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GRAND ENTRETIEN - L’écrivain, Prix Médicis 2025 pour Kolkhoze, signe avec Olivier Assayas la remarquable adaptation au cinéma du Mage du Kremlin. Sur fond de guerre en Ukraine et de basculement du monde, il revient sur les mirages de l’« âme russe», l’isolement des puissants et les ravages de l’hubris.
Passer la publicitéLE FIGARO. - Vous avez participé à l’adaptation du Mage du Kremlin . Vous écrivez vous-même. Pourquoi vous attacher à adapter le livre d’un auteur vivant ?
EMMANUEL CARRÈRE. - Giuliano da Empoli et Olivier Assayas m’ont proposé de faire mon métier de scénariste. Je n’ai pas hésité longtemps. Comme auteur, je sais qu’il est préférable de ne pas se charger soi-même d’une adaptation au cinéma. Le Mage du Kremlin concentre beaucoup de thèmes passionnants : la Russie, l’influence, l’isolement des puissants, l’ivresse du succès, l’hubris. Souvent, quand on écrit un scénario à deux, cela se passe par échanges de mails avec de rares réunions. Pour celui-ci, Olivier Assayas et moi avons passé trois mois assis du matin au soir ensemble dans cette pièce, à chercher comment raconter cette histoire. Il fallait trouver un équilibre entre le plaisir de quelque chose qui ressemble tout de même à un film de gangsters et l’ambition de raconter trente ans d’histoire de la Russie, depuis la fin de…


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