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Le président américain a affirmé dans un entretien à Fox News que la guerre entre la Russie et l’Ukraine pourrait être résolue rapidement, estimant qu’elle pourrait s’achever durant son mandat. « Je pensais même qu’elle se serait terminée plus tôt », a-t-il ajouté.
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La Russie dit avoir frappé des navires dans les ports d’Odessa et de Ioujne et en mer Noire
Mercredi après-midi, le ministère de la défense russe a revendiqué des frappes contre deux ports ukrainiens et des navires « au service des forces armées ukrainiennes ». Les deux ports, celui d’Odessa et celui, tout proche, de Ioujne, avaient déjà été pris pour cibles par Moscou la veille.
Selon le ministère de la défense russe, ses drones ont touché un cargo transportant du matériel militaire dans le port de Ioujne et deux cargos similaires dans celui d’Odessa. Ces derniers « se trouvaient au mouillage du port en attente de déchargement », a fait valoir le Kremlin.
Enfin, dans une autre communication sur Telegram, le ministère de la défense russe a dit avoir coulé des « vedettes sans équipage des forces armées ukrainiennes », alors qu’elles stationnaient dans les eaux de la mer Noire. Celles-ci ont été visées par des drones-kamikazes Lancet.
Oleh Kiper, chef de l’administration militaire de l’oblast d’Odessa, a confirmé en fin d’après-midi que la Russie avait « de nouveau attaqué Odessa ». « Un ouvrage d’infrastructure a été endommagé à la suite des tirs, a-t-il fait savoir. Aucune information concernant d’éventuelles victimes n’a été communiquée pour l’instant. »
Deux morts et trois blessés dans des frappes russes contre Kramatorsk
Le gouverneur régional de l’oblast ukrainien de Donetsk, Vadym Filachkine, a fait état, mercredi après-midi, de la mort de deux personnes dans des frappes russes contre la ville de Kramatorsk. Trois personnes ont également été blessées dans l’après-midi. « Nous sommes en train de déterminer le bilan définitif des victimes et l’étendue des dégâts », a-t-il écrit sur Telegram, rappelant que « ce matin, les Russes avaient déjà frappé Kramatorsk, blessant cinq personnes ».
Volodymyr Zelensky soutient la candidature de Serhii Koretsky au poste de premier ministre
Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a adoubé le directeur général du groupe public Naftogaz, Serhii Koretsky, pour le poste de premier ministre, après l’éviction surprise de Ioulia Svyrydenko, qui était en fonctions depuis le 17 juillet 2025. Il a déclaré mercredi à des journalistes que M. Koretsky était le mieux placé pour conduire le gouvernement, dont la priorité sera la gestion militaire et infrastructurelle de l’hiver à venir face aux attaques russes.
« La priorité, c’est clairement de préparer l’hiver. (…) En conséquence, après consultations, Serhii Koretsky est assurément le candidat le mieux préparé pour le poste de premier ministre de l’Ukraine », a dit Volodymyr Zelensky. Agé de 48 ans, cet ingénieur de formation occupe depuis mai 2025 la direction de la compagnie d’Etat Naftogaz, spécialisée dans le transport de gaz naturel, l’extraction, le raffinage et le transport de pétrole.
Le Parlement ukrainien, qui a accepté la démission de Ioulia Svyrydenko mardi, doit désormais désigner officiellement son successeur jeudi.
Un mort dans une frappe russe contre la région de Zaporijia
Une personne a été tuée par une frappe russe, mercredi après-midi, à Zaporijia, a annoncé le gouverneur régional, Ivan Fedorov, sur Telegram. « L’ennemi a frappé des infrastructures essentielles de la région », a-t-il précisé, affirmant, par ailleurs, que deux personnes avaient également été blessées dans ces attaques.
Les forces spéciales ukrainiennes revendiquent une frappe contre une centrale électrique en Crimée
Les forces spéciales ukrainiennes (SSO) ont revendiqué, mercredi, une frappe contre la centrale thermique de Balaklava, à Sébastopol, en Crimée annexée, affirmant avoir endommagé une installation représentant près de 50 % de la capacité de production d’électricité de la péninsule.
