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« Notre responsabilité est donc double. Entendre la colère et agir sur ses causes et faire respecter fermement l'ordre républicain. Nous ne devons ni confondre les revendications légitimes avec les violences, ni laisser les violences empêcher que ces revendications soient entendues. » (Emmanuel Macron, le 18 octobre 2026).
À la suite des émeutes qui ont eu lieu le 17 octobre 2026 en marge des manifestations, le Président de la République Emmanuel Macron a pris la parole ce dimanche 18 octobre 2026 à 20 heures au cours d'une allocution télévisée (qu'on peut réécouter ici).
Le chef de l'État s'est d'abord interrogé sur les raisons qui ont motivé les casseurs : « En regardant ces images, nous nous sommes tous demandé, qu'ont-ils dans la tête ? Comment des Français peuvent faire cela à la France ? Pourquoi brûler la mairie de Limoges, l'office de tourisme à Lyon, envahir la mairie à Marseille ou attaquer la résidence du préfet à Bordeaux ? Comment peuvent-ils en arriver là ? Rien ne le justifie, rien ne l'explique, rien ne l'excuse. Nous ressentons tous ce soir de la colère, de la honte. Voir les rues de nos villes ainsi saccagées est insupportable. En votre nom, j'exprime le soutien de la Nation à nos forces de l'ordre et à nos forces de sécurité intérieure. Elles ont tenu et ont fait de leur mieux. Nous pensons aux nombreux blessés ainsi qu'à leurs familles. J'exprime aussi notre soutien à tous nos maires et tous nos élus. Je veux dire aussi notre soutien aux nombreux commerçants, artisans, acteurs économiques qui ont subi les conséquences de ces violences et qui sont aujourd'hui dans le désarroi. Certains ont défendu eux-mêmes leurs magasins et leurs vitrines face aux délinquants. Je veux leur dire qu'ils ne seront pas laissés seuls face à ces difficultés. ».
Les auteurs ? Le Président de la République les a nommés : « Des factieux, issus de groupuscules d'ultra-gauche, rejoints par de nombreux délinquants, se sont livrés à une violence débridée dans nos villes. ».
Avec cet avertissement : « Le suivi judiciaire doit être exemplaire. Nos juges rendent la justice en votre nom et ils savent ce que vous attendez. Chaque fois que des infractions sont commises, elles doivent donner lieu à des suites judiciaires appropriées. Ceux qui ont détruit doivent payer. Ceux qui ont pillé doivent rembourser. Ceux qui ont cherché à faire tomber la République auront à en répondre. (…) Je veux être ici très clair, à l'égard des casseurs et de tous ceux qui se livrent à des violences, nous serons intraitables. L'écoute et le dialogue ne signifient ni la faiblesse, ni l'impunité. ».
Dans son message, Emmanuel Macron a évoqué plusieurs sujets. Le premier, c'est sur sa mission de rétablir l'ordre et d'assurer la sécurité à tous les Français, et il a pointé quelques failles : « Il faut être lucide. Hier, nos forces de l'ordre, malgré leur professionnalisme, ont eu à subir une violence inouïe dans de nombreuses villes à plusieurs reprises. J'ai demandé au gouvernement d'en tirer toutes les leçons en matière de renseignement et d'anticipation et faire en sorte que cela ne puisse pas se reproduire. ». En clair, cela signifie que les services de renseignements n'ont pas anticipé l'ampleur de cette violence urbaine, le nombre de casseurs, leur détermination. Il faudrait donc savoir pourquoi les autorités n'ont pas vu venir cette casse de grande ampleur qui fait penser à la fois aux casseurs qui se cachaient parmi les gilets jaunes en automne 2017, aux émeutiers de l'après-mort de Nahel en été 2023, et aussi aux émeutiers des banlieues de l'automne 2005.
