae à Pyongyang, le 15 février 2026.

Le dirigeant nord-coréen, Kim Jong-un, accompagné de sa fille, a inauguré une rue d’appartements destinés aux familles des soldats tués en combattant aux côtés de la Russie contre l’Ukraine, a rapporté lundi 16 février l’agence de presse officielle de Pyongyang.

La Corée du Nord a envoyé des milliers de soldats combattre au côté de Moscou dans sa guerre d’invasion de l’Ukraine, lancée il y a bientôt quatre ans, selon les agences de renseignement sud-coréennes et occidentales. D’après Séoul, au moins 2 000 combattants nord-coréens ont été tués. « Avant leur mort, les martyrs héroïques ont dû imaginer dans leur esprit leurs chères familles vivant dans un pays toujours prospère », a affirmé M. Kim dimanche dans un discours marquant l’inauguration de la nouvelle rue, selon KCNA.

Des photos publiées par l’agence montrent le dirigeant visitant les nouvelles habitations, aux côtés de sa fille Ju-ae. L’adolescente a été clairement « désignée comme successeure », ont précisé les renseignements sud-coréens la semaine dernière, citant sa participation à des événements très médiatisés avec son père. Cette visite précède le plus grand événement politique de Pyongyang, le congrès du parti, qui doit se tenir à une date qui n’a pas été annoncée.

En retour de l’envoi de soldats, la Russie envoie à la Corée du Nord une aide financière, des technologies militaires ainsi que des fournitures alimentaires et énergétiques, selon des analystes.

Yaroslav Hrytsak, historien : « L’Ukraine est toujours debout, contre toute attente. C’est un miracle »

Depuis l’invasion du pays par la Russie voisine, en février 2022, la société ukrainienne fait preuve d’une incroyable résilience. Mais le chemin vers une possible fin du conflit exige de redéfinir le concept de victoire, analyse l’historien ukrainien, dans un entretien au Monde.

A Kiev, environ 1 600 immeubles toujours sans chauffage

Environ 1 600 immeubles restaient privés de chauffage à Kiev dimanche, selon les autorités locales, une conséquence du barrage de frappes russes sur les infrastructures énergétiques, tandis que les forces ukrainiennes ont revendiqué l’attaque d’un terminal pétrolier en Russie.

Sur les 2 600 immeubles privés de chauffage après une attaque russe massive jeudi sur Kiev, « environ 500 bâtiments restent privés de chauffage », a fait savoir le maire de la capitale ukrainienne, Vitali Klitschko dimanche sur Telegram.

Ces 2 600 immeubles s’ajoutaient à plus de 1 100 immeubles résidentiels – sur un total de 12 000 dans la capitale – déjà privés de chauffage après les attaques russes des dernières semaines qui ont endommagé durablement la centrale les approvisionnant, ce qui porte un total de 1 600 immeubles actuellement sans chauffage.

Les attaques russes contre le réseau énergétique ukrainien ont provoqué la pire crise énergétique dans le pays depuis le début de l’offensive de Moscou lancée en février 2022, avec des centaines de milliers de foyers privés de chauffage et d’électricité par des températures chutant parfois au-desssous de − 20 ° C.

Le point sur la situation dimanche 15 février dans la soirée

  • Le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, a déclaré dimanche n’avoir « aucune » raison de remettre en cause la conclusion de cinq pays européens selon lesquelles l’opposant russe Alexeï Navalny a été empoisonné dans sa prison russe.
  • L’Agence anticorruption ukrainienne (NABU) a annoncé l’arrestation d’un ancien ministre de l’énergie. « Aujourd’hui, alors qu’il franchissait la frontière, les enquêteurs de la NABU ont interpellé l’ancien ministre de l’énergie dans le cadre de l’affaire Midas », a déclaré l’agence dans un communiqué, faisant référence au scandale de corruption qui a secoué le secteur énergétique ukrainien l’année dernière.
  • Le chef d’état-major russe a affirmé que les forces du Kremlin avaient pris une douzaine de villages de l’est du pays en février, a relayé le ministère de la défense russe. Valeri Guerassimov a également affirmé que les troupes russes progressaient en direction de Sloviansk − un pôle industriel brièvement tombé aux mains des séparatistes prorusses en 2014 et qui fait l’objet d’attaques fréquentes de la part de la Russie.
  • L’armée russe a lancé, dans la nuit de samedi à dimanche, une attaque contre l’Ukraine à l’aide de 83 drones longue portée de type Shahed, Guerbera, Italmas et d’autres types, a annoncé l’armée de l’air ukrainienne.
  • Un port, comprenant un réservoir de stockage de carburant, des entrepôts et des terminaux portuaires a été touchés lors d’une attaque de drones ukrainiens contre le port de Taman, dans le kraï de Krasnodar, rapporte le gouverneur régional, Veniamin Kondratiev.

Empoisonnement d’Alexeï Navalny : le Kremlin réagit et rejette les accusations

« Nous sommes habitués à la faiblesse d’esprit des affabulateurs occidentaux. Il faut se demander quel genre de personne pourrait croire à de telles inepties à propos d’une grenouille », a déclaré dimanche la porte-parole du ministère des affaires étrangères russe, Maria Zakharova, citée par l’agence de presse russe RBC, proche du Kremlin.

Maria Zakharova réagissait, selon le site ukrainien Ukraïnska Pravda, à une déclaration de cinq pays européens selon laquelle le chef de l’opposition russe, Alexeï Navalny, aurait été empoisonné à l’épibatidine alors qu’il était détenu dans une colonie pénitentiaire, la qualifiant de « désinformation visant à détourner l’attention des problèmes urgents de l’Occident ».

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