Les forces ukrainiennes soulignent que la centrale de Balaklava, avec celle de Tavriïa, à Simferopol, assure l’essentiel de la production électrique de la Crimée, utilisée, selon elles, pour alimenter les centres de commandement, les systèmes de défense anti-aérienne, les moyens de guerre électronique, les chantiers de réparation, les aérodromes militaires et la flotte russe de la mer Noire.
Une partie des localités du nord-ouest et de l’est de la Crimée annexée s’est retrouvée privée d’électricité après une attaque de drones ukrainiens, a annoncé l’opérateur électrique Krymenergo. L’entreprise a expliqué que des restrictions d’alimentation restaient en vigueur et que les coupures seraient appliquées en fonction de l’évolution de la situation. Le maire prorusse de Kertch, Ivan Kochel, a affirmé que la ville était totalement privée d’électricité et que les services essentiels fonctionnaient grâce à des sources d’alimentation de secours. A Sébastopol, les autorités d’occupation russes ont instauré des coupures tournantes, avec un rythme de deux heures d’électricité suivies de six heures de coupure.
Sur Le Monde aujourd’hui
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Donald Trump estime que Vladimir Poutine est prêt à un accord et que la guerre pourrait s’achever durant son mandat
Le président américain a affirmé dans un entretien à Fox News que le conflit entre la Russie et l’Ukraine pourrait être résolu rapidement. Interrogé sur la possibilité que la guerre prenne fin sous son mandat, M. Trump a répondu : « Je le pense, oui. Je pensais même qu’elle se serait terminée plus tôt. »
« J’estimais que ce serait le dossier le plus facile à régler, parce que je m’entendais bien avec les deux dirigeants. Je pensais vraiment que ce serait ma tâche la plus aisée », a-t-il ajouté. Entre mars 2023 et octobre 2024, il a répété à 53 reprises qu’il mettrait fin à la guerre en Ukraine « en vingt-quatre heures » ou « dès le premier jour » de sa présidence. Mardi, la Mission de surveillance des droits de l’homme de l’ONU en Ukraine relevait que les pertes civiles en Ukraine ont atteint en juin leur plus haut niveau depuis avril 2022.
Le président américain a affirmé tenir un discours constant à son homologue russe : « Je lui répète la même chose en permanence. Je ne veux pas entrer dans les détails, mais je lui dis : “Vladimir, il est temps d’arrêter. Il est temps que cette guerre se termine.” » Quant à la réponse du maître du Kremlin, « je pense qu’il est prêt à conclure un accord », a assuré M. Trump.
Interrogé sur le calendrier d’un éventuel accord, il a répondu : « Bientôt. Il faut être deux pour danser le tango. Mais je pense qu’il est prêt à sceller un accord. »
Bonjour,
le Center for Stategic & International Studies (CSIS) estimait en décembre 2025 que la flotte fantôme comprenait entre 155 pétroliers (435 navires au total si l’on inclut les bâtiments de soutien) et près de 591 navires, sachant que ces navires changent fréquemment de nom. Cette flotte transportait, selon le CSIS, environ 3,7 millions de barils par jour, soit 65 % du commerce de pétrole par voie maritime de la Russie, et génère des revenus estimés entre 87 milliards et 100 milliards de dollars par an.
En 2023, Le Monde a publié une enquête sur les nouvelles routes du pétrole russe pour contourner l’embargo. Les principaux clients sont la Chine et l’Inde.
A la fin de juin, la France a arraisonné un cinquième pétrolier soupçonné d’appartenir à la flotte fantôme russe. « Nous ne laisserons pas la flotte fantôme contourner les sanctions et financer l’effort de guerre russe », a réagi Emmanuel Macron.
