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Soixante boutiques Maison Nicolas pillées en une nuit. Le caviste du groupe Castel paie un lourd tribut aux émeutes qui ont secoué la France le 17 octobre. Vitrines brisées, stocks dévalisés, enseignes saccagées : le réseau tricolore du géant français, solidement implanté au Cameroun, encaisse. Et pourtant, pas un blessé à déplorer. C’est le seul motif de soulagement dans un bilan commercial qui donne le vertige.
Des dizaines de points de vente touchés, du jamais-vu pour Maison Nicolas
Le constat est sans appel. La Fédération du commerce et de la distribution recense 1.500 commerces attaqués dans tout le pays, pour des dégâts chiffrés en centaines de millions d’euros. Maison Nicolas figure parmi les enseignes les plus touchées. À Paris, le maire Emmanuel Grégoire a cité nommément « le caviste Nicolas » dans la liste des points de vente pris pour cible, aux côtés de JD Sports, Bershka ou Monoprix. À Lyon, la Presqu’île a été pillée de fond en comble. Une gérante parisienne raconte : « Après avoir cassé et volé des bouteilles, je me suis dit qu’ils allaient s’en prendre à moi. La police m’a dit de rester cachée dans la cave. »
Soixante boutiques sur les quelque 479 que compte l’enseigne en France, c’est plus d’une sur dix. Mais le groupe Castel, qui détient Maison Nicolas depuis 1988, n’a pas attendu les communiqués pour serrer les rangs. Aucun blessé, aucun salarié touché physiquement. C’est le seul motif de soulagement dans un désastre commercial.
Le groupe Castel n’est pas un acteur anonyme sur la scène camerounaise. C’est un partenaire économique de premier plan, présent dans la bière, le vin et les boissons énergisantes. Le lancement de FEROX à Douala en septembre dernier, avec Francis Ngannou comme ambassadeur, a montré l’ambition africaine du groupe. Voir ses boutiques françaises saccagées, c’est voir une partie de l’écosystème économique qui lie la France au Cameroun prendre des coups.
L’enseigne, qui a retrouvé son nom d’origine Maison Nicolas et engage un plan de transformation, sort de cette épreuve sans une égratignure humaine. Les murs sont abîmés, les stocks envolés. La structure, elle, tient. C’est un signal que beaucoup d’entrepreneurs camerounais observent de près : la solidité d’un groupe ne se mesure pas à ses vitrines intactes, mais à sa capacité à encaisser et à rebondir.
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Rodrigue Batag
Journaliste international pour 237online.com, Rodrigue Batag décrypte l'actualité mondiale avec un regard ancré dans les réalités africaines et camerounaises.


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