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Le tribunal administratif de Rennes avait ordonné, en mars 2025, au préfet de Bretagne de renforcer son action contre les pollutions au nitrate sous dix mois.
Par Maïwenn Furic avec AFP

VINCENT FEURAY / Hans Lucas via AFP
Depuis 1971, des tonnes d’algues vertes s’échouent chaque année sur les plages bretonnes. En pourrissant, elles dégagent du sulfure d’hydrogène, un gaz mortel en cas d’exposition à de fortes concentrations.
Enfin des mesures pour lutter contre les algues vertes en Bretagne. La préfecture de région a annoncé ce vendredi 28 août de nouvelles mesures pour lutter contre cette pollution liée à l’agriculture intensive et qui persiste malgré plusieurs plans d’actions et une condamnation de l’État.
Ces annonces sont une réponse partielle et tardive au tribunal administratif de Rennes, qui en mars 2025 avait ordonné au préfet de Bretagne de renforcer son action contre les pollutions au nitrate sous dix mois. « Malgré les progrès enregistrés ces dernières années, la qualité des eaux bretonnes stagne désormais dans plusieurs secteurs sensibles », reconnaît la préfecture dans un communiqué.
La « nouvelle stratégie » de l’État vise à mieux cibler « les exploitations identifiées comme présentant un risque plus élevé de fuites de nitrates » pour réduire ces fuites, tout en allégeant certaines contraintes administratives pour les agriculteurs. Elle prévoit aussi un renforcement des mesures sur 20 % de la surface agricole pour « protéger les milieux les plus fragiles ».
Le nouveau Programme d’Actions Régional nitrates (PAR), matérialisé par un arrêté préfectoral, entrera en vigueur au 1er septembre 2026. Les premières analyses de sol seront réalisées à partir d’octobre 2026.
Une pollution aux algues vertes mortelle
Depuis 1971, des tonnes d’algues vertes s’échouent chaque année sur les plages bretonnes. En pourrissant, elles dégagent du sulfure d’hydrogène, un gaz mortel en cas d’exposition à de fortes concentrations. Les conséquences sont multiples : des ostréiculteurs envahis, des plages fermées au public, jusqu’à des décès suspects. En juin 2025, la justice a reconnu le lien entre les algues vertes et le décès d’un joggeur dans les Côtes-d’Armor.
Selon un rapport de la Cour des comptes de 2021, cette prolifération d’algues vertes est « à plus de 90 % d’origine agricole », dans une région connue pour ses élevages intensifs. La France en est à son septième programme d’action régional depuis 2010 et des millions d’euros de financements publics, sans avoir réussi à endiguer le problème. Cet été encore des dizaines de tonnes d’algues vertes se sont échouées sur les plages bretonnes.
La Cour des comptes a également demandé de muscler les actions contre les algues vertes en Bretagne, faisant valoir leurs « conséquences importantes en termes de sécurité, de santé, de coûts et d’image » ainsi que leur « impact sur les écosystèmes ». Elle avait pointé les résultats insuffisants et le manque de stratégie globale de l’État face au problème.


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