Le point sur la situation jeudi 15 juillet à 14 heures
- Volodymyr Zelensky affirme que l’objectif est une « Ukraine sans Russie » et met en avant les capacités militaires ukrainiennes. Il a assuré qu’« il n’existe plus de coordonnées sur le territoire russe qui restent hors de portée de la justice ukrainienne », citant les frappes contre des raffineries, des navires de la flotte fantôme et des infrastructures militaires russes.
- L’Ukraine revendique une attaque nocturne d’envergure contre 20 navires russes en mer Noire. Les drones ukrainiens ont visé 136 navires de la flotte fantôme entre le 6 et le 15 juillet : 116 en mer d’Azov du 6 au 14 juillet, puis 20 autres en mer Noire dans la nuit du 15 juillet.
- La Lituanie et la Lettonie accusent Moscou de projets de sabotage. Lors de son point presse quotidien, le porte-parole du Kremlin, a qualifié de « scénario catastrophe » les inquiétudes de la Lituanie. Selon lui, les Etats baltes entretiennent la menace russe afin de justifier un renforcement des infrastructures de l’OTAN dans la région.
- Moscou affirme que Washington reste prêt à poursuivre les discussions sur l’Ukraine, une fois la situation autour de l’Iran stabilisée, a déclaré le porte-parole du Kremlin.
- Accord entre UE et Ukraine pour la production conjointe de drones. L’Ukraine a déjà signé neuf accords du même type avec différents pays.
- L’UE prolonge jusqu’en mars 2028 la protection temporaire des réfugiés ukrainiens. Pour les nouveaux demandeurs uniquement, cette protection serait désormais conditionnée au respect de leurs obligations militaires en Ukraine.
- Washington prépare de nouvelles sanctions visant les principaux acheteurs d’hydrocarbures russes. « La Chine s’oppose fermement aux sanctions unilatérales illégales qui ne reposent sur aucun fondement en droit international et ne sont pas autorisées par le Conseil de sécurité de l’ONU », a réagi un porte-parole de la diplomatie chinoise.
- Rheinmetall livre à l’Ukraine les premiers obus de 155 mm produits dans sa nouvelle usine d’Unterlüss. Le groupe réaffirme son objectif de monter en puissance pour produire environ 1,5 million d’obus d’artillerie de 155 mm par an à l’horizon 2030, contre environ 100 000 avant le début du conflit en 2022.
- Le chef de la diplomatie turque en Ukraine mercredi et jeudi pour réaffirmer le soutien d’Ankara à Kiev et proposer de relancer les négociations avec la Russie.
Volodymyr Zelensky affirme que l’objectif est une « Ukraine sans Russie » et met en avant les capacités militaires ukrainiennes
Lors d’un discours à Kiev à l’occasion de la Journée de la souveraineté ukrainienne, le président ukrainien a rappelé mercredi les objectifs de son pays. « Notre objectif principal n’est pas une Russie sans essence : c’est une Ukraine sans Russie. Une Ukraine sans guerre. Une Ukraine avec l’Europe. Et une Ukraine et une Europe sans la menace de Moscou », a-t-il déclaré, remerciant les dirigeants étrangers qui soutiennent Kiev.
Il a également salué les frappes ukrainiennes de longue portée contre des cibles en Russie, évoquant notamment l’attaque contre la raffinerie d’Omsk, située à 2 884 kilomètres du territoire ukrainien, qu’il a qualifiée de « distance historique ». Il a assuré qu’« il n’existe plus de coordonnées sur le territoire russe qui restent hors de portée de la justice ukrainienne », citant les frappes contre des raffineries, des navires de la « flotte fantôme » et des infrastructures militaires russes.
Le président ukrainien a en outre affirmé que son pays produisait désormais 10 millions de drones par an et que cette capacité devait être portée à 20 millions, avec le soutien de ses partenaires.
