Plusieurs quartiers de la capitale ukrainienne ont été visés durant la nuit. A Odessa, un immeuble d’habitation de 19 étages a par ailleurs été endommagé.

Après une attaque russe contre un établissement d’enseignement supérieur, à Kiev, dans la soirée du 16 septembre 2026. - SERVICE D’ÉTAT POUR LES SITUATIONS D’URGENCE VIA TELEGRAM Après une attaque russe contre un établissement d’enseignement supérieur, à Kiev, dans la soirée du 16 septembre 2026. SERVICE D’ÉTAT POUR LES SITUATIONS D’URGENCE VIA TELEGRAM

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Au moins 12 blessés à Kiev dans les attaques nocturnes

« A l’heure actuelle, on dénombre 12 blessés dans la capitale à la suite de l’attaque ennemie », a rapporté, durant la nuit, le maire de Kiev, Vitali Klitschko, sur Telegram.

« Parmi les blessés figurent deux enfants, âgés de 10 et 12 ans. Neuf blessés sont hospitalisés », a-t-il ajouté.

Selon le Service national des situations d’urgence (DSNS), un établissement d’enseignement supérieur a notamment été touché. La façade et les fenêtres du bâtiment de quatre étages ont été endommagées.

Fortes explosions entendues à Kiev

Un journaliste de l’Agence France-Presse (AFP) a entendu une dizaine de puissantes explosions dans Kiev, alors que l’administration militaire de la capitale ukrainienne avait déclenché une « alerte rouge » et demandé à la population de rejoindre les abris en raison d’une « menace de frappes de missiles ».

Selon un premier point du maire de la capitale, Vitali Klitschko, un immeuble d’habitation ainsi que différents autres bâtiments ont été touchés par des débris de projectiles.

A Odessa, ville des bords de la mer Noire également régulièrement ciblée, un immeuble d’habitation de 19 étages a par ailleurs été endommagé par une « attaque nocturne », a rapporté l’administration militaire locale.

Le Congrès américain adopte un nouveau paquet de sanctions contre la Russie

C’est la première action de taille du Congrès américain contre Moscou depuis le retour au pouvoir de Donald Trump. Les représentants ont approuvé, mercredi, de nouvelles sanctions contre la Russie et ses alliés pour leur rôle dans la guerre contre l’Ukraine, un texte déjà adopté par le Sénat et soutenu par le président républicain, lui-même.

Ce projet de loi, qui prévoit pour la première fois côté américain de s’en prendre à la flotte fantôme de la Russie, a été adopté par 262 voix contre 159. Il porte le nom de son principal créateur, le sénateur républicain Lindsey Graham, mort en juillet, farouche défenseur de l’Ukraine et pourfendeur de la Russie.

Le texte vise aussi les secteurs russes de l’énergie et de la défense et s’en prend au président russe, Vladimir Poutine, et à d’autres hauts responsables. Il donne également au président américain le pouvoir d’imposer des droits de douane pouvant atteindre jusqu’à 100 % sur les cinq principaux pays importateurs de gaz et de pétrole russes, dont la Chine et l’Inde.

« Nous ne pouvons plus » autant aider Kiev, dit Marine Le Pen

La candidate du Rassemblement national (RN) à la présidentielle, Marine Le Pen, a affirmé mercredi que Paris ne pouvait plus aider l’Ukraine autant qu’actuellement en raison des finances publiques dégradées de la France. « A proportion de ce que nous faisons jusqu’à présent, qui est considérable, nous disons nous ne pouvons pas le faire » (aider l’Ukraine), a affirmé sur LCI la leader du RN.

« Ça n’est pas un acte d’hostilité à l’égard de l’Ukraine. On peut continuer à former leurs soldats, leurs armées, on peut continuer à leur apporter du matériel pour pouvoir se défendre. Mais financièrement, nous ne pouvons plus. Nous ne pouvons plus, a-t-elle ajouté. Parce qu’on ne peut pas dire d’un côté il n’y a pas un euro (...) pour indexer les retraites mais, en revanche, il y a des milliards pour la contribution nette à l’Union européenne. »

Le vice-président du RN, Louis Aliot, avait suggéré de « couper le robinet » à Kiev, générant un feu nourri de critiques de candidats au centre et à gauche.

