Andy Burnham, chef du gouvernement britannique, a insisté sur le fait que le Royaume-Uni, qui a promis de fournir 150 000 drones à l’Ukraine d’ici à la fin de l’année, ne faisait que « ce qu’il a toujours dit qu’il ferait ». Moscou a mis en garde Londres contre des « conséquences » liées à cette fourniture.

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Le premier ministre britannique, Andy Burnham, à Wolverhampton (Angleterre), le 18 août 2026. - HANNAH MCKAY/AFP Le premier ministre britannique, Andy Burnham, à Wolverhampton (Angleterre), le 18 août 2026. HANNAH MCKAY/AFP

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Moscou exclut tout gel du conflit sur la ligne de front actuelle

La Russie exclut tout cessez-le-feu qui conduirait à geler le conflit en Ukraine le long de l’actuelle ligne de front, a déclaré mardi Iouri Ouchakov, conseiller diplomatique du président russe Vladimir Poutine. « Vous connaissez notre position, elle exclut cette possibilité », a déclaré M. Ouchakov, interrogé par le propagandiste Pavel Zaroubine sur des propositions visant à interrompre les combats sur les positions actuellement tenues par les forces russes et ukrainiennes. Sergueï Lavrov, le ministre des affaires étrangères russe a rejeté, vendredi, l’idée d’un cessez-le-feu sur la ligne de contact actuelle.

Interrogé par ailleurs sur l’existence d’une « diplomatie discrète » entre Moscou et Washington, évoquée par des médias américains, M. Ouchakov a estimé que « la diplomatie se mène généralement toujours dans la discrétion ». « Si quelque chose est discuté publiquement, alors ce n’est plus de la diplomatie, mais probablement des déclarations publiques », a-t-il ajouté.

Le premier ministre britannique rejette les menaces de Moscou et réaffirme son soutien total à l’Ukraine

« Nous ne sommes pas des amis des beaux jours. Nous serons là au moment où l’Ukraine en aura besoin, et cela ne changera pas », a déclaré Andy Burnham, rejetant fermement les mises en garde du Kremlin concernant les livraisons de drones à Kiev.

Le chef du gouvernement britannique a insisté sur le fait que le Royaume-Uni ne faisait que « ce qu’il a toujours dit qu’il ferait », à savoir soutenir Kiev dans la guerre « illégale » menée par le président russe, Vladimir Poutine.

Moscou a mis en garde Londres contre des « conséquences » liées à la fourniture de drones à l’armée ukrainienne. En juin, Londres s’est engagé à fournir 150 000 drones à l’Ukraine d’ici à la fin de l’année, dans le cadre d’un package d’aide militaire de 752 millions de livres sterling (environ 996 millions de dollars).

Les exportations de pétrole russe à leur plus bas niveau depuis fin avril, sur fond d’attaques ukrainiennes

Les exportations maritimes de pétrole brut russe sont tombées à leur plus bas niveau depuis fin avril, affectées notamment par les attaques de drones ukrainiens et les menaces pesant sur les infrastructures pétrolières de la mer Noire, selon des données compilées par l’agence Bloomberg.

Les expéditions ont diminué pour la cinquième semaine consécutive, soit la plus forte baisse sur une période comparable depuis le début de l’invasion de l’Ukraine en 2022. Sur les quatre semaines achevées le 16 août, la Russie a exporté en moyenne 3,58 millions de barils par jour, selon les mouvements de navires analysés par Bloomberg.

La baisse s’est accentuée la semaine dernière, durant laquelle aucun chargement de brut n’a été effectué à Novorossiïsk, port stratégique russe sur la mer Noire visé par une attaque ukrainienne mercredi. Des installations ont toutefois repris leurs activités durant le week-end, note Bloomberg.

Les précédentes frappes ukrainiennes contre les raffineries russes avaient paradoxalement favorisé les exportations, le brut qui ne pouvait plus être raffiné étant envoyé à l’étranger. Mais les nouvelles attaques de Kiev visent désormais également les ports et les navires participant aux exportations, limitant cette possibilité.

La production pétrolière russe montre, elle aussi, des signes de faiblesse. Elle est tombée, en juillet, à 8,89 millions de barils par jour, son plus bas niveau depuis six ans, selon des estimations de sources secondaires publiées par l’OPEP. Ce niveau est inférieur de près de 1 million de barils par jour au plafond autorisé à la Russie dans le cadre de l’accord OPEP+.