Enfin, il a déclaré que l’Ukraine se rapprochait d’un accord avec les Etats-Unis pour produire des missiles destinés aux systèmes de défense antiaérienne Patriot, estimant que son pays pourrait devenir le troisième au monde à bénéficier d’un tel arrangement. Il a remercié le président américain, Donald Trump, pour cette décision qu’il a qualifiée « d’historique », exprimant le souhait de voir prochainement des missiles Patriot portant la mention « Made in Ukraine ».
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La Lituanie et la Lettonie accusent Moscou de projets de sabotage
Les présidents lituanien et letton, Gitanas Nauseda et Edgars Rinkevics, ont accusé mercredi la Russie de projets de sabotage contre des pays de l’OTAN.
« Les informations que nous recueillons de la Lituanie, de la Lettonie et d’autres pays membres de l’OTAN, montrent diverses tentatives pour commettre des sabotages et affaiblir la sécurité de nos Etats », a dit Edgars Rinkevics lors d’une conférence de presse à Vilnius avec son homologue lituanien. Il n’a pas précisé quels pays seraient visés.
Dans une interview publiée mercredi, Gitanas Nauseda affirme de son côté disposer de renseignements selon lesquels la Russie prépare des attaques contre certaines infrastructures et annonce le renforcement de la sécurité des transports et des sites énergétiques à titre de précaution. « Nous recevons de tels signaux de nos services de renseignement. Ils n’indiquent ni le lieu ni l’heure précisément (…) car l’adversaire n’a pas encore achevé ses préparatifs », a-t-il déclaré.
La Pologne a déclaré au début du mois que les services de renseignement occidentaux s’inquiétaient du risque d’attaques russes contre son territoire et les États baltes.
Moscou dément régulièrement ce type d’accusations qui s’inscrivent selon elles dans le cadre d’une campagne de propagande antirusse. « Il s’agit simplement du dernier lot de fables alarmistes destinées à laver le cerveau de la population et à la préparer à une militarisation accrue », a commenté le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, en réponse aux accusations lituaniennes. « Pour y parvenir, il leur faut désigner un autre pays – en l’occurrence, le nôtre – comme l’ennemi, et utiliser ce prétexte pour continuer à développer l’infrastructure militaire de l’OTAN sous toutes ses formes dans les pays baltes », a-t-il ajouté.
Bonjour,
Vous pouvez vous reporter à la publication de 7 h 29, pour l’attaque russe contre l’Ukraine. L’armée de l’air ukrainienne a annoncé mercredi que la Russie avait lancé dans la nuit 122 drones de différents types ainsi que deux missiles Kh-59/69. Selon Kiev, la défense aérienne a détruit ou neutralisé par brouillage électronique 101 drones. Les autorités ukrainiennes ont fait état d’impacts de deux missiles et de 18 drones sur 19 sites, ainsi que de chutes de débris sur sept autres sites. Elles ont ajouté que l’oblast d’Odessa avait été ciblé.
De son côté, le ministère de la défense russe affirme avoir détruit 345 drones ukrainiens en l’espace de vingt-quatre heures. Selon Moscou, 252 drones ont été interceptés, mardi, entre 8 heures et 20 heures au-dessus de plusieurs oblasts russes, de la Crimée, annexée en 2014, ainsi que des mers d’Azov et Noire, tandis que 93 autres ont été abattus entre 20 heures et 7 heures dans la nuit de mardi à mercredi dans les mêmes secteurs.
Accord entre UE et Ukraine pour la production conjointe de drones
La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a annoncé mercredi lors d’une visite à Kiev la conclusion d’un accord entre l’Ukraine et l’Union européenne pour développer conjointement des drones et intensifier leur production.
« Nous devons unir nos forces », a déclaré la cheffe de l’exécutif européen à l’occasion d’une cérémonie commémorant le Jour de l’Etat ukrainien. « Cet accord permettra de conjuguer l’ingéniosité ukrainienne et la puissance industrielle de l’Europe », a-t-elle ajouté.