Ses adversaires épinglent régulièrement Marine Le Pen pour avoir été reçue au Kremlin pendant sa campagne présidentielle en 2017, pour des positions jugées conciliantes avec la Russie, ainsi que pour un prêt contracté auprès d’une banque russe dans les années 2010. La leader du RN, favorite des sondages pour la présidentielle de l’an prochain, plaide « depuis l’agression russe contre l’Ukraine » pour « une grande conférence pour la paix » afin d’aboutir à « un règlement diplomatique » du conflit.

Depuis l’invasion à grande échelle de l’Ukraine, en 2022, une vaste redistribution de la propriété est en cours en Russie. Le plus souvent, les actifs d’entrepreneurs jugés déloyaux sont saisis par l’Etat et revendus à des fidèles du maître du Kremlin. Il s’agit du troisième et dernier épisode de notre série « Le système Poutine ».

Sur Le Monde aujourd’hui

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Le point sur la situation, mercredi 16 septembre à 21 heures

  • Moscou menace l’Europe d’une guerre « très courte ». Le ministre des affaires étrangères russe a affirmé qu’une attaque européenne contre la Russie entraînerait un conflit éclair, sous-entendant le recours à l’arsenal nucléaire tout en niant toute volonté d’agression.
  • L’Ukraine prévoit un budget de défense record en 2027, à environ 95 milliards d’euros, en hausse de 12 %. Kiev estime avoir besoin de 45 milliards d’euros d’aide financière internationale l’an prochain.
  • Kiev promet de poursuivre ses frappes et alerte sur les risques internes. Kyrylo Boudanov, a assuré que les cibles militaires en Russie restaient prioritaires, tout en prévenant que le principal danger pour le pays résidait dans sa stabilité politique interne.
  • Tensions autour des armes spatiales et du renseignement. Pékin et Moscou ont vivement dénoncé la présence d’armes orbitales américaines admise par le Pentagone.
  • La Russie a fourni des imageries satellites à l’Iran pour cibler des bases américaines au Moyen-Orient, rapporte CNN.
  • Nouvelles sanctions américaines. La Chambre des représentants américaine se réunit pour voter un projet de loi ciblant la flotte fantôme et l’énergie russes.

Trêve énergétique : Kiev demande à Moscou de préciser les sites concernés

L’Ukraine, qui se dit prête à une trêve sur les infrastructures énergétiques avec la Russie, attend de Moscou une liste des installations qui seraient concernées et des précisions sur les modalités d’un tel cessez-le-feu, a déclaré mercredi le ministère des affaires étrangères ukrainien.

« L’Ukraine est prête à une trêve énergétique », a déclaré à la presse son porte-parole, Heorhii Tykhyi. « Si les Russes sont eux aussi sérieusement prêts à aller dans cette direction, qu’ils fournissent des listes d’installations et précisent les détails. Nous attendons cela. »

Kiev souhaite que l’accord interdise l’utilisation de tout type d’arme contre l’ensemble des installations énergétiques, a-t-il précisé. Le porte-parole a salué les efforts des Etats-Unis et d’autres pays pour parvenir à un tel accord, mais indiqué ne disposer d’aucune nouvelle information concernant d’éventuelles négociations trilatérales.

Il a réaffirmé que Kiev privilégiait une rencontre au niveau des dirigeants. « En Russie, une seule personne décide des questions de guerre et de paix, et c’est Vladimir Poutine », a-t-il déclaré, assurant que l’Ukraine était prête à une telle rencontre dans « n’importe quel pays neutre », à l’exception de la Russie et de la Biélorussie.

Donald Trump avait affirmé lundi que l’Ukraine et la Russie s’étaient entendues pour s’abstenir de frapper leurs infrastructures énergétiques. Volodymyr Zelensky a toutefois déclaré mercredi qu’aucun accord de trêve énergétique n’avait pour l’heure été conclu, tout en assurant que Kiev était prêt à l’accepter si Moscou cessait ses attaques contre les installations énergétiques ukrainiennes.

Le Congrès américain vote sur un nouveau paquet de sanctions contre la Russie

La Chambre des représentants américaine doit voter mercredi sur un nouveau projet de loi renforçant les sanctions contre la Russie et ses alliés, un texte déjà validé à une large majorité au Sénat (86 voix contre 11) et soutenu par le président Donald Trump.

