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Une délégation américaine doit se rendre au Pakistan, où Téhéran n’a pas encore confirmé sa présence pour un second cycle de négociations. Donald Trump et des responsables iraniens se sont mutuellement accusés de ne pas avoir respecté la trêve.
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Le point sur la situation, mardi 21 avril à 14 heures
- Donald Trump accuse l’Iran d’avoir « violé le cessez-le-feu à de nombreuses reprises ». Dimanche, Donald Trump avait accusé l’Iran d’avoir ouvert le feu sur des navires transitant par le détroit d’Ormuz, estimant qu’il s’agissait d’une violation de l’accord de cessez-le-feu, dont l’expiration est prévue prochainement.
- Donald Trump a promis le retour de l’uranium iranien aux Etats-Unis, Téhéran dément.
- La marine américaine arraisonne dans l’océan Indien le M/T Tifani, un pétrolier ayant participé au transport de pétrole iranien.
- L’Iran répondra « de manière décisive » à toute nouvelle action hostile, prévient le commandant en chef des forces armées iraniennes. Le chef du pouvoir judiciaire iranien estime qu’il existe une « forte probabilité » de nouvelles frappes américaines.
- Aucune délégation iranienne n’est encore partie pour des pourparlers au Pakistan, selon la télévision d’Etat iranienne.
- « C’est la plus grosse crise de l’histoire », affirme Fatih Birol, directeur de l’AIE, à propos de la guerre au Moyen-Orient.
- Le Hezbollah libanais sera désarmé par des voies « militaires et diplomatiques » affirme le ministre de la défense israélien, alors que l’armée israélienne poursuit les destructions dans le sud du Liban.
- La France juge « temporaire » la « zone tampon » israélienne établie dans le sud du Liban. De nouvelles discussions sont prévues jeudi à Washington entre diplomates israéliens et libanais. Emmanuel Macron reçoit mardi après-midi à Paris le premier ministre libanais, Nawaf Salam.
- Une cérémonie d’hommage national au sergent-chef Florian Montorio aura lieu jeudi à Montauban, présidée par la ministre des armées Catherine Vautrin, en présence du chef d’état-major de l’armée de terre, le général Pierre Schill.
- L’Allemagne s’oppose toujours à la suspension de l’accord UE-Israël, en dépit des appels lancé en ce sens par d’autres pays de l’UE, dont l’Espagne et l’Irlande.
- L’impact de la guerre au Moyen-Orient est estimé entre 4 milliards et 6 milliards d’euros à ce stade, a annoncé le ministre de l’économie, Roland Lescure, avant une réunion à Bercy, où le gouvernement devrait annoncer des mesures d’économies supplémentaires.
La marine américaine arraisonne dans l’océan Indien un pétrolier sous sanctions ayant participé au transport de pétrole iranien
Les forces américaines ont arraisonné le M/T Tifani (IMO : 9273337), un pétrolier battant pavillon du Botswana, dans l’océan Indien, annonce le département de la défense dans un message sur X, mardi. L’opération a eu lieu dans l’Usindopacom (United States Indo-Pacific Command), l’un des grands commandements militaires des Etats-Unis qui couvre une zone allant de l’océan Indien au Pacifique (Asie, Océanie, une partie du Moyen-Orient maritime). « Comme nous l’avons clairement indiqué, nous poursuivrons les efforts d’application du droit maritime à l’échelle mondiale afin de perturber les réseaux illicites et d’intercepter les navires sanctionnés apportant un soutien matériel à l’Iran, où qu’ils opèrent », écrit le département de la défense dans son message.
La société Ensa Ship Management, gestionnaire commercial du pétrolier depuis décembre 2024, est sanctionnée par les Etats-Unis pour avoir participé sciemment au transport de pétrole iranien. Selon les autorités américaines, le navire a chargé à deux reprises du pétrole iranien via des transferts en mer avec des pétroliers iraniens sanctionnés, au large de Singapour, en dissimulant ses activités.
Donald Trump accuse l’Iran d’avoir « violé le cessez-le-feu à de nombreuses reprises »
Dans un court message publié sur son réseau, Truth Social, mardi, Donald Trump affirme que l’Iran a « violé à de nombreuses reprises » l’accord de cessez-le-feu, sans préciser la nature de ces violations. Ces déclarations surviennent dans un contexte d’incertitude persistante quant à la tenue d’un second cycle de négociations entre Téhéran et Washington au Pakistan.
