Le président sortant a annoncé demander à la justice « d’étendre l’horaire d’ouverture des bureaux de vote pour les personnes qui ont été empêchées de voter ». Près de 160 millions d’électeurs sont appelés aux urnes pour choisir au second tour entre Lula, de gauche, et le candidat d’extrême droite, Flavio Bolsonaro. Les résultats sont attendus dans la nuit.

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Des habitants attendent un bus dans le centre-ville de Rio de Janeiro (Brésil), le 25 octobre 2026. - MAURO PIMENTEL/AFP Des habitants attendent un bus dans le centre-ville de Rio de Janeiro (Brésil), le 25 octobre 2026. MAURO PIMENTEL/AFP

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Les votes sont prolongés de deux heures dans tout le pays, en raison de problèmes de transport

« Considérant la gravité des faits rapportés, qui sont parvenus à l’attention de la Cour suprême fédérale (…), et étant donné l’urgence manifeste de la mesure, j’ordonne une prolongation de deux heures, jusqu’à 19 heures, heure de Brasília, pour la fermeture du dépouillement des votes dans tous les bureaux de vote du Brésil », a déclaré Cristiano Zanin, juge de la Cour suprême, dans une décision rapportée par plusieurs médias brésiliens.

📷 Les images du vote d’Eduardo Bolsonaro, frère du candidat Flavio Bolsonaro, dans un campus aux Etats-Unis

L’homme politique et avocat brésilien Eduardo Bolsonaro, frère du candidat Flavio Bolsonaro, à la sortie d’un bureau de vote situé sur le campus du Miami Dade College, à Kendall (Floride, Etats-Unis), le 25 octobre 2026. L’homme politique et avocat brésilien Eduardo Bolsonaro, frère du candidat Flavio Bolsonaro, à la sortie d’un bureau de vote situé sur le campus du Miami Dade College, à Kendall (Floride, Etats-Unis), le 25 octobre 2026.
Devant le bureau de vote situé sur le campus du Miami Dade College, à Kendall (Floride, Etats-Unis), le 25 octobre 2026. Devant le bureau de vote situé sur le campus du Miami Dade College, à Kendall (Floride, Etats-Unis), le 25 octobre 2026.
Un partisan du candidat présidentiel brésilien Flavio Bolsonaro, devant le bureau de vote situé sur le campus du Miami Dade College, à Kendall (Floride, Etats-Unis), le 25 octobre 2026. Un partisan du candidat présidentiel brésilien Flavio Bolsonaro, devant le bureau de vote situé sur le campus du Miami Dade College, à Kendall (Floride, Etats-Unis), le 25 octobre 2026.

Flavio Bolsonaro demande des heures de vote prolongées dans plusieurs villes de l’Etat de Sao Paulo invoquant des conditions météo difficiles

L’équipe de campagne de Flavio Bolsonaro a déposé une requête auprès du tribunal supérieur électoral afin de prolonger de deux heures les horaires de vote dans plusieurs villes des États de Sao Paulo, du Parana et de Santa Catarina, avançant des difficultés à aller voter en raison des fortes pluies, des glissements de terrain, des inondations et des routes coupées, rapporte Folha de Sao Paulo.

De son côté, Lula demande que l’ouverture des bureaux de vote de plusieurs villes, dont Rio de Janeiro et Sao Paulo, soit prolongée de deux heures, soit jusqu’à 19 heures, heure de Brasilia (23 heures, heure de Paris), arguant que les transports publics dans ces zones fonctionnent à capacité réduite, ce qui rend difficile pour les électeurs de se rendre aux urnes. Auparavant, le groupe de Lula avait déjà fait une demande concernant trois villes bahianaises, dont la capitale, Salvador.

A l’étranger, une plus forte mobilisation au second tour

Le vote à l’étranger ne représente que 0,5 % de l’électorat brésilien, mais montre déjà une tendance qui devrait se confirmer dans le pays : une participation plus importante. Vers 16 heures, heure de Brasilia, (20 heures, heure de Paris), 10,6 % d’électeurs supplémentaires et vivant à l’étranger se sont déplacés pour aller voter ce dimanche, soit 20 076 personnes. D’autre part, 27 % des électeurs qui avaient voté blanc au premier tour ont cette fois choisi un des deux candidats. De même, 7,8 % des électeurs n’ont plus annulé leur vote comme au premier tour.

Pour l’instant, et alors que le collège électoral des Etats-Unis n’a pas encore fini de voter – le plus important à l’étranger et favorable à Flavio Bolsonaro –, Lula a obtenu 26 000 votes de plus et Flavio Bolsonaro 14 000 votes supplémentaires qu’au premier tour.