Ce projet de loi porte le nom de son principal créateur, le sénateur républicain Lindsey Graham, mort en juillet, farouche défenseur de l’Ukraine et pourfendeur de la Russie. Il vise pour la première fois la flotte fantôme russe, les secteurs de l’énergie et de la défense, ainsi que le président Vladimir Poutine.

L’un des volets les plus débattus autorise l’exécutif à imposer des droits de douane allant jusqu’à 100 % aux principaux pays importateurs d’hydrocarbures russes, à l’instar de la Chine et de l’Inde. Cette disposition suscite des réserves chez certains élus démocrates, réticents à accorder une telle marge de manœuvre douanière au président américain.

Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, s’est démené pour soutenir le texte, notamment lors d’une visite à Washington en juillet. L’issue du scrutin à la Chambre reste indécise en raison d’une fine majorité républicaine et de divisions transpartisanes, alors que les parlementaires s’apprêtent à quitter Washington pour la campagne des élections de mi-mandat.

L’Ukraine manque de missiles pour ses F-16 et demande des livraisons d’urgence

L’Ukraine fait face à une pénurie de missiles air-air destinés à ses chasseurs F-16, contraignant les pilotes à rationner leurs munitions, a averti le commandant d’une escadrille ukrainienne identifié sous le nom de code « Phantom ».

« Un avion de chasse sans missiles est un outil inutile », a déclaré le pilote lors d’un entretien accordé à la chaîne américaine Newsmax, relayé mercredi par l’armée de l’air ukrainienne. Selon lui, les forces armées manquent notamment de missiles de type AIM-9 (pour des cibles à courte portée) et AIM-120 (pour des cibles à moyenne et longue portée), nécessaires pour abattre les drones à réaction russes.

Le militaire a appelé les alliés occidentaux à accroître d’urgence les livraisons de munitions aériennes et de missiles sol-air pour les systèmes Patriot, ou à accorder à l’Ukraine une licence pour leur production locale.

Ces déclarations surviennent quelques jours après l’annonce par le président, Volodymyr Zelensky, d’un nouveau volet d’aide canadienne à la défense antiaérienne de 270 millions de dollars, comprenant des munitions pour les F-16 et des missiles pour les batteries Patriot.

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Vladimir Poutine appelle les Russes à voter pour prouver le soutien populaire à la guerre en Ukraine

A l’approche des élections législatives organisées de vendredi à dimanche, le président russe a appelé ses concitoyens à se rendre massivement aux urnes, présentant le scrutin comme un baromètre du soutien de la population à l’« opération militaire spéciale » menée en Ukraine.

Dans une allocution télévisée, le chef du Kremlin a soutenu que la participation électorale constituerait une réponse directe aux pressions occidentales : « Votre choix et votre volonté démontreront une fois de plus que des millions de personnes soutiennent nos soldats, que nous formons un peuple uni, lié par des valeurs communes, la mémoire historique et l’amour de notre patrie, et que personne ne parviendra à nous diviser, à nous intimider, ni à saper notre souveraineté et notre système sociopolitique. »

Alors que les répercussions économiques du conflit suscitent des inquiétudes croissantes au sein de la population, la victoire du parti présidentiel Russie unie reste quasi certaine. Vladimir Poutine a conclu en affirmant que ce vote permettrait de contrecarrer ceux qui cherchent à « entraver son développement et à la priver de sa souveraineté et de son droit à déterminer son propre avenir ».

Un entrepôt de la société de production fondée par Volodymyr Zelensky détruit par une frappe à Kiev

Un entrepôt abritant le matériel de scène et les archives de la société de production Kvartal 95, cofondée par le président, Volodymyr Zelensky, a été détruit à Kiev lors d’une frappe russe qui n’a pas fait de victimes, a annoncé l’entreprise.

« Nous avons perdu une quantité immense de décors, de costumes et d’objets qui faisaient partie de nos concerts, émissions de télévision, films et séries depuis vingt ans », a annoncé le service de presse de la maison de production dans un communiqué officiel.

Malgré la perte de ces équipements accumulés sur deux décennies, l’entreprise a assuré que l’ensemble des spectacles et tournages programmés seraient maintenus, « avec ou sans matériel ».