Dimanche, Donald Trump avait accusé l’Iran d’avoir ouvert le feu sur des navires transitant par le détroit d’Ormuz, estimant qu’il s’agissait d’une violation de l’accord de cessez-le-feu, dont l’expiration est prévue prochainement.
De son côté, un porte-parole du ministère des affaires étrangères iranien a affirmé que c’était le blocus américain de la voie maritime qui constituait une violation de l’accord.
Deux Palestiniens, dont un adolescent, tués lors d’une attaque de colons israéliens près de Ramallah, en Cisjordanie
Dans un bref communiqué, le Croissant-Rouge palestinien fait état de deux morts, « l’un âgé de 13 ans et l’autre de 32 ans, et de quatre blessés par balles lors d’une attaque de colons [israéliens] contre le village d’Al-Moughaïr près de Ramallah », en Cisjordanie. « Les blessés ont été transportés à l’hôpital », ajoute le texte. Interrogée par l’Agence France-Presse (AFP), l’armée israélienne a déclaré qu’elle se renseignait.
Au moins 1 061 Palestiniens, parmi lesquels de nombreux combattants ou assaillants, mais aussi beaucoup de civils, y ont été tués par des soldats ou des colons israéliens depuis le début de la guerre de Gaza, déclenchée par l’attaque du mouvement islamiste palestinien Hamas le 7 octobre 2023, selon un décompte de l’AFP établi à partir de données de l’Autorité palestinienne.
Dans le même temps, d’après des données officielles israéliennes, au moins 46 Israéliens, parmi lesquels des civils et des soldats, y ont été tués dans des attaques palestiniennes ou lors de raids militaires israéliens. Les violences n’ont pas reflué malgré l’entrée en vigueur d’un fragile cessez-le-feu à Gaza en octobre 2025.
Détroit d’Ormuz : l’ONU alerte sur le sort de 20 000 marins bloqués
Selon l’Organisation maritime internationale (OMI), près de 20 000 marins et environ 2 000 navires sont immobilisés depuis que le trafic a été interrompu dans le détroit d’Ormuz, passage maritime stratégique pour l’approvisionnement mondial en hydrocarbures. S’exprimant lors d’une conférence maritime à Singapour, le secrétaire général de l’OMI, Arsenio Dominguez, a souligné que les marins souffrent de stress et de fatigue extrêmes.
M. Dominguez a déclaré que certains pays avaient mis en place des lignes d’assistance téléphonique accessibles vingt-quatre heures sur vingt-quatre pour les marins, tandis que d’autres leur fournissaient de la nourriture. Mais davantage pourrait être fait au niveau personnel, comme « leur fournir un accès au Wi-Fi afin qu’ils puissent contacter leurs familles et leur faire savoir qu’ils vont bien », a-t-il signalé.
Un navire commercial, immobilisé en mer au large de Dubaï, le 20 avril 2026. Sur Le Monde aujourd’hui
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La France juge « temporaire » la « zone tampon » israélienne établie dans le sud du Liban
L’Elysée a semblé relativiser mardi la « zone tampon » instaurée par Israël dans le sud du Liban. Les autorités israéliennes disent avoir tracé une « ligne jaune » en profondeur dans le sud du Liban, où leurs troupes combattent le Hezbollah, affirmant vouloir protéger les populations israéliennes du nord du pays des tirs provenant du mouvement chiite.
« Il ne faut pas trop aujourd’hui s’occuper des prises de position israéliennes, qui sont d’abord et avant tout des prises de positions “défensives”, au sens de l’établissement d’une zone tampon qu’ils estiment être nécessaire pour assurer leur sécurité », a déclaré à la presse un responsable français du Palais, jugeant qu’elle avait « vocation à être temporaire ».
« Aujourd’hui, l’enjeu n’est pas de faire bouger ces lignes et de retourner immédiatement à des lignes qui ont été établies par les différents mandats. Aujourd’hui, l’enjeu c’est la stabilisation de la situation et éviter que les combats ne reprennent », a-t-il insisté. Selon lui, c’est « à l’issue des négociations » qui se préparent entre les deux pays que cette zone « devra être rendue aux Libanais », dont « l’intégrité territoriale devra être respectée », dans le cadre d’une « paix durable ».
De nouvelles discussions sont prévues jeudi à Washington entre diplomates israéliens et libanais. Emmanuel Macron reçoit mardi après-midi à Paris le premier ministre libanais, Nawaf Salam.
