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Buenos Aires s’affirme comme l’épicentre d’un théâtre hispanophone créatif, aux propositions aussi précaires qu’abondantes, caractérisées par un jeu généreux.

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LETTRE DE BUENOS AIRES

Une représentation de la pièce « Las Adoro », en Argentine. Une représentation de la pièce « Las Adoro », en Argentine.

Que faire quand, au crépuscule de la vie, le désir de monter sur scène demeure toujours aussi intense ? Eh bien, on joue ! A Buenos Aires, Herminia et José, deux sœurs octogénaires et actrices, préparent une dernière audition et racontent, entourées de costumes montés sur perches sur deux étages, une vie consacrée au théâtre. C’est une « sorcellerie » qui opère quand sa sœur foule les planches et « se transforme », décrit José admirative, une hémorragie des émotions et la force du temps décliné au présent. « Pendant que je tombe, je joue, je sors de moi », incante presque Herminia, tandis que devenir autre un instant lui permet de découvrir « des paysages à l’intérieur » (d’elle).

Dans la capitale argentine, la lumière s’éteint au bout d’une heure trente de Las Adoro, pièce écrite et mise en scène par Juanse Rausch, et le public se lève d’un bond pour applaudir. Si tendres, drôles et humaines, Herminia et José (cette dernière, sœur née frère, traverse l’essentiel de la pièce en femme, une liberté tracée par tous ses rôles féminins, décrit le personnage), émeuvent par leur sororité, tissée de solidarité et de gentilles chicaneries.

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