Anne Vigna (Mexico, correspondante)

Le président du tribunal supérieur électoral reconnaît des difficultés de transport dans le pays

Des habitants attendent un bus dans le centre-ville de Rio de Janeiro (Brésil), le 25 octobre 2026. Des habitants attendent un bus dans le centre-ville de Rio de Janeiro (Brésil), le 25 octobre 2026.

Nunes Marques, le président du tribunal supérieur électoral, a déclaré que « dans certains endroits, il subsiste des difficultés de transports », ajoutant que la situation était en cours de résolution, rapporte le journal Folha de Sao Paulo. Le président sortant Lula demande que des bureaux de vote soient ouverts plus longtemps en raison du manque de bus constatés dans certaines villes, dont Salvador et Sao Paulo, qui a empêché des électeurs d’aller voter.

Sur Le Monde aujourd’hui

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Pilar, étudiante de 19 ans à Rio et primo votante : « Je suis très heureuse de pouvoir voter, c’est un droit qu’il est très important d’utiliser »

Dans le quartier de Copacabana, à Rio de Janeiro, Pilar, 19 ans, s’apprête à voter pour la première fois. Au premier tour, cette jeune étudiante en droit à l’université fédérale de Rio de Janeiro, « a tout fait » pour revenir à Fortaleza, ville du Nordeste dont elle est originaire, pour pouvoir voter. Pour le second tour, elle a réussi à obtenir une dérogation qui lui permet de voter dans un endroit où elle n’est pas enregistrée. « Je suis très heureuse de pouvoir voter, c’est un droit qu’il est très important d’utiliser ».

Pilar, étudiante de 19 ans, à Rio de Janeiro, le 25 octobre 2026. Pilar, étudiante de 19 ans, à Rio de Janeiro, le 25 octobre 2026.

Les autocollants des « étudiants avec Lula » sur son tee-shirt et son tote-bag ne laissent pas grand place au doute concernant son champion. « Un des projets de Flavio [Bolsonaro] est faire passer la gestion des universités fédérales du mInistère de l’éducation au ministère des sciences, de la technologie et de l’innovation. C’est une idée que je trouve mauvaise, principalement pour des raisons budgétaires. » Le candidat affirme souhaiter que « les recherches menées à l’université profitent à l’industrie et se transforment en produits, en emplois et en revenus, au lieu de rester lettre morte ».

Mais les organisations représentants des universités et instituts fédéraux disent craindre que cette modification n’entraîne une réduction du budget de l’enseignement supérieur, car le budget de l’éducation bénéficie actuellement d’une protection constitutionnelle concernant le montant minimum que doit dépenser le gouvernement fédéral, ce qui n’est pas le cas pour la science. « Quand j’étais au lycée, j’ai fait un an d’échange aux Etats-Unis. Quand je disais qu’ici, on pouvait faire des études gratuitement, les gens étaient émerveillés », raconte-t-elle, une casquette vissée sur la tête.

Raphaël Bernard (Rio de Janeiro, correspondance)

Lula demande l’extension des horaires des bureaux de vote en raison du manque de bus empêchant les électeurs d’aller voter dans certaines villes

Le président brésilien, Luiz Inacio Lula da Silva, près de sa résidence à Sao Paulo (Brésil), le 25 octobre 2026. Le président brésilien, Luiz Inacio Lula da Silva, près de sa résidence à Sao Paulo (Brésil), le 25 octobre 2026.

« Nous demandons à la Cour suprême d’étendre l’horaire d’ouverture des bureaux de vote pour les personnes qui ont été empêchées de voter » en raison du retrait de bus de la circulation dans plusieurs villes du pays, y compris Sao Paulo, a déclaré Luiz Inacio Lula da Silva, opposé à Flavio Bolsonaro.

Selon Lula, « 40 % des bus ont été retirés de la circulation » à Sao Paulo (sud-est), la plus grande ville du pays. Il a relaté des problèmes similaires dans des villes du nord-est du pays, son fief électoral historique, notamment à Salvador de Bahia. Lula a affirmé qu’« une fois de plus, il se passe une chose abominable ».

Lors du second tour de la présidentielle précédente, en 2022, la police routière fédérale (PRF) avait mis en place des barrages filtrants qui avaient retardé l’arrivée d’électeurs aux bureaux de vote dans le Nordeste. À l’époque, la PRF était dirigée par Silvinei Vasques, nommé par l’ex-président d’extrême droite Jair Bolsonaro (2019-2022), qui était au pouvoir au moment du scrutin. M. Vasques a été arrêté par la suite.