Les exportations russes restent toutefois relativement élevées : malgré cinq semaines de baisse, leur niveau moyen depuis le début de 2026 demeure supérieur à celui enregistré chaque année depuis l’invasion de l’Ukraine.

La Russie continue notamment d’écouler une grande partie de son pétrole vers l’Asie. Les volumes à destination de la Chine ont atteint environ 1,22 million de barils par jour sur quatre semaines. Les données concernant l’Inde sont plus difficiles à établir, de nombreux pétroliers n’indiquant leur destination finale que tardivement.

La baisse des volumes n’a par ailleurs que faiblement affecté les recettes de Moscou grâce à la remontée des cours. La valeur brute des exportations s’est établie en moyenne à 1,71 milliard de dollars par semaine sur les quatre semaines achevées le 16 août.

Le brut russe de référence Oural exporté depuis les ports de la Baltique s’est notamment apprécié d’environ 3 dollars, à 67 dollars le baril, son plus haut niveau depuis huit semaines.

Un deuxième navire grec ciblé en vingt-quatre heures au large de Novorossiïsk

L’ANNA S (IMO : 9207778), un cargo sous pavillon libérien géré par la compagnie grecque Neptune Tradebulk faisant route vers la Russie pour y charger du grain a pris feu après avoir été ciblé par une attaque de drones au large du port de Novorossiïsk, en mer Noire, marquant le deuxième incident impliquant un navire exploité depuis la Grèce en vingt-quatre heures, rapporte mardi le média d’investigation The Insider.

L’ANNA S a été touché dimanche à environ 20 milles nautiques du port de Novorossiïsk. Les 21 membres d’équipage – 20 Philippins et un capitaine roumain – ont pu évacuer le navire indemnes avant d’être recueillis par un autre cargo naviguant à proximité, selon le média grec Proto Thema.

Le navire naviguait à vide et venait de Turquie pour effectuer un chargement de céréales russes à Novorossiïsk. Selon des données de suivi maritime, ce bâtiment a fréquenté les ports russes à près de 100 reprises depuis 2020. Un second navire, l’ELINA B, venu porter secours aux marins, aurait également subi une attaque quelques heures plus tard sans perdre sa capacité de navigation, bien que cet incident n’ait pas été confirmé de source indépendante.

La veille, le Skiros, un pétrolier également sous gestion grecque, avait été ciblé au large du terminal du Caspian Pipeline Consortium (CPC) après avoir chargé du brut russe.

Ces attaques interviennent alors que les frappes visant les infrastructures navales et le trafic marchand lié à la Russie se sont intensifiés dans le bassin de la mer Noire, malgré des démarches diplomatiques en coulisses visant à préserver certaines lignes d’exportation non sous sanction.

Un drone explose à un arrêt de bus à proximité de la centrale nucléaire de Zaporijia, faisant un mort

Un drone a explosé à un arrêt de bus ​fréquenté par le personnel ‌de la centrale nucléaire ukrainienne de Zaporijia, faisant un mort et trois blessés graves, a déclaré mardi l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).

L’agence des ⁠Nations unies chargée de la surveillance du nucléaire, précise dans un communiqué publié sur le réseau ⁠social ‌X que le directeur de la centrale ​a qualifié cet incident de « pire événement que la centrale ait jamais connu ». Citant toujours le directeur ‌de la centrale, ‌l’AIEA ajoute que l’explosion, survenue vers ⁠6 heures ‌du matin, a touché en tout 16 ‌personnes parmi le personnel ​et les sous-traitants. Fidèle à sa posture de neutralité stricte observée depuis le début du conflit, l’agence s’en tient aux faits qui lui ont été rapportés et évite de désigner directement le responsable de la frappe.

Les forces russes se sont emparées de la ‌centrale, la plus grande d’Europe avec ses six réacteurs, au cours des premières semaines de leur invasion de l’Ukraine en février 2022, et depuis lors, chaque camp accuse régulièrement l’autre de mener des actions compromettant la ​sûreté nucléaire.

Parmi les incidents militaires récents, l’approvisionnement en eau de certaines parties de la centrale a été touché en juillet.

