« Tout pays qui se dresse comme bouclier défensif de l’Amérique criminelle et agresseuse sera voué aux flammes de la guerre », a menacé le chef de l’armée iranienne, le général Ali Abdollahi.

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A Téhéran, le 30 juillet 2026. - MAJID ASGARIPOUR/WANA VIA REUTERS A Téhéran, le 30 juillet 2026. MAJID ASGARIPOUR/WANA VIA REUTERS

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Le point sur la situation, samedi 1ᵉʳ août en début d’après-midi

  • L’armée iranienne a accusé les Etats-Unis de favoriser l’« escalade des tensions » dans la guerre au Moyen-Orient, et a mis en garde les alliés de Washington dans la région, leur demandant de « reconsidérer leur coopération ».
  • Vendredi, le président américain, Donald Trump, avait menacé de frapper l’Iran « très fort », alors que des médias américains ont rapporté que Washington envisageait de nouveaux bombardements massifs ce week-end, qui viseraient notamment des infrastructures énergétiques.
  • Un pétrolier a été frappé par un « projectile non identifié » samedi, au large de la ville côtière de Limah, à Oman, à l’entrée du détroit d’Ormuz, a annoncé l’agence de sécurité maritime britannique UKMTO.
  • Les ambassades américaines dans plusieurs capitales du Moyen-Orient ont mis en garde les citoyens américains contre une éventuelle « escalade » du conflit régional et les ont exhortés à se tenir prêts à quitter la région.
  • Les autorités égyptiennes ont appelé à éviter « l’escalade » et les « spéculations » après l’incident survenu dans le port égyptien de Damiette, où deux navires gaziers ont été frappés cette semaine par un drone.

Des ambassades américaines appellent leurs citoyens à « envisager de quitter » le Moyen-Orient

« Les Américains présents dans la région devraient envisager de partir, ou être prêts à partir en cas d’escalade », précise une alerte de sécurité dont des versions ont été publiées sur les réseaux sociaux par les missions américaines à Amman, Jérusalem et Bagdad.

En Jordanie, les citoyens américains ont été appelés à éviter les bases militaires américaines, récemment visées par des missiles iraniens. En Israël, il leur a été recommandé de repérer l’abri antiaérien le plus proche.

« Le régime iranien est imprévisible, comme l’ont montré ses récentes décisions d’attaquer des zones de la région sans avertissement ni provocation, ainsi que d’étendre ses attaques à des zones qui n’avaient pas été visées auparavant (comme l’Egypte) », explique un message publié sur le site de l’ambassade américaine à Jérusalem.

Un soldat israélien blessé lors d’un « affrontement rapproché » avec le Hezbollah, selon Tsahal

L’armée israélienne a annoncé qu’un de ses soldats avait été modérément blessé lors d’un « affrontement rapproché » avec des combattants du Hezbollah dans le sud du Liban, au cours la nuit de vendredi à samedi, malgré le cessez-le-feu.

Le chef de l’armée iranienne accuse les Etats-Unis de favoriser l’« escalade des tensions »

L’armée iranienne a accusé, samedi, les Etats-Unis de favoriser l’« escalade des tensions » dans la guerre au Moyen-Orient, et mis en garde les alliés de Washington dans la région, leur demandant de « reconsidérer leur coopération ». « Les Etats-Unis s’engagent rapidement sur la voie d’une escalade des tensions dans la guerre régionale », a déclaré le chef des forces armées iraniennes, le général Ali Abdollahi, dans un communiqué cité par la télévision d’Etat. « Tout pays qui se dresse comme bouclier défensif de l’Amérique criminelle et agresseuse sera voué aux flammes de la guerre », a-t-il aussi menacé.

De récentes frappes iraniennes au Koweït ont visé une installation gouvernementale et des véhicules

Un porte-parole du ministère de la défense koweïtien a affirmé, samedi matin sur le réseau social X, que des frappes iraniennes avaient été constatées au Koweït ces dernières heures. Plus tôt dans la matinée, l’armée koweïtienne avait dit avoir repoussé plusieurs attaques de drones iraniennes sans toutefois faire état de dégâts.

« L’agression iranienne criminelle a visé plusieurs installations vitales, notamment une installation gouvernementale dans le nord du pays, ainsi que des véhicules civils appartenant à une entreprise civile sur l’île de Bubiyan, ce qui a entraîné des dégâts matériels dus à la chute d’éclats, sans toutefois faire de victimes, grâce à Dieu », a fait savoir ce porte-parole.

