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L'ŒIL DU HUFF US
Donald Trump espère obtenir l’autorisation du Congrès pour construire son projet pharaonique. Dans le cas contraire, la démolition de l’aile Est pourrait n’avoir servi à rien.
Ce qui était autrefois l’aile Est de la Maison-Blanche n’est désormais plus qu’un immense trou béant dans le sol de Washington. Et sauf si les tribunaux viennent finalement au secours du président, ce trou pourrait rester là très longtemps. Car si Donald Trump entend y faire construire une salle de bal à son image, un tribunal a estimé qu’il devait obtenir l’approbation du Congrès.
Pour ce faire, les républicains ont rédigé un projet de loi prévoyant 1 milliard de dollars pour ce projet puis l’ont abandonné avant de quitter Washington avec colère après que Donald Trump a proposé la création d’un fonds de 1,8 milliard de dollars pour indemniser les émeutiers du Capitole le 6 janvier 2021.
Si le Congrès refuse d’autoriser la construction de la salle de bal, et que les tribunaux refusent eux aussi, il est difficile de voir comment cet immense trou sur le terrain de la Maison-Blanche pourrait devenir prochainement une luxueuse salle de réception dorée. « Voilà ce qui arrive quand on ne planifie pas, qu’on ne consulte personne et qu’on n’a pas de direction claire, a déclaré au HuffPost le sénateur démocrate du Delaware Chris Coons. Je ne peux pas imaginer meilleure représentation du chaos et de la corruption de cette Maison-Blanche que de célébrer notre 250e anniversaire avec un énorme trou dans le sol parce qu’il n’a pas réussi à convaincre son propre parti de lui donner un fonds discrétionnaire d’un milliard de dollars pour construire une salle de bal dorée. »
Pourquoi une ONG conteste le projet en justice
Ce projet de rénovation de la Maison-Blanche est extrêmement impopulaire, et le chantier pourrait facilement devenir le symbole des ambitions autoritaires et mégalomanes inachevées de son second mandat. Au moment même où Trump avait besoin des républicains au Congrès pour l’aider, il les a exaspérés en soutenant des candidats opposés à plusieurs élus sortants clés, dans une démonstration de domination politique. « Peut-être que le prochain président gardera simplement ce trou dans le sol pour nous souvenir de ne plus jamais élire quelqu’un d’aussi corrompu et irresponsable », a déclaré le sénateur démocrate du Connecticut Chris Murphy, qui ambitionne lui-même de devenir ce fameux prochain président.
Le fait que Trump n’ait pas officiellement informé les commissions chargées par le Congrès de superviser l’aménagement de la capitale dans le respect du patrimoine historique lorsqu’il a lancé son projet de salle de bal commence à apparaître comme une grave erreur.
Le National Trust for Historic Preservation, une organisation à but non lucratif créée par le Congrès afin de sensibiliser le public aux menaces pesant sur le patrimoine architectural du pays, a intenté un procès en décembre. L’administration a soutenu que le Congrès avait déjà donné son accord dans une loi de 1948 autorisant la Maison-Blanche à utiliser des fonds pour des opérations telles que « l’entretien, la réparation, la modification, le réaménagement, l’amélioration, la climatisation, le chauffage et l’éclairage » de la résidence exécutive.
Mais le juge fédéral Richard Leon, nommé par George W. Bush, a donné raison au National Trust. Il a rappelé que le Congrès avait déjà autorisé d’importants travaux de modernisation à la Maison-Blanche et qu’il pouvait facilement le refaire, soit en votant une enveloppe budgétaire importante, soit en approuvant le projet de Trump financé par des donateurs privés. Le juge s’est d’ailleurs moqué de l’argument du gouvernement selon lequel un « grand trou » dans le sol exposerait le président à un danger, écrivant que « l’existence d’un “grand trou” à côté de la Maison-Blanche est, bien entendu, un problème créé par le président lui-même ! »
Une cour d’appel a suspendu l’injonction de Leon bloquant les travaux jusqu’à une audience sur le fond prévue début juin. En attendant, les ouvriers sont donc autorisés à poser les fondations souterraines.
Trump pourrait s’en remettre à la Cour suprême
Carol Quillen, présidente du National Trust for Historic Preservation, n’est pas opposée par principe à une salle de bal. Mais pour elle, il est indispensable que le président obtienne l’adhésion des différentes parties prenantes, y compris du Congrès. « Ce n’est pas simplement de la bureaucratie pour le plaisir de la bureaucratie, a-t-elle expliqué au HuffPost. Le processus imposé par la loi aboutit souvent à un meilleur projet, un projet qui répond aux besoins modernes tout en respectant les ressources historiques de notre nation, et aussi un projet bénéficiant d’un plus large soutien du public, donc susceptible de laisser un héritage plus durable. »
Alors qu’elle défend le projet devant les tribunaux, la Maison-Blanche a demandé aux républicains du Congrès d’ajouter 1 milliard de dollars pour la construction de la salle de bal à un projet de loi sur le contrôle de l’immigration qu’ils prévoyaient d’adopter, affirmant que cet argent était nécessaire pour renforcer la sécurité du projet après la tentative d’assassinat visant Trump lors d’un gala de la presse US. Cette semaine, les républicains semblaient prêts à retirer le financement de la salle de bal de leur projet de loi sur l’immigration, mais ils ont finalement abandonné complètement le texte après que le ministère de la Justice a annoncé un nouveau fonds destiné à indemniser les victimes de la « politisation » du gouvernement, y compris les émeutiers ayant attaqué le Capitole le 6 janvier 2021.
Il n’est pas clair comment une quelconque approbation du projet de salle de bal pourrait passer devant le Congrès cette année. Restera alors à Donald Trump à espérer que les plus hautes juridictions (celles dans lesquelles il a nommé des juges qui lui sont favorables) lui permettent d’obtenir sa salle de bal sans l’accord des élus.
Note : Cet article est une traduction réalisée par la rédaction du HuffPost France, à partir d’un article paru en mai 2026 sur le HuffPost US. L’article original est à lire ici.


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