Le directeur général de l’AIEA, Rafael Grossi, a appelé « les commandants militaires responsables de ces actions, ainsi ‌que tous ceux qui ‌prennent pour ⁠cible ​des centrales nucléaires et/ou leur personnel, à mettre immédiatement un ​terme à ces agissements inacceptables ».

Sur Le Monde aujourd’hui

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Reprises d’activités en vue sur un terminal du Caspian Pipeline Consortium (CPC)

Un pétrolier a été repéré le week-end dernier amarré à une bouée de chargement du terminal du Caspian Pipeline Consortium (CPC), près du port russe de Novorossiïsk, hors service depuis près de neuf mois, un signe possible d’une reprise imminente des opérations, rapporte l’agence Bloomberg, mardi, d’après des images de la société Planet Labs PBC.

Le navire s’est amarré à la bouée d’ancrage à point unique n °2 (SPM-2), l’une des trois installations du terminal de CPC situé sur la côte russe de la mer Noire. Cette infrastructure achemine habituellement 80 % des exportations de pétrole brut du Kazakhstan, représentant près de 2 % de l’approvisionnement mondial.

L’installation était hors service depuis fin novembre après avoir été gravement endommagée par une attaque de drone ukrainien. CPC avait engagé en mai son remplacement, l’équipement datant de 2001. La présence de ce premier pétrolier pourrait indiquer le déroulement de tests finaux avant le redémarrage des chargements. Contacté, CPC s’est refusé à tout commentaire.

Les activités de ce terminal-clé – dont plus de 70 % du brut est destiné aux raffineries européennes – sont étroitement surveillées alors que les frappes répétées en mer Noire ont entraîné une nette baisse des exportations ces dernières semaines. Le marché européen reste par ailleurs sous pression en raison des fortes restrictions sur les flux pétroliers traversant le détroit d’Hormuz.

L’Allemagne va aider l’Ukraine à sécuriser son réseau énergétique pour faire face aux frappes russes

Berlin est prêt à investir dans le développement d’énergies renouvelables décentralisées en Ukraine afin de réduire la vulnérabilité de son réseau électrique aux attaques russes, a déclaré à Kiev le ministre de l’environnement allemand, Carsten Schneider, cité par la Deutsche Welle.

Accompagné d’une délégation commerciale de 17 entreprises allemandes à la recherche de partenaires locaux, M. Schneider a souligné l’urgence pour l’Ukraine d’adopter des technologies renforçant sa résilience énergétique.

« Les sources d’énergie renouvelable décentralisées rendent l’approvisionnement moins vulnérable. Les bâtiments à haute efficacité énergétique consomment moins, et l’économie circulaire préserve les matières premières et accroît l’indépendance du pays. Ce ne sont pas des technologies d’un avenir lointain : l’Ukraine en a besoin dès maintenant », a-t-il insisté.

Selon le ministre, ces partenariats doivent permettre à Kiev de moderniser ses infrastructures tout en offrant un nouveau marché aux entreprises allemandes. M. Schneider a par ailleurs estimé que l’Allemagne pourrait s’inspirer de l’expérience ukrainienne en matière d’innovation rapide et de gestion de crise prolongée.

La Russie et la Corée du Nord œuvrent à un ordre mondial « nouveau et juste », selon Sergueï Lavrov, le chef de la diplomatie russe

La Corée du Nord vit un état de grâce. Mardi, Sergueï Lavrov, le ministre des affaires étrangères ‌russe a déclaré à son homologue nord-coréen que leurs pays œuvraient à l’instauration d’un « nouvel ordre mondial juste », après l’aide de Pyongyang à Moscou pour repousser une incursion ukrainienne ​sur le territoire russe. Sergueï Lavrov a également réaffirmé l’engagement de Moscou à renforcer la coopération dans tous les domaines et à contribuer à la sécurité régionale et internationale.

Samedi, Vladimir Poutine a adressé ses félicitations à Kim Jong-un pour le 81e anniversaire de la libération du pays de l’occupation japonaise. Dimanche, le dirigeant de la Corée du Nord a souligné la contribution de l’Armée rouge à la libération du pays de l’occupation japonaise et a déclaré qu’il était fier des relations avec la Russie.