Sur Le Monde aujourd’hui

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Donald Trump tente de forcer la main d’Israël pour lui faire accepter l’accord sur le désarmement du Hamas et le retrait israélien de la bande de Gaza

Par Fanny Arlandis, Claire Gatinois, Marie Jo Sader

Donald Trump semblait s’être désintéressé du dossier, tout entier tourné vers la guerre en Iran qui s’enlise. Le plan de paix de 2025 à son nom, censé mettre fin, selon ses mots, à « un cauchemar de trois mille ans » entre Israël et la bande de Gaza, était dans les limbes depuis des mois. Comme oublié. Mais l’annonce du président américain assurant, jeudi 30 juillet, avoir arraché un accord « historique » sur le désarmement du Hamas, a soudain remis les projecteurs sur l’enclave, dont les habitants restent la cible continue des tirs israéliens.

Le Koweït en proie à de nouvelles attaques de drones iraniennes

Le Koweït subit, samedi matin, de nouvelles attaques de drones iraniennes, selon une publication de son armée sur les réseaux sociaux. « Les défenses aériennes koweïtiennes repoussent actuellement [c]es attaques de drones ennemis », a-t-elle écrit sur le réseau social X. Et d’ajouter : « L’état-major général de l’armée précise que les bruits d’explosions, s’ils sont entendus, sont le résultat de l’interception des attaques ennemies par les systèmes de défense aérienne. »

Une explosion « à proximité immédiate » d’un pétrolier dans le détroit d’Ormuz

L’agence de sécurité maritime britannique UKMTO a fait état, samedi matin, d’un nouvel incident impliquant un pétrolier dans le détroit d’Ormuz, au large des côtes d’Oman. Elle a dit avoir « reçu un rapport faisant état d’un incident survenu à 21 milles marins au nord-est de Khasab, à Oman », sur la base du témoignage du capitaine d’un pétrolier qui a dit « avoir observé un important jet d’eau et une explosion à proximité immédiate du navire ». Toutefois, aucun dommage concernant ce dernier n’a été signalé pour le moment, ajoute l’UKMTO qui affirme qu’une enquête est en cours.

Plus tôt dans la matinée, un pétrolier avait été frappé par un « projectile non identifié » au large de la ville côtière de Limah à Oman, à l’entrée du détroit d’Ormuz, selon la même agence.

Bonjour,

Il est vrai que nous citons souvent la plateforme Kpler dans ce direct sur la guerre au Moyen-Orient, comme cette nuit. Mais nous ne prenons pas toujours le temps de rappeler ce qu’est cette entreprise. Créée par deux ingénieurs français en 2014, elle donne des informations en temps réel sur les itinéraires des navires, leurs cargaisons, les stocks de matières premières, les taux d’utilisation de raffineries, ou les risques de congestion portuaire. Kpler est montée en influence après la pandémie du Covid-19 et a, depuis, gagné davantage en notoriété avec la guerre au Moyen-Orient.

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« Nous avons remporté la guerre », estime le président du Parlement iranien

Alors qu’il s’exprimait, samedi matin, au conseil de coordination du Parlement iranien, le président de ce dernier, Mohammad Bagher Ghalibaf, a estimé que l’Iran avait « remporté la guerre » contre les Etats-Unis. « Nous avons remporté la guerre, mais nous devons consolider et ancrer cette victoire, a-t-il dit, appelant dans le même temps à l’unité des responsables politiques de la République islamique. Le pays doit également avoir espoir en l’avenir, et sa vision de l’avenir doit être claire. »

Le Monde publie samedi matin un entretien avec l’historien Xavier Carpentier-Tanguy, spécialiste des mondes marins. Pour lui, le bras de fer autour du détroit d’Ormuz révèle l’émergence d’une « rhéocratie », un nouvel ordre géopolitique où la puissance ne dépend plus seulement de la maîtrise des territoires mais aussi de la capacité à contrôler, sécuriser ou perturber les flux physiques et immatériels mondiaux.

Un pétrolier naviguant au large de la côte d’Oman endommagé par une frappe

Un pétrolier a été frappé par un « projectile non identifié » samedi au large de la ville côtière de Limah à Oman, à l’entrée du détroit d’Ormuz, a annoncé l’agence de sécurité maritime britannique UKMTO.

Selon le rapport de cette agence, le « projectile non identifié » a causé « des dommages dans la salle des machines ». Aucune victime n’a été recensée, précise l’agence britannique, qui ajoute que le navire a été touché à 11 miles nautiques (environ 20 kilomètres) de Limah.

Après la reprise des hostilités avec Washington, le 7 juillet, l’Iran a de nouveau verrouillé le détroit d’Ormuz, une voie maritime cruciale pour le commerce mondial des hydrocarbures, revendiquant d’imposer des droits de passage sur les bateaux et autorisant uniquement la route longeant ses côtes.