Deuxième sujet, Emmanuel Macron a aussi assuré qu'il ne s'agissait pas d'amalgamer les manifestants légitimes avec les casseurs : « Hier, plusieurs centaines de milliers de nos compatriotes ont manifesté avec la volonté de porter des revendications légitimes. Jamais nous ne devons confondre ces derniers avec ceux qui ont détruit, cassé, pillé. Ces manifestants ont fait part d'une inquiétude sur le coût de la vie, sur le prix des carburants, qui trouvent leur source dans le conflit lancé dans le golfe Persique, auquel la France n'a pas pris part et dont nous subissons les conséquences. Je comprends parfaitement leur inquiétude. Elle s'exprime d'ailleurs aussi dans plusieurs autres capitales en Europe. À ce titre, j'ai pris plusieurs initiatives au niveau international pour garantir notre carburant, notre gaz et agir sur les marchés de l'énergie. Je poursuivrai ces actions dès demain matin, en allant dans les pays du Golfe pour sécuriser nos approvisionnements. ».
Les sujets d'inquiétude des manifestations étaient parfois très différents. Des personnes inquiètes pour leur pouvoir d'achat à cause du prix de l'essence, mais aussi des lycéens et plus généralement des jeunes inquiets pour leur avenir : « Depuis plusieurs semaines aussi, notre jeunesse exprime une angoisse profonde dans les lycées comme dans les universités. Une inquiétude sur l'avenir, sur les conditions de vie et d'études, sur la capacité à s'orienter, à se projeter, à trouver sa place dans la société. L'idée qu'il n'y aurait pas de futur désirable en quelque sorte. Je comprends nos lycéens et nos étudiants. Ils sont au cœur de mon engagement politique depuis plus de dix ans. Leur parole doit être entendue, sans a priori et sans minimiser les difficultés. Le travail est déjà engagé par le gouvernement. Le ministre de l'Éducation nationale s’est mobilisé et a mis en place une plate-forme qui a recueilli plus de 100 000 contributions qui s'ajoutent aux réunions tenues au niveau des académies et des lycées. Cela nous permettra de construire avec notre jeunesse des réponses adaptées. ». Insistons sur les 100 000 contributions des jeunes sur Internet. Les sujets de préoccupation sont d'ailleurs très différents de ce qu'on entend amplifié dans les médias. C'est plus intéressant et plus démocratique d'écouter ces petites voix parfois timides que les plus grandes gueules dont l'objectif politique et électoral est évident.
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En réponse à cette terrible journée du 17 octobre 2026, le Président de la République a donx fait un appel solennel : « J'appelle l'ensemble des partis politiques, des organisations professionnelles et syndicales à condamner sans ambiguïté toutes les violences et à appeler au calme. Chacun doit prendre ses responsabilités. Le pays a besoin d'ordre, d'apaisement et pas d'une escalade. Le Premier Ministre réunira dans les prochains jours ces formations afin d'obtenir des positions claires et publiques. ». Cet appel vaut pour tous mais plus particulièrement pour les insoumis de Jean-Luc Mélenchon qui ne font que souffler sur les braises.
Autre réponse, Emmanuel Macron a proposé de réunir les lycéens : « Nous ne pouvons pas demander à notre jeunesse de croire en l'avenir sans lui donner la possibilité de construire les réponses et d'être autour de la table. Oui, il nous faut nous asseoir autour de la table et construire ensemble des solutions. Élèves, étudiants, enseignants, représentants des organisations patronales et syndicales, collectivités territoriales, parlementaires travailleront dès cette semaine avec le gouvernement à des propositions concrètes. Le Premier Ministre les réunira dans les prochains jours à cet effet. ».
