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Le gouvernement sud-coréen envisage de faire rembourser les traitements contre la calvitie par la Sécurité sociale. Une proposition qui répond à un véritable enjeu de société, mais qui suscite une vive polémique.
Publié le 01/07/2026 09:25
Temps de lecture : 1min
Dans une société où l'apparence reste très codifiée, les hommes chauves se sentent souvent pénalisés, aussi bien dans leur vie professionnelle que sur le marché du mariage (photo d'illustration). (RunPhoto / The Image Bank RF)
En Corée du Sud, le remboursement des traitements contre la calvitie par la Sécurité sociale est de nouveau au cœur du débat, en ce début d'été 2026. Cette proposition, apparue lors des dernières campagnes pour l'élection présidentielle, est portée par Lee Jae-myung, élu depuis à la tête du pays. Le président estime que la calvitie pourrait être considérée comme une maladie à part entière et bénéficier, à ce titre, d'une prise en charge par l'assurance maladie.
L'argument avancé par l'exécutif est d'abord social. En Corée du Sud, les hommes chauves souffrent d'une véritable stigmatisation. Dans une société très normée et encore marquée par une vision traditionnelle de la virilité, l'homme idéal est souvent représenté, dans les médias, avec une épaisse chevelure brune. Ceux qui perdent leurs cheveux se sentent dévalorisés et estiment disposer de moins d'opportunités, aussi bien sur le marché du mariage que sur celui de l'emploi. Le gouvernement souhaite donc modifier la loi avant la fin de l'année 2026 afin que ces traitements, aujourd'hui coûteux, soient remboursés par la Sécurité sociale, au même titre que ceux contre le cancer ou les soins liés à une fracture.
Le projet est cependant loin de faire consensus. Face à la polémique, le ministère de la Santé a annulé un grand forum qui devait réunir, ce week-end, médecins, économistes et spécialistes afin de discuter des modalités de la réforme, notamment du niveau de remboursement et des patients prioritaires. Sur les réseaux sociaux, les critiques se multiplient. Beaucoup jugent scandaleuse cette proposition alors que le pays s'interroge déjà sur le financement futur des soins essentiels pour les maladies les plus graves. Pour les opposants, il s'agit avant tout d'une mesure populiste.
Le coût potentiel de la réforme alimente également les inquiétudes. Les études estiment qu'environ 200 000 personnes supplémentaires sont touchées chaque année par la calvitie en Corée du Sud, principalement de jeunes hommes qui financent aujourd'hui leurs traitements eux-mêmes ou via des assurances complémentaires privées. Si l'État décidait de prendre ces soins en charge, la facture atteindrait environ 700 milliards de wons par an, soit près de 400 millions d'euros. Un montant qui explique pourquoi ce débat dépasse largement la seule question de la chute des cheveux.


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