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EMIPIC : une équipe qui patrouille autrement à Chibougamau

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Les locaux de l’Équipe mixte d'intervention - policiers et intervenants communautaires (EMIPIC) à Chibougamau donnent sur la 3e rue, la principale artère de cette ville du Nord-du-Québec. Les intervenants de cette unité tripartite patrouillent autrement la ville et tendent la main à ceux que le système a parfois perdus de vue.

Les bureaux de l’EMIPIC sont détachés du poste de police de Chibougamau. Une décision motivée par la volonté de ne pas gêner le lien de confiance avec les usagers.

Notre clientèle provient souvent de références qu'on a sur la patrouille, de gens qui viennent nous parler de cas qui les inquiètent, soit au niveau de la consommation, de la santé mentale, ça peut être des gens qui sont violents. On a aussi beaucoup de maltraitance, résume le policier Philippe Moffett.

Après une quinzaine d’années comme policier à Chibougamau, il a fait le saut à l’EMIPIC, au moment de sa création, en janvier 2023.

On connaît souvent leur histoire, les chicanes familiales, on a souvent été chez eux.

Des gens sur le bord de la route.

Les locaux de l’Équipe mixte d'intervention - policiers et intervenants communautaires (EMIPIC) donnent sur la 3e rue à Chibougamau.

Photo : Radio-Canada / Annie-Claude Brisson

L’équipe, inchangée depuis sa mise en place, compte deux policiers de la SQ, deux intervenantes sociales du Centre de santé de Chibougamau et une agente de liaison civile autochtone du Conseil cri de la santé et des services sociaux de la Baie James. Ensemble, ils rejoignent autrement une clientèle vulnérable.

Chaque jour, plusieurs usagers s'arrêtent au point de service situé au cœur de la ville du Nord-du-Québec.

Il y a beaucoup de personnes qui ont des problèmes de santé mentale, de consommation, d’itinérance. Ça peut être des personnes qui sont sans domicile fixe, qui sont à risque de le devenir. Il y a de l'itinérance cachée, de l'itinérance visible, témoigne Anne-Catherine Carrier, criminologue.

On va intervenir avec la clientèle qui est judiciarisée dans une optique de trouver d'autres pistes d'intervention que la judiciarisation.

L'approche de l'équipe multidisciplinaire diffère des interventions habituelles.

On va se fixer des objectifs réalistes en fonction des difficultés des personnes avec qui on intervient. Il y vraiment des personnes qui créaient beaucoup d'appels, qui étaient très judiciarisés et qu'on a observé une diminution considérables des comportements délinquants et une amélioration de leur bien-être, précise l’intervenante.

Philippe Moffett confirme que son appartenance à l’équipe a changé les perceptions des citoyens.

Il y a énormément de gens qui font confiance à la police, le travail qu’on fait. Ils savent qu’on est là pour les aider, pas pour les espionner ou les mettre dans le trouble. Ils s’ouvrent à nous en sachant qu’on connaît déjà une bonne partie de la problématisation, rapporte-t-il.

Contrairement au travail des patrouilleurs de la SQ, celui de l'équipe mixte se déroule en journée. L'objectif est de maximiser le potentiel des interventions.

Généralement, le soir et la nuit, les personnes sont souvent en crise ou intoxiquées. Nos interventions ne sont pas vraiment efficaces. On travaille sur des horaires ou nos partenaires sont en opération. On va chercher un maximum d’efficacité avec notre horaire, explique Philippe Moffett.

Des équivalents ailleurs au Québec

La Sûreté du Québec compte six équipes du genre dans la province. En plus de Chibougamau, c'est aussi le cas à Val-d’Or, Sept-Îles, Roberval, Joliette et à Maniwaki.

Une nécessité, croit Philippe Moffett. Je pense que l'avenir de la police va vers ça. De rajouter ce volet au niveau du travail policier, ç'a un impact extrêmement positif, affirme-t-il.

Le sergent Hugues Beaulieu confirme l’objectif du corps policier national d’en créer d’autres.

Un porte-parole de la SQ.

La SQ compte six équipes mixtes.

Photo : Radio-Canada / Annie-Claude Brisson

On est vraiment dans le travail social, tenter d'apporter des solutions à ces gens-là pour ne pas qu'ils se trouvent dans une situation de vulnérabilité ou d'itinérance.

Avec la police 2025-2026, dans l'avenir, effectivement, la santé mentale et l'itinérance font partie de nos défis. Donc oui, c'est une volonté.

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