La plateforme de suivi Kpler a confirmé vendredi sur X que le trafic dans le détroit d’Ormuz a fortement chuté. « Les traversées du détroit d’Ormuz ont diminué de 77 % en un jour pour tomber à seulement cinq navires, toutes concentrées dans le cadre du dispositif unilatéral iranien », affirme Kpler.

« Les positions publiques des Etats-Unis et de l’Iran demeurant inconciliables, les opérateurs surveillent de près les volumes de trafic, les comportements de routage et toute évolution diplomatique susceptible de remodeler le risque sur les routes maritimes régionales dans les prochains jours », ajoute la plateforme.

Donald Trump menace une nouvelle fois de frapper l’Iran « très fort », possiblement ce week-end, selon des médias américains

Donald Trump a menacé, vendredi, de frapper l’Iran « très fort », alors que des médias américains ont rapporté que Washington envisageait de nouveaux bombardements massifs ce week-end.

« Nous allons les frapper très fort et, à un moment, ils vont dire “Nous n’en pouvons plus” », a déclaré Donald Trump, lors d’un conseil des ministres, vendredi, dans la résidence présidentielle de Camp David, non loin de Washington.

Citant des responsables américains sous couvert d’anonymat, le Wall Street Journal a rapporté que Donald Trump avait ordonné une nouvelle offensive destinée à contraindre Téhéran à capituler, possiblement dès ce week-end.

L’Iran a visé, mercredi, des bases militaires américaines en Jordanie, entraînant des frappes américano-saoudiennes contre des groupes armés alliés à Téhéran, en Irak, ainsi qu’une importante vague de frappes américaines sur l’Iran. Le Pakistan, qui joue un rôle de médiateur dans la crise, a assuré jeudi que les négociations se poursuivaient, mais Donald Trump est apparu de plus en plus frustré par l’enlisement du conflit, déclenchée le 28 février par les frappes israélo-américaines contre l’Iran.

CBS News a également rapporté, vendredi, que les Etats-Unis et Israël préparaient des frappes conjointes contre des infrastructures énergétiques iraniennes, potentiellement tout au long du week-end. Elles pourraient notamment viser des raffineries de pétrole et des centrales électriques.

Donald Trump n’aurait toutefois pas encore donné son accord à cette campagne, selon CBS, qui cite plusieurs sources anonymes. Selon la chaîne, plusieurs conseillers de la Maison Blanche ont exprimé de vives réserves à l’égard de ce projet lors du conseil des ministres, vendredi.

Si elles étaient menées, ces frappes marqueraient la première participation d’Israël à la campagne de bombardements depuis la phase initiale de la guerre.

L’armée américaine assure que le détroit d’Ormuz reste ouvert

« Le détroit d’Ormuz reste ouvert aux navires commerciaux », assure le commandement de l’armée américaine au Moyen-Orient (CentCom), quelques heures après la diffusion d’un communiqué de l’autorité iranienne mise sur pied pour le contrôler, dans lequel elle affirme le contraire. « L’Iran n’en a pas le contrôle. Des milliers de navires ont emprunté cette voie navigable internationale au cours des quatre derniers mois », ajoute le CentCom, sur le réseau social X.

Les gardiens de la révolution iraniens ont annoncé, à la mi-journée, avoir pris pour cibles deux pétroliers qui tentaient de franchir le détroit par un autre itinéraire que celui imposé par la République islamique. Selon MarineTraffic, cinq navires ont franchi le détroit jeudi, alors que 22 l’avaient fait la veille, et tous ont emprunté la voie iranienne.

Face à Trump, l’Iran sort de la logique de représailles et cherche à reprendre la main sur le conflit

Par Ghazal Golshiri

Dans le conflit qui oppose l’Iran et ses partenaires aux Etats-Unis et à leurs alliés, la République islamique semble désormais vouloir passer à l’offensive. Alors qu’une logique de représailles immédiates prévalait jusqu’ici, un tournant est apparu le 29 juillet. Ce jour-là, Téhéran a brisé plusieurs jours d’accalmie en lançant une salve de missiles balistiques contre des installations américaines en Jordanie. Le Pentagone a décrit l’opération comme une « tentative d’attaque surprise ». Les médias iraniens ont, pour leur part, présenté ces frappes comme préventives, revendiquant, pour la première fois explicitement, une logique d’initiative militaire plutôt qu’une simple riposte.

Le trafic maritime toujours impossible dans le détroit d’Ormuz, selon l’autorité iranienne chargée de le contrôler

Le détroit d’Ormuz vu de Musandam (Oman), le 31 juillet 2026. Le détroit d’Ormuz vu de Musandam (Oman), le 31 juillet 2026.