Alors que des responsables israéliens ont clairement fait savoir qu’ils voulaient que la France reste à l’écart des négociations, l’Elysée a défendu son rôle dans tout futur règlement. « La France fait partie des pays qui ont un rôle très concret et très direct pour pouvoir “renforcer la main” du gouvernement libanais, pour pouvoir soutenir son action très concrètement » dans la « mise en œuvre » du désarmement du Hezbollah, a plaidé une conseillère d’Emmanuel Macron. « Il y a assez peu de pays qui sont capables de se mobiliser très directement », « la France en fait partie », et les Israéliens comme les Américains « en sont bien conscients », a-t-elle ajouté.
Une cérémonie d’hommage national au sergent-chef Florian Montorio aura lieu jeudi à Montauban
Le ministère des armées a annoncé, mardi 21 avril, qu’une cérémonie d’hommage national au sergent-chef Florian Montorio, tué samedi dans le sud du Liban, aura lieu jeudi dans son régiment de Montauban. La cérémonie, qui se tiendra à 11 h 30 au 17e régiment du génie parachutiste de Montauban, sera présidée par la ministre des armées Catherine Vautrin, en présence du chef d’état-major de l’armée de terre, le général Pierre Schill, a précisé le ministère.
Deux des soldats français blessés dans cette embuscade qui a visé des casques bleus, attribuée par la France et l’ONU au groupe chiite pro-iranien Hezbollah, vont être rapatriés mardi « dans la journée », et le troisième « n’est plus hospitalisé », a par ailleurs annoncé mardi Mme Vautrin, devant les députés de la commission de la défense de l’Assemblée nationale.
La ministre a également donné des nouvelles de soldats « hospitalisés à Percy », hôpital militaire de la région parisienne, après avoir été blessés lors d’une attaque de drones en Irak, en mars. « Certains sont sortis » et « celui qui était le plus grièvement blessé fait l’objet d’une évolution qui est (…) plutôt encourageante », a déclaré Catherine Vautrin.
L’Allemagne s’oppose toujours à la suspension de l’accord UE-Israël
Berlin a confirmé, mardi, son refus de suspendre l’accord d’association entre Israël et l’Union européenne, en dépit des appels lancé en ce sens par d’autres pays de l’UE, dont l’Espagne et l’Irlande. « Nous considérons cela comme inapproprié », a affirmé le ministre des affaires étrangères allemand, Johann Wadephul, à son arrivée à Luxembourg pour une réunion avec ses homologues de l’UE. « Nous devons parler des questions cruciales avec Israël », mais « cela doit se faire dans un dialogue critique et constructif avec Israël, c’est que nous défendons », a-t-il ajouté.
Ce refus de l’Allemagne empêche la suspension de cet accord, une décision qui requiert l’unanimité des Vingt-Sept. L’UE est le premier partenaire commercial d’Israël, pays auquel l’Allemagne vend notamment des armes.
L’armée israélienne poursuit les destructions dans le sud du Liban
L’armée israélienne poursuit ses opérations de destruction dans plusieurs localités du sud du Liban, notamment à Beit Lif, Chama, Bayada et Naqoura, écrit l’Agence nationale de l’information libanaise. « De nombreux quartiers résidentiels ainsi que des infrastructures civiles ont été dynamités, entraînant leur nivellement complet », ajoute l’agence.
L’agence publie aussi un communiqué de la municipalité de Rachaf. « Nous (…) observons avec une profonde tristesse et une grande colère les opérations de destruction systématique et les explosions criminelles menées par l’ennemi israélien, qui ont touché tous les quartiers de notre chère ville. » Selon le communiqué, l’armée israélienne chercherait désormais « à modifier les caractéristiques de la localité, à démanteler totalement les infrastructures et à effacer les repères des quartiers ».
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L’Espagne demande la suspension de l’accord d’association entre l’UE et Israël
Le ministre des affaires étrangères espagnol, José Manuel Albares, a confirmé mardi que l’Espagne, la Slovénie et l’Irlande allaient demander aujourd’hui l’ouverture d’une discussion pour suspendre l’accord d’association entre l’Union européenne et Israël. « Nous devons dire clairement à Israël qu’il doit changer de cap », a déclaré M. Albares à des journalistes, à son arrivée à Luxembourg pour une réunion des ministres des affaires étrangères de l’UE. « Nous sommes ouverts à toute mesure, a-t-il précisé. Mais nous ne pouvons pas continuer à ne rien faire du tout. »
L’Iran répondra « de manière décisive » à toute nouvelle action hostile, prévient le commandant en chef des forces armées iraniennes
A l’occasion de l’anniversaire des gardiens de la révolution, le général Ali Abdollahi, commandant en chef des forces armées iraniennes, cité par les agences Fars et Tasnim, a salué la mobilisation populaire, affirmant que « le peuple iranien (…) n’a pas cessé de soutenir les forces armées ». Selon lui, les forces armées iraniennes, « unies » avec le gouvernement et la population, sont prêtes à apporter des « réponses décisives, déterminantes et immédiates » à toute menace ou action adverse, sous l’autorité du Guide suprême, Mojtaba Khamenei.
