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Après le défilé, notre journaliste Elise Vincent, chargée des sujets de défense, a répondu à vos questions. Cette année, la parade militaire était placée sous le signe du « réveil stratégique de l’Europe », dans un contexte de menaces sur le front est et de désengagement américain.
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C’est la fin du tchat avec Elise Vincent
Vous avez été nombreuses et nombreux à poser des questions à Elise Vincent, journaliste du Monde chargée de sujets de défense.
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Il y avait effectivement des sapeurs-pompiers qui défilaient, mais pas des proportions à même d’entraver les opérations actuelles pour maîtriser les incendies de forêts.
Elise Vincent
« Le défilé du 14-Juillet demeure une tradition, mais qui est fortement réinvestie à la faveur de la dégradation du contexte international »
Il est toujours difficile de mesure l’impact d’un tel défilé à l’étranger, qui plus est auprès de pays « compétiteurs » de la France, comme on les appelle. Le défilé du 14-Juillet demeure donc une tradition, mais qui est fortement réinvestie à la faveur de la dégradation du contexte international. C’est le cas dans beaucoup de pays en Europe. Le but des organisateurs est toujours de permettre différents niveaux de lecture : les néophytes peuvent y trouver leur compte, tout comme les adversaires de la France, qui pourront observer certains détails techniques.
Elise Vincent
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La force opérationnelle terrestre (FOT), c’est-à-dire le nombre de militaires que la France est en mesure de déployer en même temps sur un théâtre est, au maximum, de 77 000 hommes (sur un total de 265 000 effectifs, toutes unités et services confondus).
En pratique, aujourd’hui, ces effectifs sont toutefois dispatchés dans différentes missions. Le temps pour produire des munitions, lui, est très variable d’un vecteur à un autre. Il est par ailleurs hautement classifié. Mais pour les missiles les plus complexes, on sait qu’il peut être de plusieurs mois.
Les drones quant à eux, sont désormais omniprésents au sein des forces. Il n’y a plus une unité française qui n’a pas des drones à disposition. Ils restent toutefois en quantité limitée. Et l’enjeu est moins d’en avoir en quantité, que de s’entraîner à les utiliser. Combattre avec des drones est en effet extrêmement technique et demande un travail de coordination nouveau aux armées.
Elise Vincent
« LFI a régulièrement voté contre les lois de programmation militaires. Moins pour s’opposer à la hausse des crédits de défense, que pour en contester le fléchage »
Il est difficile d’anticiper, mais ce qui est certain, c’est que ces dernières années, la France Insoumise (LFI) a régulièrement voté contre les lois de programmation militaires. Moins pour s’opposer à la hausse des crédits de défense, que pour en contester le fléchage. LFI interroge par exemple la pertinence du porte-avions, et la façon dont fonctionne la dissuasion nucléaire. LFI est aussi hostile aux projets industriels en coopération, comme le char du futur, et aux investissements dans l’OTAN.
Elise Vincent
« D’importants freins à la féminisation des armées perdurent »
La féminisation des armées reste effectivement encore très limitée, autour de 10 % en moyenne dans l’armée de terre, 15 % dans la marine, et 25 % au sein de l’armée de l’air. De gros efforts sont faits pour essayer de recruter des femmes et d’en fidéliser plus. Les campagnes de recrutement y veillent. Mais d’importants freins perdurent : notamment à l’entrée de carrière, dans certaines écoles militaires, où une petite frange d’élèves traditionalistes entretiennent des comportements très hostiles aux femmes. Dans un second temps, les femmes sont aussi souvent entravées dans leur carrière opérationnelle lorsqu’elle désire fonder une famille. Les militaires français sont en effet déployés plusieurs mois par an.