L’Ukraine, devenue experte dans la fabrication de drones face aux attaques de la Russie, a déjà signé neuf accords du même type avec différents pays grâce à son expérience « véritablement unique », selon Ursula von der Leyen. « Nous devons mettre cette expérience à profit ensemble. Car nous connaissons les menaces auxquelles l’Europe est confrontée dans ce domaine : nous avons constaté des incursions et des alertes dans de nombreux Etats membres (de l’UE) », a-t-elle souligné. L’Europe offrira, de son côté, une « immense capacité technologique et industrielle » ainsi que des « sites de production sûrs et sécurisés », a déclaré la présidente de la Commission européenne.
L’Ukraine a signé des accords pour accéder aux programmes de défense de l’UE et à 300 millions d’euros de nouveaux financements, a déclaré de son côté le ministre ukrainien de la défense, Mykhaïlo Fedorov. Les entreprises ukrainiennes pourront accéder à un fonds de 260 millions d’euros pour augmenter leur production et à 35,5 millions d’euros de subventions en faveur l’innovation, a-t-il précisé sur X.
Moscou affirme que Washington reste prêt à poursuivre les discussions sur l’Ukraine
Lors de son point presse quotidien, mercredi, Dmitri Peskov, le porte-parole du Kremlin, a assuré que la Russie reçoit, par les canaux de communication existants avec Washington, des signaux selon lesquels les Etats-Unis restent prêts à poursuivre les discussions sur le dossier ukrainien une fois la situation autour de l’Iran stabilisée. « Les Etats-Unis sont actuellement accaparés par la situation dans le golfe Persique », qui est « de nouveau entrée dans une phase de dégradation », a déclaré le porte-parole. Il a ajouté que Moscou « prenait note et analysait » les déclarations américaines concernant d’éventuelles nouvelles sanctions contre la Russie.
Dmitri Peskov a, par ailleurs, qualifié de « scénario catastrophe » les inquiétudes exprimées par la Lituanie au sujet de prétendus projets d’attaques russes contre les infrastructures baltes. Selon lui, les Etats baltes entretiennent la menace russe afin de justifier un renforcement des infrastructures de l’OTAN dans la région.
Le porte-parole du Kremlin a également démenti que la Russie ait transmis, par l’intermédiaire du président serbe Aleksandar Vucic, un quelconque message au président ukrainien, Volodymyr Zelensky.
L’UE autorise l’Ukraine à acheter des composants chinois pour drones avec des fonds européens, selon le « Financial Times »
L’Union européenne a autorisé l’Ukraine à utiliser une partie d’une première tranche de 6 milliards d’euros d’un prêt européen destiné à la défense pour acheter des composants de drones fabriqués en Chine, faute d’approvisionnements suffisants en Europe, affirme le Financial Times, mercredi.
Selon le quotidien, qui cite deux sources proches du dossier, Bruxelles a accordé à Kiev une dérogation lui permettant d’acquérir certains composants chinois indispensables à la fabrication de drones. Cette première enveloppe s’inscrit dans un programme plus large prévoyant 60 milliards d’euros consacrés aux achats d’équipements de défense pour l’Ukraine.
Les règles de ce mécanisme imposent en principe que les matériels financés proviennent principalement de l’Union européenne, de l’Ukraine ou de partenaires agréés. Pour les fournisseurs d’autres pays, la part des composants provenant de pays tiers est en principe limitée à 35 % de la valeur d’un contrat. Le règlement prévoit toutefois une dérogation lorsque des produits équivalents ne peuvent être obtenus auprès de fournisseurs éligibles dans des délais ou des quantités suffisants.
Selon le Financial Times, l’exemption concerne une enveloppe de 5,9 milliards d’euros consacrée aux drones et vise des composants chinois que l’industrie européenne n’est pas encore en mesure de fournir.
Cette décision met en lumière la dépendance persistante de l’Europe à l’égard de la Chine pour certains composants stratégiques, alors même que l’Union accuse Pékin de soutenir l’industrie de défense russe. Elle souligne également les limites actuelles de la capacité de production européenne dans le domaine des drones, devenus un élément central de la guerre en Ukraine.