La société de production Kvartal 95 a été fondée en 2003 par M. Zelensky et deux frères, Boris et Serhy Chefir, tous originaires de Kryvy Rih, dans le centre de l’Ukraine. Elle a notamment produit la série Serviteur du peuple (2015-2019), dans laquelle Volodymyr Zelensky jouait le rôle d’un simple professeur d’histoire qui devenait, soudainement, le président de l’Ukraine, et qui a amorcé son ascension politique.

Bonjour,

A titre de comparaison, la Russie a consacré environ 16 000 milliards de roubles (164 milliard d’euros) à ses dépenses militaires en 2025, soit 7,5 % de son PIB, selon l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (Sipri). Pour 2026, Moscou a prévu 14 900 milliards de roubles, (153 milliards d’euros) soit 6,3 % du PIB, même si le Sipri estime que le budget pourrait encore être révisé en cours d’année.

Ces chiffres sont à comparer aux quelque 95 milliards d’euros prévus par l’Ukraine pour sa défense en 2027 : en valeur absolue, l’effort russe reste nettement supérieur, mais il pèse proportionnellement beaucoup moins lourd sur l’économie russe.

Volodymyr Zelensky se dit prêt à des élections « demain », mais les juge impossibles en plein conflit

Lors d’un entretien accordé à la chaîne américaine CBS, le président ukrainien s’est dit prêt à organiser des élections tout en rappelant l’impossibilité matérielle, légale et sécuritaire de tenir un tel scrutin en plein conflit avec la Russie.

« Je suis prêt à le faire demain. Mais en temps de guerre, ce n’est pas possible, non seulement au regard de la Constitution et de la loi électorale, mais avant tout pour des raisons de sécurité », déclare le chef de l’Etat ukrainien [à partir de 19 minutes 43 secondes], évoquant la difficulté d’organiser un vote alors que les écoles restent fermées et que près de neuf millions de citoyens vivent à l’étranger.

M. Zelensky a également abordé l’impasse pour les populations résidant dans les territoires sous occupation russe : « Voteront-elles ? Comment ? Et qui contrôlera le scrutin alors que des soldats russes y sont déployés ? », s’est-il interrogé, rappelant que Moscou a systématiquement rejeté les propositions de cessez-le-feu qui auraient pu permettre la tenue d’un tel processus démocratique.

Interrogé sur les appels lancés par certaines figures politiques ukrainiennes en faveur d’un électorat anticipé, notamment l’ancien ministre de la défense Mykhailo Fedorov, le président a dénoncé une « erreur » guidée par des ambitions personnelles. « Durant la guerre, la paix est la priorité absolue. La politique n’est même pas en deuxième position. Pour les citoyens, c’est la centième priorité. Leurs préoccupations sont de survivre, d’apprendre et de vivre », a insisté M. Zelensky.

La législation ukrainienne interdit l’organisation d’élections tant que la loi martiale est en vigueur. Instaurée par décret présidentiel après l’invasion russe du 24 février 2022, puis approuvée par le Parlement, celle-ci a depuis été régulièrement prolongée.

L’article 19 de la loi sur le régime juridique de la loi martiale interdit explicitement la tenue d’élections présidentielle, législatives et locales pendant cette période. La législation prévoit parallèlement la continuité des institutions.

La Constitution dispose ainsi que le mandat du Parlement est prolongé jusqu’à l’entrée en fonctions de la Verkhovna Rada élue après la levée de la loi martiale. Son article 108 prévoit, par ailleurs, que le président ukrainien exerce ses fonctions jusqu’à l’entrée en fonctions de son successeur.

L’ancienne porte-parole de Volodymyr Zelensky privée d’accès au Parlement européen à la suite de sanctions de Kiev

La porte-parole du président ukrainien de 2019 à 2021, Ioulia Mendel, s’est vu barrer l’accès au Parlement européen mercredi, quelques jours après avoir été sanctionnée par Kiev pour « désinformation et propagande russe ».

Devenue l’une des plus virulentes détractrices de Volodymyr Zelensky, qu’elle accuse d’être « le principal bénéficiaire de la guerre » et « l’un des principaux obstacles à la paix », Mme Mendel devait s’exprimer lors d’une réunion organisée par l’eurodéputé allemand Hans Neuhoff (AfD).

