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EN DIRECT - 1200 interpellations, 150 policiers et gendarmes blessés, l’hôtel de ville de Limoges ravagé : la colère et la sidération après une journée de chaos

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10:01

«Un cauchemar absolu» : scènes de désolation à Paris ce matin

La rue Saint-Denis est jonchée d’éclats de verre et de débris, au lendemain d’une journée de mobilisation qui a viré au chaos. Sous les centres des barricades et des vélos, des volutes de fumée s’élèvent encore. Une odeur de brûlé s’en dégage. Plusieurs voitures ont été brûlées, la boutique Celio a été pillée.

«It is an absolute nightmare, what is wrong with French people», (c’est un cauchemar absolu, qu’est ce qui cloche avec les Français, NDLR) lance un touriste étranger sur son vélo électrique.

Au niveau de grands boulevards, les camions ont déblayé sommairement, juste pour permettre aux voitures de circuler.

Des poubelles brûlées rue Saint-Denis. Jeanne Durieux pour Le Figaro

Une poubelle brûlée au milieu du boulevard de Bonne-Nouvelle. Jeanne Durieux pour Le Figaro

Des voitures brûlées et des boutiques saccagées, à Paris, 18 octobre 2026. Jeanne Durieux pour Le Figaro

Par Jeanne Durieux.

09:39

Dans le département du Nord, 56 policiers et un sapeur-pompier blessés, deux boutiques incendiées à Lille

Dans un communiqué, la préfecture du département du Nord a indiqué que 25.890 personnes ont participé à des manifestations à Lille, Douai Dunkerque, Maubeuge et Valenciennes. Si ces manifestations se sont «globalement déroulées dans le calme», «près de 2000 éléments violents ont affronté les forces de l’ordre dès 12H30», et jusqu’à tard le soir, «avec un niveau d’intensité très haut».

Deux commerces - un restaurant Macdonalds et un magasin - ont été incendiés. Plusieurs centaines de personnes ont aussi tenté, à plusieurs reprises et sans succès, «d’envahir la mairie», relate la préfecture. Par ailleurs, 69 personnes ont été interpellées. «Les sapeurs-pompiers ont pris en charge 34 personnes» caractérisées de «blessés légers», tandis que les forces de l’ordre déplorent 56 policiers blessés et un pompier.

09:33

La mairie de Paris déplore un «manque de moyens» policiers contre les pillages

La première adjointe PS au maire de Paris, Lamia El Aaraje, a déploré dimanche «un manque de moyens» policiers pour mettre un terme aux scènes de pillages constatées samedi jusque dans la nuit dans de nombreux secteurs de la capitale.

«Il y a eu clairement, je dirais, un manque de moyens hier soir sur la capitale», «ce n’est pas acceptable de voir à l’image des gens saccager des commerces et s’en prendre physiquement» à des bâtiments, a critiqué sur franceinfo le bras droit du maire socialiste Emmanuel Grégoire. L’élue a évoqué «un niveau de violence que nous n’avons, je crois, jamais vu» à Paris.

09:23

Hôteliers et restaurateurs ne veulent pas être les «victimes collatérales» des violences

Une vitrine endommagée à proximité de la place de la République, le 18 octobre. Abdul Saboor / REUTERS

«Nos établissements ne sont pas des défouloirs. Nos professionnels ne peuvent pas être, manifestation après manifestation, ceux qui paient la facture des violences», a déploré dimanche le nouveau président de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (Umih), Franck Chaumes, cité dans un communiqué de la principale organisation du secteur hôtelier.

«Ces violences qui frappent nos établissements sont inacceptables», note l’Umih dans ce communiqué, en relevant que «le droit de travailler, d’entreprendre et d’accueillir ses clients en sécurité» constitue une liberté fondamentale, au même titre que le droit de manifester. «Nous ne voulons pas être les victimes collatérales» de ces violences, a abondé le nouveau vice-président de l’Umih, Valentin Prudon, dimanche sur RMC en lançant un «appel au calme».

Les saccages et pillages survenus samedi en marge des manifestations contre la vie chère dans plusieurs grandes villes françaises ont entraîné «des annulations de fait» dans des établissements devenus «inaccessibles du fait des violences», a-t-il expliqué. Notant qu’il était encore trop tôt pour donner des chiffres précis de l’impact sur l’activité des hôtels et restaurants concernés, il a cependant souligné que de nombreux établissements avaient dû fermer en prévision des manifestations ou avaient vu leur activité ralentir.

09:06

Dans la capitale, 13 forces de l’ordre et deux pompiers blessés

Dans la capitale, 13 policiers et gendarmes ont été blessés ainsi que deux sapeurs-pompiers, rapporte la préfecture de police de Paris ce matin. «Ces blessures rappellent la violence des situations auxquelles les personnels mobilisés ont dû faire face», souligne-t-elle.