Le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un a envoyé environ 14 000 soldats en Russie fin 2024 pour aider Moscou à ⁠repousser une incursion ‌ukrainienne de grande envergure dans la région de Koursk. Au début du mois, le président ukrainien a déclaré que jusqu’à 50 000 soldats nord-coréens seraient envoyés en Russie dans le cadre d’un nouveau déploiement visant à accroître la pression militaire ‌sur l’Ukraine.

Pyongyang a également fourni ‌à ⁠la Russie ​des millions d’obus d’artillerie et de mortier, des missiles balistiques, de l’artillerie à longue portée et des ​systèmes de lance-roquettes multiples, selon des évaluations ukrainiennes et indépendantes.

Le ministre des affaires étrangères belge reçu dans un abri antiaérien face aux attaques russes

Le ministre des affaires étrangères ukrainien, Andrii Sybiha, et son homologue belge, Maxime Prévot, dans un abri aérien lors de frappes russes, à Kiev, le 18 août 2026. Le ministre des affaires étrangères ukrainien, Andrii Sybiha, et son homologue belge, Maxime Prévot, dans un abri aérien lors de frappes russes, à Kiev, le 18 août 2026.

Le chef de la diplomatie ukrainienne a été contraint de s’entretenir mardi avec son homologue belge, en visite à Kiev, dans un abri antiaérien, en raison du risque d’attaques aériennes russes, a-t-il déclaré.

« En raison des drones russes qui attaquent notre capitale, nous avons mené nos réunions sous terre, dans l’abri antibombes » du ministère des affaires étrangères ukrainien, a écrit Andrii Sybiha, sur les réseaux sociaux, à l’issue d’une rencontre avec son homologue belge Maxime Prévot.

Le ministre ukrainien a également publié une photo le montrant en pleine discussion avec Maxime Prévot dans ce qui semble être un abri, et une vidéo des deux hommes en train de remonter des escaliers.

Mardi matin, trois alertes aériennes ont retenti dans la capitale ukrainienne, comme quasi quotidiennement. Certains responsables étrangers ont dû s’y réfugier lors de leurs visites régulières dans le pays, voire y continuer leurs réunions.

En juillet, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, avait dû être conduite vers un abri à Kiev en raison d’une menace de drone russe.

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Le parquet de Paris se saisit des soupçons d’ingérence russes ayant ciblé Gabriel Attal et Edouard Philippe

Au début d’août, une série d’opérations de déstabilisation avaient calomnié les deux candidats à l’élection présidentielle, tout comme le patron de Place publique, Raphaël Glucksmann.

Face aux risques de black-out, la Russie lance la production en masse de sous-stations électriques mobiles

Le géant étatique russe de la défense et de la technologie, Rostec, a annoncé le lancement de la production en série de sous-stations électriques mobiles afin de parer au risque de coupures de courant majeures provoquées par des attaques de drones.

Intitulée « Réponse énergétique d’urgence en cas de black-out » sur la chaîne Telegram officielle de l’entreprise, cette initiative marque une reconnaissance directe par le groupe public de la vulnérabilité des infrastructures énergétiques russes face aux frappes de drones ukrainiens.

Selon des estimations de journalistes indépendants, plus de 460 détériorations du réseau électrique russe causées par des drones avaient été répertoriées sur les dix premiers mois de l’année 2025, la région frontalière de Belgorod figurant parmi les zones les plus touchées.

Si les autorités russes dissimulent désormais les données officielles concernant l’état du réseau pour l’année 2026, l’ampleur et la portée géographique des frappes se sont nettement intensifiées. Depuis cet été, des interruptions massives et prolongées de l’approvisionnement électrique sont régulièrement signalées à travers l’ensemble de la péninsule de Crimée, occupée par Moscou.

L’Ukraine sera en mesure de frapper la Russie avec ses propres missiles balistiques d’ici trois à six mois, affirme Mykhaïlo Fedorov, l’ancien ministre de la défense ukrainien

L’Ukraine sera capable de frapper le territoire russe à l’aide de missiles balistiques de sa propre fabrication d’ici trois à six mois, affirme Mykhaïlo Fedorov, l’ancien ministre de la défense ukrainien, dans un entretien accordé à la chaîne américaine CBS News.