Elise Vincent
« A partir de 2027, l’enjeu est plutôt de savoir comment la poursuite de l’effort de défense va être effectuée »
Le réarmement lancé par le chef de l’Etat en 2017, dont la loi de programmation militaire (LPM) planifie les investissements jusqu’en 2030, dépend effectivement, à partir de 2027, de l’issue de l’élection présidentielle. La LPM n’est en effet pas un texte contraignant en soi, sauf pour sa partie normative. Son application dépend du vote des projets de loi de finances, soumis, chaque fin d’année calendaire, au parlement. Toutefois, le rassemblement national (RN) fait partie des formations politiques qui ont largement voté en faveur des LPM proposées par l’exécutif. L’enjeu, à partir de 2027, est plutôt de savoir comment la poursuite de l’effort de défense va être effectué. La France n’a en effet actuellement pas les moyens de ses ambitions, sauf à s’endetter plus. Il reviendra au futur président élu de décider où trouver des marges de manoeuvres budgétaires.
Sur la Russie, le RN a effectivement une lecture très différente de M. Macron sur le rapport de force avec Moscou. Mais le RN pourrait moins être tenté de réduire la voilure sur le plan bugdétaire, que de basculer les efforts et les équipements acquis sur d’autres théâtres, l’Afrique notamment.
Elise Vincent
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Il n’y a pas beaucoup de données précises sur le sujet, mais un document budgétaire annexe au projet de loi de finance 2024, estimait ce coût à 3,5 millions d’euros.
« Les armées sont sensibles aux enjeux climatiques, moins pour des considérations environnementales, que pour des questions de sobriété énergétique, et donc de coût, et d’endurance au combat »
Bonjour, ne croyez pas que les armées sont insensibles à ce sujet. Oui, tous les véhicules qui ont défilé étaient avec des moteurs ordinaires, mais il y a des réflexions de plus en plus poussées pour trouver des solutions alternatives. Moins pour des considérations environnementales stricto sensu, que pour des questions de sobriété énergétique, et donc de coût, et d’endurance au combat. C’est surtout dans le domaine naval que les expérimentations se multiplient. Mais l’armée de l’air et l’armée de terre examinent également des alternatives. L’armée de l’air réfléchit notamment à des carburants de synthèse, et l’armée de terre à des moteurs hybrides. Je vous invite à relire cet article sur le sujet :
Elise Vincent
« Il était cohérent que Donald Trump ne soit pas invité »
Le président américain Donald Trump avait été invité d’honneur pour le premier défilé du 14-Juillet d’Emmanuel Macron, en 2017. Chaque année, les invités d’honneur change, avec, idéalement, un souci de cohérence géopolitique. Alors que la coalition des volontaires était à l’honneur cette année, et que cette coalition est censée être capable d’intervenir en Ukraine sans l’aide des Américains, il était cohérent que M. Trump ne soit pas invité. Ce dernier est toutefois passé à Paris très récemment, mi-juin, et a été reçu en grande pompe à Versailles, notamment pour un protocole d’accord de paix avec l’Iran.
Elise Vincent
« C’est le choix de la France de ne pas exhiber ses missiles le 14-Juillet »
Bonjour, nous n’avons pas vu de missiles car cela n’a pas été le choix de la France d’exhiber ses capacités dans ce domaine. Dans un certain nombre de pays comme la Russie, la Chine, ou l’Iran, c’est effectivement beaucoup plus courant. Mais le signalement est différent. Ces pays sont dans des logiques militaires où les capacités balistiques, offensives ou défensives, sont beaucoup plus au coeur de leur stratégie de défense nationale. Pour la France, l’enjeu de ce défilé était plus de montrer qu’elle est capable de déployer des troupes au sol, des aéronefs ou des forces navales prêtes à toutes formes de combat.
Elise Vincent
Douze membres de la BRAV-M, unité très contestée, ont descendu les Champs-Elysées
Au moins cinq policiers de la brigade de répression de l’action violente motorisée ont été condamnés pour violences.