« En raison de la persistance des actes agressifs des forces militaires des Etats-Unis dans la région, le passage par le détroit d’Ormuz n’est pas possible », rappelle l’Autorité du détroit du golfe Persique, mise sur pied par Téhéran pour contrôler le trafic. « Dès que la stabilité et le calme seront rétablis, toutes les demandes seront examinées selon l’ordre et le calendrier, et les autorisations seront délivrées progressivement », ajoute-t-elle, conformément à ce qu’elle fait régulièrement.

Le point sur la situation, vendredi 31 juillet à 14 heures

  • Donald Trump est optimiste quant à la conclusion d’un accord nucléaire civil avec l’Arabie saoudite et une normalisation des relations avec Israël. Dans un entretien au Financial Times, M. Trump a annoncé avoir évoqué ce dossier avec le prince héritier saoudien, Mohammed Ben Salman.
  • L’Iran dit avoir lancé des drones contre des objectifs militaires américains au Koweït. Le Koweït affirme avoir détruit des drones iraniens après des attaques contre des sites militaires.
  • L’Iran dit avoir frappé deux pétroliers sous « escorte aérienne » américaine dans le détroit d’Ormuz. Ils ne suivaient pas la route définie par l’Iran, selon les gardiens de la révolution.
  • Le pétrole stable malgré la poursuite des hostilités au Moyen-Orient. A 11 h 50, à Paris, le prix du baril de brent de la mer du Nord, pour livraison en septembre, dont c’est le dernier jour de cotation, prenait 0,53 %, à 89,50 dollars (soit 78,36 euros). Son équivalent américain, le baril de west texas intermediate, pour livraison le même mois, grappillait 0,06 % à 83,64 dollars (soit 73,23 euros).
  • Des pétroliers saoudiens contournent Bab Al-Mandab en passant par l’Afrique, selon Bloomberg, un itinéraire beaucoup plus long, en raison des menaces des rebelles houthistes contre la navigation en mer Rouge.
  • Le trafic reprend à Bab Al-Mandab mais reste très faible dans le détroit d’Ormuz, selon Kpler, tandis que le trafic est resté très limité dans le détroit d’Ormuz, avec seulement deux pétroliers en transit, selon des données de la société d’analyse maritime Kpler, citée par l’agence Reuters.

Le Koweït affirme avoir détruit des drones iraniens après des attaques contre des sites militaires

Dans un communiqué, les forces armées koweïtiennes ont annoncé, vendredi, avoir détruit des drones iraniens entrés dans l’espace aérien du pays, affirmant que l’Iran avait visé plusieurs installations militaires et infrastructures vitales.

Le porte-parole du ministère de la défense a ajouté que les drones avaient été détectés dès l’aube et « neutralisés ». Selon le ministère, les attaques ont provoqué des dégâts matériels en raison de la chute de débris, mais n’ont fait aucune victime.

Washington et Israël envisagent un blocus terrestre pour accroître la pression sur Téhéran, selon le « Telegraph »

Les Etats-Unis et Israël étudient la possibilité d’imposer un blocus terrestre à l’Iran afin d’accentuer la pression économique sur la République islamique, rapporte vendredi le Telegraph, citant des sources israéliennes.

Selon le quotidien britannique, Donald Trump et Benyamin Nétanyahou ont évoqué cette option lors de leur rencontre mardi à la Maison Blanche, dans le cadre de discussions sur des moyens « cinétiques et non cinétiques » destinés à accroître la pression sur Téhéran.

Le projet consisterait à convaincre les pays voisins de l’Iran, notamment l’Irak et le Pakistan, mais aussi la Turquie, le Turkménistan, l’Afghanistan, l’Arménie et l’Azerbaïdjan, de restreindre ou de fermer certains points de passage frontaliers afin de limiter les importations et les exportations iraniennes.

Selon une source israélienne citée par le Telegraph, une telle mesure viserait à empêcher l’Iran d’acheminer ou d’exporter des marchandises et compliquerait notamment son réarmement. Le journal affirme que Téhéran attend notamment une livraison de systèmes de défense aérienne portables en provenance de Chine.

Le Telegraph rapporte également que Donald Trump envisagerait plusieurs options pour contraindre l’Iran à revenir à la table des négociations, estimant que sa stratégie actuelle avait atteint ses limites. Parmi les scénarios étudiés figureraient un accord diplomatique, la poursuite du blocus naval déjà en place ou une reprise des frappes militaires.

Un responsable de la Maison Blanche a annoncé au quotidien que « toutes les options » restaient à la disposition du président américain. Ces informations n’ont pas été confirmées officiellement par Washington ou Israël.