09:01

À Paris, des groupes violents, «notamment d’ultragauche, ont multiplié les tentatives de blocages», rapporte la préfecture

«La journée du 17 octobre sur l’agglomération parisienne a été marquée par un cortège principal de 110.000 manifestants, qui s’est déroulé sans incident majeur, tandis que plusieurs groupes violents, notamment d’ultragauche, ont multiplié les tentatives de blocages, les cortèges sauvages dans le centre de Paris et des pillages, en particulier dans les secteurs République / Sébastopol et Madeleine / Faubourg Saint-Honoré», rapporte la préfecture de police de Paris.

Les groupes violents, arrivés «en fin d’après-midi», étaient «inhabituellement» plus nombreux que précédemment observé, avec de «500 à plus de 1000 personnes», poursuit le communiqué. «Leur objectif était exclusivement de commettre des vols et des pillages.»

08:43

«Ils ont cassé notre patrimoine» : la désolation et la colère à Limoges

Devant l’hôtel de ville de Limoges, ravagé par les flammes, dimanche 18 octobre 2026. Alix Vermande / Le Figaro

Ce matin, les Limougeauds se réveillent groggy. Beaucoup se sont pressés dès l’aube pour constater les dégâts et immortaliser la scène. Alors que s’échappe encore une légère fumée de la toiture, Jean-Pierre peine à retenir ses larmes : « Je ne pensais jamais voir ça de ma vie. Ils ont cassé notre patrimoine. »

De nombreux véhicules de pompiers et de forces de l’ordre sont encore présents pour sécuriser le périmètre. Les pompiers semblent eux aussi abattus et épuisés après avoir passé la nuit à tenter de limiter les ravages du feu.

Alix Vermande, à Limoges

08:42

Paris : 855 interpellations en marge du 17 octobre

Un total de 855 interpellations dans l’agglomération parisienne, selon un dernier bilan partagé par la préfecture de police de Paris. Au lendemain d’une intense journée de mobilisation qui a viré au chaos, la préfecture de la capitale a indiqué par communiqué que «grâce à l’intervention déterminée des forces de l’ordre, la situation a pu être stabilisée à partir de 23 heures.»

«Les opérations de contrôles se sont poursuivies en aval, notamment dans les transports, permettant la découverte et la saisie de nombreux biens volés», poursuit le communiqué. «Si le bilan précis des commerces dégradés ou pillés reste à consolider, l’ampleur des dommages constatés est significative.»

Le dernier bilan du jour, à 8 heures, fait état de 855 interpellations. «Le travail judiciaire se poursuit. L’exploitation des images de vidéoprotection, notamment, doit permettre d’identifier et de confondre d’autres auteurs dans les prochains jours», assure la préfecture.

08:34

Incendie de la mairie de Limoges: «le feu est circonscrit», indique le préfet

L’incendie qui a dévasté l’hôtel de ville de Limoges est «circonscrit», a déclaré le préfet de la Haute-Vienne Maurice Barate, dimanche sur LCI, précisant que les «pompiers sont en train d’éteindre les dernières braises».

«C’est sciemment que le feu a été mis», a dénoncé le représentant de l’État en fustigeant «une horde sauvage» à l’origine du sinistre, qui a très lourdement endommagé l’édifice du 19e siècle, et causé de très nombreux dégâts dans la capitale limousine.

À lire aussi «Il est en grande partie perdu» : les images terribles de l’incendie de l’hôtel de ville de Limoges, en marge de la manifestation du 17 octobre

08:33

«Laurent Nuñez, vous le dites vous-même, vous avez perdu le contrôle» : les nationalistes sortent des archives une vidéo du ministre de l’Intérieur

Un extrait récent, utilisé par des élus RN et UDR. Alors que la journée de mobilisations s’achevait à peine et que les pillages se succédaient, des nationalistes ont publié sur X un passage d’une interview du ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, quelque peu embarrassant. «Nous n’avons pas perdu le contrôle. Perdre le contrôle c’est lorsque vous avez des hordes qui pillent des magasins et commettent des exactions», avait-il déclaré au micro de France Inter le 6 octobre 2026.

«Le gouvernement reconnaît lui même qu’il a perdu le contrôle !», s’est alors exclamé le maire de Nice, Éric Ciotti, en partageant l’extrait. Le député de l’Ain et membre du parti à la flamme Jérôme Buisson s’en amuse aussi : «c’est Laurent Nuñez qui le dit : Laurent Nuñez a perdu le contrôle», écrit-il sur X. Et de l’appeler, dans une autre publication, à démissionner.

Le compte officiel du Rassemblement national s’est aussi emparé de la polémique, et a publié un montage de vidéos de pillages avec, en fond sonore, la fameuse interview du ministre datée du 6 octobre 2026. Le parti l’apostrophe : «Laurent Nuñez, vous le dites vous-même, vous avez perdu le contrôle.»

08:01

Les maires de Paris, Marseille et Lyon demandent des comptes à Sébastien Lecornu

Les maires de Paris, Marseille et Lyon, dont les villes ont été durement frappées par les saccages et les pillages, souhaitent être reçus par le premier ministre dès le début de la semaine. Dans une déclaration commune publiée samedi soir, Emmanuel Grégoire (PS), Benoît Payan (divers gauche) et Grégory Doucet (Les Écologistes) réclament des explications sur les événements qui ont conduit à de telles scènes de violence.