Dans plusieurs villes, des pénuries de bus empêchent des électeurs de se rendre aux bureaux de vote

Le parti des travailleurs, formation du président sortant, Lula, a demandé l’arrestation du responsable de la mobilité de la ville de Salvador, plus grande ville du Nordeste et quatrième ville du pays, après des pénuries de bus qui empêchent des électeurs de se rendre aux bureaux de vote, relate le journal Folha de Sao Paulo.

Le tribunal électoral régional a donc ordonné l’arrestation de Pablo Souza, actuellement reçu en France. L’accès aux urnes est essentiel pour Lula qui espère battre Bolsonaro, arrivé en tête au premier tour (45 % contre 47 %) en réduisant l’abstention. D’autant que nombre de Brésiliens comptent sur les bus pour se rendre aux urnes, car le code électoral exige la gratuité des transports publics et une même fréquence qu’en semaine durant les périodes électorales.

Le Parti des travailleurs dénonce une réduction de plus de la moitié des bus de la capitale de l’Etat de Bahia, tandis que le secrétariat municipal à la mobilité avance que des autocollants ont été apposés sur certains bus stationnés dans les garages ce dimanche matin, ce qui a perturbé le trafic.

La ville de Salvador est dirigée par Bruno Reis, du parti de centre droit Uniao Brasil, allié de Flavio Bolsonaro. A Sao Paulo – municipalité également dirigée par un allié de Flavio Bolsonaro, Ricardo Nunes –, il manquerait 40 % de la flotte des autobus en circulation.

Aussi, l’agence nationale de l’aviation civile a confirmé que quatre vols à destination du Nordeste ont été annulés entre ce samedi et ce dimanche. L’agence affirme n’avoir relevé aucune anomalie dans le trafic aérien brésilien justifiant ces annulations et a exigé des compagnies aériennes des informations urgentes concernant le réacheminement des passagers.

Les Brésiliens en France ont largement voté Lula à plus de 80 %

Certains des résultats des Brésiliens de l’étranger situés en Europe sont connus, d’après plusieurs médias sourçant le tribunal supérieur électoral.

En France, 10 676 personnes ont voté pour Lula (83,96 %), contre 2 039 pour Flavio Bolsonaro (16,04 %). Si les résultats ne sont pas aussi tranchés chez nos voisins, la balance a aussi penché en faveur du président sortant : 68,42 % des voix en Espagne (9 293 votes), 56,68 % en Suisse (7 089 voix), 80,13 % aux Pays-Bas (5 578 voix) ou encore 58,72 % en Belgique (3 064 votes).

Tous les bulletins n’ont pas encore été dépouillés en Allemagne, en Italie et au Portugal.

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En retard sur le candidat d’extrême droite à l’issue du premier tour de la présidentielle, le 4 octobre, le président sortant a depuis bénéficié de la mobilisation massive de ses partisans. Et a pris quelques mesures de dernière minute pour tenter de remporter un quatrième mandat à l’issue du second tour, ce dimanche.

Bonjour tout le monde,

Vous êtes nombreux à nous poser cette question.

Les bureaux de vote ferment à 21 heures, heure de Paris (17 heures, heure de Brasilia) et, le président du tribunal supérieur électoral brésilien, Kassio Nunes Marques, estime que le vainqueur de l’élection sera connu entre 00 h 30 et 1 heure (entre 20 h 30 et 21 heures, heure de Brasilia). Sans être une certitude, mais « c’est ce qui se produit pratiquement à chaque élection », a-t-il affirmé.

Qui a voté pour Lula ou pour Flavio Bolsonaro au premier tour ?

Le président de gauche, Lula, garde l’avantage chez les femmes, les précaires, les catholiques et les plus de 60 ans. Mais son avance s’est réduite chez les 16-24 ans et il est devancé par son adversaire d’extrême droite, Flavio Bolsonaro, chez les classes moyennes.

Plus d’éléments de réponse dans cet article d’Anne-Dominique Correa, correspondant du Monde à Rio de Janeiro, et Flavie Holzinger et Véronique Malécot, infographistes.

Japon, Australie, Emirats arabes unis… Qu’ont voté les Brésiliens de l’étranger ?