Il adresse aussi un avertissement à Donald Trump – qualifié de « menteur », « déconnecté de la réalité » –, affirmant que les forces iraniennes ne le laisseront pas profiter du silence iranien sur le terrain pour en tirer de fausses conclusions ou construire un récit trompeur, notamment sur le contrôle du détroit d’Ormuz. Elles sauront répondre à toute violation du cessez-le-feu, affirme-t-il enfin.
Six morts dans des frappes israéliennes à Gaza, selon l’agence de presse palestinienne WAFa
Des sources médicales dans la bande de Gaza ont fait état de la mort de six personnes depuis le début de la journée, à la suite de frappes israéliennes sur le territoire, rapporte l’agence de presse palestinienne WAFa.
Selon un bilan fourni plus tôt dans la journée, 784 personnes ont été tuées et 2 214 blessées depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu, le 11 octobre, auxquelles s’ajoutent 761 corps extraits des décombres.
Lundi, WAFa expliquait que depuis le 7 octobre 2023, le bilan s’élevait à 72 553 morts et 172 296 blessés.
Funérailles de victimes de bombardements israéliens à Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, le 21 avril 2026. Aucune délégation iranienne n’est encore partie pour des pourparlers au Pakistan, selon la télévision d’Etat
La télévision d’Etat iranienne a annoncé mardi qu’aucune délégation du pays n’était jusque-là partie pour le Pakistan pour participer à des pourparlers avec les Etats-Unis, à l’approche de l’expiration de la trêve entre les deux ennemis. « Jusqu’ici, aucune délégation iranienne n’est partie pour Islamabad, au Pakistan, qu’il s’agisse d’une délégation principale ou secondaire », a affirmé la télévision d’Etat, démentant des informations affirmant le contraire.
Entrée en vigueur le 8 avril, la trêve entre l’Iran et les Etats-Unis doit se conclure « mercredi soir, heure américaine », a affirmé Donald Trump
Dans les environs de l’hôtel Serena, où doivent se tenir les négociations entre Américains et Iraniens, à Islamabad (Pakistan), le 21 avril 2026. Il existe une « forte probabilité » de nouvelles frappes américaines, estime le chef du pouvoir judiciaire iranien
Le chef du pouvoir judiciaire iranien, Gholamhossein Mohseni Ejei, a appelé à « maintenir une préparation à 100 % » face à la possibilité de nouvelles attaques américaines, selon une vidéo diffusée par l’agence de presse IRNA. Il existe une « forte probabilité » de nouvelles frappes, a-t-il déclaré, estimant que les Etats-Unis n’ont pas encore atteint leurs objectifs de guerre, malgré l’élimination de nombreux hauts responsables iraniens.
M. Ejei a également affirmé que l’Iran répondrait à la saisie par les Etats-Unis d’un cargo battant pavillon iranien dans le golfe d’Oman dimanche, dénonçant une « violation » du cessez-le-feu. « Le blocus naval dont [les Etats-Unis] parlent constitue sans aucun doute une violation manifeste, et la République islamique répondra assurément », a-t-il ajouté.
L’Iran exécute un homme accusé d’avoir incendié une mosquée et collaboré avec Israël et les Etats-Unis lors des manifestations
Un homme condamné pour avoir tenté d’incendier une importante mosquée de Téhéran et pour collaboration avec Israël et les Etats-Unis au cours des manifestations de décembre et janvier a été exécuté mardi 21 avril, a annoncé le pouvoir judiciaire iranien.
« Amir Ali Mirjafari (…), l’un des éléments armés collaborant avec l’ennemi ayant tenté d’incendier la grande mosquée de Gholhak [un quartier de Téhéran], et qui dirigeait les activités antisécurité du Mossad dans la zone, a été pendu ce matin », a déclaré l’agence Mizan, organe du pouvoir judiciaire.