Jusqu’à présent, Kiev s’appuyait principalement sur des drones à longue portée et des missiles de croisière pour cibler la Russie en profondeur, des armes plus lentes et plus vulnérables aux systèmes de défense antiaérienne que les engins balistiques. En juin, Fire Point a testé un premier modèle, concrétisant les efforts d’accélération du programme balistique national impulsés par M. Fedorov.

« Nous devons battre la Russie dans chaque cycle technologique, et nous devons prendre des décisions vingt-quatre heures sur vingt-quatre, sept jours sur sept », déclare M. Fedorov, estimant que Kiev sera en mesure de lancer un missile balistique vers la Russie d’ici la fin de l’année.

Crédité d’avoir multiplié par dix les frappes ukrainiennes en profondeur et d’avoir renforcé la production militaire ukrainienne, il a été limogé mi-juillet par le président Volodymyr Zelensky. Interrogé sur les raisons de son éviction, M. Fedorov a refusé de s’étendre : « Quelle qu’en soit la raison, il est important de comprendre que l’Ukraine continuera à se battre. »

Samedi matin, le président Zelensky a affirmé sur les réseaux sociaux que l’armée ukrainienne avait frappé une installation de l’agence spatiale russe à Samara – située à environ 900 kilomètres de la frontière – à l’aide de missiles Flamingon, de fabrication ukrainienne.

Trump a envoyé en Russie son « Monsieur Patrimoine » pour des discussions discrètes avec le Kremlin, selon le « Financial Times »

Rodney Mims Cook Jr, le « Monsieur Patrimoine et Architecture » de Donald Trump, chargé notamment de superviser le très controversé projet de nouvelle salle de bal de la Maison Blanche, a mené en juin en Russie des discussions discrètes avec de hauts responsables du Kremlin, écrit le Financial Times, mardi.

Président de la Commission américaine des beaux-arts (US Commission of Fine Arts), organisme fédéral chargé de conseiller la Maison Blanche sur les questions d’architecture, d’urbanisme et de patrimoine dans la capitale américaine, Rodney Mims Cook Jr s’est rendu au Forum économique international de Saint-Pétersbourg – du 3 au 6 juin –, vitrine annuelle du pouvoir russe parfois surnommée le « Davos de Vladimir Poutine ».

Selon le quotidien britannique, cet architecte et spécialiste de la préservation du patrimoine, passionné de longue date par la culture russe, avait reçu un passeport diplomatique, bénéficié de briefings avant son départ et disposé sur place d’une protection diplomatique. Officiellement présenté comme une visite destinée à renouer les liens culturels entre les deux pays, son déplacement aurait également constitué une mission diplomatique informelle destinée à explorer de nouveaux canaux de dialogue entre Washington et Moscou sur la guerre en Ukraine.

Rodney Mims Cook Jr a notamment rencontré Anton Kobyakov, un proche conseiller de Vladimir Poutine, selon le Financial Times. Il est le premier responsable américain à participer au forum de Saint-Pétersbourg depuis 2018, Washington ayant cessé d’y envoyer des représentants après l’arrestation d’un homme d’affaires américain puis l’invasion de l’Ukraine par la Russie.

Devant des responsables russes, M. Cook a longuement insisté sur son attachement à la Russie, présentant notamment des photographies de sa propre datcha construite à Atlanta dans un style traditionnel russe, ainsi que les projets de restauration de bâtiments et d’églises russes auxquels il a participé depuis les années 1990.

Lors d’une séance publique avec M. Poutine, il a transmis au président russe les salutations de son « ami, le président Trump », affirmant que Washington avait « beaucoup d’idées » à discuter avec Moscou.

M. Poutine lui a répondu en utilisant une métaphore de hockey, disant avoir « renvoyé le palet » à M. Trump. Rodney Mims Cook Jr a ensuite raconté avoir obtenu un véritable palet et l’avoir déposé sur le Resolute Desk, dans le bureau Ovale, au grand amusement du président américain.

Le responsable américain a également évoqué l’idée de faire de la musique et de la culture un instrument de rapprochement susceptible de favoriser un cessez-le-feu en Ukraine, citant notamment la 7e Symphonie de Dmitri Chostakovitch, composée pendant le siège de Leningrad.