Quelque 918 000 Brésiliens installés à l’étranger – sur plus de 158 millions d’inscrits dans le corps électoral brésilien – ont été invités à voter. Selon différents médias ayant compilé les données communiquées par le tribunal supérieur électoral, voilà quelques-uns des résultats du second tour, qui mobilise plus que le premier :

  • Japon : Flavio Bolsonaro a obtenu 28 538 voix (80,08 %), Lula 7 098 voix (19,92 %).
  • Australie : Lula a obtenu 6 017 voix (63,46 %), Flavio Bolsonaro 3 465 voix (36,54 %).
  • Emirats arabes unis : Flavio Bolsonaro a obtenu 772 votes (54,56 %), Lula 643 voix (45,44 %).
  • Liban : Lula a obtenu 1 205 voix (87,32 %), Flavio Bolsonaro 175 voix (12,68 %).
  • Israël : Flavio Bolsonaro 699 voix (80,81 %), Lula a recueilli 166 voix (19,19 %).
  • Jordanie : Lula a obtenu 725 voix (90,51 %), Flavio Bolsonaro 76 voix (9,49 %).

📷 A travers tout le pays, les images des électeurs brésiliens aux urnes

Une policière monte la garde devant un bureau de vote, lors du second tour de l’élection présidentielle brésilienne à Sao Paulo, le 25 octobre 2026. Une policière monte la garde devant un bureau de vote, lors du second tour de l’élection présidentielle brésilienne à Sao Paulo, le 25 octobre 2026.
Un électeur dépose son bulletin de vote, lors du second tour de l’élection présidentielle présilienne à Autazes, dans l’Etat d’Amazonas, le 25 octobre 2026. Un électeur dépose son bulletin de vote, lors du second tour de l’élection présidentielle présilienne à Autazes, dans l’Etat d’Amazonas, le 25 octobre 2026.
Des électeurs arrivent en bateau dans un bureau de vote à Iranduba (Etat d’Amazonas, Brésil), le 25 octobre 2026. Des électeurs arrivent en bateau dans un bureau de vote à Iranduba (Etat d’Amazonas, Brésil), le 25 octobre 2026.
Des personnes attendent leur tour, dans un bureau de vote installé au Colegio Zaccaria, à Rio de Janeiro (Brésil), le 25 octobre 2026. Des personnes attendent leur tour, dans un bureau de vote installé au Colegio Zaccaria, à Rio de Janeiro (Brésil), le 25 octobre 2026.
Un bureau de vote à Belo Horizonte, dans l’Etat du Minas Gerais (Brésil), le 25 octobre 2026. Un bureau de vote à Belo Horizonte, dans l’Etat du Minas Gerais (Brésil), le 25 octobre 2026.

Après des annulations de vols, le hashtag « Laissez le Nordeste voter » monte sur les réseaux sociaux

Le hashtag « Laissez le Nordeste voter » apparaît ce dimanche matin dans les tendances des médias sociaux les plus partagés au Brésil. En cause : des vols annulés par les compagnies Gol, Latam et Azul au départ des villes du sud vers le nord-est ; la région qui vote traditionnellement pour le Parti des travailleurs de Lula. Gol devenant Golpe (« coup d’Etat ») dans les posts, a assuré dans un communiqué qu’elle va affréter d’autres avions, mais ni Latam ni Azul n’ont expliqué les annulations vers Recife et Fortaleza. Les internautes rappellent l’élection de 2022, lorsque la police des routes avait bloqué, sans raison, des autobus dans le Nordeste.

De même, vendredi soir, le président du tribunal supérieur électoral, Kassio Nunes Marques, nommé par Jair Bolsonaro, a annulé la décision de la justice fédérale qui avait ordonné à l’Etat d’assurer le transport des communautés autochtones vers les bureaux de vote. Dans de nombreuses communautés, l’accès aux urnes implique de longs trajets parfois par voie fluviale aux coûts financiers importants. Les peuples autochtones votent dans l’immense majorité à gauche et le hashtag « Laissez les indigènes voter » est massivement partagé.

Les réseaux sociaux montrent aussi la mobilisation des électeurs qui n’avaient pas voté au premier tour, pour voter cette fois pour le président Lula. Les vidéos sur les gares routières bondées avec des drapeaux du Parti des travailleurs traduisent l’espoir des militants de gauche : « L’absentéisme du premier tour est aujourd’hui aux urnes », écrit un internaute. 

Anne Vigna (Brésil, correspondance)

Bonjour tout le monde,

Vous êtes nombreux à nous poser cette question.