Il a précisé que la condamnation à mort, confirmée par la Cour suprême d’Iran, était fondée sur le fait qu’il avait agi pour le compte « du régime sioniste, du gouvernement américain hostile et de groupes hostiles contre la sécurité du pays ».
Selon Mizan, ces agissements ont eu lieu au cours du vaste mouvement de contestation apparu en Iran fin décembre en réaction à la hausse du coût de la vie, et qui avait évolué en manifestations antigouvernementales d’ampleur nationale, culminant les 8 et 9 janvier. Les autorités iraniennes ont déclaré que les manifestations avaient commencé pacifiquement avant de se transformer en « émeutes fomentées par l’étranger ».
Le pouvoir a reconnu plus de 3 000 morts dans les manifestations, mais impute les violences à des « actes terroristes » orchestrés par les Etats-Unis et Israël. Ces dernières semaines, l’Iran a procédé à de nombreuses exécutions de personnes impliquées dans les manifestations et accusées par les autorités d’agir pour le compte d’Israël, des Etats-Unis ou de groupes d’opposition, notamment des membres de l’organisation interdite des Moudjahidin du peuple.
Guerre au Moyen-Orient : « C’est la plus grosse crise de l’histoire », affirme Fatih Birol, directeur de l’AIE sur France Inter
Dans un entretien avec la radio France Inter, mardi, Fatih Birol, le directeur de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), a mis en garde contre des « conséquences terribles pour tout le paysage mondial de l’économie » après plusieurs semaines de guerre au Moyen-Orient, marquées par le blocage du détroit d’Ormuz et la hausse des prix de l’énergie.
« C’est effectivement la plus grosse crise de l’histoire », a-t-il expliqué, évoquant une situation combinant « cette crise pétrolière » et « la crise du gaz avec la Russie ». « C’est déjà une crise énorme, mais ce n’est pas simplement le pétrole et le gaz, c’est également les engrais, les pétrochimiques, le soufre, tous ces produits qui vont manquer, pousser l’inflation dans le monde entier, et notamment dans les pays émergents et en développement, cela va freiner la croissance », a-t-il ajouté.
Le marché de l’énergie, « c’est des dizaines de trillions de dollars qui sont à la merci d’une poignée de personnes, d’une centaine de personnes qui ont des canons, qui surveillent un détroit d’une cinquantaine de kilomètres de large, enfin c’est absurde », a-t-il poursuivi.
Selon lui, même en cas de réouverture du détroit d’Ormuz, un retour à la normale des prix de l’énergie pourrait prendre « deux ans ». Il ajoute que « les choses ne se rétabliront pas rapidement » et « ce sera très progressif », car « le marché de l’énergie sera très volatil ».
Fatih Birol a dit s’inquiéter « beaucoup plus pour l’Afrique que pour l’Europe », estimant que « les pays émergents, comme le Bangladesh, le Pakistan (…) vont rencontrer de réelles difficultés ». « Ça va commencer par un ralentissement de la croissance économique dans ces pays, une perte d’emploi, un chômage qui va se généraliser », avant de se transformer en « spirale de la dette », a-t-il expliqué.
En France, « la population (…) pourra souffrir parce qu’il y aura des prix à la pompe plus élevés », mais « ce qui va s’aggraver, c’est l’inflation en général et il y aura des effets négatifs sur le pouvoir d’achat », a-t-il insisté.
Malgré tout, cette crise pourrait représenter « l’opportunité de retracer la carte énergétique mondiale », avec des « gagnants », tels que « les renouvelables », « le nucléaire » ou encore « les voitures électriques ». « En plus de cela, je crois qu’il y aura des pays asiatiques qui pourront se servir plus du charbon, leur propre charbon qui coûtera moins cher », a-t-il ajouté.
Des centaines de vols annulés et une situation qui pourrait empirer : les prix des carburants percutent les compagnies aériennes
En cause : l’envolée des prix du carburant d’aviation liée aux problèmes d’approvisionnement engendrés par la fermeture du détroit d’Ormuz. Certains aéroports redoutent la panne sèche cet été.
Le Hezbollah libanais sera désarmé par des voies « militaires et diplomatiques » affirme le ministre de la défense israélien
« L’objectif stratégique de la campagne au Liban est le désarmement du Hezbollah (…) grâce à une combinaison de mesures militaires et diplomatiques », a déclaré mardi le ministre de la défense israélien, Israel Katz. Il s’exprimait lors d’une cérémonie à l’occasion de la journée nationale en hommage aux soldats tués lors des guerres d’Israël.