Ni la Commission européenne ni le ministère ukrainien de la Défense n’avaient répondu aux sollicitations du journal.
L’UE prolonge jusqu’en mars 2028 la protection temporaire des réfugiés ukrainiens
Les Etats membres de l’Union européenne sont convenus, mercredi, de prolonger d’un an, jusqu’au 4 mars 2028, le régime de protection temporaire accordé aux personnes ayant fui la guerre en Ukraine, afin de leur offrir davantage de stabilité et de prévisibilité.
Les Vingt-Sept ont également décidé que, pour les nouveaux demandeurs uniquement, cette protection serait désormais conditionnée au respect de leurs obligations militaires en Ukraine. Les personnes déjà bénéficiaires du dispositif ne seront pas concernées par cette nouvelle règle.
Concrètement, les nouveaux demandeurs devront prouver qu’ils ont quitté légalement l’Ukraine ou présenter un document, papier ou électronique, attestant qu’ils sont exemptés ou en règle au regard de leurs obligations militaires.
« Le signal est clair : nous continuons de soutenir l’Ukraine », a déclaré Jim O’Callaghan, le ministre de la justice irlandais, dont le pays assure la présidence tournante du Conseil de l’UE. Cette évolution vise également, selon lui, à tenir compte des besoins de défense de l’Ukraine face à l’invasion russe.
Mis en place en mars 2022 après le déclenchement de l’invasion russe, le mécanisme européen de protection temporaire permet aux personnes déplacées d’obtenir un droit de séjour, un accès au marché du travail, au logement, aux soins, aux prestations sociales et à l’éducation. Au 31 mai 2026, 4,38 millions de personnes en bénéficiaient dans l’Union européenne. La décision doit encore être formellement adoptée par le Conseil de l’UE dans les prochaines semaines avant son entrée en vigueur.
Washington prépare de nouvelles sanctions visant les principaux acheteurs d’hydrocarbures russes
Un projet de loi américain soutenu par le président Donald Trump prévoit d’autoriser l’imposition de droits de douane pouvant atteindre 100 % contre les cinq principaux acheteurs de pétrole brut et de gaz naturel russes, dont la Chine et l’Inde, afin d’accentuer la pression économique sur Moscou pour mettre fin à son invasion de l’Ukraine.
Selon l’agence Bloomberg, le texte, négocié par un groupe bipartisan de sénateurs et porté par le sénateur républicain Lindsey Graham avec le soutien de la Maison Blanche, confierait au président américain le pouvoir d’imposer ces surtaxes. Selon le sénateur démocrate Richard Blumenthal, le niveau exact des droits serait fixé par le représentant américain au commerce (USTR) à un niveau suffisamment dissuasif pour décourager les achats d’hydrocarbures russes.
Le projet prévoit également une exemption pour les pays important moins de 15 % de leur gaz naturel de Russie, ce qui épargnerait notamment la France et le Japon, selon un collaborateur du Sénat. Il introduit aussi de nouvelles mesures visant la flotte fantôme russe ainsi que le soutien chinois au complexe militaro-industriel russe.
« La Chine s’oppose fermement aux sanctions unilatérales illégales qui ne reposent sur aucun fondement en droit international et ne sont pas autorisées par le Conseil de sécurité de l’ONU », a réagi mercredi Lin Jian, porte-parole de la diplomatie chinoise, lors d’une conférence de presse régulière.
La Chine accuse Washington de pratiquer une politique de « deux poids, deux mesures » et d’user de « coercition ». Pékin « prendra toutes les mesures nécessaires pour défendre résolument les droits et intérêts légitimes de ses entreprises et de ses citoyens », a affirmé M. Lin.
L’adoption rapide du projet de loi n’est cependant pas garantie, et la Maison Blanche n’a pas immédiatement commenté publiquement l’accord.