« Le jour de mon discours, on m’a interdit l’accès au Parlement européen. J’attribue cela directement aux sanctions de Zelensky », a-t-elle déclaré sur X, annonçant maintenir son intervention par visioconférence.

Visée par un décret présidentiel frappant également d’autres figures critiques, comme l’ex-président Petro Porochenko, l’ancienne porte-parole a dénoncé des mesures « inconstitutionnelles » : « Zelensky ne se contente pas de mener la guerre : il s’en prend à tous ceux qui remettent en cause sa version des faits. »

Au début d’août, le porte-parole de la diplomatie ukrainienne, Heorhii Tykhyi, a estimé qu’elle multipliait « les déclarations manipulatrices qui reprennent systématiquement les narratifs de la propagande russe ». Mme Mendel, tout en condamnant l’invasion, plaide pour un accord rapide avec Moscou afin de préserver la survie de l’Etat ukrainien.

L’Ukraine prévoit un budget de défense record pour 2027

L’Ukraine prévoit un budget de défense record pour 2027, alors que le coût de la guerre avec la Russie ne cesse d’augmenter et que Kiev doit trouver plusieurs dizaines de milliards de dollars auprès de ses partenaires étrangers.

Les dépenses de défense devraient atteindre 4 890 milliards de hryvnias (95 milliards d’euros) l’an prochain, en hausse de 12 % sur un an, et représenter environ les deux tiers des dépenses prévues dans le projet de budget présenté mercredi au Parlement.

« Il s’agit du sixième budget de cette guerre à grande échelle et il est une nouvelle fois plus important que le précédent. Au fil des années, la guerre est devenue plus coûteuse », a déclaré Roksolana Pidlasa, présidente de la commission parlementaire du budget. Le coût quotidien de la guerre est passé de 116 millions de dollars (101 millions d’euros) en 2022 à 190 millions (165 millions d’euros) cette année, selon elle.

Le ministre des finances, Sergii Marchenko, a déclaré que l’Ukraine aurait besoin de plus de 52 milliards de dollars (45 milliards d’euros) d’aide financière internationale en 2027. Environ 20 milliards de dollars (17 milliards d’euros) sont pour l’heure couverts par des engagements de ses partenaires.

Les avoirs russes gelés en Europe pourraient constituer une source essentielle pour combler le déficit, selon le ministre. Depuis l’invasion russe, en février 2022, l’Ukraine a reçu environ 198 milliards de dollars (172 milliards d’euros) d’aide budgétaire étrangère, provenant principalement de l’Union européenne.

La situation financière s’est encore tendue cette année avec l’intensification des frappes russes contre les entreprises et les infrastructures. L’Ukraine fait notamment face cette année à un besoin supplémentaire non financé de 27 milliards de dollars (23 milliards d’euros) pour ses dépenses de défense.

Kiev doit parallèlement poursuivre ses réformes fiscales et de gouvernance pour continuer à bénéficier des financements internationaux. Le Parlement a adopté mercredi en première lecture une réforme fiscale qui pourrait ouvrir la voie à environ 4 milliards d’euros de soutien macrofinancier de l’UE.

Moscou réagit au déploiement d’armes américaines dans l’espace

La Russie a appelé mercredi à l’élaboration d’un traité international interdisant le déploiement d’armes offensives dans l’espace, après que Washington a reconnu disposer d’armes déployées en orbite. « Ce n’est pas une nouveauté pour nous ; nous surveillons tout cela, nous l’enregistrons et nous en tirons les conclusions qui s’imposent », a déclaré le vice-ministre des affaires étrangères russe, Sergueï Riabkov, précisant que Washington n’avait pas informé Moscou de ces capacités.

Les Etats-Unis disposent d’armes déployées en orbite, a déclaré, lundi, l’US Space Force, la branche spatiale de l’armée américaine, confirmant pour la première fois la présence de telles capacités militaires dans l’espace.

La Chine a également appelé Washington à « cesser de renforcer sa présence militaire dans l’espace ». Pékin « s’oppose à la militarisation de l’espace et à sa transformation en zone de guerre », a déclaré le porte-parole du ministère des affaires étrangères chinois, Guo Jiakun.