Dans une tribune au Monde, Arié Alimi, avocat et ancien vice-président de la Ligue des droits de l’homme, déplore que les policiers de la très contestée brigade de répression de l’action violente motorisée défilent pour la première fois sur les Champs-Elysées. Il pointe un geste politique qui banalise la violence policière.
Réarmement (4/4) | Où en sont les Européens ?
Les Européens de l’OTAN et le Canada ont augmenté de plus de 70 % leurs budgets militaires depuis l’invasion de l’Ukraine en 2022, selon les données de l’Alliance atlantique. Les pays Baltes et la Pologne dépassaient déjà en 2025 la cible des 3,5 %, suivis par les pays nordiques.
En Allemagne, le projet de budget pour 2027 prévoit une augmentation du budget de défense de 33 % par rapport à 2026, à 110 milliards d’euros, auxquels s’ajoutent des crédits du fonds spécial créé en 2022, soit un total de 140 milliards d’euros et 154 l’année suivante. Berlin, qui a longtemps sous-investi dans sa défense et n’y consacrait que 47 milliards d’euros en 2021, entend disposer de l’armée conventionnelle la plus puissante d’Europe, mais sa remontée en puissance sera « plus longue et coûteuse » que celle de la France, observe l’institut français des relations internationales.
Au Royaume-Uni, le premier ministre démissionnaire Keir Starmer a annoncé le 30 juin un effort de 15 milliards de livres (17,3 milliards d’euros) supplémentaires sur les quatre prochaines années, soit un total de 300 milliards de livres (348 milliards d’euros) d’ici 2030.
Ce plan est « une amélioration » mais « la majeure partie de l’argent est consacrée à des projets d’ampleur » déjà prévus comme la dissuasion nucléaire, le programme mondial d’avion de combat aérien – initiative menée par l’Italie, le Japon et le Royaume-Uni visant à développer un avion de chasse furtif de sixième génération –, et à un rattrapage en termes d’infrastructures et de munitions, et non à de « nouvelles capacités », a souligné Bence Nemeth à l’Agence France-Presse, spécialiste de la défense au King’s College de Londres.
Vous pouvez lire le post consacré à l’effort financier (cliquer ici), la situation en 2030 (cliquer ici) et l’objectif de 3,5 % du PIB d’ici à 2035 (cliquer ici).
Posez vos questions à Elise Vincent qui y répondra à partir de 12 h 45
Rapport d’Emmanuel Macron aux armées, échec de l’avion de combat franco-allemand du SCAF, défis industriels… Elise Vincent, journaliste chargée des enjeux de défense au Monde, répondra à vos questions à partir de 12 h 45.
Veuillez précéder votre question du mot TCHAT.
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Le dernier défilé du 14-Juillet d’Emmanuel Macron a pris fin
Une dernière « Marseillaise » est entonnée
Une animation finale pour fêter les 400 ans de la marine
Fondée en 1626 sous l’impulsion du cardinal de Richelieu, la marine fête ses 400 ans. L’animation finale vise à « met[tre] en lumière la double dynamique, historique et contemporaine, portée par la musique et l’engagement des femmes et des hommes », dans un « contexte marqué par le retour des conflits de haute intensité, notamment avec la guerre en Ukraine, l’Europe connaît un réveil stratégique majeur », selon le ministère des armées
La musique de la marine nationale s’associe au bagad de Lann-Bihoué. Des étendards sur lesquels sont inscrits les valeurs de la marine « Honneur, patrie, valeur, discipline » et les musiciens se sont positionnés pour former un « 400 ».
Puis des jeunes avec différents drapeaux de pays se sont présentés devant la tribune officielle avant de déployer le drapeau française.
Le régiment de cavalerie de la garde républicaine descend les Champs-Elysées
Emblème du 14-Juillet, le régiment de la cavalerie de la garde républicaine défile avec 193 chevaux. La fanfare de cavalerie est en tête suivie des différents commandants, l’étendard, sa garde et des 3 escadrons à 54 cavaliers.


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