Le secrétaire d’Etat américain Marco Rubio avait pourtant affirmé en juin ne pas être informé de cette délégation. Selon le Financial Times, l’administration Trump miserait toutefois sur des émissaires atypiques comme Rodney Mims Cook Jr pour tenter de contourner le blocage des canaux diplomatiques traditionnels et favoriser des négociations avec Moscou.

M. Cook n’a pas souhaité préciser si M. Trump lui avait personnellement demandé d’entreprendre cette démarche ni s’il prévoyait de retourner prochainement en Russie.

Ce qu’il faut savoir à la mi-journée

  • La Russie affirme avoir détruit ou neutralisé 791 drones ukrainiens pendant la nuit. Selon le maire de Moscou, Sergueï Sobianine, au moins 637 drones ont été lancés vers la capitale russe pendant la nuit, dont 197 ont été détruits dans sa région.
  • « Les systèmes de défense aérienne ont abattu (…) 1 671 drones aériens » en vingt-quatre heures, a communiqué le ministère de la défense russe. Ce nombre « constitue un record absolu », selon RIA Novosti.
  • Deux missiles de croisière russes Banderol ont attaqué le village de Petchenihy, causant la mort de 10 personnes et la blessure de 20 autres. Volodymyr Zelensky a dénoncé « une attaque brutale » et affirmé que Kiev « répondra[it] inévitablement ».
  • Moscou met en garde Londres à la suite d’informations concernant l’usage de drones britanniques par l’Ukraine. L’ambassade de Russie dans la capitale britannique a prévenu que le Royaume-Uni aurait à « répondre » des conséquences de sa collaboration militaire avec Kiev après que le Sunday Times a affirmé que des drones produits par deux sociétés britanniques et fournis à l’Ukraine avaient été utilisés.
  • L’Ukraine ordonne des évacuations de familles dans la région de Dnipropetrovsk, située dans le centre-est du pays. Ces évacuations, qui concernent que cela concerne 2 177 enfants, ont été décidées face à la dégradation de la situation sécuritaire.

Le ministère de la défense russe dit avoir détruit 1 671 drones ukrainiens en vingt-quatre heures

« Les systèmes de défense aérienne ont abattu dix bombes guidées, deux obus de lance-roquettes Himars, ainsi que 1 671 drones aériens », a communiqué le ministère de la défense russe sur Telegram. Ce nombre « constitue un record absolu », selon l’agence de presse russe RIA Novosti, citée par le média ukrainien Ukraïnska Pravda qui ajoute que le précédent pic remonte au 16 août lorsque les Russes ont dit avoir abattu 1 478 drones en une seule journée. Le 17 mai, la Russie avait affirmé avoir détruit ou neutralisé 1 054 drones ukrainiens.

En Allemagne, un Ukrainien condamné à un an de prison pour avoir aidé Moscou à planifier des sabotages

Le tribunal régional de Stuttgart, en Allemagne, a condamné Yevhen Bezchasnyi, 30 ans, à un an et trois mois de prison pour avoir servi d’agent aux services secrets russes à des fins de sabotages en Allemagne et en Ukraine. Les deux coaccusés Daniil Bielskyi, 22 ans, et Vladyslav Tkachenko, 25 ans, ont été acquittés.

L’enquête n’a pas pu prouver qu’ils étaient prêts à commettre de tels sabotages à l’explosif, ni même informés d’un plan en ce sens, affirme le tribunal dans un communiqué. Celui-ci n’a pas suivi le ministère public qui requérait deux à quatre ans d’emprisonnement pour les trois accusés.

Le condamné est en outre déjà libre car sa peine a été intégralement purgée en détention provisoire et lors de son extradition depuis la Suisse, note le communiqué.

L’Ukraine ordonne des évacuations de familles dans l’oblast de Dnipropetrovsk, dans le centre-est du pays

Ces évacuations obligatoires concernent 16 localités des communes de Mykolaïvka, Petropavlivka et Oukraïnska, situées dans le district de Synelnykove, dans l’oblast de Dnipropetrovsk, a écrit sur Telegram le chef de l’administration militaire locale, Oleksandr Hanja. Elles ont été décidées en raison de la dégradation de la situation sécuritaire. L’Ukraine, qui appelle les civils des zones les plus exposées à partir vers des régions plus sûres, annonce régulièrement ce type de mesures pour réagir à l’intensification des frappes russes ou à l’avancée des forces de Moscou.