Moscou plaide de longue date pour un traité juridiquement contraignant destiné à empêcher une course aux armements dans l’espace. « Il n’est pas encore trop tard pour créer un cadre » permettant d’éviter une escalade pouvant conduire à « un conflit ouvert dans l’espace », a estimé M. Riabkov.

L’agence de presse Reuters avait détaillé au début de septembre, à partir de documents et de données de suivi, le développement d’opérations spatiales militaires par les Etats-Unis comme par la Chine.

Des satellites espions russes auraient aidé l’Iran à frapper des sites américains, selon CNN

Des satellites espions russes auraient fourni à l’Iran des renseignements utilisés pour frapper avec précision des installations militaires américaines au Moyen-Orient, affirme mercredi CNN, nouvel élément venant étayer des informations publiées ces derniers mois sur l’aide apportée par Moscou à Téhéran.

CNN s’est notamment intéressée à l’attaque iranienne contre la base aérienne Prince Sultan, en Arabie saoudite. Selon la chaîne américaine, au moins 14 satellites russes avaient survolé la base dans les jours précédant la frappe, certains disposant de capacités d’imagerie à haute résolution ou de collecte de renseignements électroniques. Des responsables américains soupçonnent les informations recueillies d’avoir été transmises à l’Iran.

Les soupçons sur une assistance russe ne sont pas nouveaux. Dès le 6 mars, le Washington Post, citant trois responsables du renseignement américain, révélait que Moscou fournissait à Téhéran des informations de ciblage sur des moyens militaires américains au Moyen-Orient, notamment la localisation de navires de guerre et d’avions.

Le même jour, le Wall Street Journal rapportait que ces renseignements provenaient notamment des systèmes satellitaires russes et comprenaient les coordonnées de navires et d’appareils américains. Le quotidien soulignait toutefois que les capacités satellitaires russes étaient plus limitées que celles des Etats-Unis.

En juillet, Reuters avait révélé que les services de renseignement américains cherchaient également à déterminer si la Russie avait aidé l’Iran à cibler plusieurs installations de la CIA dans la région. Un mémo d’un service de renseignement occidental concluait que Moscou avait probablement joué un rôle dans le ciblage, mais les analystes américains n’avaient alors pas abouti à une conclusion définitive.

Le Washington Post avait par ailleurs établi en mai, à partir d’images par satellite, que les frappes iraniennes avaient endommagé ou détruit au moins 228 bâtiments ou équipements sur des sites militaires américains au Moyen-Orient, soit davantage que ce qui avait alors été publiquement reconnu. Des experts interrogés par le quotidien avaient souligné la précision de certaines frappes.

Moscou a démenti avoir fourni une aide permettant à l’Iran de cibler les forces américaines. La Russie et l’Iran ont cependant considérablement renforcé leur coopération militaire depuis l’invasion russe de l’Ukraine en 2022, Téhéran ayant notamment fourni à Moscou la technologie nécessaire à la production de drones d’attaque de type Shahed.

Donald Trump a été interrogé à plusieurs reprises sur cette possible assistance russe. En mars, après les premières révélations de la presse américaine, le président avait minimisé l’affaire, la qualifiant de problème relativement secondaire au regard des opérations en cours. Quelques jours plus tard, son émissaire Steve Witkoff avait déclaré que Moscou avait nié auprès de Trump fournir de tels renseignements.

Fin juillet, alors que les soupçons se renforçaient, le président Trump avait affirmé ne pas penser que la Russie participait au conflit, tout en prévenant que ce serait « très mauvais » pour Moscou si tel était le cas. Interrogé quelques jours plus tard sur une éventuelle fourniture d’images par satellite russes à l’Iran, il avait répondu : « Je vais poser la question à Poutine. Nous verrons bien. »

Kyrylo Boudanov promet de poursuivre les frappes en Russie et met en garde contre l’instabilité interne en Ukraine

Le chef du cabinet de la présidence ukrainienne, Kyrylo Boudanov, a affirmé que l’Ukraine continuerait de cibler les infrastructures militaires sur le territoire russe, tout en prévenant que le principal risque pour le pays résidait dans l’instabilité intérieure.