Enfin, le chef de l'État a terminé son allocution télévisée par la perspective de l'élection présidentielle. Il a estimé que ceux qui appelaient à s'agiter dans la rue refusaient un débat clair et démocratique pour cette campagne : « Tous ceux qui aujourd'hui vous expliquent que l'urgence est d'aller dans la rue, de manifester, de créer le désordre, n'ont qu'un but. Abîmer la République et voler le débat. Les choix d'avenir que vous aurez, que nous aurons à faire dans six mois, ils sont essentiels. La France est une grande force démocratique. Elle mérite ces débats. Ils doivent se faire dans les réunions publiques. Ils doivent se faire avec les partis, et non pas dans la rue par la violence. Ils doivent se faire dans les journaux, sur les plateaux de télévision, dans les rassemblements pacifiques, où l'on parle et l'on s'explique dans le respect, jamais dans le désordre et dans la casse. Notre pays mérite une belle élection présidentielle dans six mois. C'est aussi maintenant qu'elle se joue, par l'esprit de responsabilité. ».
Et de conclure en insistant : « Oui au dialogue, oui à la réponse concrète de court terme et à la préparation des décisions futures. Mais non toujours à la violence quelle qu'elle soit. Nous avons besoin d'unité, de calme et de respect. ».
Les beaux esprits pourront toujours critiquer cette allocution d'Emmanuel Macron. De toute façon, le Président de la République, quel qu'il soit, au cœur du pouvoir, est devenu cette cible de tous les râleurs, tous les protestataires, tous les dénigreurs, en projetant un pouvoir qu'un Président de la République n'a d'ailleurs plus vraiment car la France est un peuple particulièrement difficile à gouverner.
Surtout, ces beaux esprits sont incapables de dire ce qu'ils feraient, eux, à la place d'Emmanuel Macron, pour que la situation aille mieux, pour calmer les esprits. À part des yaka ou faukon, dont, par exemple, proclamer l'état d'urgence qui n'est de toute façon plus nécessaire depuis les mesures prises en 2017-2018 dans la loi.
Au contraire, comme chef de l'État, Emmanuel Macron devait s'exprimer ce dimanche soir. Il avait besoin de mettre des mots à des faits rendant de nombreux Français inquiets, silencieux, abasourdis. D'ailleurs, il ne se serait pas exprimé, on le lui aurait reproché, reproché de ne pas s'occuper des problèmes des Français, du choc qu'ils ont eu en voyant ces images déplorables de bâtiments officiels incendiés et détruits.
À court terme, il ne pouvait pas faire plus. Il a annoncé pour la semaine prochaine une série de réunions très importantes sous l'égide du Premier Ministre Sébastien Lecornu. La principale est de réunir les lycéens, les étudiants et tous les acteurs de l'Éducation nationale pour convenir d'un plan qui garantirait de meilleures conditions d'enseignement. Il a aussi mis en réflexion cette question du pourquoi les services de renseignements n'ont pas su anticiper ces milliers de casseurs. Enfin, de manière plus politique, Emmanuel Macron a souhaité mettre dos au mur les formations politiques qui emploient le double langage, celui de l'apaisement sur les plateaux de télévision, mais qui incitent à renforcer la protestation dans les rues sans condamner fermement la violence.
Les agitateurs doivent comprendre ce que notre longue histoire politique a montré depuis près de deux siècles : le parti de l'ordre, à la fin, gagne toujours parce que les Français, dans leur grande majorité, aspirent à la tranquillité et à la sécurité. Ne l'oublions pas !
Sylvain Rakotoarison (18 octobre 2026)
http://www.rakotoarison.eu
Pour aller plus loin :
Emmanuel Macron : l'écoute, oui ; la chienlit, non !
Allocution télévisée du Président Emmanuel Macron, le 18 octobre 2026 à Paris (texte intégral et vidéo).
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Conférence de presse du Président Emmanuel Macron le 16 octobre 2026 à Bruxelles (texte intégral et vidéo).
Emmanuel Macron : "desserrer l'étau, pas les taxes".
Interview télévisée du Président Emmanuel Macron le 24 septembre 2026 sur TF1 et France 2 (vidéo).
Discours du Président Emmanuel Macron le 22 septembre 2026 à l'ONU (texte intégral et vidéo).
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