Un cessez-le-feu émaillé de nombreux incidents est entré en vigueur vendredi entre Israël et le mouvement pro-iranien Hezbollah, et de nouvelles discussions « directes » entre le Liban et Israël auront lieu jeudi à Washington, une dizaine de jours après une première session, a déclaré lundi à l’Agence France-Presse (AFP) un responsable de la diplomatie américaine.
Mais le ministre de la défense a menacé le gouvernement libanais d’une poursuite des opérations militaires, s’il « continue de ne pas respecter ses obligations ». « Nous agirons de la même manière face aux tirs » provenant du Liban, a déclaré M. Katz.
Lundi, un porte-parole en langue arabe de l’armée israélienne a mis en garde contre tout retour les habitants de plusieurs villages du sud du Liban, affirmant que les activités du Hezbollah dans la zone constituaient une violation du cessez-le-feu.
Détroit d’Ormuz : alerte à des messages frauduleux promettant un passage sécurisé
Dans une alerte diffusée lundi, la société grecque de gestion des risques maritimes Marisks a signalé que des acteurs non identifiés, se présentant comme des représentants des autorités iraniennes, avaient adressé à certaines compagnies maritimes des messages exigeant le paiement de frais de passage en cryptomonnaies, notamment en bitcoins ou en tethers, en échange d’une « autorisation », rapporte l’agence de presse Reuters.
Les États-Unis maintiennent leur blocus des ports iraniens, tandis que l’Iran a levé puis rétabli le sien sur le détroit d’Ormuz. Téhéran, qui contrôle ce point de passage stratégique, a proposé d’imposer des droits de transit aux navires.
« Ces messages sont une escroquerie », a rappelé la société, précisant qu’ils n’émanaient pas des autorités iraniennes. Téhéran n’a pas réagi dans l’immédiat. Des centaines de navires et environ 20 000 marins restent actuellement bloqués dans le Golfe.
Le 18 avril, lorsque l’Iran a brièvement rouvert le détroit sous conditions de contrôle, des navires ont tenté de franchir la zone, mais au moins deux d’entre eux, dont un pétrolier, ont rapporté que des embarcations iraniennes avaient ouvert le feu, les contraignant à faire demi-tour. Selon Marisks, au moins un des navires ayant tenté de quitter le détroit samedi et ayant essuyé des tirs pourrait avoir été victime de cette fraude.
Reuters n’a pas été en mesure de vérifier ces informations ni d’identifier les compagnies ayant reçu les messages. Selon le message cité par Marisks, « après transmission des documents et évaluation de votre éligibilité par les services de sécurité iraniens, le montant à payer en cryptomonnaie (BTC ou USDT) sera déterminé. Ce n’est qu’alors que votre navire pourra transiter sans entrave au moment convenu ».
Guerre au Moyen-Orient : un coût de 4 milliards à 6 milliards d’euros pour la France, selon le gouvernement
L’impact de la guerre au Moyen-Orient est estimé entre 4 milliards et 6 milliards d’euros à ce stade, a annoncé le ministre de l’économie, Roland Lescure, sur RTL mardi, avant une réunion à Bercy, où le gouvernement devrait annoncer des mesures d’économies supplémentaires. « C’est l’ordre de grandeur à ce stade du coût de la crise tel qu’on peut l’estimer », avec notamment un impact de 3,6 milliards d’euros sur le coût de la dette, « qui est en hausse, parce que les taux d’intérêt ont monté », a-t-il précisé sans plus de détails. « Cette crise, elle est encore extrêmement incertaine dans son déroulement, dans son impact économique et donc dans son impact sur les finances publiques », a-t-il précisé.
Il était interrogé avant une réunion d’un comité d’alerte des finances publiques à Bercy dans la matinée, qui pourrait décider de mesures d’économies supplémentaires pour faire face aux conséquences économiques du conflit. « On ne va rien annuler mais on peut être amené à prendre des mesures de précaution, dans le langage technique, ça s’appelle du gel. On gèle des dépenses, qu’on peut ensuite dégeler si ça va mieux », a expliqué M. Lescure.
Roland Lescure poursuit, sans donner plus de détails : « On avait des mesures de soutien au mois d’avril et on va poursuivre cela au mois de mai. » Des annonces sur les aides au carburant, « à la fois sur le prolongement éventuel » des mesures déjà en place « et peut-être sur d’autres idées », seront faites par le premier ministre, Sébastien Lecornu, « en fin de journée » [mardi], a ajouté le ministre de l’économie.


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