Ursula von der Leyen et plusieurs dirigeants européens se rendent à Kiev pour la Journée de l’Etat
Une importante délégation de dirigeants européens, menée par la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, est arrivée mercredi à Kiev à l’occasion de la Journée de l’Etat ukrainien, afin de réaffirmer le soutien européen au pays en guerre.
Outre Mme von der Leyen, qui effectue sa onzième visite officielle en Ukraine depuis le début de l’invasion russe, plusieurs chefs d’Etat et de gouvernement d’Europe de l’Est et des Balkans ont fait le déplacement dans la capitale. Parmi les dirigeants présents : la présidente moldave, Maia Sandu ; le président roumain, Nicusor Dan ; le premier ministre slovène, Janez Jansa ; ainsi que les présidents monténégrin, Jakov Milatovic, et serbe, Aleksandar Vucic.
Cette visite conjointe hautement symbolique vise notamment à approfondir l’intégration industrielle militaire entre l’Union européenne et l’Ukraine. « C’est un moment particulier. L’Ukraine a pris un puissant élan militaire. La situation évolue pour le mieux », a déclaré la présidente de la Commission européenne à son arrivée. « Je vais annoncer de nouvelles initiatives pour intégrer nos industries de défense, afin que nous puissions produire davantage et plus vite. »
Outre la coopération en matière d’armement, les discussions multilatérales avec les dirigeants ukrainiens porteront également sur le processus d’intégration européenne de Kiev et de ses voisins, ainsi que sur la préparation des infrastructures énergétiques à l’approche de l’hiver.
La dernière visite d’Ursula von der Leyen à Kiev remontait au 24 février, pour le quatrième anniversaire du déclenchement de l’invasion russe.
Rheinmetall livre les premiers obus de 155 mm produits dans sa nouvelle usine d’Unterlüss
Dans un communiqué, le géant allemand de l’armement Rheinmetall a annoncé, mardi, avoir effectué sa première livraison à l’Ukraine d’obus d’artillerie de 155 mm entièrement produits dans sa nouvelle usine baptisée « Werk Niedersachsen », située à Unterlüss, en Basse-Saxe.
Jusqu’à présent, les munitions fournies par le groupe à Kiev provenaient d’autres sites de son réseau international de production. Cette première livraison comprend « un volume à cinq chiffres » d’obus (entre 10 000 et 99 999 unités), complété par des charges propulsives issues d’autres usines du groupe.
« Plus de la moitié de la commande a déjà été acheminée [à l’Ukraine]. Le reste des projectiles et des charges propulsives doit être livré d’ici à la fin de l’année 2026 », précise le communiqué du groupe, établi à Düsseldorf.
Le lot livré à l’armée ukrainienne intègre le RH1412, le tout dernier modèle d’obus développé par Rheinmetall. Selon le constructeur, ces projectiles de précision sont compatibles avec tous les systèmes d’artillerie au standard OTAN de 155 mm, et se distinguent par « une longue portée et une haute efficacité ».
Le groupe réaffirme son objectif de monter en puissance pour produire environ 1,5 million d’obus d’artillerie de 155 mm par an à l’horizon 2030, contre environ 100 000 avant le début du conflit en 2022.
Le chef de la diplomatie turque en Ukraine mercredi et jeudi pour réaffirmer le soutien d’Ankara à Kiev et proposer de relancer les négociations avec la Russie
Hakan Fidan, le ministre des affaires étrangères turc, se rend mercredi et jeudi en Ukraine, ont annoncé ses services. Il devrait rencontrer le président Zelensky. Selon une source au ministère à Ankara, M. Fidan s’entretiendra également avec son homologue, Andrii Sybiha, le secrétaire du Conseil national de sécurité et de défense de l’Ukraine, Rustem Umerov, et le responsable des Tatars de Crimée, communauté turcophone et musulmane dont Ankara entend défendre les intérêts.
La Turquie entretient des relations suivies avec Kiev, dont elle défend la souveraineté et l’intégrité territoriale depuis l’annexion de la Crimée en 2014 par la Russie et l’invasion russe en février 2022, sans rompre cependant ses relations avec Moscou.