« Les familles avec enfants ont un mois pour quitter ces zones », a-t-il dit, en ajoutant que cela concernait 2 177 enfants. Les civils évacués peuvent être hébergés dans des centres et bénéficient d’un accompagnement de l’Etat pour leur réinstallation.

L’oblast de Dnipropetrovsk est la cible d’attaques régulières de drones et de missiles russes, mais l’armée ukrainienne y a gagné du terrain en juillet, selon une analyse de l’Agence France-Presse des données de l’Institute for the Study of War.

Deux missiles de croisière Banderol utilisés pour l’attaque russe de Petchenihy, qui a causé la mort de 10 personnes

Des secouristes et des policiers examinent les corps d’habitants tués dans l’attaque russe à Petchenihy, dans l’oblast de Kharkiv (Ukraine), le 18 août 2026. Des secouristes et des policiers examinent les corps d’habitants tués dans l’attaque russe à Petchenihy, dans l’oblast de Kharkiv (Ukraine), le 18 août 2026.

Le chef de la communauté de Petchenihy, Oleksandr Husarov, assure que l’attaque menée par la Russie, qui a causé la mort de dix personnes et la blessure de vingt autres, selon un bilan revu à la hausse, a été faite par deux missiles de croisière de petite taille, S8000 Banderol. « Cela s’est produit au moment où les gens se rendaient au travail et où les entreprises et les établissements commençaient leur activité », a-t-il précisé.

La Russie a développé un drone spécialisé dans le sabotage de lignes électriques, déclare Vadym Skibitsky, cadre de l’armée ukrainienne

Dans un entretien accordé à RBC-Ukraine, paru ce mardi, Vadym Skibitsky, chef adjoint des services de renseignement militaire ukrainiens, affirme qu’« il y a peu de temps, les Russes ont mis au point un drone conçu pour détruire les lignes électriques. Ses ailes sont équipées d’un élément explosif capable de découper le métal ».

Selon M. Skibitsky, en automne et en hiver, les principales cibles des attaques russes resteront les entreprises du complexe militaro-industriel, les installations militaires, les infrastructures énergétiques et logistiques, ainsi que les stations-service. « De plus, notre système de transport de gaz et notre production de gaz dans les régions de Poltava et de Kharkiv, qui ont déjà été attaqués par l’ennemi, pourraient à nouveau être menacés cet automne et cet hiver. »

Le Kremlin envisage de lancer, « au cours des prochaines semaines, une campagne de frappes à grande échelle contre les infrastructures énergétiques » dans la ville de Kiev « avec pour objectif de perturber les efforts ukrainiens visant à renforcer ces installations » et de « tirer parti des pénuries de missiles intercepteurs Patriot dont souffre l’Ukraine », estimait le think tank américain Institute for the Study of War dans un rapport datant du 10 août.

La Russie espère produire 11 000 drones de combat au mois d’août, a dit Vadym Skibitsky dans un entretien accordé le 10 août.

Wildberries a déclaré qu’un entrepôt avait subi des dégâts mineurs à la suite de la chute de débris de drones

Wildberries, entreprise russe de commerce en ligne dont les installations sont régulièrement prises pour cibles par l’Ukraine, a déclaré dans un communiqué qu’un entrepôt avait subi des dégâts mineurs à la suite de la chute de débris de drones. Ce matin, le gouverneur de la région de Moscou, Andreï Vorobiov, a annoncé : « Un drone a touché un entrepôt de Wildberries dans le complexe d’Atlant-Park [dans le village d’Obukhovo, situé dans le district de Bogorodsky], et l’incendie a été maîtrisé. Selon les premières informations, il n’y a pas eu de victimes. »

Le service de presse de l’entreprise, cité par la chaîne Telegram Astra, précise que « le complexe logistique de l’entreprise dans cette région a subi des dommages mineurs : des débris ont touché le mur du bâtiment ».

Dimanche, le ministère de la défense ukrainien affirmait avoir « mis hors service sept des dix plus grands centres logistiques de l’entreprise d’e-commerce Wildberries », à la suite de la frappe qui avait touché un centre dans le parc industriel Koledino, à une quarantaine de kilomètres du centre-ville moscovite. Celui-ci était, selon le ministère, « le plus grand centre Wildberries, en superficie », évalué à plus de 200 000 mètres carrés.