Les bureaux de vote ferment à 21 heures, heure de Paris (17 heures, heure de Brasilia) et, le président du tribunal supérieur électoral brésilien, Kassio Nunes Marques, estime que le vainqueur de l’élection sera connu entre 00 h 30 et 1 heure (entre 20 h 30 et 21 heures, heure de Brasilia). Sans être une certitude, « c’est ce qui se produit pratiquement à chaque élection », a-t-il affirmé.

Qui sont les deux candidats, Lula et Flavio Bolsonaro ?

D’un côté, Luiz Inacio Lula da Silva, président sortant de gauche :

  • Il fêtera ses 81 ans la semaine prochaine et mène sa dernière bataille. Il espère arracher un retournement après son revers du premier tour, où il est arrivé en deuxième place avec 45 % des voix contre 47 % pour son rival.
  • Briguant un quatrième mandat non successif, il s’est posé en défenseur de la démocratie et en rempart contre les Etats-Unis et leurs pressions commerciales et diplomatiques.
  • Les électeurs doivent « choisir un pays où le drapeau est respecté », a-t-il dit d’une voix très fatiguée après avoir voté, accusant son rival de vouloir « gouverner avec le drapeau américain ».
  • Durant le troisième mandat, le chômage a connu une baisse historique et l’inflation a été relativement maîtrisée. Mais les électeurs se plaignent du coût de la vie et sont exaspérés par la violence.

De l’autre, le candidat d’extrême droite, Flavio Bolsonaro :

  • L’homme de 45 ans veut un rapprochement avec les Etats-Unis. Il promet aussi de durcir la lutte contre la criminalité et de tailler dans les dépenses publiques.
  • Il est le fils de Jair Bolsonaro, allié de Donald Trump et ancien président du Brésil (2019-2023), condamné à une peine de vingt-sept ans de prison purgée en résidence surveillée pour avoir cherché à s’accrocher au pouvoir après sa réélection manquée en 2022.
  • Flavio Bolsonaro s’est présenté comme « plus modéré » que son père, tout en revendiquant son héritage. Il a annoncé que, s’il est élu, son premier geste sera de le libérer. Sous la présidence de son père, la destruction de la forêt amazonienne s’était accélérée. Au contraire, sous Lula, le déboisement dans la plus grande forêt tropicale du monde a atteint son niveau le plus bas en quatre décennies.

Dans le centre historique de Sao Paulo, le rouge du Parti des travailleurs l’emporte : « Lorsque Jair Bolsonaro était au pouvoir, j’ai été persécutée à l’école »

Place Franklin-Roosevelt, dans le centre historique de São Paulo, le rouge, la couleur du Parti des travailleurs (gauche) l’emporte largement. On vient voter avec un autocollant de Lula collé sur le cœur, à l’image de Claudiana Gois dos Santos, une institutrice. « J’ai, comme les sondages, 50 % d’espérance et 50 % d’appréhension. Lorsque Jair Bolsonaro [2019-2023] était au pouvoir, j’ai été persécutée à l’école. A l’époque j’étudiais, ma bourse n’a pas été revalorisée et le système de santé public était en plein délabrement. C’était épouvantable de vivre avec le démantèlement du ministère de la culture et du ministère du travail, sur fond de montée de la violence », raconte-t-elle les larmes aux yeux.

Claudiana Gois, à Sao Paulo, le 25 octobre 2026. Claudiana Gois, à Sao Paulo, le 25 octobre 2026.
Des partisans du président brésilien, Luiz Inacio Lula da Silva, attendent son arrivée, à Sao Bernardo do Campo, le 25 octobre 2026. Des partisans du président brésilien, Luiz Inacio Lula da Silva, attendent son arrivée, à Sao Bernardo do Campo, le 25 octobre 2026.

M. Tupinamba est l’un des rares à porter un tee-shirt jaune et vert avec le visage de Flavio Bolsonaro. « Je suis de droite, pas un extrémiste bolsonariste, mais c’est Flavio qui représente la droite dans cette élection. Il est bien plus équilibré que son père, Jair, il est plus ouvert au dialogue. » Ce retraité du marché financier apprécie chez le candidat d’extrême droite « son programme de réduction des impôts, des dépenses publiques, et l’investissement qu’il promet dans la sécurité. » Selon lui, la démocratie n’est pas en danger avec le retour des Bolsonaro au pouvoir et il ne croit pas que Jair Bolsonaro a mené une tentative de coup d’Etat en janvier 2019 : « Un coup d’Etat avec des gens qui tiennent une bible à la main ? C’était une blague, un coup d’Etat, cela implique des chars dans la rue. »

Anne Vigna (Brésil, correspondante)