«Nous exigeons qu’un diagnostic précis soit établi, expliquant l’enchaînement d’événements ayant abouti à cette situation. Cela ne peut et doit pas se reproduire», écrivent les trois édiles, qui souhaitent associer à leur démarche les maires des autres communes touchées.

Samedi, Benoît Payan avait notamment dénoncé l’insuffisance des effectifs policiers initialement déployés à Marseille. Laurent Nuñez a fermement rejeté ces critiques dans la soirée, assurant que le dispositif de maintien de l’ordre «n’était pas sous-dimensionné». La gestion policière de cette journée s’annonce comme l’un des principaux sujets de débat politique de ce dimanche.

07:54

«Semeurs de chaos», «choisir son camp», «commandement aberrant» : la classe politique unie dans la condamnation, divisée sur les responsabilités

Les condamnations se sont multipliées samedi soir après les scènes de violences et de pillages qui ont secoué plusieurs villes françaises. Mais derrière l’indignation, les responsables politiques s’opposent sur les causes des débordements et leurs responsabilités.

Pour Marine Le Pen, les revendications sociales ont été «prises en otage par l’extrême gauche» et par les discours des députés insoumis. Jordan Bardella dénonce «les professionnels du chaos», Bruno Retailleau (LR) une «violence anti-flic». Édouard Philippe réclame «la plus grande fermeté».

Si Jean-Luc Mélenchon a appelé au calme dans la soirée - «Ceux qui partagent notre combat n’ont rien à faire dans le pillage, le saccage» -, le tient le «commandement aberrant» de la préfecture largement responsable du chaos. Olivier Faure et Marine Tondelier mettent eux aussi en cause la doctrine du maintien de l’ordre. Raphaël Glucksmann regrette que les revendications des manifestants pacifiques soient «assourdies par le fracas des casseurs».

07:47

À Limoges, l’hôtel de ville est «en grande partie perdu»

L’hôtel de ville de Limoges ravagé par les flammes Lucas Destrem / REUTERS

C’est l’une des images les plus saisissantes de la journée. L’hôtel de ville de Limoges, inauguré en 1883, a été ravagé samedi soir par un incendie vraisemblablement criminel, après l’intrusion d’un groupe d’individus en marge de la manifestation, selon la préfecture. Le feu se serait déclaré à l’intérieur avant de gagner la toiture. «Il est en grande partie perdu», a déclaré le préfet de la Haute-Vienne. Des centaines d’habitants ont assisté, désemparés, au brasier. Les images ont été reprises jusqu’aux États-Unis, où le vice-président JD Vance a imputé les violences à l’immigration.

07:40

1200 interpellations, 150 policiers et gendarmes blessés : le dernier bilan provisoire

Un agent des forces de l’ordre dans une rue parisienne, samedi 17 octobre. Abdul Saboor / REUTERS

Selon le premier ministre Sébastien Lecornu, qui rencontrait hier soir des CRS mobilisés à Paris, le bilan provisoire de cette journée du 17 octobre est de 1200 interpellations et 150 policiers et gendarmes blessés lors des violences survenues en marge des manifestations. «Il est temps de choisir son camp, soit celui de la République, soit celui des casseurs», a lancé le premier ministre, qui estime qu’un «point de non-retour» a été atteint.

Un peu plus tôt, lors d’un point presse, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez avait indiqué que deux policiers avaient été transportés inconscients à l’hôpital, l’un d’eux ayant été touché par un pavé.

À Saint-Étienne, un mineur de 17 ans a été «gravement blessé à la main», selon la préfecture de la Loire. Le parquet a ouvert une enquête, confiée à l’IGPN.

Le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, a demandé aux parquets une réponse judiciaire «extrêmement ferme». Il souhaite que la détention provisoire soit requise contre les auteurs de violences visant les forces de l’ordre, les pompiers, les bâtiments publics et les commerces.

07:38

Bienvenue dans ce direct, au lendemain d’une journée de violences dans toute la France

La France se réveille ce dimanche après une journée de mobilisation du 17 octobre contre la vie chère marquée par des scènes de guérilla urbaine et de pillages dans de nombreuses villes. Selon le ministère de l’Intérieur, 550.000 personnes ont défilé samedi, dont 110.000 à Paris. Les organisateurs revendiquent de leurs côtés 800.000 manifestants.

Commerces pillés à Paris, Marseille, Lyon, Bordeaux, Nantes et Nice, mairies prises pour cible à Marseille et Lille, hôtel de ville de Limoges ravagé par les flammes : la journée laisse un lourd bilan.

Dans la soirée de samedi, le premier ministre Sébastien Lecornu a fait état de 1200 interpellations et de 150 policiers et gendarmes blessés. Suivez avec nous dans ce direct l’évolution des bilans, les réactions politiques et les suites judiciaires.

Les publications apparaîtront ici

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