Les rencontres du ministre turc, dont le pays appartient à la coalition des volontaires en soutien à l’Ukraine, porteront sur les questions de défense, d’économie et d’énergie afin de « renforcer le partenariat stratégique entre les deux pays ». M. Fidan entend « réaffirmer une fois encore le soutien de la Turquie à l’indépendance, à la souveraineté et à l’intégrité territoriale de l’Ukraine » et souligne « l’importance de poursuivre les efforts diplomatiques en faveur d’une paix juste et durable en Ukraine ».
Le président Zelensky se rend fréquemment en Turquie et se trouvait encore à Ankara les 7 et 8 juillet pour le sommet de l’OTAN, ainsi que son ministre des affaires étrangères.
M. Fidan s’est rendu à Kiev fin mai et en Russie mi-juin, où il a été reçu par le président Vladimir Poutine et a rencontré son homologue Sergueï Lavrov.
« La Turquie est prête à réunir de nouveau l’Ukraine et la Russie autour de la table des négociations », insiste la même source, après quatre séries de rencontres organisées sous son égide à Istanbul et Antalya depuis 2022.
La Turquie, située sur la rive sud de la mer Noire, « insiste sur la nécessité d’empêcher l’extension de la guerre » sur cette mer reliée au reste du monde par les détroits du Bosphore et des Dardanelles, dont la Convention de Montreux, en 1936, lui a confié la garde.
Ankara, dont plusieurs bâtiments ont été visés ces derniers mois souligne encore qu’« il n’est en aucune circonstance acceptable que les ports et les moyens de transport maritime, notamment les navires et les bateaux de pêche, soient pris pour cible en mer Noire ».
L’Ukraine revendique une attaque nocturne d’envergure contre 20 navires russes en mer Noire
L’Ukraine poursuit ses attaques contre la flotte fantôme russe. Dans la nuit du 14 au 15 juillet, les forces des systèmes sans pilote (SBS, les unités de drones) de l’armée ukrainienne, ont poursuivi l’opération, baptisée « MoLotchKa ». Elle s’est soldée par la neutralisation de 17 pétroliers, deux méthaniers et un remorqueur appartenant à la flotte russe, écrit sur Telegram Robert Brovdi, le commandant en chef des engins sans pilotes de l’armée ukrainienne.
« Le premier round de la bataille navale, qui ciblait 116 navires de la flotte fantôme russe en mer d’Azov, est terminé. Désormais, l’action se déplace en mer Noire », ajoute Robert Brovdi, précisant qu’un bilan officiel accompagné de preuves vidéo serait publié ultérieurement.
Son communiqué fait appel à une référence historique hautement symbolique, comparant les frappes de drones actuelles aux tactiques des Cosaques qui, à bord de leurs barques légères (les tchaïki), défiaient autrefois la flotte ottomane.
Il lance également une attaque pique contre Sergueï Lavrov, le chef de la diplomatie russe : « Pas de piraterie, [Sergueï] Lavrov, juste du business », précise-t-il, signifiant que l’Ukraine s’en prend à l’économie de guerre russe qui permet à Moscou de financer la poursuite du conflit.
Dans un communiqué publié plus tard dans la journée, Robert Brovdi affirme que ses unités ont visé 136 navires de la flotte fantôme entre le 6 et le 15 juillet : 116 en mer d’Azov du 6 au 14 juillet, puis 20 autres en mer Noire dans la nuit du 15 juillet. Il ajoute que cette seconde phase de l’opération a été lancée à l’occasion de la Journée de la souveraineté ukrainienne.
Dans un message publié sur Telegram, mardi, Robert Brovdi expliquait que l’objectif des attaques ukrainiennes est avant tout de mettre ces navires hors d’état de fonctionner, en les endommageant suffisamment pour les immobiliser ou les contraindre à dériver, plutôt que de les envoyer par le fond.


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