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Engluées dans une lutte pour dominer le marché, les plateformes privent simultanément les restaurants de leurs marges et de leur clientèle en salle.

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Un restaurant traditionnel  servant des  « hotpot » chinois à Pékin, en Chine, le 8 juillet 2026. Un restaurant traditionnel servant des « hotpot » chinois à Pékin, en Chine, le 8 juillet 2026.

Au sous-sol du Pacific Century Place, soit deux immeubles de bureaux de 24 étages situés au centre de Pékin, la « Food Street » a grise mine. Ces douze derniers mois, sur ses 18 restaurants, deux ont changé d’enseigne, huit ont fermé. « Le loyer est trop haut, les profits trop bas, et les travailleurs préfèrent se faire livrer aux étages, c’est moins cher », résume l’un des derniers restaurateurs, spécialisé dans les nouilles au porc haché pimenté.

Depuis l’arrivée fracassante de JD. com dans le secteur de la livraison de repas, en février 2025, l’entreprise d’e-commerce livre une bataille sans merci à ses concurrents Taobao Shangou et Meituan, imposant des rabais intempestifs sur les tarifs des mets des millions de restaurants avec lesquels ils collaborent. L’objectif : conquérir ou conserver la première place sur ce marché.

Entre le deuxième trimestre 2025 et le premier trimestre 2026, les trois plateformes ont ainsi dépensé l’équivalent de 28 milliards d’euros en subventions pour la livraison de repas. Meituan, le leader, a essuyé 620 millions d’euros de perte au premier semestre. Sans surprise, cette injection massive a artificiellement fait grimper le volume quotidien de commandes, passant de 85 millions à 160 millions de commandes par jour, selon une estimation de Goldman Sachs, publiée en août. Reste que cette réalité a profondément transformé l’industrie de la restauration chinoise : les établissements se retrouvent submergés de travail pour des marges quasi nulles, tout en voyant leur clientèle en salle diminuer.

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