« Les frappes sur le territoire ennemi vont se poursuivre », a déclaré M. Boudanov, mercredi, lors d’un échange virtuel avec des étudiants ukrainiens au Royaume-Uni. « Nous connaissons l’ensemble de leurs sites militaires, bases et zones de lancement, et nous les atteindrons par tous les moyens possibles. » Il a ajouté que le pire scénario pour l’Ukraine ne se jouerait pas sur le front, mais dans le risque d’une « déstabilisation interne et d’une perte de souveraineté ».

L’ancien chef des renseignements militaires a également appelé la jeunesse formée à l’étranger à bâtir des réseaux internationaux avant de revenir participer à la reconstruction du pays. « Les temps du romantisme diplomatique sont révolus. Le monde ne respecte que la force », a-t-il conclu, exhortant l’Ukraine à consolider ses propres atouts face à l’agression russe.

Moscou menace l’Europe d’une guerre « très courte » en cas d’attaque contre la Russie

Alors qu’elle multiplie les actes de guerre hybride et les provocations aux frontières de l’OTAN, la Russie réaffirme sa rhétorique d’intimidation envers les pays européens.

« Si l’Europe, qui parle quotidiennement de se préparer à la guerre contre la Russie, venait à attaquer la Fédération de Russie, ce serait une tout autre guerre, et elle serait très courte », a menacé, mercredi, Sergueï Lavrov, le ministre des affaires étrangères russe, lors du Festival mondial de la jeunesse à Iekaterinbourg, rapporte l’agence Interfax.

Tout en assurant que la Russie n’a « aucune intention d’attaquer l’Europe », M. Lavrov a dit espérer que cette « mise en garde » soit entendue par les capitales européennes et les institutions de l’Union européenne, accusées par le Kremlin d’aller plus loin dans l’escalade.

Ces déclarations surviennent au moment où les pays européens consolident leur architecture de défense. La Finlande a décidé lundi de rejoindre la dissuasion nucléaire avancée proposée par la France, devenant le dixième partenaire européen à intégrer l’initiative lancée en début d’année par Emmanuel Macron. Paris et Helsinki ont annoncé la création prochaine d’un groupe de pilotage nucléaire pour concrétiser cette coopération.

Le point sur la situation, mercredi 16 septembre à 14 heures

  • Un drone russe a fait cinq morts et sept blessés parmi les passagers d’un minibus, près de Nikopol, dans l’oblast de Dnipropetrovsk, selon les autorités militaires de la région. Un train a par ailleurs été pris pour cible dans la région de Mykolaïv, mais aucune victime n’est à déplorer, d’après la compagnie ferroviaire Ukrzaliznytsia.
  • Le général Anton Grounis, commandant de la 4e brigade de fusiliers motorisés du groupe sud de l’armée russe, a été tué le 12 septembre dans la partie occupée de l’oblast de Donetsk, a annoncé Robert Brovdi, chef des forces ukrainiennes de systèmes sans pilote. Sa mort a été confirmée par le général Apty Alaoudinov, commandant de l’unité des forces spéciales russes Akhmat.
  • Volodymyr Zelensky affirme que la Russie a tenté à deux reprises de viser son avion avec des drones. « Mon avion présidentiel se trouvait en Moldavie, et c’est précisément pour cette raison qu’ils ont attaqué la Moldavie. Lorsque nous sommes rentrés, en passant de nouveau par Chisinau, ils ont fait la même chose », déclare le président ukrainien dans un entretien accordé à CBS News.
  • La présidente de la Commission européenne a promis de soutenir l’Ukraine « plus que jamais dans cet hiver de guerre qui sera le pire de tous ». « Nous apporterons une aide humanitaire et consoliderons l’approvisionnement de l’Ukraine en énergie et en chauffage », a déclaré Ursula von der Leyen, au cours de son discours annuel sur l’état de l’Union.
  • Le département de la justice américain a annoncé l’inculpation de cinq agents présumés des services de renseignement russes, tous en fuite, accusés d’avoir commandité des assassinats et financé des attentats aux Etats-Unis et en Europe. Le groupe, actif depuis au moins deux ans, a tenté de faire assassiner, cet été, « un important dissident russe » aux Etats-Unis, précise-t-il sans le nommer.